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St Apo, années 80
Nous avons reçu, envoyées par courriel, des photos d’habitants, permanents ou non, de la commune - photos datant apparemment des années 80.
Un envoi de Christèle, fille d’Odette Valla.
Ces photos tirées papier, seront visibles au temple, en marge de l’exposition et en bibliothèque. Si les personnes y figurant en sont d’accord, elles pourront toutes être mises en consultation sur le site...
Merci à notre expéditrice et à sa mère.
Jacqueline Cimaz
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Journées du patrimoine 2010
Le thème officiel 2010 - "Les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l’Histoire" - parait à première vue ne pas concerner Saint-Apollinaire-de-Rias.
Et pourtant, n’y a-t-il pas nos Justes ? Et tous ceux qui, sans être décorés, ont sauvé des vies, pris le maquis...
Et, plus exactement, tout ce peuple qui a construit l’histoire avec ses résistances séculaires pour la liberté de conscience, contre le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte, contre l’occupant et pour la justice sociale...
Sans compter ces résistances modestes pour manger, vivre, aller à l’école, parler, explorer et transmettre sa langue...
Un patrimoine que recueillent, communiquent et valorisent les Editions Les Rias.
Quelques exemples au travers de la diversité des publications :
« Entre silence et oubli, mémoires d’un quotidien rural bouleversé », ou la parole donnée par Sylvette Béraud-Williams, à André Péatier, Lydie Chapus, Marcel Bélingard, Robert Combes, Lydie Brunel... et tant d’autres...
« L’arbre de Combier », de Fatima Mana, ou la volonté de vivre et se construire de générations d’ « enfants de l’assistance » et, souvent, de ceux qui les accueillaient...
« Souvenirs d’enfance » de Paulette Vignal, le courage d’une mère, le regard critique sur l’institutrice, le recensement d’artisans nombreux et appliqués, mots d’Oc au vent, bistrot au cœur...
Comptes de l’épicerie Vignal au début du 20ème siècle et autres factures. Un régal !
Il y a aussi, côté numérique et image numérique, « Sur la Dunière, et ponts et ponts..." de Marie des Ponts...
Et bien d’autres, édités ou en attente d’édition...
Des construits ou récits de vie d’autrefois, écrits par des gens d’ici...
C’est donc tout naturellement que pour cette journée, et pour répondre à l’OT, nous avons décidé de faire des lectures, à partir de nos publications, en trois lieux : au Carrefour des Résistances, à Combier et aux Mottes, c’est-à-dire auprès de nos trois installations -Le Carrefour des Résistances de Régine Raphoz - les orgues et sifflets et Mouvances de Martine Diersé [1]
En cas de pluie nous lirions au Temple des Baraques ou à la Bibliothèque sur fond de projection d’images de ces installations plastiques en rapport avec les textes retenus, tous extraits de nos publications.
Jacqueline Cimaz
NB. Lectures éventuellement accompagnées d’une exposition de photographies et d’objets d’autrefois...
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[1] réalisations effectuées grâce à l’aide de plusieurs communes, du Département, du CDRA-ValDAC et de la Région, de Véolia-environnement, et de nombreux sponsors privés... cf rubrique Arts Plastiques
Soyons, Néanderthal et Cro-Magnon
L’homme de Néanderthal au crâne oblong, au front et au menton fuyants, ne peut être notre ancêtre. Néanderthal et Cro-Magnon, deux races différentes qui ne pouvaient avoir de descendance commune...
Un des apports d’une visite très instructive aux grottes de Soyons, qui, jadis, furent quasiment au bord d’un Rhône beaucoup plus haut et qui coulait de part et d’autre de la falaise.
Une première grotte avec des concrétions, une autre, non accessible, avec des ossements d’ours, une troisième qui fut habitée, mais où il y eût aussi ours, lion des cavernes et hyène...
Des reconstitutions d’homme, de femme, d’enfant, de vêtements, de foyer, d’animaux à objectif non pas artistique mais documentaire.
Des crânes Néanderthal et Cro-Magnon, des mâchoires à identifier, une molaire de mamouth... Une présentation simple, très pédagogique, d’une grande qualité... Et à l’entrée, la reconstitution d’un chantier de fouilles pour les classes ou les jeunes visiteurs.
A visiter, à voir. Non seulement on y révise, mais on y apprend. Et un accueil de grande qualité pour le jeune public...
De plus, sur notre territoire ValDAC...
J.Cimaz
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Une émotion intense
En août 2006, Alain Hivert chantait Ferrat aux Baraques, dans un Temple comble.
Nous travaillions à l’époque sur le projet "Résistances". Alain Hivert chantait peu après le spectacle de Combier où nous avions exploré trois époques par le théâtre :
celle des résistances pour conquérir la liberté de conscience,
celle des résistances pour la légalité et la République face au coup d’Etat de 1851, qui a débouché sur le second Empire,
celle des résistances entre 1939 et 1945 - le STO, le maquis, la Résistance armée, mais aussi les résistances civiles, et notamment, la "cache" des enfants et familles juives...
C’est là que nous avions connu Michel Schlenker, à qui Sylvette Béraud-Williams consacre un chapitre entier, le IV- à lui et sa famille- dans "Entre silence et oubli, mémoire d’un quotidien rural bouleversé"
Ce travail nous a permis d’appréhender le point de vue et le vécu de l’autre,"le caché", notamment à travers les étonnantes et belles remarques ou relations d’Eva Schlenker, une jeune adolescente à l’époque.
Un pan d’histoire vivant, humain qui marquait profondément l’écoute des chansons de Jean Ferrat.
D’autant qu’Alain Hivert avait su faire le lien.
"Nuit et brouillard",
et aussi "Maria avait deux enfants" - la guerre d’Espagne.
Ceci explique qu’aujourd’hui, beaucoup aient été bouleversés à ce point par la mort de Jean Ferrat, comme si c’était celle d’un enfant des Baraques [1]
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Une ancienne élève de M.Péatier - en 1950- est remontée de la Drôme aujourd’hui avec sa famille et cherchait la classe. Elle reviendra l’été prochain.
André Péatier. Et Yvonne - qui donnait toujours des gâteries aux petites qui arrivaient à pied du Moulin des Noyers.
Jean Tenenbaum - qui, à 11 ans, a vu son père déporté à Auschwitz, dont il n’est jamais revenu.
Jean Tenenbaum qui, devenu Jean Ferrat, n’oubliera jamais ces militants qui, comme l’ont fait ici André et Yvonne Péatier, André Chave ou Henri Mourier avec la famille Schlenker, ou tant d’autres sur ce plateau, avec d’autres enfants ou familles, l’ont caché et sauvé.
Ces traditions et valeurs d’ici qui font si souvent employer "camisard" pour "maquisard" ou l’inverse...
A chaque banquet du 14 juillet, aux Baraques, les convives entonnent "La montagne" ou "Ma France"...
Une proximité... Une complicité ?
Aujourd’hui c’était "Nuit et brouillard" qui était évoquée.
Une émotion, difficile à mettre en mots.
La mort de Jean Ferrat fait resurgir toute une époque - ses valeurs partagées, ses émotions, ses engagements, sa lucidité et ses tâtonnements, son humanisme et ses exigences.
Les chansons de Jean Ferrat sont très belles.
Elles ont aussi l’intensité de cette expérience commune, de ses valeurs qui font sens...
C’est un proche qu’ont perdu les gens d’ici, un enfant du pays...
Jacqueline Cimaz
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[1] Pour ceux qui nous lisent de loin, il faut situer les Baraques, le plus gros hameau de la commune où étaient la mairie, l’école protestante devenue "école publique" et le Temple, violemment opposé au 19ème siècle au "village", autre hameau où la belle petite église romane jouxtait l’école privée. Des démêlés entre le maire et le conseil municipal d’une part, le curé de l’autre, qui remplissent des pages d’archives et renvoient aux drames de siècles précédents...
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Un passé ou passif lourd et complexe
« Et ils déplacèrent les bornes »
dans Jean-Marc Gardès
publié par la FOL en 1989
La polémique ne date pas d’hier...
Et ce document est d’une bonne importance pour l’histoire de ce plateau dit de Vernoux, sur lequel j’ai fait beaucoup d’études qui recoupent en partie celles faites par « Les Rias » concernant la route du sel.
La route du « Serre de la Mure » est décrite dans un acte du cartulaire de l’abbaye de Chamalière, le monastier Saint Chaffre.
Les moines furent les premiers défricheurs de ce plateau, lié plus au Velay qu’à la vallée du Rhône dans un premier temps, la limite du territoire situé entre Eyrieux et Doux étant le « Serre de la Mure », « Mura Flodonne » dans l’acte en question, la corniche de l’Eyrieux dominant cette partie du Rhône,
Au delà duquel les redevances étaient payées en sols valentinois. En deçà, en sols du pays.
Et Vernoux, à cette époque, Xème siècle, n’existait pas du tout.
Claire Sonier la Boissière
Haut-Vivarais
L’an 1789 et le 24 novembre, le comité permanent de la ville et baronnie de Chalancon étant assemblé dans l’hôtel de ville
Un des membres a dit que l’Assemblée Nationale s’occupe dans ce moment de l’organisation des provinces et de la division du royaume en plusieurs départemens ; que le Vivarais aiant une influence considérable dans la province du Languedoc, mérite de très grandes considérations sur quoi la matière mise en délibération.
A été arrêté que l’Assemblée Nationale sera suppliée de regarder le Vivarais comme un païs asses étendu pour former un département en le laissant uni, sans distinction de haut ni de bas.
Que la même administration, les mêmes moeurs, les mêmes usages, les mêmes lois gouvernent le haut et le bas Vivarais, qu’il est par conséquent juste et convenable de les réunir en un seul département.
Que les montagnes et les frimats qui séparent le Vivarais d’avec les autres parties de la province du Languedoc, sont un obstacle pour l’incorporer avec tout autre département.
Qu’en réunissant au Vivarais les communautés de Rochebloine, Paiharès et Colombier-le-jeune, dépendantes du Forez ainsi qu’elles en ont marqué leur désir, l’étendue deviendrait plus que suffisante pour un département selon le plan de l’assemblée nationale.
Que pour faire participer tous les habitants du Vivarais à l’avantage de cet établissement, il convient de le fixer dans le lieu le plus central.
Or, il n’est aucune ville dans le Vivarais qui soit plus centrale que Privas. C’est là que MM.les commissaires du parlement de Toulouse et ceux du présidial de Nismes ont toujours fixé leurs assises lorsqu’ils y sont venus rendre justice : c’est là qu’aboutissent toutes les villes et villages du Vivarais par des chemins royaux : c’est là que ce fait un commerce florissant. C’est là où l’on trouve quantité de fabriques ou soie, de pelleteries, un grenier à sel, un bureau de contrôle, un bureau de postes, des foires, deux marchés par semaine, et une infinité d’autres avantages que son centre répend dans tout le Vivarais.
Qu’en subdivisant ce département en district la ville de Chalancon pourrait en recevoir les assemblées et même le tribunal de justice inférieur.
Que cette ville est percée du nord au midi par une route depuis le Rhône jusqu’au Puy, et depuis l’est par une route dans le Lyonnais en traversant les Boutières, à l’ouest jusques dans le Gévaudan et les Cévennes.
