Les Rias
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Jabberwocky
C’est quoi ? Un jeu informatique d’après Internet ?
Tout simplement le titre d’un poème de Lewis Caroll, mathématicien, logicien, mais surtout photographe et poète... auteur anglais de la fin du 19 ème siècle bien connu par deux de ses romans "Alice au pays des Merveiiles" et "De l’autre côté du miroir" , [1] Il y a eu beaucoup d’autres publications de Lewis Caroll. Jabberwocky est un poème où il invente le "mot-valise" "L’explication en est fournie par L’Œuf Gros Coco (Humpty-Dumpty) dans "De l’autre côté du miroir" [2] ![]()
... Un poème extrêmement difficile à traduire... "Se frotter à la traduction de Jabberwocky, c’est à la fois pénétrer dans les profondeurs d’une langue et de son imaginaire, mais aussi se plier à une impérieuse et unique exigence de rythme, de musique et de sens." (Wikipedia )
Lewis dénonçait la société victorienne mais son conformisme social est mis en évidence par beaucoup d’études. Des contradictions complexes donc entre statut social et une oeuvre riche et inépuisable qui, depuis près d’un siècle et demi, n’a pas fini d’inspirer les avant-gardes ( en passant par Boris Vian, Colette Magny - à écouter ...) Jacqueline Cimaz
[1] Une oeuvre jouant avec le non-sens - "jouant, d’après Wikipedia sur la synonymie, la polysémie, le jeu de mots et autres motifs de quiproquo". [2] « C’est comme une valise, voyez-vous bien : il y a trois significations contenues dans un seul mot... Flivoreux, cela signifie à la fois frivole et malheureux... Le verchon est une sorte de cochon vert ; mais en ce qui concerne fourgus, je n’ai pas d’absolue certitude. Je crois que c’est un condensé des trois participes : fourvoyés, égarés, perdus. » cf Wikipedia
Un poète en son pays.
A chaque fois que notre poète breton, de vent, d’océan et de Brocéliande laisse un instant son pays, sa venue recompose avec légèreté le souvenir attenant à son passage précédent. Surgissent les traces, jamais bien loin, fatras chaleureux, résonance d’une simplicité, d’une volonté de partager et d’ouvrir l’accès en toute humilité à sa langue. A l’aplomb de la poésie, sa parole : celle de Villon ou Rutebeuf, exploration mise en lumière d’un monde à part à la portée du monde. La présence dubostienne aux Rias, c’est une étendue de sens, foisonnance poétique installée d’éphémère, un temps habité par le souffle des mots. ![]()
Jean -Pascal apporte avec lui des moments à partager et le prolongement de la fois précédente à retravailler. Constance du mot buriné à la réécriture, le reprendre, le répandre, le réapprendre pour mieux l’apprendre. Approcher sa proximité, l’installer dans la rature. Pâté d’encre violette, effacement pudique, aller au plus près de la matière, du sens et tenter de le révéler. Un jour de ces il y a longtemps déjà, Jean Pascal Dubost posa sur un aparté de paroles coutumier l’évidence aujourd’hui installée dans une certitude : « L’écriture c’est la réécriture. » Fatima Mana
Ateliers « MOUVANCES » 7 et 8 novembre 2009 Le samedi 7 de 10 à 12h 30 puis 14h à 17h30, le dimanche matin de 9 à 12h [1]
Parole / écriture / modelage
Du creux de la main au creux de l’oreille, modelons la terre, modelons les mots !
La terre, les mots, les paroles, se modèlent, se triturent. Les mots, les paroles, prennent forme, vivent pour être dits, entendus, criés ou chuchotés.
Les ateliers débuteront par un préambule pendant lequel tous les participants seront invités à découvrir le matériau terre chimiquement, microscopiquement, géologiquement et historiquement pour bien comprendre comment ce matériau vivant peut s’inscrire de par ses qualités intrinsèques dans un projet appelé « mouvances », (environ 30 minutes).
Christian Bontzolakis lisant à Fabras, et des oeuvres de Martine Diersé dont le projet a été retenu pour installation à la source de la Dunière.
Puis la moitié des participants rejoindra son atelier : soit parole / écriture, soit modelage ; l’alternance entre les ateliers se fera environ toutes les deux heures . Les deux dernières heures du week-end seront consacrées à une mise en commun et au choix des mots devant figurer sur les formes « coquillages » réalisées en modelage. Christian Bontzolakis [2] NB. Terre : pour participations personnelles à Mouvances, prévoir un sac plastique, type petit sac poubelle, un couteau, une cuillère et une cuillère en bois...
Une demande de Martine Diersé.
[1] à la Grange du Vernat et non à la Bibliothèque où nous n’avons pas la place de mener en parallèle deux ateliers (Quant au temple, il y fait trop froid à cette époque et pour la terre, il n’y a pas d’eau... [2] Christian Bontzolakis, homme de lettres, de théâtre, de médiations, avec lequel nous entamons donc les ateliers, sera accompagné de Martine Diersé qui prendre contact avec la population.
Pierre Ménard : une formation de l’instant, d’une extraordinaire densité et qui n’en finit pas de richocher...
Ancrage et ouverture...
Le support écran induit des formes d’écriture brèves, alors on travaille l’écriture brève.
Une revisite, certes, qui avec "Page 48", réactive des savoir-faire relatifs au résumé et à la synthèse, mais avec une fenêtre béante, ouverte par la consigne "Ecrire un poème" où peuvent s’engouffrer références sédimentées d’autres ateliers et lectures, bois flottés personnels et ces apports du réseau enchevêtré des blogs de Pierre Ménard
et recherches-découvertes à retrouver du 13 juillet... ou le dériveur marin DCODD picore sans y penser les traces des pas passés de Bastille en République - Algérie/ Vietnam/68- ou... D’ici-là, bien sûr cet extraodinaire travail de la musique... ou... OU... ou... [1] où la porte cède s’ouvrant large sous les risées et vents des spécificités d’une écriture numérique dont la richesse est difficile à dire... Jacqueline Cimaz NB. Il y a moins d’une heure ce mardi que Pierre Ménard vient de mettre en ligne son récit de l’atelier à Saint-Apollinaire, l’atelier et un peu plus... Nous vous invitons à lire ce regard pas si extérieur qu’il n’en a l’air... Comme quoi la communication numérique, le dit et l’allusif...
Des mots sur l’écran, l’écrit de Fatima Mana
Il paraîtrait d’après Pierre Ménard, auteur, qu’approcher l’écriture numérique serait un jeu d’enfant. Qu’à cela ne tienne, nous l’avons testée lors d’un atelier proposé par la bibliothèque de Saint-Apollinaire-de-Rias, dans le cadre de son projet Fête de la science 2009, et ma foi... « Repenser à partir d’un même texte en utilisant comme support le papier numérique implique une autre approche » Lire sur un ordinateur ou une liseuse offre la possibilité de grossir les caractères, d’introduire du son, proposant ainsi une mise en page évolutive. C’est une nouvelle habitude à installer. De l’interrogation, Pierre Ménard invite la dizaine de stagiaires présents à passer à la pratique avec l’écriture de l’instant : intitulé de l’atelier. ![]()
C’est une écriture très courte, une autre façon de réfléchir sur les nouvelles technologies qui transforme notre approche de la création littéraire. L’écriture Blog - Ques aquo qué la via ?- encore un nom à coucher dehors simplement pour la différencier de la classique - propose un autre temps de lecture plus accentué, condensé, utilisant beaucoup d’images dans un texte court.
Nous rentrons dans ce monde virtuel par un site qui s’appelle 48 : bizarre comme titre, non ? Il étayera les données de l’exercice que nous propose l’intervenant. Dans un premier temps, choisir un livre qui nous inspire puis s’arrêter à la page 48, y prélever 48 mots. Le second temps consiste à faire un poème à partir de la sélection.
Le travail suivant s’appuie sur le son : Pierre Ménard nous propose de remonter de notre mémoire, les sons qui ont cerné notre départ pour se rendre à l’atelier. Répertorier tous ceux rencontrés et les retranscrire dans deux ou trois phrases. [2] Se souvenir mentalement de tous les sons trouvés sur notre parcours : thème, matière, prétexte à écrire, source de mots... En tous les cas un exercice qui en a inspiré plus d’un !
L’après-midi est consacré à l’élaboration d’un blog à partir d’une plate-forme qui s’appelle Blogger. Une simple procédure permet de rentrer les textes écrits le matin. On peut les accompagner d’images en les travaillant directement sur le site. Pierre Ménard doit nous envoyer l’itinéraire terminologique que nous avons utilisé pour traverser cette journée afin de mieux se la réapproprier. Se dégage de ce temps de découverte, le professionnalisme de l’intervenant, mettant à notre portée de néophytes un monde virtuel tout à fait abordable. Un seul regret : que cette session ait été trop courte !
Ricochets ![]()
- innovation 1
Un bel outil de travail à alimenter et/ou dupliquer pour les ateliers Fête de la Science 2009 (et au-delà)... Et un outil collaboratif...
- Innovation 2
- 3 Immersion
Nous souhaitions l’intervention de Publie-Net et, plus précisément de Pierre Ménard. Il paraissait difficile il y a quelques mois qu’il puisse venir. Comme quoi être tétu quand on est convaincu a du bon. Vertu de l’exigence... A noter cependant que les apports réels, ont encore dépassé ce qui était attendu, du côté notamment d’une écriture tenant compte du support numérique, de ses spécificités et faisant un atout de ces contraintes, une source d’enrichissement inédite, et aussi de la qualité de la réflexion et de la construction. Comme si la dialectique qui en ressort n’était pas analyse a posteriori mais moteur de l’écriture elle-même ?
S’en convaincre :
Déjà cités en tête d’article ces liens ? Certes ! Affaire non pas de paresse (on pourrait en trouver tant d’autres dans les réseaux de Pierre Ménard), mais d’insistance insistant pour poser des repères déjà rencontrés, à partager comme références communes et tellement structurants... J.Cimaz
[1] Naviguez, surfez, c’est inépuisable ; et, quoiqu’en puissent dire d’éventuels détracteurs, plus proche de l’agrégation que de l’émiettement... [2] ou sons transcrits par lettres à oraliser - une pratique du SMS ? - comme n’hésite pas à le faire Mendy, écolière de sept ans passionnée par les apprentissages et sans tabous aucun vis-à-vis de l’écriture... NDLR
TERREFERME, Temps-privilége
Lecture de « Terreferme » par Jean-Pascal DUBOST à la Grange du Vernat le samedi 26 septembre. « PRIVILEGE ! » C’est ce que tous les membres des Rias présents ont pensé de ce moment particulièrement intense de lecture à haute voix par l’auteur du livre sur les fermes modèles du XIXème siècle dans la campagne proche d’ANGERS. Le diaporama qui accompagnait la lecture, permettait de visualiser cette réalité rurale à la fois économique et sociale dont les traces méritaient d’être présentées et explicitées. Mais l’intervention de Jean-Pascal était plus qu’une présentation : la force des mots soumis à la forme poétique, le timbre de la voix, le rythme de la lecture, le choix des photos ont créé un envoûtement ressenti individuellement mais partagé par tous. Nous attendons impatiemment de pouvoir disposer de cet ouvrage pour retrouver l’émotion créée par cette lecture dans le cadre unique qu’est la Grange du Vernat Nicole Bertholon ![]() Inachèvement ? Béance ? Rupture, peut-être, mais justement... Une écriture sienne dont Jean-Pascal nous dit son impression qu’elle est inachevée, par rapport, par exemple, à celle de Fondrie [1]... Et s’il s’agissait plutôt d’un achèvement impossible du polissage de l’oeuvre parce que quelque chose interpelle encore dans ce patrimoine où s’enracine la création [2], parce que le lecteur assiste à quelque chose d’en-cours, la création se démenant à partir d’un patrimoine opaque... D’où la force de ce livre qui a tant ému les auditeurs (et le lecteur de lui-même)... Et ce besoin premier de l’image pour cerner l’indicible ou l’invisible, un "réel qui se dérobe" pourrait-on dire en détournant la belle expression de Dominique Thirion... La non-fin de l’oeuvre dans l’oeuvre... [3]. Comme le théorème de Gödel s’appliquant à l’écriture ? Difficile de mettre des mots sur ce que tous les présents ont ressenti comme quelque chose d’inédit, la création en suspens, le vécu d’une expérience rare et exceptionnelle comme on en rencontre peu dans sa vie - même avec une vie culturelle dense et de qualité... Jacqueline Cimaz
NB. Ce que dit un peu Jacques Josse dans son beau texte de Remue-Net, où il conclut : "Dans ce livre, écrit « en vers injustifiés », la poésie n’est pas là où on l’attend. Elle est dans les interstices, dans la matière, dans la densité de la langue, dans la respiration soutenue, dans les proses sinueuses où circulent réflexions, descriptions, repères économiques, architecture, histoire, économie. Un livre plein d’herbe, de terre, de tuffeau, de schiste noir, d’odeurs, de cadastres, de boue, de borriques débondées et de cidre frais, un livre que l’auteur, qui parle de « paresse travaillée », verrait bien étincelant de « bouésie »."
