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"Le texte de Maxime"

Maxime, 14 ans...

Un texte qui s’arrête ou s’interrompt sur un mystère non résolu. A chaque lecteur d’écrire sa fin et de nous l’envoyer pour publication !

J’étais dans le train, j’arriverais à Paris dans quelques minutes. Je n’y croyais toujours qu’à moitié. Moi, un étudiant, travailler au Louvre ? Le train entra en gare, je pris ma valise et mon sac à dos et descendis sur le quai. J’avais posté ma candidature en février, et me voilà : une semaine de stage dans le plus célèbre musée de France. Il faisait encore jour, le soleil de mai commençait à se coucher. Je sortis de la gare et descendis prendre le métro. J’étudiais l’histoire à Lyon depuis maintenant deux ans, j’avais vingt ans.
Je montai dans le métro. Plus que quelques minutes, mon corps tout entier frémissait d’excitation. Oui, moi, Anthony Duparc, j’allais travailler au Louvre comme gardien de nuit pendant une semaine entière. Le métro arriva, je descendis sur le quai et montai les escaliers. J’étais en face du musée ; je traversai la rue, marchai au travers du parc et entrai dans le Louvre. Je me dirigeai ensuite vers la réceptionniste, je m’annonçai, puis elle passa un coup de téléphone et me fit patienter. Deux minutes plus tard, un vieux monsieur s’approcha de moi et me dit d’un ton bourru : « Anthony Duparc ? »

-  Oui, lui répondis-je.

-  Bon, il se fait tard mon garçon, la réceptionniste va bientôt partir et on ne sera plus que tous les deux. Allez, viens, me dit-il en commençant à marcher droit dans le hall.
Il marchait droit et rapidement, si bien que j’avais du mal à le suivre.

-  Je m’appelle Grégoire, mais tu peux m’appeler Greg. Voilà, tu dormiras ici, me dit-il en me montrant une porte.

Après avoir rangé mes affaires, Greg et moi avions commencé à faire un tour du musée quand soudain toutes les lumières s’éteignirent.

-  Ah ! Là on est tout seuls ! s’exclama Greg.
On avait marché un bon bout de chemin, en tenant chacun une lampe de poche que Greg avait sortie d’une de ses poches, quand il s’arrêta net à un croisement.

-  Voilà, c’est ici qu’on se sépare, toi à droite et moi à gauche. Les deux chemins se rejoignent à la fin. Alors, à plus ! m’annonça-t-il d’un ton joyeux.

-  Euh, d’accord, lui dis-je.
Mais Greg s’éloignait déjà. Avec un peu d’appréhension, je commençai à marcher le long d’un couloir. Je marchais depuis bientôt une heure. Il était 1 heure du matin, et la nuit était tombée depuis bien longtemps quand soudain, alors que je me baladais paisiblement, j’entendis un léger bruit métallique, comme deux épées qui s’entrechoqueraient. Je m’arrêtai brusquement : le bruit venait d’une porte sur ma gauche, un panneau indiquait « personnel seulement ». J’hésitai puis demandai avec une légère peur : « Greg, c’est toi ? » Aucune réponse, j’allais reprendre ma route mais un hennissement de cheval retentit ; le bruit était étouffé mais bien sonore. Je commençai à être effrayé, mais je pris mon courage à deux mains et ouvris la porte.
C’était une remise. Des balais et des seaux étaient posés un peu partout dans l’entrée, des pinceaux et des pots de peinture reposaient sur les étagères. Au centre de la pièce était posé contre le mur un grand tableau recouvert d’un tissu noir. Au moment où j’étais rentré, des cris retentirent plus loin dans le couloir. J’étais horrifié mais courais même aussi vite que je pouvais vers la source des cris tout en ayant pris un balai avec moi. J’arrivai devant une porte grande ouverte. Greg était attaché sur une chaise au centre de la pièce, une expression apeurée sur le visage. Je courus vers lui, juste au moment où il cria « Attention, un voleur derrière la porte ! » D’instinct je parai le coup de matraque avec mon balai ; puis l’homme courut à toute vitesse dans le couloir. L’homme se dirigea de là où je venais. « Allez, poursuis-le ! » me lança Greg qui tremblait encore de peur. Je courus dans le couloir.
L’homme avait une bonne dizaine de mètres d’avance sur moi, mais je courais plus vite. D’un coup, l’homme tourna. Il venait d’entrer dans la remise que j’avais quittée il y a quelques instants puis il ferma la porte derrière lui. J’avais peur, je ne voulais pas rentrer dans cette pièce car l’homme m’y attendait, mais aussi car je n’avais toujours pas trouvé l’origine de ces bruits. Mais soudainement l’homme cria, un cri court et fort, accompagné d’un bruit sourd comme s’il avait été frappé par un bâton. J’entrai et eus une vision d’horreur. L’homme était tombé, tête contre le sol, une grande flaque d’un liquide rouge autour de lui. J’avais d’abord pensé à du sang, mais en m’approchant je compris que la couleur était trop claire pour du sang : c’était de la peinture. « Mais oui ! pensai-je, un pot de peinture lui est tombé sur la tête ! » Mais l’homme était allongé devant le tableau. A sa position, on devinait qu’il lui tournait le dos ; mais surtout l’étagère la plus proche était à cinq mètres de distance et il n’y avait aucun pot de peinture sur le sol. Le tissu noir du tableau était tombé sur le sol. Le tableau représentait une bataille médiévale : à droite du tableau deux hommes s’affrontaient en duel à l’épée, et à gauche un homme chargeait à dos de cheval.
Les cris de Greg me rappelèrent à la réalité. Je pris le bandit, toujours inconscient, et, sorti de la pièce, juste avant de fermer la porte, je jetai un dernier regard au tableau : un homme en son centre levait au ciel une matraque semblable à celle du voleur ; le bout était couvert de peinture rouge clair.
Après avoir libéré Greg et appelé la police, je parlai à Greg de la remise, mais il me répondit qu’il ne l’avait jamais vue. Ce n’est que quand la police arriva que je m’aperçus que l’homme n’avait plus sa matraque. Il disait qu’il avait été assommé par derrière et qu’il n’avait rien vu ; puis il fut embarqué par la police.
Six nuits plus tard, je rentrai chez moi sans avoir retrouvé la remise, sans avoir retrouvé le tableau.











< Suite et fin de ....................... >

















« Le chat et le rouge-gorge illuminent le sapin »

« Le chat et le rouge-gorge illuminent le sapin »

Fête d’hiver 2016-2017

Un texte inducteur un tantinet philosophique - adressé par Nicole Bertholon. Et pourquoi pas une publication collective ? Envoyez-nous vos textes et vos images !