Que cette ville, qu’il ne faut pas confondre avec Chalancon en Velay est le chef lieu d’une baronnie très ancienne, qu’elle a eu des rois pour seigneurs : la première époque connue est de Rodolphe III roy de Bourgogne et de Provence, fils et successeur de Léorad le Pacifique reconnu dans la partie du Valentinois en delà du Rhône l’an 993.
Que cette baronnie passa ensuite dans la maison de Poithiers, dans celle de Vantadour et se trouve aujourd’hui dans la maison de Latourette.
Que la ville de Chalancon a donné jusqu’à présent droit d’entrée aux Etats du Languedoc et aux Etats particuliers de Vivarais.
Qu’elle avait en 1399 une cour ressortale, qu’elle a toujours conservé l’exercice d’une justice sauf un intervalle d’environ quinze ans qu’il a été porté au village de Vernoux (géographie de Buschaing) soit pour la comodité d’un juge qui y résidait soit pour épargner des frais de réparation à l’auditoire et aux prisons, dont madame la marquise de Latourette, simplement usufruitière des biens de ses enfants, obtint la décharge provisoire par des lettres patentes.
Que cette translation aiant excité les murmures des justiciables de la baronnie de Chalancon, ils demandèrent que la justice fut rendue dans leur sein et dans la ville de Chalancon.
Que de circonstance impérieuse, en les forçant au silence, ne leur ont pas enlevé leurs droits.
Que douze paroisses font cette réclamation, avec tout le respect qu’elles doivent à l’Assemblée nationale en la conjurant de ne pas les laisser plus longtemps sous le glaive du village de Vernoux pour lequel elles déclarent une répugnance invincible.
Dans ces douze paroisses sont : Chalancon, Saint Maurice, Saint Michel, Silhac, Saint Apolinaire, Saint Jean Chambre, Cluac, Mounens, Saint Priest, Le Pouzat, Les Nonières et Saint Juillen Labrousse dont le village de Vernoux se flate malapropos d’avoir les suffrages.
Qu’elles désirent toutes et demandent de vivre sous l’administration et la justice de Chalancon où elles sont unies pour ne faire qu’un corps, que plusieurs autres paroisses témoignent le même voeu.
Que la ville de Chalancon fut choisie en 1767 pour fixer l’arrondissement des justices ordonné par l’édit du roy et qu’il n’a existé ni n’existe aucune déclaration d’insufisance pour la priver de cet avantage.
Que cette ville s’agrandit tous les jours ; on y respire un air très salubre ; on y trouve des gens d’affaires ; des juges, des avocats, quatre notaires, des chirurgiens, des négiciants en soye, et nombre d’artisans en plusieurs genres.
Que la communication par les chemins royaux et les ponts sur la rivière d’Hérieu, rendent son accès très facile et commode.
Qu’il existe dans ses murs un marché tous les lundi, neuf foires par an, un bureau de contrôle, un commerce considérable de pelleterie etc. etc.
Qu’enfin l’Assemblée nationale est suppliée d’écouter les réclamations d’environ vingt mille âmes unies à la ville de Chalancon et d’accueillir leurs voeux. Que s’ils n’étaient pas remplis, l’Assemblée nationale est suppliée de réunir ces douze paroisses partout ailleurs qu’à Vernoux qui n’est qu’un village isolé dans sa commune où personne n’a voulu se joindre malgré les sollicitations.
A arrêté que sa présente délibération sera envoiée à Mr le Président de l’Assemblée nationale et aux députés du Vivarais.
Et ont les membres du comité signé.
A Clozas de Chambarlhac, Champelovier, Peirot Delorme, Rattier, Desbru, Riou, Charmesson, Bosc, Boyer, Dubesset, Maisonneuve, Chareiron, Tintaud, Blache, Vacheresses, Delavis, Jarjat, Dautheville secrétaire, Quinson de Rochefort, Crozat, Aurenche, A Clozas, Duparquet, Rioufol secrétaire rapporteur
Pour extrait Rioufol Secret.
Sources : Archives nationales D/IV bis/4. Dossier 156.
II Les Cantons
L’Assemblée nationale qui devait elle-même subdiviser chaque district en canton « d’environ quatre lieues carrées » et fixer leurs chefs-lieux, eux par la suite d’autres chats à fouetter et laissa ce travail aux représentants du nouveau département. Ceux-ci s’exécuteront.
Ceci sorti du regeste Vivarais
Jean Regné
publié en 1991 par les Archives de l’Ardèche.
Acte 236
1295/96 - 8 janvier (le 6 desides de janvier) - Baix
Reconnaissance passée en faveur du comte Aimar IV de Poitiers par Pierre Tillafana de La Voulte, damoiseau, fils de feu Bertrand, pour un droit de 3 sous de viennois qu’il percevrait de temps immemoriaux (ab antiquo) sur tous les bateaux qui remonteraient le Rhône, en raison et pour cause du bailliage du château et du mandement de « savascia* », et 6 sous au château de Baix.
*est, je pense, Sauvis, église, commune de Saint Peray ND de Salvis, 974, cartulaire de Saint Caffre silva en 1264, testament de Giraud Bastet, seigneur de Crussol paroisse fut unie à l’abbaye de Soyon Vruinée au 18e siècle.
Acte 358 de 1328.
328, mercredi après octave de Pâques
reg. Notar P. Lamberti, f° 133.
Hommage par Pons Bayle, de Baix, pour le quart de la baillie de Baix, pour le quart du sel qui se lève au port de Baix sur les barques portant sel pour le droit de baylage seulement, pour le quart de l’argent qui se lève sur les barques passant par le dit port, pour 6den. De cens tous les 2ans sur le chauffage du bois de Baix..., plus pour 1 pièce de terre en Chabretas, au mandement de Barre, plus pour Pierre Baratier, son homme lige et quelques cens audit Barre.
Ard. C 196,p. 133-4. Grenoble invent. Vivar. 476-7. rég. Dauph- n° 23926.
Acte 509
1347- 23 février
Hommage et reception pour Humbert*
par Pous bayle de Saint Lagier*
pour le quart de la baillie de Baix et le quart de l’argent qu’on levait sur mles barques ou marchands passant par le port de Baix, en descendant, à raison de ladite baylle- Déclarant qi’il ne reconnaissait pas le sel, à raison de la baillie, son père l’ayant donnée à Simon de Baix
Baix semble avoir au XVe siècle, eu une grande importance car, en 1417, devint « résidence comtale » des comtes de Poitiers-valentinois.
En tous cas, avor eu un certain « monopole » sur le sel, sur cette partie du Rhône donnant accès au Vivarais hommageaient au XVe siècle à la baronnie de Chalencon pour certains biens.
* Saint-Vallier
* bernia des dauphin d’Albon, avant réunion du Dauphiné à la France, avait gardé certains péages et lieux rive droite du Rhône.
Acte 525
29 mars 1354
Hommage à R. Humbert.
Par noble Pons, baile de Saint Symphorien, au nom de Catherine Simon, fille de Guillaume de Baix :
Une quarte de sel qu’il prenait sur chaque barque portant du sel sur le Rhône pour baylage, sauf que Pierre de Charrières ou son héritier prenait ledit baylage pendant 6 mois sur deux ans.
Plus le baillage du sel que sa femme prenait sur les barques ou bateaux de sel montant et descendant le Rhône.
Acte 527
(Même date et au même par.
Noble pons de Montaigu, Seigneur de Saint Apollinaire de Rias, héritier de Jean la Planche son oncle pour tout ce qu’il avait dans les terroirs et mandements de Tournon, Durfort et Saint Aban... plus le privilège de vendanger quand bon lui semblait).
Acte 562
1366, 4 mars.- Baix
Plusieurs hommes et femmes de Baix, Chastelbuc, du Pouzin et autres lieux du comté de Valentinois et Diois situés dans la sénéchaussée de Beaucaire se tenant devant Bernard de Genolon, juge et conservateur des gabelles de la sénéchaussée, à Baix dans l’hôtellerie de Guillaume Seguin, en vue de composer à la suite de fraudes du sel pour 20 frs d’or. Le juge considérant les charges que supportent ces communautés tant pour la rançon royale que pour la défense du pays et considérant les dommages qui leur ont été infligés par les Compagnies (Societates) qui sillonnent le pays, accepte la composition. (Pierre Veriac, notaire). Son seing manuel.
Arch. Ardèche, E dépôt 17, AA3.
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Toponymie, La réponse de Simone Foray
Comme le pense Jacqueline :
La Faneyre (avec plusieurs orthographes possibles) vient du mot patois la feneira qui signifie la grange à foin.
C’ est un nom assez répandu en Ardèche où on appelle encore la grange à foin, la fenière, et la
coupe du foin, la fenaison.
Ce hameau se situe à proximité du château des Faugs, au-dessus de Boffres. Sur la carte Cassini, le hameau (ou la ferme) s’écrit la Fanaire. Le château des Faugs n’existait pas encore.
Il s’agissait sans doute d’une ferme entourée de prairies.
Simone Foray
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Recherche du lieu d’habitation de lointains ancêtres...
Un courriel reçu.
"Bonjour à tous et à toutes,
Bravo pour votre site sur lequel je n’arrive pas par hasard, puisque je cherche des informations sur mes ancêtres qui ont vécu d’abord à Boffres puisque leur nom apparaît dans les Estimes de 1464 puis à Vernoux (mon aïeul Antoine a épousé Magdelaine Lafont de Silhac en 1695) ; ils vivront à Vernoux jusqu’en 1720 env.
Je les retrouve ensuite en Hte Loire à Tence.
Pourriez-vous traduire pour moi le lieu où les premiers ancêtres que j’ai retrouvés habitaient : l’affanaire orthographe variable avec un y, un seul f,etc... la carte de Cassini mentionne le lieu juste au dessous de Boffres : je lis la fanaire. J’ai également vu qu’il existe un lieu dit la Faneyre existe est-ce bien le même ?
Voici pour ma part l’interprétation que je propose : pourrait venir de "affaner" = travailler avec peine.
Mais peut-être y a -t-il une autre traduction ? J’aimerais votre avis et votre aide aussi car je recherche avec difficulté il faut bien le dire, des informations pour rédiger la saga de ma famille LAFFANAIRE !
Ghislaine Charliot
NB. Nous transmettons bien sûr ce message à Simone Foray.
Pour ma part je pensais aussi à la "Feneyre", le grenier à foin ?
Transmettez-nous vos avis en nous précisant si on peut ou non indiquer votre nom sur le site.
Avec nos remerciements.
J.Cimaz
lesrias.association@orange.fr (ou webmaster)
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LA TOPONYMIE DU VILLAGE ET DES HAMEAUX DE BOFFRES
Avec ses innombrables hameaux, la toponymie de Boffres (c’est à dire l’étude linguistique et historique des noms de lieux) est particulièrement intéressante.
La majorité de ces noms est issue du patois.
On peut constater l’évolution de leur orthographe depuis la carte Cassini éditée au XVIIIè siècle.
Au terme de cette recherche, apparaît la continuité historique du lien avec le patois. Et on se trouve en présence d’un petit guide touristique sur l’histoire et la géographie de Boffres, sur les particularités de la commune et de ses habitants.