[1] Cheyne Editeur [2] Ce quiproquo sur De Falloux ? [3] cf "Gödel, Escher, Bach : les brins d’une guirlande éternelle" (1979), un livre de Douglas Hofstadter, informaticien, Prix Pulitzer. Traduit en français en 1985 par Jacqueline Henry et Robert French. Réédition en 2000 chez Dunod. Une présentation du livre
Ateliers de désautobiographisation
Ateliers d’écriture avec Jean-Pascal Dubost
Samedi matin 26 Septembre
Enfin, nous allons éclaircir cette énigme : qu’est-ce que la « désautobiographie » ? Le thème de l’atelier nous interpelle ! Comme il est de tradition maintenant, le petit groupe à géométrie aussi variable que les âges des participants, se retrouve à la bibliothèque devant le café préparé par Fatima et quelques friandises à la framboise fleurant bon l’été sur son déclin en cette fraîche matinée. Jean-Pascal explique : comment parler de soi sans dire « je », un exercice en quelque sorte de décentration. Souvent, le roman raconte, il est le domaine de la subjectivité, des émotions, du lyrisme, avec une part de fiction, une part d’autobiographie. ![]()
Une référence à Montaigne pour lancer la réflexion : « C’est moi que je peins, je suis moi-même la matière de mon livre ». Rimbaud vient à la rescousse : « JE est un autre », il y a dilution du poète dans le monde. Michelle Grangaud ajoute : « JE est tout le monde. » Le préfixe « dé » peut avoir deux rôles : être privatif ou au contraire marquer une intensité. On pourrait dire que cette désintégration du JE est une transformation de la matière en énergie (encore ne faut-il pas aller jusqu’à la destruction complète...) Notre tâche sera donc de faire jaillir une énergie poétique de cette désintégration programmée. Quelques références, cette fois étayées d’extraits de textes de Walt Whitman, de Nathalie Quintane, de Michel Leiris qui mettent en évidence ces « remarques », simples, brèves, directes, que nous aurons nous-mêmes à produire et à porter à la connaissance des autres. Et, comme il se doit, arrive en fin de séance, la lecture à haute voix à destination du groupe, avant le partage du pique nique auquel chacun fait honneur.
Samedi après-midi 26 septembre Notice et Vida Dans un premier temps nous sommes invités à rédiger notre propre notice biographique, comme celles qui accompagnent les livres, écrites par l’auteur lui-même, ou par l’éditeur, ou toute autre personne ayant choisi, pour présenter l’écrivain quelques « traits » caractéristiques qui le définissent dans son originalité. ![]()
Le deuxième temps s’appuie sur la « vida », un genre occitan créé au XIIIème siècle, l’écriture d’introductions courtes à la vie des auteurs, tirées non pas des faits avérés de leur vie, mais inspirées par les œuvres, donc une vie née dans l’imagination de celui qui la rédige. Pour cela nous travaillons sur l’échange des textes écrits précédemment. Nous nous séparons (pas pour longtemps) à 17h afin de permettre à Jean-Pascal de se préparer pour la lecture qu’il va présenter à la Grange du Vernat.
Dimanche matin 27 septembre Ah ! Si j’étais... Il s’agit d’adopter un personnage de fiction et de s’écrire une biographie fictionnelle, en adoptant le point de vue de ce personnage, mais en utilisant également des éléments écrits la veille dans sa propre biographie, le tout pouvant prendre la forme d’un dialogue ou d’une petite scène. Après la lecture des productions, c’est à regret que le groupe prend congé de Jean-Pascal qui sera attendu impatiemment pour la « Fête de la Science » aux Rias. Donc rendez-vous au 14 novembre -atelier de réécriture le matin, avant les conférences et autres débats de l’après-midi. Comme à l’accoutumée, le « travail » a été passionnant, tout en renforçant les liens tissés entre les membres des « Rias ». Une belle réussite !
Nicole Bertholon
TERREFERME et "la désautobiographie"
Samedi 26 à 18h, présentation publique de "Terreferme", lecture au micro sur fond de projection d’un diaporama... Non pas à la Bibliothèque, mais à la Grange du Vernat... [1] cf itinéraire Orange S’inscrire pour le nombre de places (gratuit, ouvert à tous,notamment aux collègues des autres bibliothèques...)
La ferme : l’écrit d’une résidence à Segré pour y interroger le mouvement hygiéniste, la belle époque des fermes modèles (19ème siècle)... La terre, l’exploitation, les travailleurs de la terre... Une très belle écriture... Une écriture qui compte et marque le début de ce 21ème siècle... Jean-Pascal Dubost est poète, auteur, liseur, Président de la Maison de la poésie de Nantes, et un ami de longue date...
L’atelier
"Pour l’atelier, je l’intitulerai "la désautobiographie" ou comment se dire sans se dire en ne disant pas "je"... Je pense que ça devrait intéresser." nous écrit Jean-Pascal.
Donc samedi 9-12h, puis 14-17h, dimanche matin : 9h-11h30.
Pour l’organisation, il est important de respecter les horaires et de s’inscrire par courriel ou tel (0475844725)
[1] petite route qui va de la Pierre plantée à la route Saint-Jean-Silhac par le pont du Belay en passant par le Carrefour des Résistances. L’itinéraire sera fléché. Écriture de l’instant, atelier d’écriture avec Pierre Ménard
Samedi 10 octobre de 10 à 12 h et de 13h45 à 15h45. Repas partagé sur place avec les participants à l’atelier
Nouvelles écritures, SMS, email, chat, tweets. Un atelier pour capter l’art et la manière du texte très court.
Pour les jeunes de 15 à 95 ans !
Ces ateliers d’écriture, animés par Pierre Ménard, écrivain, proposent un travail sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets,
etc...). Une écriture de l’instant. Les textes sont calibrés en fonction de contrainte temps, dans la limite d’un certain nombre de signes par exemple, comme pour les SMS et les mises à jour sur Twitter. Les productions de l’atelier seront diffusés sur un blog spécialement créé pour l’occasion.
Twitter est un outil de réseau social et de microblogging qui permet à l’utilisateur de signaler à son réseau "ce qu’il est en train de faire". Il est possible d’envoyer et de recevoir ces mises à jour par Internet, par messagerie instantanée ou par messagerie numérique. On appelle ces mises à jour des tweets (gazouillis en anglais). La particularité des tweets : ils sont courts, d’une longueur maximale de 140 caractères, ce qui permet de mettre à jour son Twitter de manière brève et spontanée.
Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : "d’ici là". Écrivain, il publie à la fois des livres et des ouvrages numériques : "Le spectre des armatures" aux éditions Le Quartanier, "en avant marge" et "en un jour" sur Publie.net,"Quand tu t’endors" (album illustré par Mini labo), aux éditions Actes SudJunior, ainsi que deux ouvrages collectifs, "Il me sera difficile de venir te voir" : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions Vents d’ailleurs, et "Écrivains en série" un guide des séries (1948-2008),publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli. L’ensemble de ces travaux est disponible en ligne sur son site.. Un site à voir et entendre...
A K, un poème-cri de Fatima Mana
Dans les yeux d’un pays.
Parce qu’il portait un autre monde dans les yeux Osait tomber les murs de son pays Prit le courage devant lui Raclait l’espoir d’une autre vie Au fond d’un rêve tapi Jetait le mauvais sort dehors.
Tout y était : travail - famille - patrie serrés dans ses mains pour en faire une vie Prisonnier d’un quota, porté au nom de l’état Ils t’ont enfermé dans un centre de rétention Où seuls, les pigeons aux barreaux de ta prison Transportent sous leur ailes un autre ciel Pour respirer ton amour couché sous ta peau
Poser sur ses hanches ton regard grappes de lumière sur son ventre rond Ramasser les miettes d’elle avant ton départ pour ne pas se perdre sous la chape de plomb. Paysan de ses collines, tu envoies un juron A la liberté écrasée sous la férule d’une logique politique, raison d’état.
Il te faut un peu de temps Pour t’habituer à l’élan de solidarité qui sourde dans les rues pour ta liberté Qui couve sous les draps noirs Sa colère contre le pouvoir Et monte vers toi en écharpe, ses cris.
Tout contre l’aéroport, la réalité du départ A l’odeur de tragédie, épuisée de désespoir Ton coeur cogne sa peur par dessus les toits Là où tu te trouves, défense d’espérer. Pourtant un petit arbre est arrosé chaque jour par les soleils de la fraternité Pour que tu puisses enfin libre Te rassasier du monde.
Atelier d’écriture avec Jean-Pascal Dubost
Nous sommes sans nouvelles de Jean-Pascal qui est actuellement en résidence au Mexique, mais devrait revenir bientôt. Dès que nous aurons le thème précis des journées, nous vous le communiquerons... Mais tout le monde ici connait Jean-Pascal.
Les horaires : samedi 26 septembre de 9 à 12h, 14 à 17h30 avec possibilité de repas sur place. dimanche 27 : 9h-11h30.
Le samedi 27, à 18h : Présentation publique de "Terre-ferme" , sa dernière publication par Jean-Pascal Dubost. « Un livre plein d’herbe, de terre, de tuffeau, de schiste noir, d’odeurs, de cadastres, de boue, de borriques débondées et de cidre frais, un livre que l’auteur, qui parle de « paresse travaillée », verrait bien étincelant de « bouésie » écrit Jacques Josse.
Du Dubost certes, et qui relaboure "Langueyer", et retourne toujours plus profond, de la langue au réel... "avançons que nous pouvons agir comme un bœuf ouvrant, édonc labourer et creuser le réel avec le regard récrivant le paysage, que l’écriture refasse les yeux à neuf sur une matière abstraite ; seulement seule l’imagination fait le paysage ; et quoi sommes-nous après paysager ?"
Un texte à lire et relire et qui demande du temps tant est inépuisable la densité de ce labourage et dur le mur du "quoi sommes-nous après paysager ?" Jacqueline Cimaz
Dunière suivie de Paulette Vignal
SUITE DE
Après notre sortie à Salins de Giraud, que penser de Perlette, la goutte d’eau qui un jour tomba dans la source de la Dunière ?
La Dunière après avoir reçu tous les petits ruisselets, de droite et de gauche :
se jette dans l’Eryieux.
Tous ont continué leur route en arrosant les arbres fruitiers. De Dunière-sur-Eyrieux en passant par Saint Fortunat, Saint Laurent du Pape, les ruisseaux se retrouvent pour se jeter, arrivés à Beauchastel, dans le Rhône qui les engloutit avec toutes leurs gouttes d’eau.
Notre Rhône arrose lui aussi toutes ses berges et reçoit des affluents ; il vient de Suisse. Né au mont Saint Gothard, il est navigable. Des péniches transportent des marchandises, les bateaux de croisière le descendent jusqu’à la mer. En passant par Avignon, Arles. Sur son parcours, il y a plusieurs écluses. Il se jette dans la mer Méditerranée.
Pour Perlette c’est un long voyage !
Paulette Vignal
Camargue
Poème-image à quatre mains... Et un poème (et deux photos) de Fatima Mana, une composition de ces ingrédients par Jacqueline Cimaz... ![]()
NB. cf comptes-rendus, planches photos du voyage en Camargue dont découle ce travail (cadre projet "Mouvances" - objet, ombre et reflet, transparences, rides de sable et d’eau...)
