Bibliothèque
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Lectures sous l’arbre 2010...
Après une journée où la lecture de Genêt par David Dumortier a été particulièrement appréciée, une rencontre avec François Boddaert interviewé par Jean-Baptiste Para.
Où l’annonce d’une formation en archéologie éclaire la démarche de Boddaert éditeur, et aussi son travail d’écriture, sa manière de manier la langue et les références - ces strates, sédiments, calcifications - son intérêt pour la traduction qui creuse, cerne, identifie, relie, court-circuite, crée, son appréhension d’oeuvres d’auteurs peu connus des siècles passés, coups de bêche dans le terreau de la langue et de la pensée, ses exigences... Quelquechose qui s’apparente au travail de la terre de Barcelo et Nadj si bien approché par Glissant...
Il y a aussi la rencontre avec Venaille, sa densité, complexité, l’épaisseur soulignée de la langue. Et puis Secousse. Le numérique... Numérique ?
Bien sûr ! [1]
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Après le repas pique-nique convivial, la visite de l’expo Schneider - surprise du chemin effectué. Un très beau travail. Sobriété et densité des grandes œuvres mais aussi des peintures accompagnant les exemplaires de tête du « Où va se terrer la lumière ? » de Marie-Laure Zoos
Et puis des lectures - de Marie-Laure Zoos, de Menno Wigman flanqué de ses deux traducteurs, Pierre Gallissaires et Jan H.Mysjkin, auteur de la préface - un Français et un Hollandais, pour un travail bicéphale. Un trio apprécié. Un livre bilingue qui devrait l’être [2]
Jacqueline Cimaz NB. Peut-être un ou deux aticles supplémentaires pour rendre compte de ces journées...
[1] Pas seulement outil pour l’impression et l’édition ? Le pas à faire vers l’inédit d’une écriture numérique et transmedia à l’antipode des jeux formels, qui permette de mieux fouailler textes et images, d’explorer et d’enrichir les épaisseurs d’une langue complexifiée ? Le numérique non pas pour une approche externe, périphérique, mais central, part intégrante de l’écriture ?
La poésie, comme la terre-mer de Barcelo n’est-elle pas lieu pour poser en y répondant ces questions sur une écriture numérique irréductible à la simple numérisation des livres ? Une écriture numérique qui contribue à la densité, l’épaisseur du texte, et, accessoirement prenne à rebours la disparition des langues dites minoritaires ? Un débat non prévu ni attendu et qui n’a pas eu lieu, mais un débat qu’appelle l’écriture de Boddaert et particulièrement son essai sur Venaille... [2] Il s’agit bien sûr de "L’Affliction des copyrettes" publié par Cheyne Editeur ...
Vent apaisé de bibliothèque
Une permanence qui débute par la visite du site où sont installées les orgues. Tout le monde sait qu’à Combier, passe un vent de traverse par le travers d’un paysage magnifique, le fouette et le déshabille à son gré, brise la bise et s’engouffre dans les genets jusqu’à émacier l’atmosphère violée par un vent glacial. C’est là que les orgues de Martine Diersé sont installées. Balayées par un vent fou, elles ont délivré des sons mélangés au ciel, évaporant dans la paix campagnarde leur mutisme envisagé un instant. ![]()
Frigorifiés par la burle d’un autre temps, une halte café pose l’installation sur une discussion tranquille puis Martine Diersé, confrontée il y a peu aux aléas géographiques, n’hésite plus désormais à prendre un chemin de traverse pour rentrer. Puis la permanence retrouve sa fonction d’origine, installée sagement entre les rayons de la connaissance et la chaleur du lieu qui distille une lumière particulière. Fatima Mana
Un don : en marge l’exception. Régulièrement, la bibliothèque de Saint Apollinaire bénéficie de la générosité de ces lecteurs ou tout simplement de gens prêts à partager un acte que l’on nomme don. Quel que soit le livre, il se livre ivre et libre de mots et entre résolument dans l’histoire de notre bibliothèque. ![]()
Celui que Jordi Casals, peintre galériste à Monaco vient d’offrir à la structure municipale est une oeuvre livre, dédicacée sur le support d’une rareté mondiale, puisque c’est une première imprimée dans un livre en mousse. Ce n’est pas la première fois que l’artiste se livre à la générosité du geste mais la particularité de ce livre d’art sont les mots et photos incrustés dans la matière qui les révèlent : imprimés- encastrés - ciselés esthétiquement au support ; l’oeuvre s’installe dans un espace idéal pour la respirer. Fatima Mana
De l’art à la permanence de jeudi.