« Le chat et le rouge-gorge illuminent le sapin » Naguère, à moins que ce ne soit jadis, dans les écoles maternelles, lorsqu’arrivait la saison de Noël, les enfants attendaient avec impatience l’heure de la projection du film hebdomadaire. Ne vous méprenez pas, ce n’était pas un dessin animé, un film « parlant » et musical, mais un petit film fixe, une suite de vignettes en noir et blanc ou en couleur, ressemblant aux anciennes pellicules des appareils photos argentiques, enroulées sur elles-mêmes et rangées précieusement dans de petits cylindres en métal. Il y en avait pour toutes les occasions, pour toutes les fêtes dont on ne se demandait pas, en ce temps là si elles étaient laïques, religieuses ou païennes. Parmi elles, j’ai quelques souvenirs, un peu flous cependant, de contes de Noël qui mettaient en joie mes élèves. Parmi les grands succès, l’un avait pour héros un sapin, un chat et un rouge gorge. Je vais essayer de vous le raconter, mais si vous le connaissez et constatez que je m’écarte du récit, ne m’en veuillez pas, je l’ai reconstitué...à ma manière. Il était une fois, dans une pépinière de sapins de Noël qui tapissent les pentes des monts du Morvan, un petit sapin qui regardait avec envie ses congénères se dresser fièrement vers le ciel, disposant leurs branches en couronnes touffues afin de se faire bien voir pour accéder à la célébrité : passer Noël dans une maison remplie des rires et des cris d’admiration des enfants l’ayant enrubanné de cheveux d’anges scintillants, de boules multicolores, de friandises odorantes, de vraies bougies calées dans des pinces à l’extrémité des branches ou de guirlandes électriques multicolores qui clignotaient comme un cœur qui bat. Dès que l’automne arrivait, le petit sapin était en émoi. Il était le plus près de la maison et, en tête de rangée il essuyait les coups de vent venus de tous côtés et s’arc-boutait pour leur résister, moyennant quoi il restait chétif et un peu tordu. C’était son désespoir car il comprenait bien que dans cet état, il ne risquait guère d’être choisi. Pourtant, il se sentait utile, protecteur, car il faut bien que quelqu’un ouvre la marche (façon de parler) ! Et puis, c’était sur ses rameaux les plus fins, presque à la cime de sa couronne chétive que le rouge-gorge venait guetter les miettes de pain que la nappe, secouée après chaque repas, laissait s’éparpiller, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre selon les caprices du vent, parfois un peu trop près de la maison sur le seuil de laquelle un gros matou faisait semblant de dormir. Ah ! Ce matou ! Au plus chaud de l’été il délaissait le seuil brûlant et venait se réfugier sous les basses branches du petit sapin pour trouver un peu de fraîcheur. Finalement, lui seul de toute la rangée sagement alignée, avait deux amis, inconciliables hélas, soupirait-il ! Quand le chat arrivait, le rouge-gorge s’envolait... pas moyen de lier conversation ! La neige avait fait une brève apparition, donnant le signal de la sélection des privilégiés qui iraient passer Noël en famille. Les rangs s’éclaircissaient et bientôt, plus de doute : il resterait là, sombre et triste, ne pouvant compter que sur la neige pour le vêtir d’un habit de fête d’or ou d’argent scintillant sous les rayons du soleil ou de la lune. En cette veille de Noël la bise se mit à souffler des écharpes de brume qui s’accrochèrent à ses branches et il entendit des petits craquements comme ceux d’un gâteau sec qui se brise, des petits pas légers faisant à peine crisser la neige, le temps d’apercevoir et d’entendre la fée de la forêt qui murmurait : « Trêve de Noël, paix et joie pour tous ! » Elle disparut lorsque la porte de la maison s’ouvrit brusquement et que le matou sortit, miaulant doucement, les yeux pleins de lumière, et qu’il sauta prestement sur une basse branche. Des maisons du village arrivaient, à pas prudents, quelques chats de ses connaissances, aux yeux immenses brillant dans la nuit tombante. Au même moment, une nuée de rouges-gorges, si ombrageux d’habitude avec leurs congénères, s’annonça dans un bruissement d’ailes, bombant le torse, arborant leur plastron rutilant sur la neige bleutée. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, chats et rouges-gorges s’étaient installés dans les branches du petit sapin, lui offrant éclats de lumière et boules rouges bien plus beaux que tout ce dont il avait osé rêver. Comme chacun sait, la nuit de Noël, les animaux et les plantes parlent tous la même langue, celle de la fée de la forêt, et le petit sapin, comblé, s’abandonna à sa joie de passer Noël entouré de ses amis qui lui offraient la réalisation de son rêve fou ! Nicole Bertholon Noël 2016

Paulette Vignal

"La porte de sa maison, si souvent ouverte, est fermée. Où est Paulette ? On voudrait la croire au jardin, vérifiant si légumes et fleurs luttent amicalement pour son plus grand plaisir et celui des amis de passage. Mais non. C’est juste en dessous, du cimetière familial, qu’elle surveillera la succession des saisons et des événements sur ce territoire aimé.

Pour moi qui viens d’un peu plus loin, Paulette incarne les valeurs essentielles. Chez elle, j’ai trouvé les qualités des gens vrais, qui, au fil d’une vie quotidienne de contacts multiples dans son métier d’accueil et d’écoute, pas toujours facile, s’est forgé une personnalité. Elle était déjà à la retraite, ou presque, lorsque je l’ai connue grâce à l’association Les Rias.

Assidue aux ateliers d’écriture ainsi qu’à toutes les manifestations culturelles organisées ici, j’ai pu, au fil du temps, apprécier son bon sens, son discernement, son audace pour s’engager dans des projets innovants, sa connaissance des événements du passé et son investissement pour maintenir leur mémoire, sa hardiesse et son style pour exprimer ce qui lui tenait à cœur, quelles que soient les circonstances, mais sans jamais perdre mesure et sang-froid.

Et puis, tout simplement, elle me disait de m’arrêter en repartant, et c’était pour me donner quelques légumes, tout frais ramassés dans son jardin. Ces derniers mois, je ne l’ai plus guère vue qu’aux Conseils d’Administration en fin d’après midi. Quand je ne repartais pas trop tôt le matin, je m’arrêtais, le temps d’un bonjour pour prendre de ses nouvelles.

Paulette fait partie des gens qui ne meurent pas, car notre mémoire garde leur souvenir vivace et l’on ne meurt vraiment que lorsque plus personne ne se souvient de nous. Alors je sais que Paulette restera longtemps vivante même si, à chaque passage, la porte fermée de sa maison sera cause d’un pincement au cœur."

Nicole Bertholon
le 24 Aout 2015, anniversaire de la Saint Barthélémy



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"Sous le châtaignier, les marches usées à la coulée du temps


vous conduisent au jardin des Merveilles, affleurées par rides de l’eau aux reflets en reflux de mémoires effleurées.

Le plus récent, annoncé par Paulette, ne laisse-t-il voir le rassemblement de conscrits en partance pour la grande guerre ? Comme si une guerre pouvait être grande !
Fleur au fusil exorcisant la peur ou refus d’icelle ?
A tant de choses à dire là-dessus Paulette ! En ce pays où la guerre de 14 exténuant et vidant les campagnes ouvrait les vannes de l’arrivée providentielle de ces milliers d’"enfants de l’assistance", rarement accueillis à la mesure de la vie et des services rendus...

Paulette, ayant perdu enfant son père et sa soeur, devant donc travailler à la ferme avec sa mère, a dû renoncer au désir de devenir institutrice.

Il fallait faire ce travail puis, au lieu d’études à l’Ecole Normale, se louer - faire des ménages- pour pouvoir survivre.

En chaque lieu elle a appris tout ce qu’elle pouvait trouver à apprendre - à lire, copier - quand c’était possible... Une activité qu’elle a privilégiée jusqu’à ses derniers jours - de la copie de poèmes trouvés à la mise en circulation de photos pour obtenir de nouveaux renseignements, comme avec cette photo ancienne de joueurs de boules aux Baraques transmise pour demande d’identification des joueurs lors de ce concours de pétanque des Rias du 15 aôut, il y a moins d’une semaine.