La valse à trois temps.
Trois temps, trois autrement pour tisser le mot et l’enchevêtrer à la surface des phrases, avec des voix qui ont écrit la pauvreté : thème des ateliers proposés par l’association « Les Rias », ou « décrire les silences de la précarité ».
Dans le cadre d’un projet subventionné par la Région Rhône/Alpes - "Pauvreté, précarité : quelle démocratie participative pour quelle transformations ?", cette animation s’inscrivait dans l’écriture. ![]()
Nouveaux ou anciens, les stagiaires s’approprient déjà la consigne. Il y en a même qui travaillent au corps du texte pour la détourner. D’abord chacun patauge dans ses mots pour tenter d’y trouver une idée. Certains commencent sagement par le coin de l’image posée sous leur front. Celle qui vient de se réveiller à l’énoncé du sujet. Et puis se parler en dedans pour attiser l’imagination, appeler les mots qui parlent, les surveiller, les écouter, les entendre qui font la sarabande. Trop ou pas assez, ils sont là, posés entre les doigts. ![]()
Des chuchotements sortent de ci, de là, surveillent le silence pour ne pas le déranger. Parfois un rire fuse. Une autre façon de parler aux mots. Vite, rattraper la consigne, la malaxer, la triturer, en faire une boule, l’éclater sur le mur. L’impact libère des petits riens, à peine une idée poursuivie par un filet de mots, un murmure. Tout à coup un éblouissement rame en courant, remonte le courant où se mêle le plaisir retrouvé de ces jeux d’enfance où se fabriquaient les histoires à l’ombre des collines. ![]()
Un week-end qui avance paisiblement, usinant les mots de chacun autour d’un projet qui se vit au rythme de tous. A noter, au cours de cette traversée studieuse et ludique, deux nouvelles inscriptions à la bibliothèque. Fatima Mana
![]()
On pourrait ajouter un atelier mûrement préparé et organisé, conduit de main de maître... Un atelier qui permet de vérifier une nouvelle fois que la contrainte est libératrice, générant créativité et diversité... Un atelier convivial où se sont frottées démarches des nouveaux et pratiques des vieux habitués des ateliers d’écriture aux Baraques... ![]()
Diversité aussi des formes de précarité évoquées et des tons suivant les choix effectués fonction des références offertes - de Zola à Hugo - "les Misérables" - à Sartre et la précarité existentielle... Richesse de tous les textes créés, courts ou longs, liés à l’expérience et/ou aux lectures... Des consignes de réécriture, aussi, avec lesquelles le groupe a su éviter les pièges du formalisme et qui se sont avérées d’une grande efficacité. Rires, convivialité... du témoignage au façonnage des mots, hétérogénéité qui fait la richesse du groupe... ![]()
Et puis ce travail, cette formation, cette expérience acquise par Fatima Mana, en matière d’organisation, d’animation et conduite d’atelier d’écriture qui permettent à chacun de se sentir bien, de déployer ses expériences personnelles en se nourrissant des contenus offerts. Un week-end d’une belle qualité... Un excellent fonctionnement du groupe, d’un groupe relativement nombreux... Merci à Fatima pour la prise en compte de tous et chacun, la progression suscitée, la valorisation des écrits. ![]()
Un week-end très dense où chacun s’est enrichi et a évolué, une belle performance pédagogique et littéraire... Jacqueline Cimaz NB. Une nouvelle publication collective se dessine... Affaire à suivre...
Un beau poème de Bastien...
Mon poème que j’ai fait pour le printemps des poètes : ![]() Félicitations et merci... Avec quel(l(e)s) poète(s)cette classe a-t-elle travaillé ?
trois temps/trois formes pour dire et écrire les silences de la précarité...
![]()
Dans le cadre du projet démocratie participative : Vivre ou survivre, dire et écrire les silences de la précarité/pauvreté. et du projet livre. Lieu : Bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire de Rias. Pour cette animation, 3 temps et 3 formes d’écriture seront proposés aux stagiaires Fatima Mana
[1] samedi 21 : 9h-12h et 14h-17h, dimanche 22 : 9h30-12h
La Dunière, un parcours de mémoire...
Sur notre commune de Saint-Apollinaire-de-Rias, limitant avec Saint Jean Chambre et Saint Basile, une petite source sort de terre.
Voilà notre source qui devient un ruisselet, grossie par les gouttes d’eau qui tombaient des nuages comme Perlette goutte d’eau qui vient rejoindre ses soeurs dans le ruisseau. Notre ruisseau prend sa course. Il passe à Martel, petit village puis sous la Faurie, le village de Dunière d’où lui vient son nom.
La Dunière s’étire donc le long des prairies qu’elle arrose. Ses rives sont bordées d’arbres,( frênes, peupliers, vernes...) qui font un bel ombrage le long de ses eaux.
Tout en continuant sa course, elle arrive à « Jacques Antoine" où au siècle dernier, elle faisait tourner un moulin pour moudre le blé qui donnait de la farine et du colza pour l’huile, aux habitants de la région. Avant de passer sous le pont du Belay, le « Sérouan », petit ruisseau qui vient se jeter dans son lit la grossit sur la rive gauche... Le « Rantoine" se jette aussi dans son lit. Sur la rive droite, un autre ruisseau arrive lui aussi... Elle continue à descendre à « Monépiat » où il y a longtemps, elle faisait tourner une usine de soie qui occupait des ouvriers et des ouvrières.
C’est une rivière à truites qui fait le plaisir de beaucoup de pêcheurs.
Paulette Vignal NB. A noter que Paulette Vignal a fait toute une recherche sur les descriptions de sources dans les manuels de lecture de son enfance et entend traduire en "patois" certains passages...
Dire et écrire les silences de la précarité...
Cet atelier fut un révélateur extraordinaire pour certains. Recueillir le dire et le poser poétiquement sur une page blanche, un exercice d’une grande richesse. Trois demi-journées, trois temps différents, trois appuis d’écriture pour peu à peu presque valser avec les mots. Tel aura été le rythme soutenu par les stagiaires. Une implication à fleur de phrase où se révèlent parfois avec pudeur, des bribes de vécu. L’écriture comme moyen de s’exprimer, avec une passerelle ou pas, assis au bord du possible en abandonnant tout simplement appréhension et a priori. Il suffit d’oser et le monde d’un seul coup se retrouve sous une lumière différente. Fatima Mana
Un atelier très structuré. Samedi matin :Fatima Mana lit des textes sur la vieillesse, la mémoire, les souvenirs... Des extraits de textes de Danielle Bassez (« Les vieilles », Cheyne), Marie-Claire Blanquart (« Rituel d’emportement », Obsidiane), Jérôme Delclos (« Coutures du silence », H-B Editions) Elle propose une technique "classique", la constitution de réservoirs de mots, avec deux lectures et, éventuellement, les reprises nécessaires.
Puis chacun écrit (ou cherche et dicte ses mots)
Les textes sont ensuite lus pour la mise en commun. ![]()
Quelques extraits, donc de premiers jets, parfois très denses : Quand j’étais petite, j’étais chez Gaston,/ j’avais dix ans, / il y avait Pauline,/ Quand il m’a prise, j’avais cinq ans. / J’étais chez la Soulier, j’avais trois mois.// Lucie qui dit « je voudrais bien une petite », / la Soulier dit « je te donne ma Marie-Maude ».// Quand on gardait les chèvres, on nettoyait le bois,/ j’ai dit à Pauline, va chercher les allumettes,// le feu s’éparpillait partout ... Marie-Claude Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz et Laetitia Chevailler) Largear lo biou [1]/
Faire des fagots pour les chèvres /
Une feuille de fanachi/
Faut pointer le foin /
qu’il va pleuvoir/
ça veut dire la meule de fe/
Donner aux lapi//
Marcel me disait t’as donné aux lapi /
je disais oui//
T’as ramassé les zious /
ça veut dire les oeufs/
je disais oui/...//
Moi j’ai toujours eu peur des cochons moi,/
même les sangliers, c’est les mêmes romaines
Marie-Claude Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz)
Seule dans son coin / Elle fait sa cuisine seule / La pendule sonne tous les quarts d’heure / Elle fait sa cuisine seule / La tête sur l’épaule / Tendue / Embronha / Seule dans son coin elle se souvient // Va de cuchar lo chi / Largear la besta / Faut tourner le fe / que va plaure... Christophe Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz) Les gens n’ont pas le temps !/.../ Chacun son rôle / vieillesse a du temps / pour écouter jeunesse. Hélène Claret .../
A chaque jour suffit sa peine.//
Tumeur de lait dirait l’absente /
La pourriture crible les yeux du village//
Clémence court /
Le temps tremble le silence//
A chaque jour suffit sa peine
...
Jacqueline Cimaz
Je t’en veux de ta peur /
Je m’en veux d’être celle /
Qui éveille dans ton regard /
Le rejet de moi
Laetitia Chevailler
Réécriture
Je vais pas toujours t’écouter /
Y a pas l’temps / /
Forcer la relation humaine /
Ecouter l’arbre, voir le printemps /
Suivre les feuilles, mûrir les fruits / /
Je vais pas toujours t’écouter /
Y a pas l’temps//
Mais vieillesse /
a tout le temps pour écouter ce monde
Marie-Claude Gaillard et Jacqueline Cimaz sur un texte d’Hélène Claret.
... / On faisait cuire les grattons sur le fourneau / Et les caillettes dans le four. / Le « tueur » c’est pas un joli nom, / Mais c’est comme ça qu’on l’appelait. Christophe Gaillard, réécriture avec Fatima Mana ... / Autrefois Boissy tuait /
Moi je n’étais pas né /
Des mots me l’ont raconté.
Fatima Mana d’après Christophe Gaillard
Derrière les certitudes / Rideau fermé / Bruit du temps / A pas comptés / Visage plissé / aux marges du passé / L’aiguille perd la tête / Essoufflée... Fatima Mana avec les mots des autres ![]()
Samedi après-midiDes photos, évoquant la misère dans le monde, sont étalées sur une table... Chacun est invité à en choisir une... (bidonvilles, SDF, espérance de vie en Afrique...) Une lecture individuelle de l’image s’en suit, ou en petit groupe, interprétative ou énumérative puis, toujours, interprétative... Ensuite, on passe à l’écriture, suivant les mêmes modalités que le matin... .../ Où est l’espoir de l’avenir ? /
se taper la tête contre les murs /
laisser l’existence /
Sans possibilité de vie !
Hélène Claret
... J’aimerais pas habiter là /
Ça fait triste de voir ce petitou comme ça /
Il n’a pas de maman /
C’est peut-être quelqu’un qui a divorcé...
Marie-Claude Gaillard
Deux personnes vivent dans le bois /
Avec une caravane /
Je ne sais pas comment ils vivent ces gens /
Je ne sais pas comment ils font pour manger /
... /
Ils peuvent vivre sans femme /
S’ils auraient une femme chacun, /
ce serait beaucoup mieux pour eux... /
Ils auraient des gamins /
... /
Ils sont travailleurs, /
Ils ont des sous pour manger pour boire...
Christophe Gaillard
Les habits « font de l’usage » /
Je porte une robe de ma tante, de 15 ans d’âge, /
Qui porte celle de sa sœur, remise au goût du jour./ /
Les pantalons sont toujours bicolores /
... /
L’harmonie est un luxe qu’on ne songe à s’offrir...
Laetitia Chevailler
Afrique 2008 / / Espérance de vie : 46 ans /
Norvège : 78 /
32 ans volés par millions en centaines multipliés /
... /
Traite ma honte /
.../
32 ans volés /
envolent les vautours. / /
Il est temps et plus...