On trouve des noms de lieux :
liés à l’HISTOIRE :
Serre des Fourches - le seigneur qui avait droit de justice faisait édifier des gibets, loin mais bien en vue du village, qu’on appelait « les fourches patibulaires »
La Garde - au Moyen Age, limite de Boffres avec la
mandement de Savinas, puis de Pierregourde. Il s’y trouvait un des sept péages sur la route Saint Péray- Chalencon.
La Justice - à présent sur la commune de Vernoux, c’était au Moyen Age un carrefour de trois mandements (territoire d’un seigneur) où se trouvait un tribunal. Il y avait autrefois une maison de ce nom.
Simone Foray à la rencontre patois de janvier
liés à un BATIMENT PARTICULIER :
Le Temple- établissement des Templiers de Valence
Gleize - signifie église en patois et on peut se demander s’il n’y avait pas là une paroisse à l’époque carolingienne, avant la construction du château.
La Croix Saint André- Il existait une église Saint André de Bruzac, une des trois églises du mandement de Pierregourde, puis appartenant à celui de Boffres.
Elle fut détruite pendant les guerres de religion. On ne peut la situer exactement.
Saint Sixte - prieuré et église dépendant de l’abbaye de Cruas qui fonctionna jusqu’à la Révolution.
Saint Martin les Vernes - église dépendant durant un
certain temps des Templiers de Valence, dévastée par les protestants au XVIè siècle, réunie à Saint Sixte en
1633.
Le Colombier- lieu où se trouvait un colombier, peut-être celui du seigneur qui, seul, avait le droit d’en posséder sous l’Ancien Régime.
Grange - Grangeon, nom donné autrefois à un bâtiment appartenant à un ordre religieux ou une abbaye mais aussi bâtiment prés d’une grange construit par un fils cadet n’héritant pas de la maison patrimoniale (granja en patois)
La Feneyre du patois la fenèira, le foin engrangé
La Fenière= grange à foin
Le moulin de Foriel, Moulinon. Il y avait plusieurs moulins. Le moulin des Rioux n’a pas donné son nom au hameau.
Maisonneuve, Le Pont
liés à une OCCUPATION DU SOL
Muans- en patois muer, transhumer. Il y avait plusieurs bergeries sur le serre de Muans pour des troupeaux de chèvres ou de moutons. La maison qui porte ce nom était à l’origine une bergerie , jusqu’en 1636, date de la première construction d’une maison.
Une seconde interprétation est possible : à la fin du XVIIè siècle, un certain Jean-Jacques Muant, protestant, a fait évaluer ses biens, avant d’émigrer,
à 1600 livres pour son domaine de Melhere ( Mellière)
La chabanerie - ensemble de cabanes (cabana en patois), mais sur la carte Cassini : chabonerie, ferait penser plutôt à un dépôt de charbon.
liés à un METIER ou une OCCUPATION
Mellières - du patois Mel - lieu où habite un apiculteur.
Faure - Fauriel -Fauries - du patois Faure =forgeron.
Barrier - du patois barrera=la barrière -peut être gardien d’octroi.
Fendouiller -du patois fendilhar : fendre du bois
La Selle - Le cavalier
Chassouans - sans doute du patois chaçar =chasse
Crespin - du latin crepida= sandale . Crespin est le patron des cordonniers
Crouzet - du patois crotz =la croix. Nom donné à un croisé ou à un changeur de pièces frappées d’une croix
Chasserat -du patois chaseira= caisse à fromage
Charretier
Simone Foray, attentive aux propos...
liés à la VEGETATION
Les Faugs- du patois fau = les fayards, les hêtres
Carte Cassini : le Fau
Chaleat- du patois Chalala = la fougère
Vernatier - Verne - Vernet - Vernalles -
du patois vernat = aulne
Noyer - Nogaret -en patois noier, le noyer
Herbasse - Pré rond -Duchamp - Buisson
Lespinasse - du patois eipina= haie d’épineux
Le Verger
liés à un ANIMAL
Loubières et chemin ancien de Loubaresse, du patois lob,loba : le loup ( loups fréquents jusqu’au 18è siècle)
Chabret, Chabrière - du patois chabra =la chèvre
Auzelle - du patois augel =l’oiseau
Le Jay -du patois le jay =le geai
Parpaillon- du patois parpalhon= papillon(carte Cassini ; parpalion)
Chateloup - petit chat
Loriol - du patois, loriot
liés à un CLIMAT
Boffres - du provençal et patois local . Baus, Bal= éperon rocheux (Baux de Provence- Balazuc), freddo= froid
plus explicite dans le nom ancien du village : Balfredo
liés à la NATURE DU TERRAIN
Le Cros - du patois cros = trou creusé en terre, creux
Les Rioux = les petits ruisseaux (en patois, riu)
La sablière
Chirat - mot patois= amas de pierres
Fontbarlet - Fontblache - Font d’Uzon -Fontanet
font= source en patois
Le Plat-endroit plat (carte Cassini Le Pla)
Ladreyt - du patois adreit = l’adret (bonne exposition)
Une bonne part des participants à la rencontre patois de janvier 2010
liés à une PARTICULARITE D’UN HABITANT, à une
certaine époque
Les Allaries - du latin allaria , signifiant troupes sur les ailes dans un combat.Le mot latin aurait subsisté à travers les siècles ? il s’agirait alors de soldats de troupes auxiliaires.
Beguet - Les Beguettes - du patois = bègue
Baternay - du patois bastonar = bâtonner
Espeyte - du patois esperar = attendre, espérer
Malaure ou malor - du patois malaure = maladie
Mantel - du patois mantel = manteau
Lavenant - du patois avenant = personne affable
Liés au NOM D’UN PROPRIETAIRE
Martin - Thomas - Ponce
Tardivon, Cachard (carte Cassini, Cochard )-Gauthier
A compléter, cette liste ne prétend pas être exhaustive !
( réalisée avec l’aide de la section patois de l’association des Rias et le dictionnaire nord occitan de Joannès Dufaud ) . Il peut y avoir d ‘ autres interprétations.
Simone Foray
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Une nouvelle demande d’identification
lancée par Michel Schlenker, qui, classant des photos avec sa soeur Eva...
Mais laissons-lui la parole :
"Nous (Eva et moi) avons retrouvé quelques photos datant de notre séjour à Jurusson en 1943. Je joins une photo de groupe. Le bambin au premier plan est sans doute moi. Mais les autres ? Je serais très heureux si vous pouviez m’obtenir des indications.
Bien entendu, si vous préférez un ou quelques tirages, qui pourraient être affichés, il suffit de me le dire,
je les ferai et vous les enverrai".
Nous vous appelons donc à nous communiquer tout élément
d’identification, même de ceux qui ne sont encore qu’hypothèses.
Avec nos remerciements.
J.Cimaz
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Gabelles
Carte de la gabelle.
BT 1129 juin 2001 ad PEMF numéro sur le sel
On constate les énormes écarts entre les régions : dans les pays de grande gabelle, le sel se payait 20 à 3O fois plus cher qu’en Bretagne.
Jean Nicolas, dans son livre sur "La rébellion française" cite le légiste Buterne qui écrivait au XVIIIè siècle "La vente exclusive du sel au profit des finances de Sa Majesté est un impôt plus ou moins fort selon la situation des différentes provinces, leurs privilèges,
les conditions auxquelles elles ont été réunies à la couronne les lois municipales qui les ont toujours dominées et une infinité de considérations politiques par rapport aux moeurs, aux usages des habitants, la culture de leurs terres et engrais de leurs bestiaux qui
sont entrés dans la balance.
Simone Foray
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QUAND LA VILLE DE PRIVAS SE MOBILISE POUR L’ARCHÉOLOGIE
Au premier abord, c’est une gageure de lancer un festival sur l’archéologie, discipline difficile et souvent méconnue.
Et cependant, ce troisième festival attire un public de plus en plus nombreux, grâce au travail et à la compétence de l’association Carta et de Joëlle Dupraz qui
organisent ces journées..
Pendant une semaine, du 19 au 24 avril, se sont succédés conférences, expositions, animations dans tous les lieux culturels de la ville : théâtre, cinéma, médiathèque, archives, collèges et aussi cafés, restaurant : soirée Olivier de Serres, une autre sur la cuisine des pharaons, une exposition sur les pratiques alimentaires de Lucy à Apicius, la visite d’une carrière de meules à la Jaubernie.
Trois jours de communications scientifiques, du 24 au 26 avril, ont permis la découverte des recherches les plus récentes sur le thème de l’alimentation à travers les âges, exposées par des professeurs de faculté, des chercheurs du CNRS ou de l’INRAP.
Pendant ces journées, une animation avait lieu dans et autour du théâtre : atelier de four de potiers, atelier de dessins de céramique, reconstitution d’une boulangerie de Pompeî avec technique de moulure de grains et dégustation de galettes, reconstitution d’une taverne antique avec dégustation de plats, vision au microscope de pollens, techniques de chasse avec sagaies.
Il est impossible de résumer toutes les conférences et communications d’une richesse trop vaste.
Je mentionnerai seulement celles de spécialistes de la Préhistoire et du Moyen Age qui, à partir de graines pépins, pollens, excréments, empreintes... identifient ce que mangeaient les hommes à une époque précise : céréales, légumineuses,légumes, fruits. Egalement les viandes,après étude des os permettant de savoir quels animaux vivaient à cette époque, lesquels étaient mangés, les techniques de bouchers...
On comprend alors l’utilité des lois interdisant les fouilles « sauvages » qui détruisent ce que des archéologues spécialisés trouveraient, permettant ainsi une avance des connaissances historiques.
Ces communications s’achevaient d’ailleurs par celle d’une association qui s’emploie à mettre fin au pillage du patrimoine archéologique et au saccage des sites.
Simone Foray
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Carta, une manifestation d’importance
Nous avons annoncé il y a plusieurs semaines ce 3e festival national d’Archéologie de Privas.
le programme exhaustif en est téléchargeable dans les Annonces culturelles.
Nous tenons cependant à insister dans un article sur les JOURNEES SCIENTIFIQUES AU THEATRE DE PRIVAS.
En raison certes de liens privilégiés avec Carta qui nous avait offert une belle exposition aux Baraques en juillet 2008, en raison du rôle culturel et de passeur de Simone Foray, mais aussi, tout simplement, en raison de la qualité de ce qui nous est proposé.
Quelques extraits donc de cette présentation intégralement téléchargeable par ailleurs en page d’accueil du site.
JOURNEES SCIENTIFIQUES AU THEATRE DE PRIVAS.
Sous la présidence de Madame Danièle Alexandre-Bidon, EHESS, Paris
Vendredi 24 avril
15 h Ouverture des journées scientifiques
15 h 30 Un cas de cannibalisme au Néolithique, la Baume Fontbrégoua (Salernes,Var)
Jean Courtin, directeur de recherche honoraire CNRS
16 h 30 Prescrire et interdire, prescriptions rituelles et interdits alimentaires chez les
grecs
Colette Annequin, professeur émérite Université Grenoble II
La châtaigne dans tous ses états...
18 h Visite de l’exposition « Du verger à la table : châtaigniers et châtaignes
d’Ardèche » aux Archives départementales de l’Ardèche, sous la conduite de
Dominique Dupraz, directeur, avec la participation de la Confrérie de la châtaigne.