Paulette patrimonialisait, créait, participait à la création de Biens Communs - culturels et sociaux - et demandait avec une rigueur exigeante les renseignements nécessaires.

D’indéniables qualités de pédagogue... Ce goût pour les mots, pour la langue d’ici, cet occitan du plateau. Une participation jusqu’au bout au groupe "patois". Et cette indignation partagée à l’égard du "sabot" punissant ceux qui parlaient leur langue maternelle en l’école de la République.
Comme si ce n’était dans sa langue maternelle qu’on apprenait à penser... Comme si "la punition" devait sanctionner l’enfant/élève et non l’erreur du système éducatif et de la société... Quand on pense aujourd’hui aux enfants de migrants, aux enfants Roms... A cette petite sénégalaise qui arrivée en France il y a quelques décennies, ne parlait pas à l’école. Pourquoi ? Suite à l’entretien individuel où elle a pu dire son incompréhension de la variation des rythmes diurnes et nocturnes et obtenir l’explication géographique, elle s’est intégrée à la classe et a su tirer un profit maximum de l’école...

Paulette a souffert du traitement subi par maints jeunes de l’assistance, qu’avec André Péatier et Jean Vala, son frère, elle aidait de son mieux. Enfants qui, avec tous, toute la population d’ici, ont bénéficié des apports culturels, éducatifs et sociaux, du remarquable et très particulier "Comité des Fêtes" des Baraques en seconde moitié du 20ème siècle.

Des comportements pédagogiques et citoyens, comme pour ce taxi, pensé, préparé et obtenu par Paulette pour aller chaque quinzaine au marché. Des comportements avant-gardistes aussi vis-à-vis des réseaux - téléphonique, électrique ... avant l’eau et le Net...
Et puis l’apport oral, parlé ou chanté ("L’Ardetcho" !) et écrit - ces notes de lecture, ces récits documentaires et/ou fictionnels...
Et cette passion pour Victor Hugo, et, plus particulièrement, pour "Les Misérables"...
Ce beau printemps des poètes il y a quelques années où sur fond d’apports de poètes - dont Victor Hugo - s’est aussi abordée la poésie moderne et contemporaine... Lectures partagées, temps de partage émouvant...
Sur le Victor Hugo des "Misérables", où les plus pauvres sont les plus généreux.
Des textes choisis et relevés par Paulette et que tous travaillaient en cascades de dictions.

Une autre publication prévue - posthume, certes - des publications qui n’ont pas fini de vivre... Et qui vont émailler les mois de semestres à venir...

Et ce jardin de la fidélité au "Résister" en margelle, fidélité de Paulette à des valeurs enracinées dans les luttes populaires et séculaires de ce plateau pour la liberté de conscience...

Quand la douleur de la perte, du vide laissé, sera moins forte, se réunir pour revoir ce film sur les "Résistances" où, au pied des orgues de bambou elle incarnait, avec Alfred Juston, la génération des grands-parents."

Jacqueline Cimaz



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Et déjà un texte de Fatima Mana, écrit il y a quelques années mais envoyé ce jour :


"Un lieu incontournable

Elle vit comme elle pense dans sa maison au bord du monde
Plaisir en avant et porte ouverte sur le présent
Va au devant des gens dans la quiétude de l’instant
Et la perspective du bon moment qui l’attend
A peine rentré, demande si l’on veut se désaltérer
Laisse tomber le dedans de ses mains occupées

Puis marche à petits pas sur les allées de l’amitié.

Si l’on dispose d’un peu de temps elle va chercher son enfance
Alors il n’y a plus qu’à l’écouter
Des mots rapiécés à son patois retrouvent sans difficultés les odeurs d’autrefois
Elle les porte sur son dos comme une seconde peau.
Ses yeux malicieux distillent des vécus... Déjà si loin !
Certains attendent au bord du four comme du bon pain.
De ses souvenirs, il y a ceux qui la couvrent de chaleur avec des mitaines
Tricotées aux aiguilles de l’amour maternel.

Le bistrot communal, tout un village- tapisserie d’Epinal
Entrechoquait ses verres encore l’année dernière
Avec sa verve, les canons se foutaient du quand dira t’on
Mais ils posaient la tape amicale de l’appartenance sur l’épaule
Elle a fait ce qui était à faire de l’aube à la nuit noire
Tous les jours sans exception à la sueur de son front.

Vite la voilà repartie sur le fil de sa mémoire.
Au rayon des récitations, l’une d’elle attend sa voix
Elle la délaye d’un soupçon de regret...
En ce temps là, on ne perdait pas son temps à rêver
Mais il y avait des rires pendus aux visages des filles."




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A partir de ces textes, plus de trois heures de travail pour concevoir, avec Jean-Marie Mengin, suivant une procédure de structuration et synthèse, le texte faisant émerger l’essentiel. Phrases découpées, ordonnées, déplacées, réordonnées - épinglées puis collées, avant re-passage au traitement de textes.

Elaguer, il le fallait, mais en étant toujours plus fidèle à Paulette, en dégageant et construisant l’essentiel - la "substantifique moëlle", ce qui était d’autant plus difficile, que celle-ci était ancrée dans tant d’heures d’activités partagées et d’échanges...

La manière de faire patrimoine de Madame Vignal, en faisant parler ces marches creusées par les pas de générations, qui, au pied d’un châtaigner conçu comme arbre à palabres, étaient pour elle papier vierge où elle voyait - et vous inciter à voir -tant de mots et récits... En attendant son écriture au crayon sur toutes sortes de petits bouts de papier récupérés - notamment de ces vieux agendas ruraux qu’elle aimait tant - calendriers et fontaines de dictons ordonnant la vie rurale et agricole, avec réponses à tout et son contraire... Une école de la complexité ...



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Et puis la très belle, émouvante et dense lecture de son texte à quatre voix et plus, par Jean-Marie Mengin. Comme accès reconnu et accepté, pour ce vosgien randonneur en chemins et mots, arrivé ici il y a quelques années, à cette identité baraquine portée par Paulette et transmise par elle à ceux ou celles dont elle pensait qu’ils ou elles en étaient dignes.

Marie Durand, Madame Péatier, Paulette Vignal... on pourrait aussi citer la mère de Paulette...

De grandes figures emblématiques, féminines et résistantes, qui, à côté d’André Péatier, Jean Valla, Alfred Juston..., structurent l’imaginaire de ce territoire...

J.C.



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On peut aussi parler de l’apport de Paulette à la réflexion philosophique par des questions posées. Exemples ?

1. Quant à la mémoire et patrimonialisation des lointains temps familiaux ou villageois, un bien commun à la communauté, construit par la vie de celle-ci, mais se déclinant aussi familialement et individuellement - le symbole d’une identité rurale porteuse de valeurs liées aux luttes séculaires pour la liberté de conscience, aux solidarités rurales, à la langue...

Quant à ces 1ers vendredis de chaque mois, où le groupe "patois" des Rias travaille depuis des années à partir de souvenirs, documents, dictons ou autres romans issus d’auteurs de ce terroir, confrontant souvenirs et dictionnaires [1]...