Jacqueline Cimaz
Concentration de tôles ondulées /
Rapiécées au gris de la vie. /
Cadre de bois, semblant de dimanche /
L’arbre tout seul /
Guette sa chance./... /
Fatima Mana
Dimanche matin :Fatima Mana commence par des lectures de Duras, (La pluie d’été, POL Editeur)), Jean-Pascal Dubost (Fondrie, Cheyne) Plusieurs techniques d’écriture sont ensuite proposées :
Chacun à tour de rôle, écrit une phrase,
D’où la production :
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Extraits de quelques textes personnels :
A Empurany des douilles, des valisettes, / des dossiers médicaux pour les hôpitaux.../ .../ Mon repas à l’hôpital de Lamastre / chaque soir chez moi. / ... / / Pourquoi t’as déchiré ton survêtement qu’ta marraine t’avait offert ? / Patates binées, moto grattée / Claque la motte dure. / / Y’a un moment ! / C’est vieux ! / Christophe Gaillard J’attends les bonnes, /
je sors mon chien, /
je joue, /
des fois j’ai le cafard./ /
On met le CD, /
la mémoire s’allume vert, /
je joue sur l’ordinateur,des fois ça chante. /
La petite Dora parle. /
Tu prends les bracelets colorés avec la souris... /
... /
Marie-Claude Gaillard
Linge aux fenêtres, / valise penchée, / vingt ans aux Carrefours des Ramblas. Jacqueline Cimaz Plus rien n’est pareil de ce pareil qui servait d’appui. Aujourd’hui « surtout ne pas déranger » affiché sur les visages fermés.
Fatima Mana
A s’être soi-même tant perdu de vue, on se fait juge implacable de nos semblables trop semblables. Laetitia Chevailler
Une publication sera faite des textes de cet atelier qui fait triplement date. D’abord c’était le premier qu’organisait Fatima Mana, et de l’avis général c’est une réussite au niveau conception, conduite, régulation, qualité des textes, implication des participants. Ensuite c’était le premier atelier consacré à la précarité. Enfin, c’était le premier atelier d’écriture auquel participaient deux personnes ne maîtrisant pas le déchiffrage, mais qui aidées d’une « secrétaire » [2] , se sont avérées capables de comprendre les règles et progresser rapidement dans l’écriture dictée.
Un atelier d’écriture fonctionne en général avec 10, 12 personnes au maximum. Là, la situation étant triplement innovante, nous n’avions pas souhaité travailler avec plus de 5 ou 6 personnes.
L’expérience aidant, le groupe s’étant forgé, il parait tout à fait possible d’envisager un groupe un peu plus nombreux en décembre, surtout si l’on dispose de 2 ou 3 secrétaires pour recueillir les textes, les mettre en forme et de trois personnes pour les saisir sur l’ordinateur, ce qui facilite le re-travail...
Jacqueline Cimaz
[1] transcription tout à fait profane de l’occitan d’ici... [2] la "dictée à la maîtresse secrétaire" est préconisée en maternelle pour faire faire des apprentissages textuels aux élèves avant qu’ils n’aient pu aborder la combinatoire.
PASSÉ PAR LÀ
"Au fond c’est peut-être à bord d’un paquebot, sans l’avoir alors deviné, qu’a germé en moi la nécessité d’écrire. Si pour mes parents il s’agissait sans doute de rentrer en France comme on rentre à la maison, pour moi il s’agissait au contraire d’y retourner comme on retourne à l’école contre son gré. En embarquant ce jour d’été 1974, j’étais totalement indifférent à ce qui pouvait m’attendre de l’autre côté, tant je me sentais arraché, en même temps qu’à l’Afrique, à mes plus belles années d’enfance. Durant ces trois années vécues à Dakar, qui me paraissent aujourd’hui avoir duré une éternité, j’avais nourri une véritable passion pour les coquillages. Une obsession de collectionneur, certes, mais plus encore une obsession de chercheur d’or, en quelque sorte. Et voilà que la vie me privait, du jour au lendemain, de ce bonheur incommensurable éprouvé à chaque fois que je m’en allais retrouver l’un de mes rivages favoris, à chaque fois que j’enfilais palmes, masque et tuba pour m’enfoncer un peu plus profondément dans la mer, pour y fouiller un peu plus loin le sable et les rochers, à la recherche de la perle rare... Que faire alors, une fois échoué dans l’est de la France, et cette toute petite ville de garnison cernée par la tristesse infinie des champs de betteraves, pour retrouver une émotion comparable ? Voilà comment la poésie s’est peu à peu révélée comme une alternative à ce monde perdu, même si mes premières lectures vraiment marquantes avaient été plutôt des romans : Kipling, Stevenson, Twain... Comme bien des jeunes gens de mon âge, c’est à travers Baudelaire, Rimbaud et Verlaine que je découvrais maintenant la poésie, et si mes premières tentatives n’en étaient forcément que de pâles imitations, j’y entrouvrais pourtant les portes d’un autre espace d’apnée, j’y retrouvais la quête obstinée, sans cesse renouvelée d’une forme. Chemin faisant, il fallut bien me résoudre un jour (je devais avoir seize ans) à informer ma famille, de plus en plus curieuse de mes projets d’avenir, qu’après avoir renoncé à l’aviation puis à l’océanographie, je m’étais enfin fixé un objectif prioritaire dans la vie : devenir un poète ! Et ce avec une insistance telle que la circonspection initiale ne tarda pas à se muer en consternation quasi unanime, on s’en doute... Sauf pour ma mère, que sa légitime inquiétude n’empêcha pas de me léguer alors deux des rares livres rescapés de sa propre adolescence : les Lettres à un jeune poète de Rilke, et les Poésies complètes de Cendrars. D’un côté l’exigence requise, de l’autre l’appétit du monde, le goût du voyage... Ces deux livres ne m’ont jamais quitté. Dix ans plus tard environ, c’est encore au cours d’un voyage, entre Sahel et Sahara cette fois, que me piqua la mouche de la photographie. Ce furent d’abord plutôt des paysages, et la couleur, avant de réaliser que j’avais peut-être peur d’un désir plus profond : celui d’arrêter mon viseur sur des visages, des humanités, avec les difficultés, voire les risques précisément humains, liés aux ravages du tourisme, que cela peut comporter en certaines occasions. Je finis par faire le pas, délaissant du même coup la couleur pour le noir et blanc (jusqu’ici en tout cas), lors d’un séjour au cœur du pays Maya, entre Mexique et Guatemala. Ce sont essentiellement ces visages croisés par un regard étranger, que j’aimerais vous montrer aujourd’hui. L’histoire précieuse qu’ils portent en eux d’un autre monde, saisie au bord de sa disparition. Comme dans le poème, parfois, ce genre de sens qui resplendit en s’échappant." Bruno Grégoire NB. Nous avions demandé à Bruno Grégoire de se présenter pour les lecteurs de la Bibliothèque Municipale et le public de Lire en Fête. Il nous a envoyé ce texte...
Un 10/11 octobre exceptionnel...
![]() Saint-Alban, Eluard, Lautréamont...
Le récit de Fatima Mana :"Jeudi soir Les trois poètes et la comédienne sont arrivés à l’heure dite crépusculaire, sans encombre. Comme quoi l’inaccessibilité de notre pays et sa renommée s’avèrent injustifiées, pour peu que l’on parte à sa rencontre avec curiosité (et sans GPS évidemment)... Première étape, le temple, histoire de s’approprier visuellement son espace, avant la mise en place des expositions le lendemain matin. Le soir, la table rapproche déjà les paroles, tournées au tour du plaisir de partager un bon moment de convivialité.
Vendredi matin Une ruche bruissante se mesure aux dimensions du lieu et l’apprivoise. Visseuse/dévisseuse entre en action. Epoustouflant Jacqueline Cimaz, Laetitia Chevailler taquine le taquet. Mais tout d’abord dilemme : alignement par le haut ou par le bas ? Forte de son savoir un rien tout neuf, Fatima Mana s’entend dire comme une évidence par Bruno Grégoire : « évidemment par le bas ! », comme si elle venait de lancer une incongruité. L’allée centrale est accaparée par Patrick Maury et François Boddaert. Tous deux arpentent le ciel du silence habituel, le traversent et le coupent au cordeau de l’esthète. Socles, planches et chevrons assemblés, les poteries du sculpteur se dévoilent, fragiles et belles de leur enluminure protectrice. Les photos de Bruno Grégoire, saisies lors de ses voyages guatémaltéques, mexicains ou africains, habitent en blanc et noir la notion d’ailleurs ou l’équivalence d’un dépaysement assuré. Anne Segal est sortie du monde qui l’entoure. A proximité, au milieu du va-et-vient, elle se retire, s’apprend, délaye, concentrée sur la phrase, les mots dans l’intimité de sa tête ; cherche leur résonance, la plus belle, la jette à l’acoustique déséquilibrée par les hauteurs plafonales démesurées. Elle s’arrête un instant sur la progression du travail puis se réfugie dans son livre et s’absente.
17h30/18h : La lumière automnale vient d’élire ses quartiers dans le temple et se repose sur les sculptures de Patrick Maury. Des photos de Bruno Grégoire, happent sa traversée. Fugitive, s’attarde, et ouvre un instant, la fenêtre du voyage. Ce soir là les passeurs d’arts nous offrent une ponctuation de leur métier, jardiniers des mots corrélés au bel ouvrage, puis Anne lit, dans un silence recueilli les textes choisis... Un moment au goût de précieux..."
Vernissage D’abord, après installation, ce vernissage où Patrick Maury, sculpteur, et Bruno Grégoire, photographe de voyage, présentent leurs oeuvres et livrent quelques indications sur leur travail...
Beaucoup d’intérêt et projections diverses en fonction des références et du vécu de chacun.
Et puis quelques belles lectures d’Anne Segal...
Un samedi dense et privilégié.
Atelier d’écriture. Dès 9h les stagiaires de l’écriture remplis de curiosité vis-à-vis d’un nouvel intervenant, se regroupent autour du rituel café/croissants avant d’entamer l’atelier.
Bruno Grégoire offre le choix entre trois pistes de travail :
Nous voilà tous tête penchée sur la page blanche. ![]()
Après un temps de travail dense, chacun lit son texte à voix haute. Bruno dépose une critique constructive après l’oralisation de chaque poème - le positif - puis des suggestions pour enrichir, un vrai regard permettant de progresser, modifier, faire grandir le poème... Un travail de qualité qui, de plus, apporte des mots et images au projet "Mouvances"...
Nouvelles visites Des oeuvres qui parlent d’elles-mêmes et interrogent... Et, notamment, un beau temps de déchiffrage de formes par Marie-Claude Gaillard, interpelée par les viscères et qui lit les sculptures - "Les plombs- anatomies imaginaires"- l’une après l’autre, repérant et identifiant des formes, livrant même parfois plusieurs interprétations pour une forme... ![]()
Une résonance lourde et douloureuse avec le corps malade, mis à distance par cette énumération, une appréhension aussi de la démarche artistique, par le rapprochement effectué entre ces sculptures et les totems du Carrefour des Résistances, et le soulagement sinon la joie manifestée de voir médiatisées par l’art une douleur récente et une appréhension actuelle... L’art moyen d’investigation, de compréhension, de "mise à distance de l’insoutenable" comme disait Semprun... Une belle démonstration, en tout cas, du fonctionnement de ces plombs, du poids de ces anatomies imaginaires...
Enfin, la lecture. Après que les participants à l’atelier d’écriture aient lu les textes écrits le matin, ![]()
un moment, rare, intense, d’une immense qualité,
et puis par la restitution, approfondie et émouvante, taraudant l’auditeur, effectuée par par Anne Segal d’un très beau texte de Bernard Varfagtig.
Anne Segal décline et pose la phrase dans l’émotion. De sa lecture gicle la beauté d’une prose exceptionnelle. Les visages, emplis de silence, l’écoutent, attentifs. Un moment rare et fugitif se vit avec la sensation d’assister à une rareté offerte au travers de la voix d’Anne Segal. ![]()
Et là aussi, ce temps fort que constitue le dit de son émotion et de son adhésion à ces lectures par Christophe Gaillard. Une appréhension de la poésie par l’oral, la saisie directe d’images fortes... Ce langage qu’évoquait Lucien Bonnafé, dans l’Essone, dans les années 70, ces "évidences neuves"... De quoi alimenter réflexion pédagogique et recherche [1]... De quoi, aussi, enrichir encore la démarche de l’association...