Et quoi de mieux que d’approcher plusieurs opinions lisant chaque proposition mûrie à la belle idée de la consultation populaire. Chaque dossier est soumis à une grille d’évaluation contenant la prise en compte de paramètres précis, comme par exemple les nuisances sonores ou la pérennité de l’oeuvre et sa polysémie. ![]()
C’est ainsi que Régine et Jacqueline se sont consciencieusement prêtées à l’exercice comme d’autres l’ont déjà fait en amont où d’autres le feront en aval du temps lors des rencontres d’ateliers ou d’activités programmés, rassemblant les uns et les autres. Ainsi tout le monde peut s’approprier la vision du futur sentier d’art et sentier faune - flore qui se met doucement en place et couvrira des kilomètres, proposant divers parcours au choix de ses capacités ou de ses envies. Dans l’espace commun de la bibliothèque de Saint Apollinaire de Rias, ainsi vont et se font les choses, prenant la consistance d’une réalité qui se bâtit. Fatima Mana
Livre d’Arles
Un livre donc qui fait date et a valeur de collection. Avec photos et articles, bien sûr...
Au fil des pages, Anke Schuettler qui devrait parler à Aurélie Ranc Anne Creusot qui me parle, Nicolas Liucci-Goutnikov dont la démarche et les textes devraient interpeler Fatima Mana - ah l’urgence, Pour Michel Cimaz, Sue-Elie Andrade Dé, bien sûr, Et Pablo Guidali, cette "joie courte et démultipliée",
qui parait émaner de la traque du détail par Régine Froment...
Mais peut-être en feront-ils une lecture autre, et qui sait si dans quelques jours... Un livre-revue où chercher ce qui nait et émerge, et le regard varie... Offert dès ce jour aux lecteurs. Avec aussi tout ce sens du don fait.
Jacqueline Cimaz
D’encouragements reçus à responsabilité accrue...
Quelques pistes à bâtons rompus pour un nécessaire débat...
Nous avons reçu après le message très chaleureux de Bertrand Calenge, Conservateur Général des Bibliothèques, de nouvelles félicitations et senti aussi des questions... Pour certains, il y avait la Bibliothèque où on prête des livres - et puis, à part, ce P.A.P.I. (Point d’Accès Public à Internet) dont on ignorait la nature, un presque monstre qu’on avait du mal - parfois depuis des années- à considérer comme partie intégrante de cette Bibliothèque-devenue LAPI (lieu d’accès public à Internet). Et puis par Internet, le pire ne peut-il arriver, vol, racket, enlèvements... ? ça chez nous ! Mais on vieillit, les jeunes utilisent l’ordinateur. Pour contacter l’ANPE (devenue "Pôle emploi") ou les services, on a bien besoin d’Internet... Les Collectivités territoriales et les Services ne peuvent plus rien gérer sans l’internet... Les enfants et petits-enfants apprennent, montrent aux grands-parents, dont beaucoup s’y mettent plus ou moins... Et puis c’est un beau moyen de communication... se voir à distance, partager des visites communes, des débats, des échanges... Alors, ce qu’on prenait pour on ne savait pas trop quoi, ce serait affaire de société, de civilisation ? Certainement pas sans pièges, ni dangers, c’est évident... Mais connaître pour réguler collectivement, et en tirer localement le meilleur profit possible au service de tous ?
Et voilà que de la Direction des Bibliothèques vient une reconnaissance qui conclut et pose une évolution.