2. Quant, toujours liée à la forte construction identitaire de ce plateau, à la fureur de Paulette en atelier "Fête de la science" où se découvraient Google Map et Google Street...
Gooogle street avec cette photo où se voyait l’intérieur de la grande salle du bistrot devenue salle de séjour de Paulette et sa façade. L’interrogatif et quasi accusateur " C’est vous qui leur avait donné ça"  ? [2]

Et en découvrant un peu plus bas, en parcourant une autre petite route, un âne au "visage" flouté.

-  " Vous me direz pas, ils sont pas fûtés, ces gens de la ville ! "

Un travers de l’automatisation ou du moins une limite de celle-ci qui a conduit la population avertie des Baraques à préférer l’herbier au GPS pour construire sinon son symbole, du moins son image de marque.

Et attention "Des plantes d’ici, pas du Mézenc !" [3]


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Ou, tout simplement, évoquer une conversation, comme l’a fait récemment une visiteuse de l’exposition Jean-Marie Mengin :


"C’était à l’occasion du 14 juillet.
On avait discuté avec cette dame.

Je l’ai trouvée très sympathique...

On avait parlé de mon oncle, de son mari - qui était menuisier
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Je l’avais trouvée très sympathique"

M.N.


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[1] papier ou en ligne

[2] Non bien sûr...

[3] Une démarche opposée à celle des habitants de faubourgs de villes chinoises qui avaient besoin de prendre les coordonnées GPS de leur maison pour en retrouver le lieu après démolition et reconstruction.
Certes, la flore des Baraques peut évoluer avec le réchauffement climatique, mais suivant une autre échelle temporelle...





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Ecriture, théâtre et numérique, la substitution.




Au dernier moment, Christian Bontzolakis ayant eu un problème de santé, il a fallu- non pas annuler la journée de travail du 15 décembre -il était trop tard - mais la transformer...

Et puis, avec le gros travail en cours sur le numérique, on a toujours de quoi faire ou faire-faire...

Un autre menu, rapidement improvisé par ou avec Nicole Bertholon, Régine Froment et Jacqueline Cimaz.

-  Nicole Bertholon, jointe sur l’autoroute - plutôt l’écriture,
-  Régine Froment, plutôt le théâtre et le son,
-  Jacqueline Cimaz, le numérique et la coordination d’ensemble du projet...

Ecriture

Nicole avait en réserve une première possibilité - la démarche de deux ateliers précédents, à partir de sélections de mots inducteurs dans une page de livre... Une seconde s’est offerte avec le prêt par Cynthia Deloche d’un album familial de photos relativement anciennes -du temps de la jeunesse de sa grand-mère, et, notamment, des années de guerre... Les jeunes et quelques moins jeunes, ont choisi les photos : de l’image au texte écrit ou dit, directement, d’autant que plusieurs avaient apporté leur ordinateur portable...

Théâtre

Régine, avec accordéon, guimbarde et mémoire de djembé a imprimé son style, découvrant avec l’aide de tous la séance de novembre avec Christian... Peu à peu, un apprentissage s’est effectué, à soumettre à Christian ce 12 janvier...

Numérique Transversal à toute cette journée avec

-  l’écriture directe sur écran pour une bonne part du groupe, écriture intégrant souvent texte traditionnel et images ou symboles fournis par le logiciel, comme recherche d’une nouvelle textualisation [1]

-  la présentation par les jeunes de la publication de ces ateliers Fête de la Science pour ceux qui n’en avaient pas eu connaissance, avec la lecture "hip-hop" de la musique d’Acquaviva...

-  de nouvelles interrogations citoyennes quant à l’identité abordée par ressources et contrôles des avatars et mots de passe... Ou par utilisations diverses des ondes cérébrales... L’évidente nécessité d’une formation permettant contrôle et implication citoyenne dans les usages et orientations...

-  une nouvelle prise de conscience de la différence entre "numérisation" (homothétique - de l’existant) et de ce que faute d’autres termes nous apellerons "numériquation" (où d’emblée on est dans la création d’une nouvelle textualisation composant l’hétérogène)...

es contenus et la problématique
-  l’articulation des diverses démarches et perspectives

[1] cf déjà textes de Mendy, Mylène et Elicia lors des ateliers d’écriture numériques Fête de la science 2012

Dédicaces des Rias au marché

Alain Delarbre, avec "Vernoux que j’aime", se taille une nouvelle fois la part du lion...

Récit en images d’une matinée chaude, conviviale et chaleureuse...

19 juillet devant le bureau de tabac "Max Press"


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Traduire par le sépia le travail de mémoire effectué, partagé tout au long de cette matinée...La présence aussi de Sylvette Béraud - Williams et le poids de ses 46 interviews, le passage de Jean Nicolas... (JPG)


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A noter qu’appareil photo oublié dans la voiture, les photos ont été prises avec un smartphone. Quel progrès dans la qualité et la résolution ! [1] Il va en aller de même - le temps de lire la notice, pour les vidéos ou enregistrements audios, captures d’écran aussi - semble-t-il... Des nouveautés qui, par delà leur aspect anodin devraient bouleverser profondément les pratiques... Quelles incidences sur les écritures numériques ?

Une matinée donc, quelque peu historique...

Et puis, précisé lors d’une autre rencontre, se dessine un nouveau projet d’Alain Delarbre... En effet la plus-value artistique créée dans "Vernoux quz j"aime" par l’introduction de ces photos prises avec une visée artistique évidente par le jeune oncle d’Alain Delarbre, sur plaques de verre, puis retravaillées par Alain en conservant, valorisant, reprenant à son compte, enrichissant ces photos récupérées, par l’exploitation, nouvelle et artistique des marques du temps [2], est manifeste et rare.

Il faut une extraordinaire proximité familiale, et surtout, intellectuelle et artistique, pour que deux générations d’artistes travaillent le même objet [3].

Dans son oeuvre photographique, Alain Delarbre sculpte la lumière, le temps, le patrimoine [4], avec beaucoup d’humanité, d’humilité et de contemporanéité.

Une oeuvre artistique à exposer... [5]

Jacqueline Cimaz



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[1] Dès la fin de la mise à jour du site les photos seront directement envoyées par courriel à ceux qui les avaient demandées...

[2] cf "la danse"

[3] il est vrai relativement reproductible

[4] matériel et immatériel

[5] et peut-être prendre contact avec la Maison Européenne de la photographie, à Paris pour conservation et valorisation ultérieures.



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Comment le numérique

résisterait-il à Geneviève quand la terre ne lui résiste pas ?

Pas plus d’ailleurs que ne le font les plantes et le son...

Quant à la réalité et la dérive augmentée, elle nous a dit : "De toute façon on ne parle que de ça partout !"

Comme quoi la moins jeune de nos débutantes (si l’on en croit l’état civil) peut être la plus jeune en audace et en créativité !

Il semblerait aussi à en voir ses photos et les réalisations de ses enfants qu’il y ait un petit souffle d’art persistant dans la famille !

Avec cette publication chantante, une belle réussite pour une énergique mamie !


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A voir faire voir et savourer !

Des dentelles d’écriture qui ont pris des libertés...

Voilà donc "Le jardinage ? Tout un art"


En ouvrant Calaméo on voit qu’il s’agit d’un livre chantant ! Pire sur le site communal qui n’arrête plus de chanter !


Que vont devoir inventer les petits enfants ?




O.E.



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chantsdoiseauxdeGG

La fin d’un tapuscrit ?