Quant à la mémorisation des textes évoquée par Paulette Vignal et la transmission orale d’un patrimoine... Vaste question à laquelle François Boddaert lui a répondu qu’elle avait raison de la poser... ![]()
[1] et notamment le sempiternel débat concernant l’existence d’une poésie "pour enfant"
Poésie et arts visuels pour le trentenaire d’Obsidiane
Les temps forts :
visite des expositions, lectures pot de l’amitié.
Atelier d’écriture avec Bruno Grégoire samedi matin. Rendez-vous à 9h à la biliothèque municipale aux Baraques, inscription indispensable au 0475844725.
Les intervenants du vendredi et du samedi : François Boddaert, poète et auteur, directeur d’Obsidiane, Bruno Grégoire, poète publié à Obsidiane et photographe, Patrick Maury, poète également publié à Obsidiane et sculpteur, Anne Segal, comédienne.
Avant la clôture de l’exposition, le dimanche 19 octobre à 15h, Table Ronde "Poètes et peintres, les enjeux d’une correspondance", avec François Boddaert, Patrick Maury et Jean-Gabriel Cosculluela. Par ailleurs un certain nombre d’artistes plasticiens nous ont fait part de leur intention de venir et participer au débat...
Exposition de livres d’Obsidiane, des publications des Rias, et le 19, d’un certain nombre de livres d’artiste dont "Le livre le livre" - Cosculluela / Duport...
30 ans d’Obsidiane ou Arts et Poésie aux Baraques pour Lire en Fête.
au Temple et à la Bibliothèque Municipale, aux Baraques, à Saint-Apollinaire de Rias.
"Trente ans d’Obsidiane" ou Arts et Poésie pour Lire en Fête
avec François Boddaert, Patrick Maury, Bruno Grégoire et Anne Segal, comédienne.
D’abord revue en 1978 et jusqu’en 1986, Obsidiane devient ensuite Maison d’Edition. [1]
BIBLIOGRAPHIE :
"Poète, prosateur et essayiste, François Boddaert nous embarque là où l’auteur se montre le moins : dans l’intimité de la machine poétique. Vain tombeau du goût français ou la machine de guerre, des corps, de la langue et de l’Histoire. ...La poésie de François Boddaert interroge aussi bien la langue, ses structures, "ses niveaux d’écriture, du vulgaire au savant, du baroque à l’argot", qu’elle y fait place, dans le sens véritable d’une inscription questionnante, à l’Histoire et à nos histoires... » (Extrait de la présentation effectuée par Emmanuel Laugier pour le Centre d’Art et le Littérature, Poésie, Coopérative Montolieu )
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Enfance et adolescence partagées entre l’Afrique noire et la France. Brèves études de cinéma et autres voyages (notamment au Maroc, en Algérie, en Grèce, au Niger, au Guatemala et au Mexique). Vit aujourd’hui à Romainville d’activités littéraires diverses, plus particulièrement d’ateliers d’écriture en milieux scolaire ou carcéral. Membre du comité de lecture du Mâche-Laurier (Obsidiane) depuis sa création en 1993, et du conseil de rédaction de Po&sie (Belin) de 1998 à 2004. De nombreux ouvrages publiés... [2] (Extrait de la présentation Du Centre d’Art et de littérature, Poésie, Coopérative Montolieu)
François Boddaert, directeur d’Obsidiane l’accueille dans une collection d’auteurs français soucieux de la langue et de ses jeux subtils : il y rejoint Marie-Claire Bancquart, Frank Venaille, Paul le Jéloux, Jean-Claude Caër et le trop oublié Jean-Michel Franck... Son recueil « Petites métanies du temps » est bref, incisif comme un coup de sonde dans l’abîme du Temps. On devine la longue maturation d’un ouvrage sans cesse élagué... pour tenter de donner à entendre "le silence du monde". Si "tout advient", pourquoi attendre, durer ? Pourquoi donner du sens au "tout petit canevas des larmes" ? Pourquoi même parler : "le monde est malade de la bouche"... "Si l’on savait fermement repartir/ et abréger ainsi le temps de la connaissance / comment pourrions-nous encore avoir peur ? L’homme, surchargé de lui-même, doit retrouver "l’enfant redonné" au fond de lui-même. » (Extrait de la présentation d’ Alain Suied, dans les pages du Centre d’Art et de littérature, Poésie, Coopérative Montolieu )
[1] Parmi les auteurs publiés depuis 30 ans : Adonis, Aïgui, Patrick Beurard-Valdoye, François Boddaert, Christine Bonduelle, François Cariès, Bo Carpelan, Gérard Cartier, Pascal Commère, Cédric Demangeot, Jean-Pascal Dubost, Bruno Grégoire, Paol Keineg, Mario Luzi, Patrick Maury, Gilles Ortlieb, Jean-Baptiste Para, Bernard Vargaftig, Patrick Wateau... [2] dont, pour la poésie :
Aux marges de l’atelier, Jean-Pascal Dubost parle de ses projets...
en répondant aux questions de Jacqueline Cimaz...
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- Pas de projet de publication dans l’immédiat. Ou si, un pour l’an prochain au Dé Bleu, un texte issu d’une résidence, à Segré, tournant autour du concept des fermes modèles, « Terreferme ». Ce sera une suite à Fondrie dans le sens où ça s’inscrit dans une tétralogie titrée « Le travail des éléments », « ainsi, après le feu de Fondrie », la terre en « Terreferme » ; resteront l’eau et l’air .... « Terreferme », c’est du poème mélangé à de la prose ; du poème en prose mélangé à de la prose en vers ...
- Un fonds personnel sans doute, une certaine réminiscence sans nostalgie du monde rural... Mais la métaphore de la terre me préoccupe. La métaphore du poète fondeur, je la joins à celle du poète laboureur, le creuseur de sillons. J’aime comparer le travail du poète au travail de l’ouvrier - pas la même matière, mais un travail manuel, manuel cérébral avec les outils, l’ordinateur, la recherche dans les livres... Je défends une idée du poète ouvrier, seul responsable de ses écrits et ne se plaçant pas à l’écart des hommes... Je suis contre l’idée du poète inspiré...
- Creuser dans la mine, qui est soi-même, son fond et son fonds... pour remonter le minerai. Façonner des blocs de prose comme des blocs de fonte...
- Labourer ? Creuser le sillon, le vers, la prose. Labourer, creuser un espace mental, concevoir la page pour le poème comme un champ qu’on laboure. La prose, selon moi, elle vraiment creuse un sillon, le sillon régulier, c’est la prose, pas le vers. Imaginez un champ labouré comme un poème en vers contemporain !...
Quant à la conception de la ferme modèle, elle est liée aux thèses hygiénistes du 19ème siècle, thèses hygiénistes mais aussi économiques, souci du rendement, de l’économie de la force de travail, du temps, de la propreté (bâtiments ouverts, circulation de l’air, évacuation souterraine du fumier, séparation des bâtiments, ventilation, architecture, demi-lunes de ventilation, bâtiments posés sur briques pour éviter le salpêtre et la moisissure...) Choses et manières de concevoir le travail qui ont disparu, sauf sans doute l’idée de rendement... Il reste quelques fermes... Dans le segréen, l’homme de circonstance, c’est le comte de Falloux, connu pour la loi Falloux. Aristocrate déchu qui revint sur ses terres après les événements 1848 : là, il y appliqua ses idées de progrès en reconstruisant une ferme et en relançant une activité... J’ai visité ces fermes, rencontré un vieux monsieur qui avait été commis, insistant sur la propreté des bêtes... J’écris autour de cette activité humaine perdue... Elle n’est pas connue. Il n’y a rien dans les archives. J’ai travaillé en interrogeant les gens, un vieil aristocrate, ce commis... J’ai accumulé des matériaux d’octobre à mars. Maintenant, écrire. C’est en écrivant ce texte que je réfléchirai plus avant à cela, ma réflexion sera plutôt dans le texte « Terreferme » que dans les propos que je suis en train de vous tenir... Nul doute que mon propos poétique contiendra une part critique. De l’hygiénisme à l’hygiénisme moral, il n’y a qu’un pas, qui a été franchi ! J’essaie de travailler des poèmes en prose, mêlés à de la prose en vers, avec une forme typographique comme un paysage sur la page... La tabulation fait le vers, avec justification à gauche, pas à droite, façon de critiquer l’arbitraire du vers contemporain. Prose, vers, italiques : dessiner un paysage, pas calqué sur le paysage ségréen mais sur l’idée que j’ai arpenté un paysage. C’est un pays de bocages et de mines de schistes noirs, un paysage austère, qu’il faut pénétrer du regard. Au départ on m’avait proposé de travailler sur les mines d’ardoise du Segréen, mais je ne voulais pas faire deux fois la même chose.
- Oui. En même temps ces fermes, c’était un système assez paternaliste. Le père des ouvriers...
- Plein d’autres projets ! Un manuscrit de prose, un récit. Il y a un extrait sur remue-net. Il est chez deux éditeurs...
- Nous organiserons en octobre prochain la 8ème édition de notre festival de poésie MidiMinuitPoésie pendant quatre jours en plein centre ville, dans les bars, les écoles, l’école des beaux-Arts, les Galeries Lafayette (lectures-performances sur la casquette)... dans le cadre de Lire en Fête, tout autour de la Maison de la Poésie située dans le centre, avec des scènes dans les rues, lectures-concerts...
Il y a chaque semaine 30 000 personnes dans le centre ville. Nous allons vers elles, avec exigence, car non pour les amuser ou distraire, mais pour les bousculer, les surprendre, avec le concours de compagnies, de radios, et, essentiellement, de poètes de tous horizons... On songe, si ça fonctionne, à d’autres projets, pour les futures éditions, comme des lectures en appartement. Nous terminerons ce festival par un grand banquet ouvert à tout le monde, poète et public ensemble, à des improvisations - mais pas de Slam...
- La revue est en difficulté, car nous n’avons plus de subvention du CNL. Un numéro revient à 6000€ environ, plus le temps de travail. Nous avons une très bonne réception critique, mais ce n’est pas suffisant, nous pêchons sur les ventes, sur la diffusion...
- Le Titan est en questionnement...
J’ai un autre projet en cours, un livre sur tous les auteurs qui ont compté pour moi, qui ont eu une influence dans la pensée du poème et l’écriture, grossièrement dit, « Et leçon et couture ». Une première version est finie. Il faut tout réécrire maintenant...
[1] [Poezibao->http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/04/les-entretien-1.html Atelier d’écriture avec Jean-Pascal Dubost
les 7 et 8 juin.
L’écriture s’est effectuée, comme prévu, à partir de formes fixes pratiquées dans d’autres pays, au cours de l’histoire :
Un cadre, des exemples et consignes, parfaitement orchestrés par Jean-Pascal Dubost, et qui, comme l’expérience l’a montré, se sont révélés très stimulants, les consignes et contraintes facilitant l’écriture, et induisant la diversité ...
Atelier d’écriture"Ce week-end, les ateliers d’écritures sont partis dans plusieurs endroits du monde explorer des formes poétiques étrangères - d’ailleurs, d’autrefois et de tous temps. Samedi, le périple prévoyait trois escales pour découvrir sous la direction du capitaine de bord Jean Pascal Dubost des paysages où s’emmêlent les mots révélant l’origine. Le groupe composé d’une douzaine de personnes est prêt à en découdre quitte à ouvrir et tordre son imagination pour entreprendre ce voyage rempli de curiosité. Première étape sous les alizés Nippons, avec le SÔSHI... de Sei Shônagon... écrit intime traduit par "Notes de chevet" ou "d’oreiller". « De l’écrit intime au chevet il n’y a qu’un pas. » Cette écriture romancée, ancrée dans la littérature de l’époque, liait le merveilleux à la réalité de tous les jours. ![]()
En début d’après-midi, l’itinéraire nous conduit dans la communauté Pashtoune avec la seconde forme abordée, le LANDAY Le texte est très court, écrit en deux vers de neuf et treize syllabes. Sans rime, il renferme des scansions par allitérations ou assonances, aux rythmiques fortes. Le LANDAY est anonyme. De tradition orale dans une communauté clanique civile conduisant les femmes à dire leur douleur secrète par le chant ou le suicide, c’est une poésie exclusivement féminine, composée et chantée en allant chercher l’eau au puits. Ses thèmes sont :
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Nous continuons notre route avec un petit séjour en Iran et partons à la rencontre de l’auteur très connu -Omar KÂHYÂM- qui a mis au goût du jour le RUBAYAT. Forme poétique en un quatrain (quatre vers) -nom provenant de l’arabe ARBA qui veut dire quatre. Le RUBAYAT est un poème qui exalte, il compose litanie sur litanie, aux rimes croisées, autour du mot « vin" ou "rien »... et en jouant sur le sens des mots et leur codage. ![]()
Dimanche matin, nous accostons en Malaisie et partons sur les traces du PANTOUM.