20 h 30 Lecture d’archives autour de l’exposition « Du verger à la table... » par les
compagnies de théâtre de La Lermuze et Valentine
Samedi 25 avril
Les restes alimentaires- 9 h Ouverture du théâtre / accueil
10 h Petite histoire d’une drôle de cohabitation : les hommes et les animaux à l’époque antique
Armelle Gardeisen, CNRS
10 h 20 Le poisson dans l’alimentation gallo-romaine : le regard de l’archéoichtyologie
Gaël Piques, CNRS
10 h 40 L’alimentation médiévale dans l’Est de la France à travers des études carpologiques de sites champenois et lorrains »
Emmanuelle Bonnaire, Julian Wiethold, Inrap
11 h Discussion / Pause
Autour du théâtre : librairie, séance de dédicace,
animations
Les comportements alimentaires- 14 h Comportement alimentaire et gestion des territoires par les Néanderthaliens en
Vivarais
Camille Daujeard, Université de Bordeaux I
14 h 20 Modifications de l’alimentation face au changements climatiques en midi méditerranéen entre 20 000 et 8 000 ans BP
Maryline Rillardon, CNRS
14 h 40 Les vestiges de fruits et de légumes à Montaillou (Ariège) : un exemple
d’alimentation végétale au Moyen Age
Charlotte Hallavant, UMR 5608 TRACES, Toulouse
15 h Impact de l’alimentation sur l’état dentaire au Moyen Age
Rémi Esclassan, maître de conférence et praticien hospitalier
15 H 20 Discussion / Pause - Autour du théâtre : librairie, animations
La transformation et la préparation : les modèles alimentaires
16 h 30 Des foyers néolithiques en rapport avec le traitement des céréales ? Les
découvertes de Peaugres en Ardèche
Vincent Georges, Inrap
16 h 50 Tribune : Intervention de Grégory Compagnon, président de l’association
« Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique ! » (HAPPAH)
17 h 10 Discussion / Autour du théâtre : librairie, animations
Dimanche 26 avril
9 h Ouverture du théâtre / accueil
9 h 30 Premiers pains : pains néolithiques
Philippe Marinval, CNRS
9 h 50 Les gaulois avaient du goût mais que mangeaient-ils ?
Anne Flouest, chargée de l’action culturelle et de la communication à Bibracte
10 h 10 La viticulture gallo-romaine dans le bassin de Clermont-Ferrand / Auvergne
Pierre Vallat, Inrap
10 h 30 Les carrières de meules au Moyen Age et à l’époque Moderne
Alain Belmont, Université Grenoble II
10 h 50 Discussion / Pause - Autour du théâtre : librairie, animations
Autour de l’Alimentation- 14 h Entre bouchers et tripiers : un quartier artisanal médiéval et moderne à Troyes
(Aube)
Aurore Louis, Inrap
14 h 20 La fabrication de céramique culinaire gallo-romaine
Armand Desbat, CNRS
14 h 40 Une cuisine de domus à Javols au IIe siècle apr. J.-C. : essai de restitution
Alain Trintignac, archéologue au Conseil Général Lozère.
15 h A voir et à manger, de la cuisine à la table, 500 ans de céramiques en Lyonnais et Dauphiné
Alban Horry, Inrap
La nourriture et le sacré
15 h 20 Offrandes et friandises d’origine végétale en contexte funéraire durant le Haut-Empire en Basse-Auvergne
Manon Cabanis, Inrap
15 h 40 Discussion - Conclusion
LE FORUM DES JOURNEES SCIENTIFIQUES
Du vendredi 24 (après-midi) au dimanche 26 avril
A l’extérieur et à l’intérieur du théâtre
Animations et expérimentations archéologiques :
Pour les enfants et les grands (pour le détail des ateliers, très riches et divers, se reporter au site : http://fnap07.free.fr)
Une librairie archéologique s’adressant aux petits et aux adultes sera proposée par la librairie Lafontaine.
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ROUTE DU SEL
Simone Foray, historienne, est retournée aux Archives Départementales de l’Ardèche pour des recherches sur la ROUTE DU SEL, dans le cadre du Projet "MOUVANCES" et, notamment, de la visite à/de Pont-Saint-Esprit...
Ce qu’elle a trouvé :
Mutualité de l’Ardèche - Mai 1990- article de G. Mathenet
« Le chemin de La Voulte à Saint Agrève, route du sel, fait figure pendant un certain temps de principale voie de communication. La route longeant le Rhône est améliorée par la construction d’un pont à Saint Laurent du Pape (vers 1750).
Cette route franchissait l’Eyrieux au Pape et continuait par Vernoux et Les Nonières. [1]
Le sel arrivait du midi à l’entrepôt de La Voulte par bateaux tirés par des chevaux.
Là, les sacs plombés étaient chargés sur des charrettes et acheminés vers les greniers à sel de Saint Agrève, du Puy et même de Clermont Ferrand.
Un rapport de 1775 précise que 80 charrettes de sel empruntaient cette route chaque semaine et affrontaient deux passage difficiles :
les lacets de la côte de la Mure, au-dessus du Pape, particulièrement dangereux en raison de leur étroitesse et de la fragilité des murs de soutènement
et la route de Pereyrol entre les Nonières et Le Pouzat dont la pente est telle que les voitures doivent souvent doubler leurs attelages. Les accidents étaient nombreux à la descente comme à la montée et les témoignages font état de mulets tués, de « guimbardes » brisées, de marchandises détruites.
Pourtant, depuis le début du 18è siècle, les réglements de police limitent les attelages à 3 chevaux ou mulets et la charge des véhicules à 20 minots, environ 1500 kilos.
Avant cette date, une voie partait de Tournon, se dirigeait sur Saint Agrève par Desaignes
Les mulets assurent encore l’essentiel des transports en 1808 ; toutes les semaines, 8 mulets chargés de soie partent d’Aubenas pour Saint Etienne par Mezillac, Saint Pierreville, Pont de Chervil, Chalencon,les Nonières, Saint Agrève, Montfaucon. Ils rapportent du fer et de la quincaillerie.
Mutualité de l’Ardèche - Octobre 1984- G Mathenet
"La contrebande en Vivarais au 18è siècle"
(résumé)
La contrebande portait sur le tabac et le sel.
Les contrebandiers étaient surtout des muletiers et souvent originaires des Hautes Boutières.
Ils ont des gîtes d’étape à Grozon, Alboussière, servant de relais ou entrepôts.
A partir de 1728, la lutte s’intensifie le long du Rhône et d’une ligne Vernoux, Privas, Aubignas, Saint Remeze. Deux régiments sont affectés à la répression.
Les affaires sont portées, avant 1733, à Pont Saint Esprit puis à Valence. Les coupables sont pendus, envoyés aux galères....
Recherches de Simone Foray
NB. Il serait bon de revoir ce qui peut être écrit dans "La Rébellion française", l’ouvrage de Jean Nicolas, qui vient f’être réédité, dont nous avons un exemplaire en bibliothèque, et dont Jean Nicolas parlera cet été dans le cadre d’une approche de la précarité au 18ème siècle...
Par ailleurs, nous renvoyons, sur cette même page, à l’article de Claire de la Boissière
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[1] et passait donc aux Baraques !
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PONT SAINT ESPRIT
HISTOIRE
Le site fut habité dès la préhistoire, en particulier les grottes des collines.
Le premier nom connu est celui d’une villa gallo-romaine :
Villa Clara, sur un piton rocheux entouré de nombreuses sources.
Saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, serait venu y prêcher l’évangile, d’où le nom de Saint Saturnin donné au premier village, auquel on ajouta « du port » au 13è siècle.
C’était alors une ville entourée de remparts (remplacés
par des allées). En 948, l’évêque Gerald donna la bourgade aux Bénédictins. Puis, elle devint une importante place militaire protégeant la moyenne vallée du Rhône.
Ce fut une ville de nobliaux provençaux dont le plus célèbre, Charles, duc de Luynes, devint connétable du royaume au 17è siècle, sous Louis XIII. Quelques belles maisons anciennes sont encore visibles : Hôtel de Roubin, du 17è siècle, Maison des Chevaliers édifiée au 12è siècle, habitée jusqu’en 1988 par la même famille Piolenc (de riches négociants) et devenue musée d’art sacré du Gard.
De la vaste terrasse, place Saint Pierre, on peut voir, au nord, l’église paroissiale du 15è siècle, au sud ouest, la chapelle des pénitents dont la façade est de style baroque, au sud, l’ancienne église Saint Pierre du 17è siècle.
Les arcs supportant la terrasse reposent sur des colonnes sculptées.
Au pied du pont se situe la maison du Roi, avec ses baies Renaissance.
Au milieu de l’esplanade, se trouve le portail flamboyant de l’ancienne collégiale du Plan et les vestiges de la citadelle fortifiée au 17è siècle par Vauban.
LE PONT
De 1263 à 1309, le pont Saint Esprit fut érigé, sous la protection du roi de France, curieux d’accéder à la rive gauche et au Saint Empire Romain Germanique, par la confrérie des pères Pontifes créée à Avignon pour construire le pont Saint Bénezet.
Long de 1000 mètres, 19 arches sur 25 sont anciennes.
Les deux extrémités étaient défendues par des bastilles et par deux tours en son milieu, aujourd’hui disparues.
En 1595, on construisit la première citadelle, agrandie au 17è siècle, au niveau du pont.
Pour faciliter la navigation, on a remplacé les deux premières arches par une seule qui fut bombardée le 15 août 1944, remplacée par un pont suspendu puis par un ouvrage en béton armé. Toutes les piles avaient un nom (voir le plan de 1890)
UNE VILLE DE L’EAU.
L’eau coulait en abondance, descendant des collines au-dessus de la bourgade primitive, formant un château d’eau naturel.
La villa gallo-romaine était déjà construite sur un site cerné par des ruisseaux.
Au début du 18è siècle, on dénombre dans la cité 4 sources et de nombreuses fontaines entretenues par un fontanier, quantité de bornes fontaines et plusieurs lavoirs.
Il y a alors plusieurs moulins à l’amont et à l’aval du pont. Le seul qui subsiste est le moulin du Major à l’amont. C’était un moulin hydraulique qui renvoyait l’eau du Rhône dans des fontaines, abreuvoirs et bornes fontaines.
A la fin du 19è siècle, on abandonne le système. Un certain Monsieur Foresties fait creuser un grand puits profond qui reçoit l’eau de la montagne et la distribue en ville moyennant finances. La CGE (Compagnie des eaux) lui succède... et fait disparaître l’eau gratuite.
VILLE DU SEL
Pendant des siècles, le Rhône est une voie d’excellence pour le transport du sel en provenance des salins de Méditerranée et, en particulier des Salins de Giraud.
Il est déposé sur des bateaux à fond plat, parfois halés par des chevaux le long du fleuve. Cela s’appelle le tirage du sel.
Des entrepôts sont créés sur le parcours du Rhône. Le plus important se situe à Pont Saint Esprit d’où partent au Moyen Age des réexpéditions vers l’Auvergne, le Dauphiné, la Savoie. Il emmagasine 30% de l’ensemble des 17 greniers à sel existants alors.