Quasi ultime mise au point ce lundi, au Vernat, grâce au travail acharné d’Alain Delarbre sur les images et leur mise en page, à l’aide du "petit chien" [1]

La quatrième de couverture est faite, après nombreuses précisions dont la trace se conserve...

Les numéros d’ISBN et d’ISSN sont affectés. ISSN ? Pour la collection : "Mémoire", bien sûr...

Donc on tient le bon bout !


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Un suivi des modifications à faire frémir !


La nuit même une boite a été créée, spécifique et dédiée, sous Gmail... La couverture y a été introduite, puis le texte scindé en deux morceaux sous PDF. Alain Delarbre et Maurice Reyne ont été prévenus, ont eu communication du mot de passe.

Communication en cours aussi, par ce biais, aux imprimeurs. Ensuite, les devis pour calculer le coût de l’impression et donc le prix du livre.

Dès que tout cela sera finalisé, une projection sera effectuée pour présentation, donc soit fin octobre, soit mi-novembre et la souscription sera ouverte. Une procédure indispensable pour payer l’impression.


Seront ensuite imprimés par nos propres moyens de petits livres numériques quasiment prêts comme celui de Geneviève Greco sur le jardinage (texte, images et sons) et la réédition numérique de la conférence de Jean Nicolas... Et peut-être d’autres, suite au travail de la fête de la science : des techniques acquises et une réflexion de fond sur l’écriture numérique...

Un travail qui en plus intéresse et est vraiment innovant...


Passé ce temps c’est la réédition de livre d’Alain Sabatier, bien engagée, qui sera à terminer...

Bref le travail ne manque pas et nous rappelons à tous nos amis que point n’est besoin d’habiter Saint-Apo ou le plateau de Vernoux pour y participer.

Internet change la donne et les adhésions et concours par le Net sont bienvenus. Une "communauté" associative à géomètrie variable qui s’avère d’autant plus riche et qui finit toujours par de réelles rencontres...

Jacqueline Cimaz


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[1] Un oubli à ce sujet : préciser pour les images "Collection Alain Delarbre ou Maurice Reyne". Un titre d’article sera aussi à insérer.



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Nouvelles d’écriture


"Du coup, je mets à profit l’annulation [1] pour continuer de travailler sur la “Rêverie”, le texte prend de l’envergure (47 pages saisies à la date du 29 mai), ça fera un livre conséquent je pense, mais j’ai grand plaisir à cette résidence qui se poursuit au-delà du temps réel. Résidence numérique ? Résidence virtuelle ? Comment appeler cela ? Il y a matière à réflexion. Savez-vous que la Maison de la Poésie de Rennes, qui met en place deux résidences d’écriture par an songe à s’inspirer de notre expérience. Voilà qui est bien."

écrivait Jean-Pascal Dubost le 6 juillet...

Depuis de nouveaux textes sur le blog...

Quand la rature exprime la joie d’écrire ?

Joie d’avancer... de se coltiner à l’épaisseur et l’opacité des mots, de frayer des sens en informant, polissant la forme qui, a posteriori, parait évidente ?


En juste avant l’inauguration de l’exposition de Martine Diersé, raturant -elle- et soulignant et surlignant et fouaillant et magnifiant le végétal, vrai ou pas, comme dans ces jardins de Fabras, où fleurs ou personnages de terre se mêlent aux plantes, du toujours vrai mais de natures différentes... Là aussi, l’hétérogène et le composite...

Juste avant donc l’inauguration, un nouveau texte de Jean-Pascal sur Rêverie au travail... Le suivre pour aller voir ces oeuvres du parcours d’art de Saint-Apollinaire avant vendredi...


Et puis poursuivre la rêverie sur "virtuel"/"numérique"... résidence "virtuelle" ou abondance des matériaux communicables, multiplication des échanges, "nourriture" pour l’imagination et références à s’approprier ou rejeter, transformer pour construire sa voix ? L’outil change la donne ? Oui et non...

N’est-ce pas plutôt la manière dont on s’expose qui change ? On écrit en public... Mise à nu et dissolution de l’"inspiration" devant le travail... Plus virtuel ou moins virtuel ? N’est-ce pas plutôt l’inconnu qui recule ?

Et si on se donne à voir faisant, quelle représentation de soi et de son travail, quelle "identité" veut-on communiquer et diffuser ? Quelle mise en scène du texte sur le blog ?


Par ailleurs il y a ces rencontres et échanges -rencontres réelles comme celle de Camboulive et Dubost, mais aussi rencontres avec l’oeuvre de l’autre, accompagnement...

Pas de résidence "virtuelle" ou "numérique" mais une résidence transformée par ces échanges - apports et risque de "divertissement", certes, immédiateté de la transmission, crudité de l’exposition [2] mais surtout ouverture sur le monde et au monde...

Tout un apprentissage à faire, des voies à frayer, de l’inédit...

Une réflexion à poursuivre...

J.Cimaz



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[1] d’un voyage en Irlande...

[2] comme on dit "lumière crue"



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Sous le châtaignier de Combier


La présentation du dernier livre publié de Fatima Mana "Les larmes de la foi." [1]...

Une bonne quarantaine de personnes étaient présentes, de 2 à 86 ans. Une lecture très appréciée. Un livre dont il a déjà fallu faire plusieurs tirages.

Nous y reviendrons, d’autant que plusieurs autres livres de Fatima Mana devraient bientôt être également publiés...


La présentation a eu lieu sous le châtaignier de Combier, dans un lieu choisi par Fatima proche de la maison de son enfance, évoquant pour elle à la fois son propre passé et l’histoire de ce coin d’Ardèche...


D’abord, l’ouverture de Jacqueline Cimaz...


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« Les larmes de la foi ». Un livre fort, dense, riche de la maîtrise d’un passé collectif d’ici, revendiqué. Racines choisies pour des valeurs affirmées de résistance à l’injustice, de liberté, notamment de conscience, d’abnégation, de solidarité...

Un côté « âge d’or » sans nul doute ! Mais enraciné dans ces périodes de l’histoire où le collectif fait passer le personnel au second plan, où chacun se sent investi d’une mission, responsable devant ses pairs et devant l’histoire et devant lui-même. Quel sens aurait mon passé pour moi-même si je renonçais aux valeurs pour lesquelles j’ai tant donné ?

Luttes pour la liberté de conscience, pour la République, contre le fascisme, le colonialisme... une constance pourvoyeuse de sens et de valeurs qui permet d’affirmer l’humanité face à l’oppression, à l’injustice, à la répression, à l’enfermement, aux galères, à la mort...

Pour moi ce sera l’anti-fascisme, l’anti-franquisme, Argelès et l’abandon en 1945 de la République espagnole. Chacun son vécu, et ce roman familial qui oriente la vie pour des générations.

Un roman familial qui, souvent, déborde la famille... Ici ce roman du plateau, peut-être des Boutières...

Mes beaux-parents qui exploitaient une ferme misérable à Boffres, n’ont-ils pas fait, en car, en 1928, leur voyage de noces à la Tour de Constance ?


Ce livre de Fatima est particulier. « L’Arbre de Combier », comme tout premier livre, était auto-biographique. « Les Larmes de la foi » avec son côté « Age d’or », ou « Naïf » comme dit Camboulive, ou « Art brut » où la quête/affirmation du sens prime sur celle de la forme, comme labourer, fouiller, fouailler pour comprendre, c’est l’appréhension d’une identité, de valeurs, une re-naissance.