Cette forme poétique née au XVI siècle parcourait les trois périodes de la vie (enfance, âge adulte, anciens). Le PANTOUM se compose d’une série de quatrains dont les vers se déplacent et s’entrelacent au fil de deux thèmes en opposition qui se brodent aux points de vers.
Le PANTOUM, de tradition orale, portait la parole collective. C’est Victor Hugo qui l’a introduit en France.
Jean-Pascal nous offre la confrontation écrite avec cette forme - d’une technicité bien spécifique - et machiavélique pour les poètes en herbe que nous sommes.
Au sortir de ce week-end d’écriture, chacun s’accorde à dire la richesse de ces excursions poétiques confirmant la chaleureuse particularité des ateliers - déjà vécue, découverte ou retrouvée à chaque fois avec un grand plaisir. Elle cimente le groupe tout en s’ouvrant spontanément aux regards nouveaux. La présence pédagogique, attentive, professionnelle, indulgente de Jean Pascal, les temps de mise en commun, des repas conviviaux abandonnent dans le collectif les traces d’un partage littéraire exceptionnel."
Fatima Mana
NB. Jean-Pascal Dubost est reparti très satisfait de ce week-end de travail, et de l’évolution du groupe, comme en témoigne un large sourire en gare de Valence-TGV... Quant au groupe, riche de l’expérience partagée, il s’est aussi doté - sinon accaparé - de nouveaux outils. Des remerciements très chaleureux ont été adressés à Jean-Pascal Dubost, dont nous publierons par ailleurs quelques annonces et analyses des plus intéressantes... Et des questions se sont fait jour quant à la date de la prochaine rencontre, aux nouvelles formes, époques et civilisations à aborder...
PS. Et pour Poezibaoser... nous tenons à remercier Florence Trocmé de son annonce sur Poézibao, ![]()
en invitant le lecteur à relire la 1ère série d’entretiens infinis entre Florence Trocmé et Jean-Pascal Dubost, et à lire -si ce n’est fait, la seconde...
Où, après un bel hommage à icelle Florence « Tu fais œuvre encyclopédique du poétique contemporain », les « fonds » et « l’interface » de Florence Trocmé se complexifient encore avec le « survécrire » et le « merz de Schwitters »...
Et où des affirmations de Jean-Pascal Dubost nous parlent particulièrement : « Je crois qu’il n’y a œuvre que volontaire, intentionnelle, et consciente (anthume ou posthume, peut chaut), asçavoir, l’écriture considérée comme œuvre d’art est le fruit d’un travail volontaire, de l’intention de marquer le temps présent dans une perspective future, et de la conscience de la tâche à accomplir. » ![]()
L’œuvre.... « tient de la réflexion, du ruminé, de la projection volontaire (j’y reviens) dans le temps et d’un sentiment flou de perfection qu’on cherche toujours à netteter (impossiblement, bien entendu... l’œuvre ne faisant que rendre encore plus visibles les imperfections de l’homme). » (ce qui rejoint le débat d’il y a quelques années sur les temps de création chez Van Gogh -ce lien entre création et lucidité - et non maladie- sur lequel insistait tant Jouffroy...)
ou encore... ce qui peut répondre à la perplexité exprimée par l’une de nos correspondantes :
« Je défends une idée d’un lyrisme tendu, monstrueux, généreux, tourné vers l’avant et non pas vers nos arrières, et je défends surtout une certaine idée que nous sommes quelques-uns à partager d’une poésie ni lyrique, ni formaliste, ni littéraliste, mais qui, ayant assimilé les différents courants de ces dernières années, regroupe tout cela à la fois, en dépasse les esthétiques figées dans un pré carré. »
Photos Jacqueline Cimaz, Fatima Mana et Magali Ruiz.
Histoire et fiction, fiction et histoire, des archives au roman...
Le plein soleil de cet après-midi de mars n’aura pas dissuadé l’intérêt d’un public averti, venu à la rencontre de Frédéric Mouriès, historien et romancier. C’est à l’occasion de la publication de son livre « Des archives au roman » par l’association Les Rias qu’il présentait son travail. S’appuyant sur des sources privées ou issues des Archives Départementales - dont il précise les ressources et modalités de classement, ses recherches apportent le terreau nécessaire pour impulser l’envie d’écrire. Sa démarche interroge : comment passe-t-on de l’histoire à la fiction, des faits à l’imaginaire, au roman ? Et quelles relations entre les deux ?
D‘une très grande richesse, son exposé offre des pistes pour narrations étayées par les faits. La construction de la fiction... ![]()
« D’un côté la vérité, de l’autre l’imaginaire - la science opposée à l’art » ? ; la thèse de Diderot qui fustigeait le roman historique, a vécu. Deux séries d’avancées des connaissances ont permis son dépassement :
La subjectivité est déjà chez le chercheur et dans tout langage... Une réflexion approfondie en ce qui concerne chez le philosophe Paul Ricoeur, l’articulation récit historique/récit de fiction "Temps et récit", vol 3 Il s’agit de rendre au passé une vraisemblance plutôt qu’une vérité... Le roman historique n’est pas roman sur l’histoire mais roman dans l’histoire... Où la fiction apprend, et où le travail d’écriture permet aussi une plongée à l’intérieur de soi... Où le recours-retour à l’historique permet aussi d’esquiver parfois une exploration intérieure trop dérangeante... La discussion est revenue sur les apports de la conférence de Bernard Stora, de l’an passé, « l’imagination, outil d’investigation historique » au sujet, notamment, de ces avancées dans et par la fiction, validées a posteriori par de nouvelles recherches historiques... Elle a aussi abordé deux affaires vivaces dans la mémoire locale et pour lesquelles les archives ne sont sans doute pas encore ouvertes - le meurtre d’un enfant dans les années 30 qui a inspiré une belle fiction à Fatima Mana, dans laquelle l’épicerie-bar du village occupe une place centrale - « une ressemblance à taire », ou "à terre" ? en cours d’ultime toilettage - et l’affaire Conti...
Le texte de la très riche introduction de Frédéric Mouriès fait l’objet d’un « tiré à part », annexé au livre "Des archives au roman" et téléchargeable ci-contre. ![]()
En seconde partie, Frédéric Mouriès a mis en évidence des pistes possibles de jonction entre l’histoire et le roman, à partir de ces archives...
Un temps qui invite à l’écriture ; et l’équipe de la Bibliothèque -où le livre est déjà disponible en prêt- invite ceux qui le souhaitent à venir écrire le jeudi soir... Une expérience enrichissante - non pour devenir romancier, cela ne s’improvise pas - mais pour mieux appréhender, justement, la complexité de l’écriture, des rapports, à double sens, entre l’histoire et la fiction - et, à coup sûr, développer ses compétences de lecteur...
Jacqueline Cimaz et Fatima Mana
Poème d’un jour...
chaque jour de cette quinzaine des poèmes choisis par la Compagnie Mirlitoons des Vans.
Plusieurs de nos adhérents en écrivent, en lisent aussi, en choisissent et nous les envoient.
Le choix de ce jour "Glu" de Roger Lahu ("It doesn’t stop...", Edition Wigwam).
Lieux-dits avec ses Correspondances -Deleuze/architectures non standard, Cendrars/Chagall, Stael/Char, Morandi/Ghery et le Guggenheim de Bilbao... Lieux-dits avec ses Eclats de Lire, par année, 2008... Pré-occupé poésie 2008... et quantité d’autres rubriques...
A lire...
Florence Trocmé, les entretiens infinis, avec Jean-Pascal Dubost, 1, sur Poezibao... Un évènement signalé par Jean-Gabriel Cosculluela... De quoi nourrir la réflexion sur la lecture et l’écriture...
"quand je lis, je note : recopiage de citations, mais aussi impressions, associations, ce qui monte à fleur de conscience à la lecture, ce que me fait le texte (tiens ça on pourrait en parler, ce que fait un texte), intuitions (peu importe si elles sont justes ou pas), etc. Je me sers de ces bribes ensuite pour écrire mes notes de lecture."
"...je considère écrire de la poésie comme un hommage constant à la langue et aux livres, dont nous venons, en fait, plus qu’un travail de la langue, j’ai plutôt coutume de dire "travail avec la langue". Je me définis comme "(ré)veilleur de la langue".
" La notion de fonds m’éclaire... Car fonds il y a, littéraire, historique, d’histoire de l’art, sociologique, ontologique et métaphysique. Une ouverture sur un arrière-fond, un sous-fond, un sur-fond qui informent et fécondent en permanence ce travail avec la langue, le poète n’étant que l’interface (beau mot trop utilisé dans une acception technologique aujourd’hui) entre ce fond(s) et ses lecteurs mais interface essentielle qui filtre le fonds, choisit ses matériaux, les assemble, les incorpore, les digère, les restitue, à sa façon unique et spécifique."
Des entretiens infinis à lire et suivre, comme les autres rubriques de Poézibao, comme cette page avec des poèmes de Roger Lahu dédiés à Nolwenn et à Jean-Pascal Dubost... et tant d’autres...
_ Fatima Mana et les Rias à RDB
En dépit de la neige et du verglas ce 14 novembre, Nicole Chaudier, Jacqueline Cimaz, Geneviève Greco et Paulette Vignal ont accompagné Fatima Mana, à sa demande expresse, pour cet enregistrement de l’émission "Rencontres d’écriture" du 15 novembre, d’Anne-Marie Duclaux, consacrée à l’Arbre de Combier (Fatima Mana, Ed. Apogée), aux Rias et à leur ateliers d’écriture... Présentation à plusieurs voix de l’association, de la convivialité née du travailler ensemble, des repas partagés, y compris tard dans la nuit avec les poètes et autres intervenants... Présentation de Fatima Mana, de son cheminement, du témoignage, de l’investigation et de l’expression au récit littéraire, du rôle de Jean-Pascal Dubost et de son exigence, initiateur, passeur, catalyseur et découvreur...
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Fatima Mana a donné, par petites touches, de précieuses et pudiques indications sur son écriture, ses incertitudes, ses ratures, son entrée en réécriture, ses relations à ce mot qu’elle cisèle comme un graveur...
Enfin des textes de son choix ont été lus, à plusieurs voix, de Philippe Rahmy (Cheyne Editeur), Danièle Bassez (Cheyne), Jean-Pascal Dubost - trois poèmes de "Vers à vif" - (Obsidiane), Jean-Gabriel Cosculluela (Jacques Brémond et Atelier du Hanneton) et bien sûr de "l’Arbre de Combier" (Apogée) et de "Les larmes de la foi", magnifique tapuscrit en cours de ciselage et polissage...
Un enregistrement conduit de main de maître, avec beacoup de savoir-faire et discrétion, par Anne-Marie Duclaux et qui a ensuite été mis en forme pour diffusion, avec adjonction de musique, par David Leroyer, technicien programmateur... Une émission de deux heures, très écoutée aux Rias...
Un enregistrement devrait être mis à disposition du public à la bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias.
La maison Péatier
Au moment où nous publions dans le domaine "Mairie", le compte-rendu de la première réunion du chantier de construction de trois logements sociaux dans la maison Péatier, nous avons demandé, pour traduire notre émotion, un texte à Fatima Mana qui a bien connu la Maison Péatier si chère à tous nos concitoyens.