Un document de 1244 mentionne que le sel arrivait aussi à Pont Saint Esprit par la route passant à Remoulins et Bagnols.
Le pont a favorisé la formation d’une petite cité négociante très prospère pendant des siècles.
ADDITIFS
Un pont au Moyen Age. Le pont de Pont-Saint-Esprit
(cf Guy Dupré-Ed. Lacour - Nîmes 1998)(résumé)
Situation exceptionnelle : point de rencontre actuel de 4 départements et autrefois, à la limite des Etats du Pape, de l’Empereur germanique et du roi de France .
Région de passage, de commerce. Il y aurait eu un pont dés la période celtique. A l’époque romaine, voie domitienne et voie vers Alba. Saint Saturnin du Port donné en 942 par l’évêque Geraud à Cluny qui y fonde le prieuré Saint Pierre de Cluny.
Le prieur Jean de Thiauge crée un rectorat de 8 membres pour réaliser la construction. Il est fait appel aux frères Pontifes (laïcs) qui ont construit le pont d’Avignon marquant un progrés exceptionnel dans l’édification d’un pont. Un achat de pierres est fait aux carrières de Bourg Saint Andéol.
Une longue querelle au cours des siècles s’ensuit entre les prieurs craignant de perdre leur autorité, les recteurs spiripontains laïcs, les recteurs du Comtat et les rois de France, chacun voulant s’assurer les bénéfices du pont.
Par une bulle de Boniface 8, le recteur du Comtat veut supprimer les tours défensives et stimule l’intérêt de Philippe le Bel pour le pont et sa lutte contre le prieur.
Au 13è siècle, est construite la chapelle Saint Nicolas (protecteur des mariniers) et sur l’arrière bec la tour saint Nicolas avec son escalier.
L’ Oeuvre du pont est créée pour rassembler des donateurs pour l’entretien du pont. Elle construit l’hospice et l’Eglise du Saint Esprit. Son siège est la maison du Saint Esprit appelée plus tard, maison du Roi. De nombreuses bulles des papes encouragent les dons pour le pont.
Mais la guerre de Cent ans éclate et une Grande Compagnie met à sac Saint Saturnin.
Philippe VI de Valois crée la gabelle et dote l’Oeuvre de l’octroi du « Petit Bleu », monnaie d’argent valant 5 deniers.
Chaque minot de sel passant le pont ou déposé au grenier de la ville acquitte l’impôt « la blanque ». Le bureau des gabelles est présidé par un grenetier. Les rois de France accaparent cet impôt perçu par les « receveurs du Petit Blanc ».
Une nouvelle église du Saint Esprit bâtie par Louis XI devient un lieu de pèlerinage.
Au 14è siècle, la ville devient Pont-Saint- Esprit.
Le « petit Blanc »
François Ier réclame la moitié de l’impôt. Henri 2 double la somme. Henri IV passe de 12 à 16 deniers. Louis XIII exige 24 deniers.
Il est certain que le pont contribue au développement de la ville. La collégiale du Plan est construite grâce au « petit Blanc » qui devient très impopulaire comme toutes les gabelles.
Jusqu’au début du 19è siècle, le pont sera le seul entre Vienne et Arles.
Simone Foray ((Synthèse de plusieurs articles)
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De Sonnerie en Dunière = DUrand + SonNYERE ?
Concernant le lieu dit « La sonnerie » à Silhac, voici les renseignements que je peux fournir :
Art 48 de "l’inventaire des titres terriens et documents concernant les droits de la maison de Vaussèche et ses dépendances" terminé le 21 août 1615.
( une mine pour l’histoire ancienne locale dans laquelle Saint Apollinaire de Rias occupe une bonne place) [1].
"Achat par Robert Sonnyer faict de Pierre et Vidal de Saurne, d’un pré et d’une terre au Saurne avec hommage à Hugon de Prehelle" - (famille qui fut à Vaussèche)
Jour de la Saint Barthélémy 1279, acte reçu par Monsieur Pierre Toscon.
l’étymologie de « Saurne » peut peut-être se trouver dans un terme de fauconnerie :
Le Saurne est un petit faucon de moins d’un an, la Saurne ayant dépendu à une époque de Collans, peut-être se trouvait-il là une nursery de faucons pour la chasse aux faucons.
Ce lieu devint sonnerie (sonnier -> sonnerie).
On trouve trace dans de vieux documents cartaculaires de l’abbaye de Sainte Chaffre.
De là, vient certainement le nom de la Dunière (limite de territoire dans cet inventaire entre Durand et Sonyère)
Claire Sonnier de la Boissière
Rappel : Tous droits de reproduction réservés
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[1] A cet égard, Claire de la Boissière demande si quelqu’un pourrait l’aider dans ses recherches - ce qui suppose évidemment la capacité de déchiffrer des documents anciens, mais pourrait enrichir considérablement la connaissance de l’histoire locale...
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Un pays de petite Gabelle...
Voici les quelques lignes concernant le sel, principalement au niveau du droit : [1]
Avant le XIVe siècle, le transport du sel (venant essentiellement en remontant le Rhône) était soumis à divers péages seigneuriaux.
Au XIVe siècle fut institué un monopole d’état sur la vente du sel et un impôt afférent : la Gabelle.
Il existait des divisions en pays de grande Gabelle, pays de petite Gabelle, pays de saline, pays redimé et pays exempt.
Le Vivarais était un pays de petite Gabelle, c’est-à-dire que les habitants des paroisses n’étaient pas forcés d’acheter le sel aux magasins de la Gabelle.
La fraude sur le sel et la contrebande furent de grands sports sous l’Ancien Régime - cf les "faux sauniers" - car l’impôt devint très élevé au fil du temps et chaque personne habitant un feu était tenue d’en acheter une certaine quantité, dépassant souvent ses besoins réels (exemple d’un enfant devant acheter 7 kg de sel pour un an).
Il y eut de nombreux soulèvements contre cet impôt, le plus impopulaire de tous.
L’on dénigrait sous le nom de Gabelous, les commis de la Gabelle. Ils étaient particulièrement haïs du peuple.
Une saunière était un coffre où l’on conservait le sel destiné à l’usage domestique - souvent un banc, un coffre placé dans l’âtre pour que le sel ne s’humidifie pas, et que les Anciens se réchauffent.
Les techniques de récoltes étaient différentes en Atlantique et en Méditerranée.
L’une se servait des marées, l’autre non. Ils se servaient donc de pompes et de rouets.
Claire Sonier de la Boissière
Rappel : Tous droits de reproduction réservés.
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[1] une contribution au projet "Mouvance" ou "Mouvances" selon l’approche, déjà très présent sur le site :
rubrique "Projets" :
Projet 2009 en cours de gestation
Projet 2009. Mouvance se densifie
Mouvance s’étoffe
Eaux au moulin de Mouvance
rubrique "Arts Plastiques" :
Mouvance : la source de la Dunière
Mouvance : source enneigée de la Dunière
rubrique "Arts visuels" :
Mouvance, un contact professionnel
Mouvances : premières images
Bribes flottées, naufragées pour Mouvance
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Le cri premier de Marthe Arnoux.
Lors de notre rencontre, Marthe Arnoux nous a remis, retrouvée, la première moûture, manuscrite, de son texte...
Ce second texte est en fait le premier, non mis en forme, brut, un cri de révolte et de douleur...
Il ne reflète évidemment pas toutes les situations mais certainement nombre de celles dont les victimes nous ont parlé à demi-mots, refusant d’écrire et d’être citées, et disant toujours, les voisins savaient, ils n’ont rien dit...
Nous versons donc ce texte, dans son intégralité, comme témoignage, au dossier d’un sujet sur lequel il faudra bien qu’un jour une étude historique, scientifique, soit effectuée... Tâche difficile car les protagonistes, ou leurs enfants sont vivants, et ici "tout le monde se connait"... Mais tâche qui sera encore plus difficile quand il ne sera plus possible d’appréhender ce vécu par l’entretien ethnologique avec les protagonistes... Un complément indispensable, semble-t-il, à la nécessaire approche statistique à partir des archives de l’assistance publique, de l’inspection académique, de services de soins ou des villages...
Et quand on pense aux larmes, à l’émotion suscitée par la présentation de "L’arbre de Combier", le livre de Fatima Mana, à l’Hôpital-Maison de retraite de Vernoux...
Jacqueline Cimaz
Vernoux- 48e Journées nationales rurales.
(Le monde rural vu par les protestants en novembre 1996) D L.
Réactions « à chaud » d’une ancienne pupille de l’AP ayant été accueillie sur le plateau de Vernoux - (1934 - 1940).
Le plateau de Vernoux, terre d’accueil légendaire de 1909 à 1945 pour les pupilles de l’Assistance publique du Rhône...
Fermes de multicultures et d’élevage par excellence, ce n’était pas un hasard si nous y avons transité par centaines pendant des décennies.
Nous étions « en nourrice », c’est-à-dire que l’AP payait une pension aux « nourriciers », plus une bourse pour les chaussures et les chapeaux, plus 2 trousseaux annuels de vêtements, (lesquels étaient souvent utilisés pour d’autres que nous).
Petits bergers dociles, utilisés aux durs travaux des champs, aux corvées d’eau et de bois, fardeaux trop lourds pour nos constitutions chichement nourries. Mal vêtus, mal chaussés, nous avions honte et nous faisions honte, nous étions misérables.
L’école communale à 4 cours dans la même classe m’a fourni pendant 4 ans les mêmes manuels scolaires usagers, mais étant destinés à être valets de ferme ou de maison bourgeoise, il n’était pas nécessaire de nous laisser une chance par l’éducation. La plupart d’entre nous était illettrée à la fin de sa scolarité.
Orphelins « qui sortaient on ne savait d’où », nous les gamins de l’hospice, nous n’étions rien. Personne, des N° de matricules, le mépris, le rejet, la honte...
Comment la société des villages bien pensants de l’époque a t-elle pu tolérer et banaliser ces abus ?
Nos misères affectives et physiques étaient visibles et connues !
Les Maires, les Instituteurs, les Pasteurs et Curés qui nous voyaient tous les jours, pourquoi n’ont-ils pas dénoncé cet esclavagisme d’enfants ?
Qui s’en souvient ? Qui en a eu honte ou des remords ?
Pays rude et pauvre, mentalités arriérées, l’existence était rude aussi pour les paysans de cette époque mais ceci excuse t-il cela ?
L’Inspecteur des enfants assistés ne trouvait rien d’anormal lorsqu’il nous visitait : ni ceux qui couchaient au grenier ou (ailleurs), non plus que nos médiocres résultats scolaires, car les travaux des champs ne nous laissaient pas le temps d’apprendre nos leçons, ni nos vêtements miséreux...
En ce qui me concerne, j’étais tombée chez des fermiers Protestants qui m’ont envoyée à l’école du Dimanche, j’y ai découvert la bible et Jésus est entré dans ma vie, la transformant ; il aimait les pauvres et les orphelins, l’espoir est entré dans ma vie, me faisant accepter ma dure existence.
Mais était-ce positif ?
Aujourd’hui, à 70 ans, j’en doute, car sans ma foi je n’aurais pas attendu l’âge de la majorité sans faire un acte de révolte et je le regrette car au moins, il y aurait eu une réaction parmi tant d’autres...