En même temps c’est la formidable appartenance à un mouvement populaire qui a façonné l’histoire d’ici et de ceux qui s’y intègrent, l’histoire de Paulette, l’honnêteté d’un peuple, son courage quand dans les années 40 il est passé tout naturellement de « camisard » à « maquisard ».

Fidélité à des valeurs, appartenance, identité, continuité, engagement.


Il ne s’agit pas d’un roman du terroir. Ce récit mettant en scène une population humble, laborieuse et fière, soucieuse de l’autre, par delà ou avec son côté Age d’Or, est plutôt, comme le Petit Poucet ou Kirikou, affirmation de la foi en l’humanité, en l’intelligence, la droiture, la solidarité. Quand résister ensemble pour ces valeurs donne sens à la vie et à l’histoire... Un récit entre mythe et philosophie, la liberté et la grandeur des gens d’ici."


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Puis celle de Fatima Mana, ses remerciements...


D’abord remercier tous ceux qui m’ont accompagnée. Ce livre comme les autres est taillé dans leur présence. Tous ont subi les affres de mes doutes, détaché du temps pour traquer la faute et l’incohérence. Dans la chaleur amie, ils sont le point d’appui, l’importance pour continuer.

Jacqueline et son exigence recouverte d’amitié indéfectible, Michel et sa gentillesse, air frais sur les travers du monde, Anne-Marie et sa chaleur méditerranéenne soulageant les trop-pleins du quotidien, Paulette et ses gestes parfois si proches qu’ils en deviennent racines, Geneviève et sa douceur vigilante, Régine et Marceline pressant le pas pour me soutenir, Jean-Pascal-Dusbost, un essentiel de la poésie contemporaine, frayant avec le temps pour me relire et combler les manques incontournables d’une écriture spontanée. Jean Nicolas qui a mis son savoir à disposition de mes lacunes et tous ceux, qui de près ou de loin soutiennent ma démarche d’écriture.

Si ce récit est imprégné de Pierre et Marie Durand, en aucun cas ce n’est leur histoire. Certes des similitudes jalonnent mon texte, notamment les faits historiques pour l’étayer.

Mon enfance, comme celle de tous les enfants issus d’un milieu protestant ou élevés dans ce milieu, a été baignée par l’histoire de ces huguenots qui ont fabriqué l’identité de ce pays.

Admirative de cette résistance à l’état naturel qui les habitait et de ces multiples faits d’âme pour accéder à la liberté de conscience, j’ai brodé mon récit autour de leur solidarité, de leur ténacité convaincue, de leur humanité. Ils ont traversé la banalité quotidienne des persécutés sans que rien n’érode leurs convictions et leur certitude.

A travers ce livre, j’ai peut-être simplement voulu conforter mon appartenance à ce pays de châtaigniers, témoins du passé.

L’écriture, c’est la rencontre de l’aube et du silence, un travail de solitude, mais aussi un formidable moyen de dire les choses avec des mots de tous les jours.

Lors de la présentation de l’arbre de Combier, je vous racontais la chance d’avoir rencontré l’écriture, une nécessité comme celle de respirer. Des années après, intacte est cette sensation. Dire et imbiber le monde à mon imagination, traduire l’instant, la circonstance, mots en avant, reste une formidable occasion de pouvoir s’exprimer.




C’était ensuite la lecture à plusieurs voix, à contre un vent agitant et retournant les feuilles, d’extraits du livre choisis et affectés par Fatima.


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QUELQUES EXTRAITS DES EXTRAITS LUS 8 8 8

J. Clémence marchait d’un bon rythme et tenait deux enfants par la main. L’air frais la vivifiait. Son Justin portait le plus petit contre lui. Un galop au loin la fit frémir, puis il disparut avalé par la nuit.

Arrivés sans encombre, tous s’étonnaient du nombre. Plus d’une centaine avaient défié l’interdit du rassemblement.

G. Parti du plateau la veille, Pierre eut le temps de s’imprégner des paysages traversés. Il devina, bien avant d’y arriver, la douceur de la vallée et de ses plaines, irriguées en permanence par un Rhône bouillonnant, jalonné de nombreux gués, gardés par des régiments, plus flegmatiques sous les assauts du soleil. Aucun d’eux ne l’arrêta pour le contrôler. Il se retrouva devant les portes de Crest satisfait de son avancée.

F. À force de persévérance et d’autorité tranquille, il devint un meneur essentiel réussissant à réorganiser les églises et leur rendre l’espérance en patientant des jours meilleurs. Son succès attisait l’indisposition du clergé. À plusieurs reprises sa tête fut mise à prix. Il savait combien l’impact de plus en plus grand de sa présence dans les assemblées devenait insupportable aux autorités. Indifférent à la menace, il allait vers ceux qui l’attendaient.

Il avançait indifférent aux éléments. Le silence se brisait par à coups, émietté par le poids des sabots de son cheval sur le sol gelé.

R. ou L. Une autre plaie apparut sur ces temps maudits. La peste venait de s’implanter dans les villes et se propageait à des allures stupéfiantes. Des pans de vie entiers rejoignaient la terre sans attendre les derniers sacrements. Les portes des villes refermaient sur elles la maladie, précipitant sans aucune distinction, dans l’au- delà, leur population. Quelques miraculés poussaient le matin jusqu’au soir, brûlaient les morts et leurs effets, écrasés par le malheur.

P. Pierre profitait des heures tranquilles et reposait sa méfiance si souvent sollicitée. Le pas régulier de l’animal et le silence favorisaient la préparation de son sermon. L’ambiant paisible permettait de le réviser tout en profitant de la quintessence du moment l’aidant à le parfaire. Il était heureux d’apporter la bonne nouvelle, toute son existence s’appuyait sur l’acte de prêcher et s’y employait avec zèle. L’engagement et le charisme dont il était pourvu suscitaient une affection fraternelle spontanée.


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F.J. Un chemin muletier serpentait entre de profonds précipices avec parfois des passages moins étroits, adoucissant l’itinéraire de Saint-Fortunat à Vernoux. La montée roide, tapissée de nombreux éboulis dûs aux dernières pluies, ralentissaient le cavalier. De temps en temps, une pierre décrochée par les sabots de son cheval, dévalait, tintant à chaque ricochet sur la pente abrupte. Un son mat signalait la fin de sa chute. Débouchant tout à coup sur les hauteurs du plateau, le ministre du culte s’arrêta et caressa lentement du regard le paysage devant lui.

J. Ouvrez de par le Roi ! Les mots hurlés par la soldatesque répercutaient la tragédie. Ils frappaient de grands coups sur la porte qui ne tarda pas à se briser sous la violence de leurs poings. Un mouvement de panique entraîna les fidèles vers le fond de la pièce. Certains scrutèrent l’espoir d’une cachette pour s’y glisser. Très peu de gens réussirent à se couler dans l’étable toute proche. Malheureusement les circonstances et la géographie du lieu restaient trop minces pour favoriser leur fuite, et la peur les figeait. Une dizaine de Dragons hargneux les entouraient. Clémence vola à l’endroit de sa couche le plus jeune de ses enfants qui s’agrippa en pleurs à ses bras.