La Bibliothèque, lieu de création de connaissances ? Dans un village de 160 habitants,qui plus est dans un Département sans université ni Centre d’Art Contemporain ? C’est là que Bertrand Callenge préconise une création locale de savoirs, liée aux ressources et aux besoins des usagers locaux... Pendant des années nous sommes intervenus dans les commissions culture de divers organismes pour qu’au lieu d’opposer une offre culturelle descendante - à la Malraux, la "grande culture" amenée au peuple, et une démarche culturelle ascendante - la prise en compte de chacun, du patrimoine immatériel et matériel, type "écomusée", on les conjugue... Ne pas les opposer ni exclure l’une ou l’autre, mais les articuler en torsadant à tous les niveaux la culture de chacun et des groupes, et les apports d’artistes, scientifiques, professionnels engagés dans la recherche et la création contemporaines... Ce qui a fini par donner un sens au mot "Résidence", enrichissant pour la population mais aussi pour l’auteur ou l’artiste, le professionnel concerné... La mayonnaise a pris et bien pris à Saint-Apollinaire, parfois contre vents et marées, parce que la perspective était claire, fondée sur des études, et renforcée par l’expérience collective. Le nombre et l’évolution de nos publications - à côté du site- en témoigne... L’itinéraire aussi de Fatima Mana... Les apports de connaissances, ici, jaillissent des rencontres "Patois" [1], suintent des ateliers d’écriture [2], éclatent au grand jour aux orgues éoliennes, au Carrefour des Résistances, bientôt aux sources de la Dunière. Tant de qualité pour du local, du modeste ? Et alors ? N’est-ce pas cette démarche, justement, qui compte ? Et puis dans ce petit village on a accès à Remue-Net, à Poézibao, Gare Maritime, au Centre Pompidou, à une galerie vietnamienne qui fraie son propre itinéraire, à un foisonnement de blogs où chacun construit... Ne pas opposer le papier au numérique, le livre à l’écran... L’un ne prend pas la place de l’autre mais ce sont de nouvelles pratiques [3] qui émergent... Des réévaluations sont certainement indipensables... Et il est un domaine, où le livre nous parait s’imposer et se développer : celui, à la fois, d’une publication de proximité - on met en forme, structure, dit, échange [4] [5]- et celui, connexe, du livre d’artiste... avec bien sûr des interférences entre lire et écrire, regarder et s’essayer à faire [6] Ce livre qu’on surligne, annote, ou dont on marque les pages avec des bandes de papier, qu’on prête, qui circule, dont on sent l’odeur des pages - avant d’en lire un passage, cet objet-livre qui parle par le texte, sa polysémie, et celle de sa mise en forme, de sa typographie, de ses ou de son image(s)... Dans ce contexte, l’expérimentation du B2i adultes [7] est un atout important. Il ne s’agit pas de faire acquérir des techniques
La maîtrise de la lecture hypertextuelle, hypermédia n’est-elle pas actuellement celle qui mobilise le plus de compétences, dont l’apprentissage est le plus difficile et exigeant [8] ? Et l’écriture hypertextuelle ou hypermédia [9], quelle manne pour l’approche du complexe, le développement, à tous âges, de capacités cognitives d’analyse, synthèse, évaluation, planification... Il est regrettable qu’une partie de la population n’ait pas encore accès à ces ressources... Et il y a là un véritable défi pour l’Education Populaire... Le projet d’une bibliothèque de village, élargie et enrichie par son site, ne serait-il pas de développer, en s’ancrant dans le local, les diverses formes de lecture et d’écriture [10], papier ou écran, les unes et les autres se fécondant mutuellement, et de susciter, par des voies diverses [11], la création de connaissances, utiles, "éveilleuses" et structurantes, meilleur moyen sans doute d’impulser l’appropriation de connaissances ?
[1] Où les livres, dictionnaires et autres vieux manuels circulent, comme les pages soigneusement recopiées ou écrites à la main... [2] idem, y compris pour les livres épuisés, nombreux en poésie où les tirages sont limités [3] ce que le CNDP appelait de "nouvelles niches d’utilisation [4] le récit inducteur de mémoire [5] les publications associatives sont de très très loin les livres les plus lus, ce qui n’exclut pas les recheches de textes ou documents auxquelles elles conduisent [6] ce qui modifie le regard [7] Brevet Informatique et Internet, certification scolaire, qui existe depuis des années aux niveaux CM2 et 3ème, bientôt complété par un C2i au niveau BTS, et serait donc proposé à une population adulte non scolarisée, parfois âgée [8] ce qui nous renvoie à la lecture "tabulaire" de la poésie ? [9] la conception de liens [10] écrire apprend à lire [11] dont le travail documentaire
Quand les experts nous encouragent...
Nous avons reçu un message de Bertrand Calenge, Conservateur général des Bibliothèques, responsable de la communication interne et de l’évaluation à la Bibliothèque municipale de Lyon, coordinateur de groupe de recherche bibliothéconomique Poldoc, créateur de l’Institut de formation des bibliothèques, auteur de plusieurs livres... cf les réponses accessibles lorsque vous lancer votre moteur de recherche sur "bertrand calenge" ![]()
Nous avons cliqué sur le lien et découvert une page avec un article, "Un portail pour chaque bibliothèque", que nous vous invitons à lire... ![]()
Le 5 ème paragraphe concerne Saint-Apollinaire-de-Rias, sa bibliothèque municipale, son site, et l’association... ![]()
Un avis d’expert qui nous encourage, des questions ouvertes, intéressantes et stimulantes.