Mais nous étions soumis, car rudement menés, nous n’avons pas causé trop de problèmes, il faut dire aussi qu’on nous rappelait sans cesse qu’il y avait la maison de correction si nous n’obéissions pas !
Je témoigne de ces faits vécus et véridiques au nom de tous mes petits camarades d’infortune : pour l’oeil crevé de Lucien par un coup de fouet, pour que ce passé, cette histoire d’un autre âge et pourtant contemporaine ne s’oublie pas, même si cela ne fera pas plaisir à tout le monde.
Il y a eu des pupilles qui ont eu de la chance, il faut aussi le dire !
Plateau de Vernoux, Terre d’Accueil !... Qu’ont fait les chrétiens, qu’ont fait les Eglises ?
Je pose aujourd’hui la question : Ont-ils dénoncé ces scandales aux autorités ?
Eux, on les aurait écoutés !...
Marthe Arnoux.
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Le sentiment d’un devoir de mémoire
C’est ce qui ressort de l’entretien avec Marthe Arnoux, un entretien riche, chargé d’humanité, mais aussi cette volonté que lumière soit faite, un dû à l’égard de ceux qui ont souffert, comme cette homme analphabète, privé d’une école inutile pour lui, et borgne suite à un coup de fouet reçu à huit ans...
Un entretien donc qui appelle l’écriture, la mise en forme du déjà écrit...
Jacqueline Cimaz a offert "l’Arbre de Combier" à Marthe, livre que lui a dédicacé Fatima Mana...
"Le passé est encore là, bien présent avec son poids de douleurs tressées au bleu du malheur. Sa parole, portée par l’émotion, marche à reculons sur son vécu.
Trop de jours encore remontent ce chemin à l’envers où chaque ornière se remplit aux larmes de l’enfance.
C’est du sombre sur le visage triste d’une petite fille, c’est une vie giflée par indifférence.
A petits pas, la pupille de l’assistance avance sur sa route écolière. Ses yeux s’embuent et débordent la souffrance de sa différence.
De quand la bêtise et la méchanceté la désarmaient.
Des paroles habillées de pudeur qui effleurent, qui affleurent toute une vie.
Des paroles en permanence muselées sur les actes de la société.
Elle dit les mains qui l’ont évitée, les mains qui l’ont placée au ban de cette société parce que mal née, les mains qui ne se sont pas tendues et toutes ses mains détournées d’un destin malade parce que la maladie l’a amputée, parce que chargée sur son dos, la figure du monde qui ne se voit pas, la voilée d’invisible, pourtant encore là.
A plus de 80 ans, la burka porte derrière ses grilles une lumière jamais brisée à travers les couloirs de l’espoir.
Une leçon de vie que la sienne, toujours désertée de haine.
Elle regarde aujourd’hui sereine, toutes ses mains.
Va de l’une à l’autre avec encore des pourquoi !
Fatima Mana
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Assistance Publique : mise à nu enfin ?
En préambule au témoignage de Marthe Arnoux,
" Vingt ans nous séparent, pourtant des ressemblances étonnantes avec notre propre expérience traversent son texte...
Elles se retrouvent presque transposées dans « l’arbre de Combier » tant les vécus sont similaires.
" L’inspecteur se rendait au champ, voyait l’enfant manger goulûment, mettait ça sur le dos de la jeunesse où l’appétit est insatiable. L’assisté se gardait bien de brosser le tableau noir de la réalité.
A son retour, une pluie de coups s’abattrait sur lui si son attitude avait entraîné des questions dérangeantes... Mais il le voyait souvent repartir une volaille et quelques tommes de chèvres à la main."
Fatima Mana ("l’arbre de Combier" p 64) [1]
Marthe Arnoux raconte le manque de considération et les comportements qu’avaient la plupart des gens envers les enfants de l’Assistance publique.
A l’époque, une attitude très répandue sur les pupilles méprisées...
Et que dire du rôle des inspecteurs chargés de leur suivi - généralement plus intéressés par les vivres qu’on leur proposait que par le vivre des enfants sous leur responsabilité !
Il y a quelques années, un travail de collecte et de témoignages était entrepris par Sylvette Béraud Williams, ethnologue.
Seulement trois personnes, enfants de l’assistance publique, y avaient participé. Tous avaient été bien traités [2]
Ne serait-il pas temps de reprendre ce temps et de l’aborder par l’enquête ethnologique et l’histoire, pour lui rendre sa vérité et réhabiliter ces générations d’enfants abîmés pour la vie ?
Fatima Mana, auteure de l’Arbre de Combier [3]
Quand on choisissait l’enfant à peu près comme deux siècles avant on recrutait ses esclaves en Amérique... (Photo Mairie, don Yvonne Galmiche...)
Le témoignage de Marthe Arnoux
[4]
Le plateau de Vernoux, dans la première moitié du XXe siècle (1903-1945), pays d’élevages et de multiculture, a vu arriver comme par hasard un accueil massif de pupilles de l’Assistance publique.
Motivations :
Apport financier par la pension des orphelins, plus une bourses annuelle pour chaussures et chapeaux,
plus deux trousseaux ( utilisés le plus souvent par les enfants des « nourriciers »),
petits bergers plus main-d’oeuvre pour corvées et travaux des champs.
Scolarité lamentable :
les écoles communales étaient pauvres comme le pays de l’époque ; les travaux des champs auxquels nous étions soumis ne nous laissaient pas le temps d’étudier. Rares sont ceux qui sont sortis de l’âge scolaire obligatoire avec le Certificat d’études.
Beaucoup étaient illettrés.
Mais pourquoi investir dans l’éducation quand on vous destine jusqu’à 21 ans à être valet de ferme ou de maison bourgeoise... ?
Orphelins, numéros matricules d’origine inconnue, donc méprisables et méprisés.
RIEN, PERSONNE, LE NEANT !
Il y a des pupilles qui ont eu de la chance, il faut aussi le dire.
L’inspecteur « des enfants assistés », faisait des visites-contrôles annuelles : rien à signaler, ni la scolarité ni ceux qui couchaient au grenier (ou ailleurs) chichement nourris, écrasés de labeurs et de fardeaux, vêtus misérablement
(nous avions honte, et nous faisions honte).
Mais lorsqu’il quittait la ferme, il y avait un saucisson et des picodons dans son sac...
Société bien pensante des villes : banalisation et connaissance des situations.
Qui a eu pitié, Qui à eu honte ? Qui a eu des remords ?
Maires, curés, pasteurs, tout le monde savait, mais qui de ces personnalités a entrepris une démarche pour dénoncer cet esclavagisme d’enfants ? Il y en a t-il un seul ?
Les chrétiens, les églises ? Leur comportement, leur rôle dans l’enseignement religieux qu’ils nous prodiguaient, nous apprenaient la soumission et l’acceptation.
De ce fait nous ne causions pas trop de problèmes
(grâce aussi à la menace de la maison de correction).
Rude et pauvre, sans mécanisation, l’existence pour les paysans, qui avaient des mentalités frustes, était dure aussi. Mais ceci excuse t-il cela ?
J’ai 70 ans, j’apporte ce témoignage vécu et véridique (ce n’est pas une histoire de Victor Hugo) pour les centaines de petits orphelins exploités et maltraités sur le plateau de Vernoux et ailleurs.
Ne pas occulter cette période honteuse de notre société, nous qui avons eu à expurger de nos corps et de nos âmes la haine et le ressentiment accumulés, si nous avons voulu vivre et en sortir normalement.
Mais l’injustice qui nous a été faite ne sera jamais effacée...
Monde rural, lieu d’accueil et de solidarité... Aujourd’hui sans doute !
La société a changé, la DDASS a remplacé l’Assistance publique.
Et il y a moins de pupilles, l’existence s’est améliorée, et c’est mieux ainsi.
Marthe Arnoux
Montage et mise en page, Jacqueline Cimaz
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[1] cf pages 63 à 64, 72 à 74...
[2] formule consacrée pour décrire les conditions de vie dans la famille d’accueil
[3] ED.Apogée
[4] Article paru dans « Réveil », journal protestant de la région et dans Envol, journal de la FOL
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Loi Guizot, Saint-Apollinaire 1833 et école en Algérie...
Jacqueline Cimaz a reçu un message de Pierre Boutan, historien, universitaire, Montpellier.
« Très impressionné par l’activité culturelle des Rias, je me permets de te signaler que l’Ardèche bénéficie d’un inventaire complet dans la base de données de l’INRP mettant en ligne l’enquête Guizot de 1833 (première visite organisée de toutes les écoles primaires de France...).
Bien sûr, Saint Apollinaire de Rias y figure. Mais peut-être es-tu déjà au courant..."
Et bien non, nous n’étions pas au courant...
Vite une recherche sous Google qui permet d’accéder à la base de données, de là on vite fait de trouver Saint-Apollinaire-de-Rias
Un régal !
Où on découvre que le jeune instituteur, un certain "JURUS Louis Jean Jacques" a "le respect de ses élèves. Il jouit de l’estime de ses concitoyens. L’instituteur a des relations honorables"...
Et d’autres renseignements des plus intéressants et savoureux que nous vous laissons découvrir... [1]
Allez voir !
Mais Pierre Boutan poursuit son message :
" J’en profite pour te rappeler que je m’intéresse à l’Algérie à l’Ecole (1830-1962) ... et que si tu connais des instituteurs (trices) qui disposeraient de
matériels et de souvenirs d’époque, j’aimerais pouvoir entre en relation avec eux (elles)."
"Je connais Pierre Boutan depuis des décennies. Nous avons collaboré à la même époque à la revue "L’Ecole et la Nation"...
Plus tard nous nous sommes retrouvés pour des colloques, des formations de professeurs ou des jurys d’examens ou concours. J’ai toujours apprécié l’honnêté intellectuelle, la rigueur et l’humanité de Pierre Boutan.
Si des enseignants en exercice ou retraités lisent ce site et disposent de matériels et souvenirs d’époque, je les invite à répondre à cette requête, même si ce qu’ils savent leur parait minime.
Je suis sûre aussi que Pierre Boutan nous fera part des objectifs de sa recherche, de ses hypothèses et des réponses esquissées.
Avec nos remerciements."
Jacqueline Cimaz (Retraitée de l’Education Nationale, IA-IPR, Inspectrice d’Académie honoraire)
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[1] Vous pouvez aussi aller voir Silhac- une école, Saint-Julien-le-Roux - une école, Vernoux - deux écoles... etc
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Réédition et publications pour Jean Nicolas
Jean Nicolas [1] en s’excusant de devoir reporter une intervention prévue pour pouvoir relire et corriger 1000 pages en 15 jours, vient de nous apprendre la réédition de "La rébellion française, mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789".
Il s’agit d’une excellente nouvelle, répondant à une demande à laquelle nous avions contribué en 2007 [2], et ce d’autant plus que la réédition devrait se faire dans un format facilitant une diffusion élargie.
Certes, nous regrettons le report de la rencontre "Vivre et survivre en Vivarais au 18ème siècle", déjà annoncée, mais nous nous réjouissons du fait que le 30 octobre, cette rencontre puisse s’accompagner d’une présentation du livre réédité, qui pourra être diffusé et dédicacé. [3]
Par ailleurs, le travail sur notre projet "Vivre et survivre, du 18ème siècle à nos jours" [4] va se poursuivre, en commission et ateliers d’écriture, et par divers autres échanges prévus...