G. Des psaumes ébranlèrent l’air vicié, chantés par l’ensemble du groupe. Des larmes coulaient abondantes sur les joues mais les voix portaient la fermeté de leurs convictions. Par moment, des coups de gourdins pleuvaient sur les épaules des hommes encerclant les femmes afin de les protéger. Une irritation permanente favorisait la colère des Dragons. En quête constante de ces religionnaires, pour une fois ils les tenaient !

P. Le bruit de l’arrestation se répandit dans la ville comme une traînée de poudre. Plusieurs badauds attendirent le long de la rue principale, d’autres les rejoignirent l’humeur curieuse. Ils se frottaient à l’attente, le visage fermé par le poids de l’événement. Certains venaient constater de leurs propres yeux la présence de Pierre au milieu d’eux. Les protestants passèrent les portes de la cité dans un calme oppressant. Nerveux, les militaires les entraînèrent rapidement vers la prison.


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R. ou L. Justin fut l’un des tous premiers à essuyer le feu des questions de l’intendant et de ses acolytes. C’était chez lui que la réunion interdite avait eue lieu. Subissant rondement l’interrogatoire, les bourreaux utilisèrent le flagrant délit de l’usage de la religion proscrite ainsi que de la détention d’ouvrages servant à son enseignement. Ils le condamnèrent à servir de forçat sur les galères du roi. Dans une parodie de procès, le verdict fut le même pour ses compagnons. Tous partiraient dès l’aube suivante pour le sud.

F. En ce début de printemps, la longue colonne avançait sous un soleil étrangement lourd et implacable, avec l’impression d’une lumière en fusion coulant entre les paysages traversés, les éclaboussant d’or. Conscients de leur sort, maintes fois rapporté par des correspondances détournées, ils savaient ce qui les attendait, y pensaient la peur au ventre.

F.J. D’antiques voies romaines, du pont du Gard jusqu’à la cité phocéenne, offraient des siècles d’histoire sous leurs socques fendus. Les chaînes ferraillaient, assourdissantes sur les pavés usés. Le bruit lugubre se répercutait au milieu des champs d’oliviers. Ils traversèrent des villages, leurs rues étroites et escarpées gardaient jalousement l’ombre des façades dans leur giron.

J. La route pour arriver jusqu’à la prison avait été si longue que la distance au fil des lieues parcourues marquait à jamais la séparation d’avec leurs familles. La paysanne revoyait le parcours. De gros morceaux de chagrin l’étouffaient. Sans cesse la vision de ses petits, hurlant leur panique l’habitait. Et son Justin, quel sort lui avait-on réservé ?

G. Dans le petit matin, à peine dessiné par les premières clartés de l’aube, Pierre entendit le bruit lourd des chaînes attachées aux pieds des galériens. Un froid venteux ébouriffait le peu d’effets qu’ils avaient sur la peau. Des frissons mélangés à la peur alourdissaient les échines mais tous étaient debout face à leurs bourreaux.

P. En toute saison, de la vallée au plateau, le prédicateur avalait les lieues l’esprit serein. Chaque rencontre étayait son action, il mesurait le besoin des siens de fertiliser leur foi. Son quotidien devint encore plus fragile lorsque le clergé du département mit à nouveau sa tête à prix, pensant que la convoitise de ces deniers providentiels inciterait à trahir.

F. Justin gravit l’échelle de corde fers aux pieds. La tentation de mourir dans ce vieux port en jetant sa vie par dessus bord le traversa un bref instant, puis son instinct balaya l’idée et le ramena à la réalité. Il se trouvait à la force de l’âge. Son voisin, un vieil huguenot, enchaîné à lui, devina son dessein mais n’émit aucun commentaire. L’homme savait que sa route ici bas s’arrêterait sur ce navire. Justin récupéra la raison et mit sa vie entre les mains de Dieu. Ce n’était pas à lui d’opter pour le radical.

R. ou L. Sa notion du temps avait disparu avec toutes ces journées pareilles les unes aux autres. Les images de sa vie d’avant s’effilochaient, moins présentes, un mal épuisant le prenait par traîtrise. Reclus, supplicié quotidiennement il remarquait à peine les corps que l’on emportait pour les jeter par dessus bord. Personne depuis très longtemps ne paniquait plus face au roulis démoniaque.

F.J. Elie et Pierre discutaient tranquillement et appréciaient ce moment rare en cette période où le travail, de l’aube au coucher, accaparait la journée.

Ils ignoraient encore que quelques décennies plus tard, grâce à leur entêtement, l’indépendance si chèrement acquise quant aux choix d’exercer librement leur religion, ferait naître un torrent de liberté où la laïcité, flambeau extraordinaire de tolérance, supprimerait toute influence dictée sous un quelconque joug d’autorité.

J. Rien ne bougeait dans l’espace confiné de la tour de Constance, si ce n’est l’arrivée de nouvelles détenues.

Constamment à la frontière de la rupture, elles consolidaient le fil ténu et se récupéraient, fortifiées sous leur vigilance. Celles à la limite de perdre la raison finissaient par rejoindre une réalité moins lourde sous les regards solidaires.

R. ou L. Le bâtiment mouilla en rade de Marseille. À quelques encâblures, tout le long de la cité, des maisons dans un alignement parfait arboraient de chaudes couleurs. Une déclinaison d’ocres tapissait les façades. Il distingua facilement les cordes à linge courant d’un mur à l’autre. Sous le mistral, les tissus claquaient au vent. La vie palpitait généreuse devant lui.

Les années d’absence n’avaient rien changé, les Huguenots étaient toujours considérés comme des parias et ne pas savoir ce qu’il était advenu des siens le consumait régulièrement, jusqu’à même envisager leur mort.

G. Tous marchaient, courbés sur les années obscurcies par l’intolérance les brisant physiquement, mais l’intérieur de leurs yeux portait inlassablement cette lumière particulière présente jusqu’à leur trépas. Les traces de courroux ne marquaient que la peau, peu à peu leur résistance modifia les comportements.

J. Clémence, assise près de la meurtrière, observait les aspérités irrégulières du mur de ronde. Ses yeux suivaient le cheminement de la lumière sur les pierres. Sous le poids des saisons, sa peau usée par la réclusion devenait transparente. Un réseau veineux émergeait au milieu de nombreuses rides, plus concentrées au bord des yeux ; mais son visage portait encore une ardente envie de vivre.

La prisonnière devinait qu’elle ne sortirait pas vivante de sa prison, s’accoutumait à l’idée.

F. Soudain paralysé d’effroi, il les vit fondre dans sa direction. Aucune possibilité de se mettre à l’abri. Le boisé restait impénétrable à quelques dizaines de mètres seulement. Une peur incontrôlable l’irradiait, son corps entier frissonnait de violents spasmes. La patrouille l’avait aperçu simplement en jetant un coup d’oeil sur la distance parcourue.

Au loin, avec son chapeau de paille, il aurait pu ramasser des gestes qui le fasse passer pour un manant, quêtant de-ci de-là du bois mort nécessaire au quotidien familier, mais il n’en n’avait pas eu l’idée.


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Ces extraits lus par Jacqueline Cimaz, Laetitia Dumas, Régine Froment, Geneviève Greco, Fanny Juston, Fatima Mana elle-même et Paulette Vignal introduisaient la lecture d’un livre dont Fatima Mana dédicaçait ensuite moult exemplaires...