Dès la porte ouverte, elle abandonnait là, sur la toile cirée du geste, les légumes encore à déshabiller. Son pas alerte ramassait au passage un sourire puis traversait la salle. Un pétillement prenait toute la place de ses yeux et marchait de plaisir sur la rencontre. Poursuivie d’odeurs, échappées de sa cuisine ; un morceau de son royaume délivrait ses secrets et mûrissait au soleil visité. L’espace partageait son va-et-vient, giclaient alors sur ses murs des paroles autochtones ou d’ailleurs. Pour les uns, les habitudes s’installaient sur les chaises, les autres s’imprégnaient des couleurs locales. Le moment posait sa différence dans un coin du jour et regardait se mêler le monde sans a priori.
L’art du temps disposait sa musique autour des tables puis battait au rythme de sa spécialité. Dans son antre, l’omelette aux morilles prenait d’assaut les pigments noirs de la poêle usée ; s’étalait d’aise frémissante et saisie sous la chaleur du gros fourneau libérant l’exceptionnel des arômes éphémères de sa terre. D’où remonte le très loin, l’endroit exhale les parfums du souvenir mitonnés encore sur la surface du temps.
Le sépia accroche sur sa façade la gentillesse chaude et douce à l’ombre de sa voix. Souvent le visiteur pousse sa curiosité jusque dans la cuisine et tourne les pages de la conversation, ravi. La départementale engonce sa courbe, limite un muret protecteur qui court tout le long du café protégeant ses deux entrées. Une enseigne délie son ocre et cocarde le temps à la nouvelle du passage en coup de vent familier qui se souvient. Désormais l’impossible impensable écrit les silences de l’âge au fronton des adieux. Pourtant l’inéluctable glissait sa résistance séculaire dans les interstices du temps, inscrivant sur ses pierres son histoire. Revoir les racines d’autrefois où se tissait le lien social, secouer ses épaules de rires en se racontant. Aujourd’hui parfois, la couverture du passé soulève l’un de ses morceaux ; alors devant la bâtisse les langues se rappellent et dépoussièrent la nostalgie, la foisonnent de chaudes couleurs. Le café hébergeait aussi la république.
Sa lumière particulière déposait les raies du labeur au côté d’une existence utopique et l’on ramassait tous les soleils de la fraternité. Les actes citoyens changeaient l’air et frottaient leur normalité aux parfums de la rugosité paysanne. Tout ce petit monde palpitait, venait chercher même au bout des jours sans rien dire ses habitudes où brillait l’appartenance. Sous l’impulsion d’une génération fidèle aux traces du temps, un second souffle s’empare de son vécu et dresse la première pierre d’un autre possible.
NB. Photo du mariage d’André Péatier et d’Yvonne Couret : coll. Mme Betton.
Photos récentes et arrangements images : Jacqueline Cimaz.
Fondrie à Saint-Agrève le 23 août
Lecture-spectacle du Livre de Jean-Pascal Dubost(Fondrie, Cheyne Editeur) à 21h, Salle des Arts et des Cultures, dans le cadre des 16 èmes Lectures sous l’Arbre. Un très beau livre et en même temps une très forte réflexion sur ces mots qui se perdent avec l’évolution des pratiques... Quelque chose qui renvoie aussi aux débats sur l’occitan et le "patois"... ![]()
Compte-rendu de ce spectacle et de la participation à d’autres temps des Lectures sous l’Arbre, dans le domaine "Bibliothèque", rubrique "Réseau"....
Naissance d’un écrivain ou un nouvel évènement littéraire aux Barraques, et d’envergure :
La présentation de « L’arbre de Combier » de Fatima Mana par Jean-Pascal Dubost, écrivain, critique et Président de la Maison de la poésie de Nantes, et l’auteure.
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Jacqueline Cimaz ouvre la séance au nom des Rias, évoquant ces ateliers d’écriture qui ont permis la découverte d’un écrivain ignoré et qui s’ignorait...
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C’est une écriture qui porte dans un autre espace, qui dépasse l’histoire de Fatima, « enfant de l’assistance ». Tout le monde peut écrire sur un sujet donné, mais tout écrit ne finit pas œuvre littéraire.
Le très beau texte de "Présentation de Fatima" écrit par Jean-Pascal Dubost.
Par delà un récit singulier, le texte de Fatima dit la souffrance des hommes. Plusieurs guerres traversent l’histoire des personnages de Mathilde, Louise et Djamila. On peut parler de littérature, au sens noble du terme, parce qu’une écriture personnelle nous plonge dans l’histoire des hommes . Jean-Pascal Dubost explique ensuite comment il a vu à l’œuvre le comité de relecture des amis, comment il a vu chacun donner un avis, Fatima écouter, recevoir et prendre, puis choisir et retenir ce qu’elle voulait ou rebondir sur une remarque.
Jean-Pascal Dubost a voulu que ce texte sorte de l’Ardèche et le faire lire à un éditeur de dimension nationale, diffusé en France et à l’étranger. Les Editions Apogée, à Rennes, ont publié plus de 300 titres -de beaux livres, et de la littérature avec la collection « Piquée d’étoiles » que dirige l’écrivain Jacques Josse - textes en prose, journaux littéraires, poésie... Le livre de Fatima est sorti il y a quelques jours, il va arriver en librairie. Il en est un peu fier. Une belle aventure qui se termine, une autre qui commence, la naissance d’un écrivain...
Il insiste également sur les difficultés de l’édition littéraire et plus particulièrement sur celles des « petits » éditeurs (ou éditeurs de création) qui disparaissent ou sont sur le point de disparaître pour différentes raisons liées les unes aux autres (désaffectation du lectorat, monopole des grands groupes, baisse des aides publiques à l’édition...)
D’une certaine manière, c’est la liberté de création « littéraire » qui est menacée.
Des extraits d’un manuscrit achevé et écrit à partir d’un fait divers baraquin - « Une ressemblance à terre »- sont ensuite lus.
L’approche par Fatima Mana d’un autre type de sujet - une énigme, la volonté d’en découdre avec les dialogues, une « écriture qui a encore bougé », notamment dans l’usage de la ponctuation, du point virgule et des virgules (« Julie, l’enfant dans les bras souvent occupée d’inutile à ces moments là ; s’appliquer d’éviter son patron » p 17)...
Quelque chose qui pourrait gêner un professeur de français, mais conduit à une lecture décalée, complexe, qui contribue à la densité et la force du texte - la marque de l’artiste, un de ces indices qui permettent d’identifier une œuvre...
Puis des extraits d’un troisième livre - « Les larmes de la foi », en voie d’achèvement, sont dévoilés par Fatima Mana et Jaqueline Cimaz, des extraits poignants évoquant la mort d’une recluse de la Tour de Constance et d’un pasteur pendu en place publique ; un livre magnifique, tendre, émouvant évoquant la vie des Huguenots au 18 ème siècle, dont Nicole Bertholon disait « il me fait penser à un cantique » et pour lequel Jacqueline Cimaz évoquait une dimension proche de l’épique...
Au cours des dialogues, pressée de questions par Jean-Pascal Dubost, Fatima Mana explique ses habitudes d’écriture, au tout petit matin, avant re-travail sur ordinateur l’après-midi. Elle explique aussi comment fonctionne son « comité de lecture », qu’elle tient à remercier publiquement.
« Il m’est arrivé bien souvent de guetter par dessus mon épaule l’épuisement de ce réseau si proche qui m’accompagne depuis presque deux ans, me stupéfiant de sa patience ; toujours présent dans mes pas. Pour ne citer que quelques uns de ses fils je pense à Paulette Vignal, Geneviève Greco, Jean-Pascal Dubost, Sylvette Béraud-Williams, Anne-Marie Bédoucha, Nicole Chaudier, Nicole Bertholon, le docteur Delarbre... Jacqueline et Michel Cimaz et leur philosophie de croire en l’autre avec une imperturbable humanité. Tissant un maillage d’amitié qui jamais ne s’est départi, mis à contribution sans scrupule de ma part, il ourle en points appliqués d’attentivité la lecture de mes écrits traquant la faute ou ma tendance sans a priori de tordre et manipuler avec enchantement le sens du mot. Comme le plus chaleureux, exigeant et attentif des éditeurs... De leur générosité, au quotidien, ils me donnent des leçons de vie et l’envie à l’abri de leur intelligence de continuer à écrire des histoires dont je ne sais encore rien aujourd’hui, écrit-elle dans ses remerciements... »
précise aussi ses lectures d’adolescence- Balzac, Flaubert et cette profonde intimité depuis des décennies avec l’oeuvre de Duras... Comment si l’irrépressible envie d’écrire et le travail acharné d’écriture sont récents, ils s’enracinent néanmoins dans un intérêt pour les mots venu de très loin... De l’avis de la cinquantaine de participants, une manifestation de très haut niveau, et une meilleure appréhension de la dimension de l’oeuvre de Fatima Mana...
Et on pourrait à ce propos citer le bel article de Christian Prost dans le Dauphiné du 21 mai : "Dans le temple des "Baraques", l’assistance est à l’écoute de témoignages livrés avec gravité, sur un passé marquant..." (cf revue de presse ci-dessous)
NB. Pour répondre aux questions posées, "L’arbre de Combier" de Fatima Mana, Edition Apogée, 15€, est en vente dans toutes librairies. On peut également s’adresser directement à l’Editeur, à Rennes. L’association a aussi des livres en dépôt et ils peuvent être dédicacés. Par ailleurs, Fatima Mana est à la disposition des libraires ou bibliothèques pour des séances de dialogue autour de la dédicace.
La revue de presse
Du coq à l’âne au sonnet et à la glose
En poésie, c’est Clément Marot qui a introduit « le coq à l’âne » au XVIème siècle en France, pour lequel on notera « une variété inconstante de propos non cohérents ». Il est composé généralement en rimes plates (AA, BB, CC...) qui se suivent, et en 8 syllabes. Il connaît alors un grand succès, puis tombe en désuétude, même si on le rencontre à nouveau dans le théâtre de Ionesco. On le retrouve aussi chez des poètes belges comme Norge (en 1898) , Jacques Isoard, Christian Bachelin. Souvent aussi il prend l’aspect de proverbes. A partir de quelques exemples distribués, le groupe est invité à s’exercer à cette forme de poésie. Chacun écrit un ou deux textes, rature plus ou moins, recopie... En fin de matinée chacun lit ses productions avant de partager un repas convivial dans la cour de la bibliothèque sous un aimable soleil - un de ces fréquents repas inoubliés avec participants et non-participants aux ateliers d’écriture ou autres rencontres, où l’on échange, discute, élargit, s’enrichit mutuellement...
Baudelaire présente même dans "les Fleurs du Mal", 34 façons différentes de faire un sonnet, dont la forme « layée » (une alternance de vers longs et de vers courts). Il n’y a pas de sujet, de thème obligatoire. Georges Forest (1867/1945) va jusqu’à « l’Absurde » avec les X, Roubaud invente le sonnet en prose et Queneau s’essaye avec 13 vers enchaînés et un quatorzième détaché ! Après cette présentation, les participants se mettent à l’écriture .... Le dimanche matin, débute par une lecture des sonnets écrits la veille. Avec la distribution du Sonnet « sur Job » Jean Pascal Dubost présente la « glose » portant sur ce sonnet, une forme introduite au XVIIème siècle par Anne d’Autriche, en provenance d’Italie : il s’agit d’une paraphrase d’un poème qui prend sa forme ; chaque vers du poème d’origine est repris à la fin de chaque strophe (ce qui conduit à construire un poème de 14 strophes si la « glose est écrite à partir d’un sonnet) ! Ce vers d’origine, repris dans la strophe ne l’est plus forcément à la même place. Cette forme de poésie n’a cependant pas connu un grand succès. Après échange des sonnets de la veille, chacun est invité à écrire une glose à partir du sonnet choisi.
La matinée s’achève par une mise en commun, suivie d’une discussion sur le projet de publication et édition de "Mémoire d’Ateliers", livre collectif dans lequel il est décidé d’intégrer les textes des deux week-ends 2007, particulièrement riches... Nicole Chaudier se charge de les réunir et de taper ceux qui sont manuscrits...
Le constat est aussi fait que les formes contraignantes au lieu de gêner l’écriture, la libèrent et l’enrichissent...
Enfin le rôle de la pérennité du groupe, du moins d’un noyau dense de ce groupe, et celui des repas conviviaux, temps de partage avec le poète et ce groupe qui mûrit et gagne en cohésion, sont retenus comme facteurs explicatifs importants de la spectaculaire progression en qualité de tous les textes...