"Qu’est-ce qu’on attend d’un portail ?"
- "ou un lieu de vie et de savoir à la dimension de la collectivité servie ?" Nous préciserions de sa richesse, de son patrimoine humain, de ses savoir-faire, de potentialités qui ne demandent qu’à se réaliser... Bertrand Calenge poursuit : " Ou un espace, modeste souvent et ambitieux parfois, à la mesure des services qu’inconsciemment la population servie "sent" devoir attendre de chaque institution bibliothèque particulière ?" La reconnaissance de la spécificité des territoires, l’ambition de la qualité, avec ces résidences de poètes et d’artistes qui font naître au fil des rencontres, lectures ou autres ateliers, de nouveaux besoins, sans doute plus ou moins latents, et offrent en tous cas à chacun la possibilité de se construire des outils d’investigation, de structuration et d’expression, les voyages-découvertes, d’où on ramène toujours des livres et des connaissances fortement contextualisées, des références partagées...
Les réussites personnelles qui font découvrir des potentialités, comme en témoigne l’essor de nos "éditions"... "Jamais je ne serai capable d’écrire..." Et pourtant... "C’est cette dame qui a écrit ça ? Je n’aurais pas cru en la voyant, c’est bien écrit..." " Moi je n’ai rien à dire..." "Un livre, moi, tu crois ?"
"Bertrand Calenge", en suivant les liens qui nous intéressaient le plus, nous avons fait des découvertes intéressantes... notamment dans des mémoires d’étudiants...
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Un mémoire de Marie Germain écrit sous la direction d’Elizabeth Noël, Conservateur des bibliothèques à l’Enssib, que nous venons d’imprimer et de lire - un peu vite - mais en prenant le temps de quelques surlignages et annotations (sur lesquelles nous reviendrons)... Un mémoire qui nous permet de mieux appréhender nos propres pratiques, les niches d’utilisation par le public, de la Bibliothèque-LAPI, de les re-situer et interroger à un moment où l’histoire et le contexte font que les nouvelles technologies "bouleversent en profondeur l’univers des bibliothèques", que se développent de "nouvelles pratiques culturelles et intellectuelles en réseau" [1] et des logiques de flux [2], et que ces bibliothèques qui ont toujours contribué à la transmission des savoirs, de la bibliothèque de classe, ou la BCD d’école à la BNF en passant par la bibliothèque de village, amorcent un re-positionnement "vers la production de connaissance..." sous diverses formes...
Bref un apport stimulant, et, s’il en était besoin, un regain d’intérêt pour la vie en bibliothèque ou autour d’elle... [3]
Le débat est ouvert ! Ecrivez-nous... Et profitez-en pour découvrir le portail de la Bibliothèque Municipale de Lyon... Y préparer une visite d’une journée ? Pour y découvrir les livres d’artiste ou la collection de photos, notamment contemporaines ?
Jacqueline Cimaz
Et déjà, le texte de Fatima Mana : Réponse à M.Bertrand CalengeQue la petite bibliothèque municipale de Saint Apollinaire de Rias soit citée dans votre carnet de notes, témoignant ainsi de l’intérêt porté à l’une de ses activités ravit les deux bibliothécaires qui l’animent. Située dans un contexte géographique spécifique ( milieu rural - Ardèche touristique - résidences secondaires...), la structure municipale, dotée d’un portail web vit au plus près des gens en favorisant les relations au travers de liens - pérennes - ou ponctuels avec ses habitants. ![]()
L’association Les Rias (241 adhérents /160 habitants) participe activement à l’animation de la Bibliothèque-LAPI [4] en tissant autour d’elle des activités qui visent à la fois la qualité scientifique, littéraire et artistique et l’implication des gens.
Elle met à disposition des outils, invitant la population à participer (Lors des ateliers d’écriture qui se vivent en bibliothèque ou lors de la venue du bibliobus avec le choix des ouvrages qui se fait avec elle - L’invitation aussi à proposer des titres de livres en vue de leur achat suite à la dotation municipale). Partager un même lieu au coeur du rural en fait une spécificité positive qui tisse et entremêle ses animations à l’inter-générationnel. En se donnant les moyens d’impliquer, d’accompagner et de servir la collectivité, la petite bibliothèque municipale est devenue au fil du temps, un repère indispensable et indissociable de la vie communale - et du Plateau.