En ce qui concerne l’approche historique au 18ème siècle, il serait bon que les deux mois de report soient mis à profit pour des échanges à partir du texte de la Conférence de 2007 d’une part, et, par ailleurs, de deux articles de Jean Nicolas publiés dans le N° Hors série d’août-septembre 2008 de "Marianne l’Histoire" "Les grandes rébellions".
La revue est disponible à la Bibliothèque Municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias.
Les deux articles :
"Portraits de rebelles de l’Ancienne France", dans la 1ère partie "La colère de ceux qui n’ont rien", texte qui s’appuie sur des recherches publiées dans la "Rébellion Française"
"Le feu aux écoles, le feu aux châteaux", entretien avec Jean Nicolas, [5], un texte inédit, qui pose des questions fondamentales et passionnantes et contribue à ouvrir des perspectives...
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[1] historien, universitaire
[2] Pour préparer et prolonger la conférence du 25 juillet au Temple des Baraques "Rébellions et révoltes en Vivarais sous l’Ancien Régime", dont le texte intégral est téléchargeable sur ce site - plus bas dans cette même page
[3] D’ailleurs, s’il y avait retard dans la sortie du livre, annoncée pour la rentrée, ce qui est peu probable, nous envisagerions un nouveau report.
[4] ou une démocratie participative en prise sur le réel
[5] dans la 4ème partie :"En lutte contre le totalitarisme"
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Effet boule de neige des plus pointus...
" L’exposition sur le patrimoine archéologique de l’Ardèche a été inaugurée au temple des Baraques le sept juillet devant une trentaine de personnes.
Lors de cette première, chaque panneau était commenté Par Andrée Métery, présidente de l’association Carta qui a réalisé cette exposition.
Beaucoup de questions posées au cours des visites des journées suivantes méritant l’intérêt des visiteurs pour ce riche patrimoine."
Ecrivait Simone Foray en début de semaine...
Mais le soir même du vernissage, plusieurs autres personnes - dont Joëlle Dupraz - arrivaient peu avant la clôture, d’où de nouvelles discussions, des approfondissements, des considérations sur la démarche scientifique et le sérieux de l’approche scientifique, les garanties dont l’archéologue a besoin de s’entourer...
Le nombre de visites s’est accru chaque jour, et aussi l’intérêt d’un public averti et connaisseur, avide de nouveaux renseignements...
Françoise, qui avait vu l’exposition à Vernoux, disait ce dernier jour son désir de revoir cette exposition, pour relire, approfondir...
Une centaine de visites donc, et des visiteurs particulièrement intéressés...
NB. A noter que beaucoup de ces visiteurs sont allés voir le Carrefour des Résistances - avis toujours confirmés...
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Exposition d’archéologie
Cette exposition, très didactique, présente un panorama de l’ensemble du patrimoine ardéchois, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, mettant en valeur la richesse de ses nombreux sites.
Elle explique aussi l’historique de la recherche et des fouilles.
L’association CARTA [1], qui a réalisé cette exposition, fondée en 1991, a pour but
de contribuer à la recherche scientifique,
de prévenir la destruction de sites et
de sensibiliser la population et les élus par la valorisation du patrimoine.
Depuis trois ans , Carta organise aussi un festival d’archéologie à Privas :
exposés d’archéologues ou d’historiens sur leurs travaux,
animations diverses dans la ville sur un thème différent chaque année.
Les comptes-rendus de ses activités paraissent dans la revue « Ardèche Archéologie ».
Joëlle Dupraz est à l’origine de CARTA.
Elle a établi pendant plus de dix ans une collaboration entre le Service régional d’archéologie, qu’elle dirigeait, et les chercheurs non professionnels et les associations.
Elle est à présent responsable de la Cellule archéologique du Conseil Général.
Andrée Météry était présidente de CARTA lorsque l’association a réalisé l’énorme travail que représente cette exposition.
Simone Foray
NB. L’exposition est en place.
Ramenée de Privas où elle a été confiée à Simone Foray,
elle est maintenant installée au Temple des Baraques,
en toute simplicité...
Les panneaux sont à bonne hauteur pour être vus et lus... même par les enfants qu’elle devrait intéresser, particulièrement à partir du CE2...
Du beau travail fait par Fatima Mana, Nicole Chaudier et Simone Foray sous la direction de celle-ci...
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[1] carte archéologique et recherche en terre d’Ardèche
Une carte à dater...
Une carte de Font-Réal
prêtée
par Marcelline Moulin,
et trouvée
dans une brocante.
Un courrier de
sa femme Eva
à Henri Péatier...
L’année n’apparait pas sur le cachet...
NB. Nous accueuillerions avec beaucoup d’intérêt
tout renseignement précis sur
Eva et Henri Péatier
et sur l’année d’envoi...
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La conférence de Jean Nicolas
Professeur émérite de l’Université Paris VII - Denis Diderot, historien, auteur, Jean Nicolas a enseigné à Annecy, puis à l’Université de Montpellier.
Il est l’auteur d’une thèse sur la Savoie et a également travaillé et publié sur la Révolution dans les Alpes.
En 82, il a publié au Seuil, "La rébellion française - Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789", fruit de 20 années de recherches et d’échanges avec collègues et étudiants.
Une histoire non pas abordée par les évènements d’Etat ou de Cour mais par l’attention portée à la "France d’en bas", une histoire nourrie de repérages, d’enquêtes et d’études de tout ce qui était troubles collectifs et rébellions conçus comme expression publique populaire avant la Révolution.
L’intervenant
En ouvrant la séance au nom de l’association, Jacqueline Cimaz, rappelle que les Rias, association culturelle- travaille dans le cadre de son projet « Démocratie Participative », à la mise en place d’un exercice de la citoyenneté ouvert aux recherches actuelles et porteur d’exigences de qualité, d’une part, et d’autre part, fondé sur des valeurs partagées et ancré dans un patrimoine riche de résistances collectives.
La conférence devrait permettre de mieux appréhender ce patrimoine, d’autant que Jean Nicolas a effectué tout spécialement des extractions dans le livre pour retenir ce qui concerne le Vivarais et peut s’appuyer sur l’analyse d’évènements locaux.
« La rébellion fait du heurt et de la rupture le mode du changement dans notre pays. » indique la 4 ème de couverture.
Jean Nicolas va surtout montrer dans son exposé combien les mouvements populaires généralement sous-estimés sont importants au 18 ème siècle et pour la compréhension de ce siècle.
Et il affirme que la rébellion est une de ses identités.
L’Ancien Régime considérait que les décisions allaient de haut en bas, comme les réformes « octroyées », d’où la stupeur des élites quand « le couvercle a sauté »
Or il y a eu énormément d’émeutes -contre la dîme, les salaires, l’uniforme, les auxiliaires de justice... pour le pain, la question religieuse...
En 1760, la désobéissance est permanente, personne ne veut payer les impôts ni ouvrir aux huissiers de justice. On jette des pierres, tire ; tout cela a des aspects de western. Mandrin, pendu en 1755 est considéré comme un héros dont on chante les hauts faits...
Un public nombreux
De nombreux évènements sont évoqués comme ceux du Cheylard, de Rochepaule en 1748...
Mais par delà l’« extraction » des évènements locaux, une analyse est faite qui montre qu’au Nord des « tumultueuses » Boutières on ne réagit pas comme dans le Bas Vivarais.
Nord et Sud sont confrontés à la cherté de la vie, aux mauvaises récoltes, aux difficultés sociales. Le Sud se révolte particulièrement contre les agents du fisc.
Mais l’originalité du nord réside dans la résistance des populations protestantes...
Comme en 1683 où une centaine de représentants du Velay et du Vivarais sont réunis à Chalencon avec Isaac Homel et décident de se maintenir jusqu’à la fin de leur vie pour la « liberté de conscience », octroyée par l’Edit de Nantes. La répression, au hameau de l’Herbasse le 26 septembre 1683 sera féroce.
En 1709 le Vivarais frémit de nouveau. Un manifeste « fait au Désert » circule demandant la liberté religieuse, l’élargissement de tous les prisonniers et galériens, le retour des exilés. Abraham Mazel tente de soulever les Boutières avec une centaine d’hommes. Les autorités ont peur que ce mouvement soit rejoint par les émeutes du pain. Ce sera cette fois les massacres de Leyrisse et du Serre de Fontréal à Saint-Jean-Chambre.
L’attention du public
Jean Nicolas évoque aussi la tentative de libération de Désubat, et le massacre de Vernoux... Et le fait que les pages correspondant à cette date aient disparu des registres paroissiaux de la commune, « une forme de censure pour effacer la mémoire du massacre »
Ce mouvement - tardif, dramatique, violent- allait à l’encontre des recommandations des pasteurs du Désert. A.Court a fait connaître sa désapprobation. Néanmoins, il y a eu des complaintes de Désubat...
[Et le contenu du spectacle théâtral créé par les Rias à partir des apports de la population montre combien ces faits sont restés vivants et valorisés dans la mémoire populaire]
Certains ont craint à l’époque qu’il y ait convergence entre le rejet de l’autorité de l’Etat et des agents du fisc, les rassemblements de moissonneurs, le refus du service militaire, du Sud et ces mouvements protestants du Nord et risque de révolte généralisée.
La Révolte des Masques Armés qui se disent les "procureurs des pauvres", dans le Bas-Vivarais, fortement réprimée en 1783 conduit le Parlement de Toulouse à mettre en place une commission d’enquête. Ses conclusions sont accablantes pour le petit personnel du fisc ; mais rien ne change vraiment...
Cependant ces mouvements ont fait souffler un air nouveau en donnant aux « petits » un espoir de peser. Un premier mouvement politique dans les campagnes ?
Questions, réponses et re-questions...
En fait, comme une répétition générale avant la Grand Peur de 1989. Où tout ira très vite puisque la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen date du 24 août.
Cela montre aussi que le Révolution de 1789 n’est pas seulement issue des idées nouvelles et du travail des philosophes, mais qu’elle a été préparée par un siècle de mouvements populaires pour le pain et le droit de vivre la liberté de conscience...
Il faut évidemment se référer au livre pour en savoir plus. Mais cette conférence, suivant les avis exprimés dans la salle, a donné un autre regard sur le département, comme le dit René Char cité par ailleurs sur le site « ...tous les pays cessent de se valoir dès qu’on différencie le relief de leur peau pour en exprimer l’aspect mental qui nous importe »
Des questions ont permis d’apporter un certain nombre de précisions, de confronter les points de vue aussi, et les angles d’approche des faits historiques.
Les conversations se sont poursuivies autour du verre de l’amitié...
Le public, nombreux malgré la multiplicité des manifestations locales puisqu’on dénombrait plus d’une soixantaine de personnes, très attentif, a beaucoup apprécié le niveau de la conférence, le va-et-vient entre l’analyse d’évènements locaux, proches mais marquants, et l’apparente simplicité de la synthèse et des concepts historiques...
Un temps intense, dense et riche et peut-être moins insolite, donc, qu’il n’y parait en ce territoire rural peuplé de ses mémoires...
Un très grand merci de tous en tous cas, à Jean Nicolas.