Le savoir, la culture et l’expérience de l’écrivain-intervenant, la générosité dans le partage de références soigneusement choisies, sont soulignées par tous ainsi que ses compétences pédagogiques. De très chaleureux remerciements sont ainsi adressés à Jean-Pascal Dubost qui, bien au-delà d’interventions ponctuelles, courriels et courriers aidant, et bibliographies et mises en relation... et repas... a contribué au développement d’une vie littéraire sur et autour de la Bibliothèque, de l’Association et de ce plateau...
Et la perspective d’incursions dans des formes de poésie étrangère met déjà l’eau à la bouche... A voir après "Lire en fête" ?
D’après le très riche compte-rendu de Nicole Bertholon
_ Rencontre avec François Boddaert François Boddaert, écrivain et éditeur, entrepreneur en poésie, Directeur d’Obsidiane, aux Rias le 14 avril ... Après-midi en deux parties : un riche débat sur le métier d’éditeur puis des lectures de poèmes par François Boddaert. Trois raisons à cette invitation :
Si « L’époque gicle aux jointures », « Comment tenter le poème ? », « Quoi fonder sur les traces de l’abîme ? »![]() A la veille des 30 ans d’Obsidiane, qu’est-ce qu’éditer aujourd’hui ?François Boddaert balaie rapidement une histoire de plus de trente ans, le choix de la diversité, la vie et les difficultés de la « petite » édition, les changements des modes de vie et leurs incidences sur la lecture, le manque de clés du public pour aborder la poésie... L’édition de poésie, résistance... "Il souligne que ce métier de l’édition est une nécessité aujourd’hui autant que par le passé... Obsidiane est née, au sein d’un groupe d’amis soucieux de publier sous la forme d’une revue pas trop chère, « des textes de qualité » : les cahiers d’Obsidiane. C’était un objectif un peu naïf, pourtant certains ont apporté des inédits d’écrivains prestigieux qui ont charpenté cette publication. D’ailleurs la plupart des grandes maisons d’édition sont nées d’une revue... Les librairies jouaient pleinement leur rôle. Actuellement elles ne peuvent plus guère survivre que grâce à leurs activités annexes (salons)." Le débat sur l’édition a été un vrai débat avec des interrogations sur l’éducation, les programmes scolaires, la lecture publique, la place de la culture dans la société et celle de la poésie. Une belle comparaison aussi entre la gestation du pain et celle du poème... "Parfois c’est dans la chanson que la poésie pointe son nez, et elle redevient une expression populaire..." La poésie a besoin des mythes... La question de la poésie contemporaine et de son approche, celle de la traduction ont aussi été abordées, ainsi que celle de la valorisation du français, de la francophonie... "François Boddaert présente la poésie comme « le laboratoire avancé de la langue ». Plus peut-être que d’autres formes d’expression écrite, elle exige un effort et pour aborder la poésie moderne le public doit en posséder des clefs qu’il n’est pas aisé de s’approprier. La poésie concerne-t-elle toute la population ou seulement une « élite » ? Et pourquoi ces élites ne se battent-elles pas pour faire plus de place à la poésie ?" Si l’offre de poésie est adaptée aux statistiques d’emprunt ou de vente, il ne peut y avoir progression. Quelle volonté politique pour le développement de la lecture de la poésie ? "Est évoqué aussi le rôle des ateliers d’écriture dont François Boddaert privilégie plutôt l’impact sur la lecture. (cf le très bel interview de Geneviève Gréco à ce sujet : "On ne lit plus pareil après avoir participé aux ateliers d’écriture..."). Il remarque aussi que si écrire peut devenir une fonction essentielle, se faire éditer n’est pas un corollaire obligatoire. Les écrits produits ont une valeur propre qui n’est pas forcément celle de l’édition." ![]() Lecture des quelques textes récemment publiés les éditions Obsidiane et Lecture personnelle de quelques poèmes.La lecture de textes de poètes publiés par Obsidiane a été dense et appréciée par un public très attentif, ainsi que celle des deux très beaux poèmes de François Boddaert qui clôturaient les lectures. Découverte libre de l’exposition de livres d’Obsidiane.Dans un troisième temps, les discussions se sont poursuivies autour ou à propos des livres, très longuement feuilletés, parcourus, emportés ou commandés. De nombreuses dédicaces ont été faites. "Les questions, les échanges ont été nombreux et passionnés... La poésie a eu le dernier mot !" Un certain nombre de livres ont été offerts à la Bibliothèque Municipale et dédicacés par François Boddaert : liste en rubrique "prêt et consultation" de la bibliothèqueNB. Ce débat est particulièrement en phase avec la démarche et les projets de l’association, à deux mois notamment de la visite à l’exposition Kiefer. (cf document téléchargeable ci-dessous, fichier "une rencontre en phase..." - le fichier "satires cyclothymiques 1 et 2" regroupant quelques extraits de deux livres de Boddaert - pour donner envie de lire ces livres qu’on peut recevoir en 24h en les commandant sur le site de la Dragonne)
Les passages en italique et entre guillemets sont extraits du compte-rendu de Nicole Bertholon téléchargeable ci-dessous dans son intégralité.
Traversée des formes poétiques, atelier d’écriture avec J-P.Dubost... Un atelier d’écriture d’une très grande richesse vient d’avoir lieu avec Jean-Pascal Dubost, poète, écrivain, critique, vice-président de la Maison de la poésie de Nantes.
J-P.Dubost avait proposé une traversée des formes poétiques dans l’histoire de la poésie française.
Une façon de faire faire des découvertes et de faire acquérir des outils que chacun peut ensuite utiliser à sa guise.
Le groupe a ainsi travaillé sur
Des productions très riches et une satisfaction générale tant des participants -même nouveaux- que du poète... De nouvelles formes seront découvertes lors des prochains ateliers les 19 et 20 mai.
NB. Ci-dessous, deux comptes-rendus complémentaires...
Journées très intéressantes et enrichissantes, comme d’habitude. Après les informations et directives de Jean-Pascal sur le thème du jour (l’évolution de la poésie à travers les siècles, l’Ode chantée chez les Grecs, 1488 en France, la Ballade du Moyen-Age, 1260, le Rondeau, chant et danse, 1400... il sera pratiqué au 19ème siècle par Alfred de Musset...), chacun s’est penché sur sa page blanche dans le silence de la réflexion. Après 1h30 d’hésitations, de ratures, de réécritures, nous sommes passés à la lecture, de styles différents ; les mots surprennent, étonnent, font sourire. La lecture est toujours un moment d’appréhension surtout pour les nouveaux venus, surpris de leurs capacités. Mais tout se passe dans la bonne humeur. On trouvera ensuite le réconfort dans la convivialité d’un repas improvisé par chacun. Nous attendons avec impatience le 19 mai : Jean-Pascal a fait promesse de nous faire découvrir DVD et poèmes assez surprenants... _
Atelier d’écriture du dimanche matin : technique, densité, beaucoup d’écritures et réécritures personnelles... par Nicole Bertholon, secrétaire adjointe
Après un rappel des travaux de la veille J-P. Dubost propose un travail sur le rondeau, forme poétique qui doit son nom au chant et à la danse, en situant ses formes et ses évolutions entre son apparition au Moyen Age, sa période d’apogée à la Renaissance (mise en forme du « rondeau simple » par Guillaume de Machaut, 1300/1377) Ce rondeau a une structure de 8 vers sur 2 rimes, sa particularité consiste dans la répétition du 1er vers au 4ème et au 7ème, le 8ème vers étant la répétition du 2ème. Lecture d’exemples sur la structure des rimes A,B,A,A,A,B,A,B, puis lecture de rondeaux « irréguliers » comportant 2 vers supplémentaires identiques placés après la 2ème et la 3ème strophe, selon la structure A,B,A,A,A,B,B,A,A,B Vient ensuite le « rondeau double » mis en place par les grands rhétoriqueurs (1470à 1520) et utilisé par Clément Marot : trois strophes de 8 ou 10 syllabes disposées en 5/3/5 (vers) sur 2 rimes A,B sans ordre obligatoire. En plus il comporte un refrain (rentrement ou closure) tiré du 1er hémistiche du premier vers, qu’on ajoute à la fin des deux dernières strophes isolées -exemple de Antoine Héroët : « Coeur prisonnier » Les formes du rondeau vont évoluer aux 16ème et 17ème siècles (lecture de rondeaux de Vincent Voiture, poète de salon, et de Mme Deshoulières) leur particularité est de ne pas avoir de thème spécifique. Au 19ème siècle, cette forme fut peu pratiquée, sauf par A. de Musset mais le genre se renouvelle peu... Après ces définitions et ces exemples les participants sont invités à s’essayer à cette écriture, et la matinée se terminera par la lecture des productions avant d’aller partager un pique nique rapide mais convivial comme à l’accoutumée.
Après-midi dense et studieux avec Frédéric Mouriès Ce 24 février, Frédéric Mouriès est intervenu pour la troisième fois dans notre commune. Il venait présenter l’avant-projet de son livre « Des archives au roman » écrit à partir des archives et documents de Saint-Apollinaire.
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12 chapitres construits sur le même modèle font d’abord une synthèse des documents recueillis (dont le recensement du bétail, des infirmes ou mendiants, le long et tenace cheminement pour l’obtention de la laïcité...) puis résument ce qui en fait l’intérêt historique et enfin proposent un éventail de pistes possibles pour une exploitation artistique, notamment littéraire - romanesque, mais aussi poétique ou théâtrale...
C’est surtout à partir de ces pistes que le groupe - très impliqué- est intervenu pour proposer des compléments d’information (l’assiette du pauvre, l’aveugle de Rossignol, l’ancienne mairie...). Michel Cimaz est allé chercher de nouveaux livres et documents en mairie, dont une lettre à un ancien maire confirmant et précisant les propos de Frédéric Mouriès. Il est ensuite retourné en mairie avec Nicole Chazel pour chercher sur le cadastre de l’époque l’emplacement de l’ancien cimetière protestant vendu à Zéphirin Jurus, parcelle A327, juste au-dessus de chez Nicole Chaudier...
Les interventions des participants non Baraquins ont permis de mieux cerner ce qui pouvait être spécifique à la commune, à l’Ardèche ou plus général en milieu urbain ou rural. Bref de nouvelles recherches ou entretiens sont envisagés pour préciser certains points, car beaucoup de questions imprévues ont surgi, de nouvelles pistes d’écriture ou d’investigations par l’image sont apparues...Et même quelques nouveaux projets d’écriture individuelles et de nouveaux futurs auteurs... Un après-midi d’une extraordinaire richesse avec une implication de tout le groupe dans la conception du projet et un beau succès pour Frédéric Mouriès qui par l’intérêt de son travail a su susciter une telle densité du travail de mémoire et d’interprétation.
NB. Bientôt le compte-rendu détaillé d’Anne-Marie Maria qui pourrait aussi évoluer pour intégrer les communications des nouvelles recherches des participants...
Commissions écriture et publications
Un groupe de travail,
conduit par Nicole Chaudier,
et retenus pour la publication
« Mémoire d’ateliers ». Ces textes ont été relus et
classés à l’intérieur des chapitres, _ du moins pour les cinq premiers.
Ce travail se poursuivra dans les jours qui viennent...
Un journal qui circule...
Fatima Mana dont le cinquième roman, en cours d’écriture, campe ses personnages dans le cadre de cette époque, a rencontré Yvette Esclaine en août, pour mieux appréhender le vécu de ces jeunes résistants.
Une rencontre riche et émouvante, à laquelle participait la soeur d’Yvette Esclaine, âgée de 14 ans à l’époque...
NB. A noter les photos d’Yvette Esclaine et de ses classes, dans l’ensemble de photos anciennes exposées par le Dr Alain Delarbre à l’école maternelle publique de Vernoux l’été dernier.
Premier atelier 2006, avec Jean-Pascal Dubost
Ecriture C’est une activité importante et fédératrice pour l’association, qui a pris différentes formes, avec des intervenants multiples et divers. On peut distinguer :
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Bref un réseau vivant, chaleureux et exigeant et une très saine émulation. |
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