[1] cf notre réflexion sur l’"intellectuel collectif" , notamment au sein du CLD ValDAC et, plus, précisément, de sa commission Démocratie Participative... [2] cf en arts visuels la citation récemment relevée d’André Rouillé . [3] Et comme nous l’avons fait dans d’autres domaines, l’offre renouvelée d’un terrain d’expérimentation à tout doctorant potentiel y compris sur des non-corrélations apparentes et qui nous interrogent entre analphabétisme et illectronisme... [4] Lieu d’Accès Public à Internet
L’accueil de Jacques Brémond et celui de Christian Astor
A la rencontre d’un artisan des motsCe mercredi 14 mai les Rias sont partis à la rencontre d’un glaneur de matières végétales et minérales - l’imprimeur, poète et éditeur Jacques Brémond - poursuivant ainsi leur promenade autour du livre entamée en début d’année. ![]()
Au fond de l’impasse, une bâtisse quelconque qui dès l’entrée happe la curiosité du visiteur déjà parti
à la découverte d’un métier fait de choix et d’interprétations.
Des machines séculaires et magistrales, des rouages hermétiques qui sédimentent et stratent les couches d’un savoir-faire artisanal où Jacques Brémond épelle ses lettres, les invente au creuset de son imagination, les trace, les burine, les allonge parfois sur la matière du hasard. ![]()
L’imprimeur offre un voir autrement, aménage dans un écrin des mots martelés, typographiés, ciselés au singulier leur donnant une dimension unique. Le défricheur d’espace gazonne,marginalise et satine un texte lui apportant l’exceptionnel et la rareté d’un tirage de tête. ![]()
L’éditeur ouvre la patience du temps avec ses lettres plombées insérées dans l’étau froid du métal. Il nous offre un aperçu de son métier en déroulant des gestes Gutembéristes accrochés à la notion du bel ouvrage. Un moment privilégié. ![]()
Un autre regard désormais voyagera sur les pages tournées où chaque mot serti devient couleur.
Fatima Mana
A la rencontre d’une oeuvre livre.L’après-midi, l’équipée Riassoise retrouve Christian Astor à Alès dans la structure d’ARTOPI. Une association qui promeut et diffuse les arts plastiques. Le peintre est sur le pas de porte et patiente - coutumier du quart d’heure Ardèchois - à l’ombre du faubourg de son soleil. Soudain un large sourire se détache du visage méridional. Il vient de reconnaître les châtaigneraies de ses escapades. La curiosité sous le bras, nous pénétrons dans la première salle où dès l’entrée, les murs s’accaparent les productions sorties de ces ateliers, ou de ceux de peintres soutenus par l’association. ![]()
L’accent de Christian Astor cigale les origines de ses rides de l’eau, oeuvre livre. Un pan de mur aligne quelques pages sagement allongées aux regards inquisiteurs. Solidaire d’une expression, l’horizontalité gicle l’imprégnation d’une enfance jamais saturée où les odeurs étendent leurs souvenirs sublimés par le temps. ![]()
Le peintre estompe, gratte, gouache, tache, couche l’émotion sur la toile, détache le monde qui lui appartient, l’expose et le parle avec ses couleurs. Sa peinture est révolte mais n’a pas de style préconçu ni d’appartenance formelle. En Artopi-Utopie elle est devenue parole des sans-voix. ![]()
Plongée dans le quotidien, elle quête sa lumière. Ce petit temps attardé autour du peintre et de sa voix chaude puisant sur la palette de sa vérité des couleurs vives et libres qui expliquent sa démarche, abandonne sur le partir les nombreuses traces d’un moment privilégié.
Fatima Mana
Une journée dense et riche :
Et puis le livre d’Astor - à couper le souffle... Et l’évolution des "stagiaires"...
Après ces apports, un temps de détente touristique avec la découverte de Goudargues après la traversée de l’Aiguillon, de la forêt de la Valbonne et de la Chartreuse, puis de la Cathédrale, l’Hospice et le Pont-Saint-Esprit, et même des vestiges dans un Rhône bas, du vieux port de Saint-Saturnin... ![]()
De l’avis général, une excellente journée...
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