NB. Cet article n’a pas été revu par Jean Nicolas. Le groupe qui a participé à sa rédaction a sûrement retenu ce qui le marquait plus et renvoyait à ce qu’il connaissait le moins mal. En particulier, vue l’immense richesse et diversité des évènements cités, l’impasse a été faite sur nombre de révoltes du pain, contre le fisc... en particulier, mais pas seulement, dans l’Ardèche du Sud.
Jean Nicolas ainsi, a bien montré que deux autres mouvements au moins, et bien antérieurs, annonçaient la révolte des masques armés...
Tout cela pour dire que le livre est à lire, bien sûr, accessible en bibliothèque et, sans doute, bientôt réédité.
Par ailleurs Jean Nicolas nous a communiqué le texte intégral de sa conférence, téléchargeable ci-dessous.
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Texte intégral de la conférence
Révoltes en Vivarais avant la Révolution
Professeur émérite de l’Université Paris VII, Denis Diderot,
historien, auteur,
Jean Nicolas parle de l’histoire de cette région et plus particulièrement de l’Ardèche, un découpage réalisé spécialement pour cette intervention.
Une histoire non pas abordée par les évènements d’Etat ou de Cour mais par l’attention portée à la "France d’en bas".
Une histoire extraite de "La rébellion française - Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789"-, ouvrage réalisé avec l’aide de collègues et d’étudiants et publié au Seuil en 2002...
Le résultat de longues années - une vingtaine d’années- de repérage, d’enquêtes et d’études de tout ce qui était troubles collectifs et rébellions comme expression publique populaire... avant la Révolution...
" La France rébellionnaire, entre Fronde et Révolution.
Jean Nicolas analyse la violence populaire, dans ses dimensions libératoires, passéistes et novatrices.
Croisant les approches- sociologie, anthropologie, économie- le livre parcourt un champ jusque là peu exploré : la vie au jour le jour, avec les cris pour le pain, la contrebande du sel et du tabac, la grève à la fabrique. On se mobilise aussi sur d’autres enjeux moins immédiats, autour de certitudes et d’espérances, tout ce que recourent les mots dignité, liberté pour l’individu porté par le groupe, pour la collectivité réduite ou élargie. Place aux irréductibles, à tous les non jetés à la face des hiérarchies et des pouvoirs.
La rébellion constitue un mode qui a fait du heurt et de la rupture le principe du changement dans l’espace français" (Extrait de la 4ème de couverture)
NB. Jean Nicolas a enseigné à Annecy, puis à l’Université de Montpellier. Il est l’auteur d’une thèse sur la Savoie et a également travaillé et publié sur la Révolution dans les Alpes.
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Une recherche qui rebondit
avec l’apport par Raymonde Bouix d’une photo de bonne qualité d’une classe aux Barraques...
Alain Fluchaire a déjà reconnu une élève...
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Recherche
"
Mme et M.Jeannet nous ont envoyé ces photos, avec une datation.
Si vous vous reconnaissez ou reconnaissez quelqu’un, allez à "Contact" pour nous laisser un message.
Merci."
écrivions-nous il y a quelques mois.
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Nous recevons de Christian Combouroure, qui daterait la photo de 1958, le courrier ci-dessous.
"Bonjour !
Je suis allé dimanche à Vernoux chez ma soeur Mme Brunel Lucette.
Nous avons cherché pour trouver les noms de la photo de M.Jeannet.
Nous gardons un très bon souvenir du pasteur M.Jeannet ainsi que des monitrices : notre jeunesse...
Je vous donne les noms possibles.
Première rangée en haut à partir de la gauche :
1 : Marie-Rose Colletaz ;
2 : Raymonde Colletaz (élevées par Mme Lydie Chapus) ;
3 (plus bas) : ? ;
4 : Eliette Roussier ;
5 : Arlette Brunel ;
6 : Yolande Bouix ;
7 : Francette Bouix ;
8 : Lucette Comboroure ;
9 : Francette Roussier ;
10 : Monique André ;
11 : Marie Louise Rousset ;
12 : Georgette Bouit ;
Deuxiéme rangée :
1 : Christian Gounon ;
2 : Christian Comboroure ;
3 : Roger Chabos ;
4 : Suzette Boissy ;
5 : Jean-Marc Brunel ;
6 ; 7 ; 8 ; 9 ; 10 ; 11 ; 12 ; 13 : ? ? ? ? ? ? ?.
Troisième rangée :
1 : Michel Brunel ;
2 : Alain Reiter ;
3 : 4 ; 5 : ??? ;
6 : Pierrot Boissy ;
7 : ?
Nous nous excusons ma soeur et moi pour les erreurs éventuelles et nous nous tenons à votre disposition pour d’autres informations concernant notre ancien village des BARRAQUES.
Salutations
Christian Comboroure"
Contactez-nous pour confirmer, infirmer ou compléter ces indications !
Depuis ce courrier, Paulette Vignal, Raymonde Bouix, Christiane Delarbre et Fatima Mana ont identifié d’autres personnes (noms ci-dessus, en italique)
2 ème photo :
6 ème en haut : André Risson ?
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Vernissage
Quarante cinq personnes à la FOL ce 12 avril 2006 pour la présentation de l’exposition "Histoire d’un coup d’Etat raconté par ses affiches et vu de Silhac"

Gilbert Auzias, Président de la FOL, ouvrait la soirée et donnait à cette occasion quelques aperçus sur la seconde république.
Jacqueline Cimaz, Présidente des Rias, présentait rapidement l’association et situait l’exposition, la brochure et le film dans la démarche de l’association. (texte téléchargeable)
Ensuite, le Docteur Alain Delarbre faisait un récit précis et détaillé des évènements de la période, un exposé très riche, documenté et vivant qui situait les affiches ardéchoises dans l’histoire nationale. (cf textes ci-dessous et brochure, mise à jour avant réédition)
Les applaudissements, nourris, ont été coupés par des questions qui ont instauré un large débat avec un public dont certains étaient aussi descendants d’acteurs de la période de la seconde république.
Les échanges formels et informels ont été fort intéressants et devraient avoir de fructueux prolongements, d’abord et surtout sur cette période de notre histoire mais aussi pour d’autres archives, comme l’évoquait Michel Cimaz, maire de Saint-Apollinaire, avec le Directeur des Archives Départementales.
Une quinzaine d’adhérents de l’association étaient présents ou excusés. Et Georges Jouin évoquait déjà des recherches à faire sur la route "Napoléon"...
En tout cas, une exposition à voir et revoir, faire voir -une page peu connue de notre histoire -locale et nationale- des documents authentiques, un fil rouge explicite, et une belle exposition, sans oublier la brochure dont la lisibilité résulte du travail considérable de recherche puis de synthèse effectué par Alain Delarbre.
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présentation Rias
Commission histoire
L’exposition "Histoire d’un coup d’Etat, raconté par ses affiches et vu de Silhac" est à l’Espace Envol (FOL) du 11 avril au 5 mai.
Il s’agit d’un ensemble complet recouvrant la période 1848-1853.
La présentation d’Alain Delarbre :
La seconde république racontée par ses affiches et vue de Silhac
Vernoux fut le seul canton de France à voter
NON au plébiscite de Louis Napoléon Bonaparte qui demandait au peuple français d’approuver son coup d’état du 2 décembre 1851. Cet événement a été étudié par Alain Sabatier qui pense qu’il est lié à la forte proportion de protestants sur le canton.
J’ai retrouvé dans une maison familiale de Silhac où habitait mon ancêtre, maire de Silhac, Joseph Chermezon toute une collection d’affiches officielles couvrant toute la période, et qui permettent de vivre les évènements de cette seconde république parfois heure par heure.
A l’époque les affiches servaient de lien entre l’administration et la population, elles étaient imprimées à Privas soit en transcrivant un document écrit envoyé aux préfets soit en transcrivant un texte court, pour les nouvelles urgentes dans la journée même, amené par le télégraphe optique qui ne mettait que quelques heures pour parvenir de Paris. Il y a aussi dans ces affiches les documents écrits sur place par les préfets et qui concernent l’Ardèche elle-même. Elles étaient placardées au devant des mairies.
Il est donc très émouvant de vivre ces évènements pratiquement en direct, d’autant plus que nous avons quelques lettres privées de cette époque qui font contrepoint à l’histoire. Nous avons un écho du traumatisme subi par les républicains modérés, alors au pouvoir, à l’occasion de la terrible répression par le général Cavaignac et la garde nationale de la révolte populaire en juin 1848 qui suit la dissolution des ateliers nationaux, par l’affiche du jeune préfet Guiter arrivant en Ardèche le 28 juin 1848.
La république jusqu’au coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte
Toute la période de l’éphémère seconde république est couverte, ainsi nous pouvons suivre tout le processus de prise du pouvoir par le Prince Louis
Napoléon Bonaparte, qui vient d’être régulièrement élu au poste de président de la république.
Mais comme il n’a droit qu’à un seul mandat de 4 ans, il cherche à contourner cette difficulté. La suppression de l’article de la constitution lui est refusée par la chambre. Il choisit donc la date anniversaire du couronnement de son oncle Napoléon 1er, il est en effet le fils de la reine Hortense et de Louis Bonaparte lui-même frère de l’empereur et roi de Hollande, pour monter l’opération « Rubicon » ainsi sous les auspices de deux des plus grands capitaines de l’histoire il va réussir son coup d’état. Il y a bien quelques mouvements de protestation à Paris et surtout dans le midi de la France, mais l’année suivante il peut faire approuver dans un second plébiscite le rétablissement de l’Empire. Il faut dire qu’il va préparer méticuleusement cette échéance. Le préfet Chevreau, homme à poigne selon Elie Reynier, arrive en Ardèche et musèle toute contestation, comme le montrent les affiches annonçant les mesures prises par le préfet qui d’interdiction en interdiction aboutissent à la mise en état de siège de l’Ardèche comme 32 autres départements français. Voir le rappel historique.
Peut être l’une des clés du NON au plébiscite se trouve t-elle dans la réponse des conseillers municipaux de Silhac à la lettre du nouveau maire, nommé par le préfet après la mort de Joseph Chermezon, qui les exhortait à voter pour le marquis de la Tourrette plutôt que pour M Chalamet en arguant du fait que le premier étant beaucoup plus près du pouvoir il était plus à même de les aider. La réponse est :
« Ils ne reconnaissent pas à un maire le droit de leur dire qu’ils doivent, ou voter contre leur conscience, ou se démettre d’un mandat qu’ils ont reçu des électeurs »
L’exposition de ces affiches aura lieu dans les locaux de la FOL à Privas vernissage le 12 avril 2006 à 18 h.
NB. Un document historique plus précis est téléchargeable ci-dessous. A noter que la brochure d’Alain Delarbre, rééditée après re-travail est disponible à l’association (9€), ainsi que le DVD réalisé par André Aziosmanoff avec Alain Delarbre, Jean-Mary Feynerol et une vingtaine de stagiaires des Rias (20€)
Rappel historique
Collecte historique
Liée à la précédente et la complétant, avec affiches, photos, et autres documents d’époque, elle a eu aussi sa spécificité avec le travail sur les affiches de la période 1848-1851, réalisé par et avec le Docteur Alain Delarbre
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