Puis les conversations se poursuivaient longtemps autour d’un apéritif où public, famille et amis, adhérents d’ici et d’ailleurs, résidents permanents et intermittents échangeaient avec beaucoup de plaisir...


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Une soirée qui fera date.

A souligner la qualité du lieu, chargé de mémoire, et l’accueil averti et chaleureux de Cécile, Fanny et François...

Quand au loin veillent les Eoliens...




Jacqueline Cimaz



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[1] €ditions Les Rias, juin/juillet 2011



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Deux nouveaux articles sur blogs


Sur "Rêverie au travail" un article de Jean-Pascal Dubost avançant la notion de "Résidence numérique".

Ophélia Escriu y répond sur son blog "Ecritures numériques" en interrogeant le concept de "numérique".

Un débat à approfondir, dans sa complexité...

Jacqueline Cimaz

NB. On pourrait relever un oubli dans l’article : le rappel du caractère binaire du numérique à la base des considérations sur continuité/discontinuité... Tout le monde le sait sans doute, néanmoins... Par ailleurs, l’approche de l’oeuvre de Camboulive n’est déjà si facile... Une oeuvre dont on mesure chaque jour davantage l’importance et l’emprise sur les problèmes les plus actuels...





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Debout comme un I Irlandais




(JPG) Bien sûr, l’endroit n’est pas neutre, puisqu’il s’agit de la librairie L’arbre à feuille de Lamastre, encore moins celui dans lequel a eu lieu la lecture de Jean-Pascal-Dubost, côté brocante.

Poète en résidence, il a planté ses mots dans un décor enchevêtré au guingois du passé, cerné d’objets usés à la corde par la vie de tous les jours.

Jean-Pascal Dubost sort sa route, debout comme le I d’itinéraire, prêt à nous embarquer sur ses chemins d’écriture.

Il marche tête en l’air, prend des yeux les paysages tout entier rencontrés, aiguise les souffles coupés à perte de vue, les retient d’une phrase par ces mots « une solitude pour y attendre l’essentiel ». 

Adossé à ses livres, sa voix rameute l’émotion cernée d’oreilles ouvertes.

Les phrases retombent dénudées dans le silence traversé. Le monde délie sans bruit ses mots - « ne se distingue que les silhouettes des meubles ».

Au milieu de nous, le poète bifurque sur des sentes « calé dans son arrogance d’enfance ».

Soleil au pied, à coup de phrases profondes sous la diction, se tait l’auditoire, suspendu à l’air qu’il nous fait partager.

Jean-Pascal-Dubost, le temps d’un après-midi, a disposé l’asphalte de ses chemins sous la lumière tamisée d’un temps privilégié, encore perceptible à peine sorti de sa lecture.

Fatima Mana 


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Une grande lecture


à Lamastre, à l’"Arbre à Feuilles" [1].

Grande lecture par la qualité des textes lus - extraits d’"Intermédiaires irlandais" [2] et de "Le Défait" [3]...

Des textes qui comptent dans l’écriture contemporaine...

Grande lecture par le choix des extraits et par une mise en voix qui laisse parler les mots comme chacun choisit de les entendre...

Grande lecture par la mise en scène, sobre, privilégiant le déroulement du texte d’un double parcours pour "Intermédiaires irlandais", le livre pour la densité de "Le défait"...

Grande lecture parce qu’elle s’insère dans l’immense qualité d’une résidence d’écriture difficilement évaluable sinon imaginable au local. Saint-Apollinaire-de-Rias n’est pas Paris, Londres ou New-York ou Barcelone, voyons ! Ni même Saint-Martin-d’Ardèche où Léonora Carrington revient pour honorer Marx Ernst. Et pourtant Dubost [4] [5]



J-P.Dubost, en résidence aux Rias par LesRias


Ne pas niveler, ne pas mettre sur le même plan ce qui ne l’est pas, ce qui est création et ce qui est essai, exercices d’apprentissage ou recueil de mémoire...

Chacun a sa place, tout cela est intéressant, à des titres divers, et les distances permettent d’avancer, encore faut-il que les repères soient clairs, le travail mesuré, les outils et références recherchés...


Quel amateur botaniste se sentirait à hauteur d’un professionnel, de quelqu’un qui travaille et cherche avec acharnement et discernement depuis des années ?


Pourquoi en serait-il autrement dans le domaine de l’écriture ou dans celui des arts plastiques et visuels ?


Jean-Pascal Dubost a posé des références quant à la qualité de textes inscrits dans la recherche contemporaine et quant à la lecture.

Un trésor à faire fructifier pour les heureux participants...


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Et nos remerciements à Myriam Bert pour son intérêt pour l’écriture entrain de se faire... [6] [7]

Jacqueline Cimaz [8]

[1] Une librairie qui apprend vite...

[2] Editions Apogée

[3] Editions Champ Vallon

[4] et Camboulive...

[5] Et avant eux, Camus et d’autres encore, un peu plus haut, sur le plateau Vivarais-Lignon...

[6] A lire et relire et étudier dans ce domaine, le blog de résidence de Jean-Pascal Dubost "Rêverie au travail".

[7] A noter que Poézibao et Lieux-dits ont établi des liens sur ce blog.

[8] J’ai tant ragé dans ma jeunesse en entendant des parents dire à un enfant qui faisait des "crabouillages", "tu fais du Picasso"... Depuis les choses ont évolué, mais trier dans ce qui se fait est parfois difficile et demande une solide culture artistique - sans cesse remise à jour...



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Ecriture, la corde raide


Un riche débat s’est engagé en marge du vernissage de l’exposition Camboulive, ce vendredi soir, entre Jean-Pascal Dubost, Sébastien Camboulive et Jacqueline Cimaz.

Débat ? Nuances plutôt sur fond d’accord profond -

Accord quant à la nécessité de dépasser le « premier jet », par un re-travail conséquent ...

C’est là que des nuances sont apparues ou des besoins de précisions.

Quel re-travail ? Quelles finalités, quelles contraintes ? Quelles modalités de ce re-travail ?


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Jacqueline Cimaz a insisté sur le fait qu’il ne pouvait s’agir d’une simple normalisation de type scolaire, de recherche d’une « correction grammaticale et lexicale normative qui figerait la langue » mais plutôt d’une réflexion sur des moyens à rechercher et inventer de dire mieux ce qu’on a à dire, ce qui amène d’ailleurs, en disant mieux, à modifier ce contenu même - cette puissance de la forme que souligne Jean-Pascal Dubost dans son blog...

Il s’est avéré évident que cette recherche se nourrit des acquis culturels de chacun- d’acquis toujours développés, renouvelés, enrichis.

L’approche de Vygotski avec ses "médiations symboliques" constitutives de la personnalité comme celle de Bourdieu qui en fait un agent principal -avec les relations - de la reproduction culturelle et sociale montrent d’ailleurs l’importance à cet égard, non seulement de l’école, mais des pratiques, évidences familiales, du roman familial (au sens sociologique du terme)

Un rôle fondamental des universités et écoles d’art. Des acquis indispensables à la structuration de perspectives, à une planification, à l’indispensable hiérarchisation des références et exigences...

Ce qui n’exclut pas l’autodidactisme.

Mais celui-ci demande la pose et le respect de fortes autocontraintes...

Ophelia Escriu




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Les larmes de la foi. Interview de l’auteur


Bonjour !


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-  Peux-tu nous expliquer comment tu écris ?

-  Le matin aux aurores... A une heure indue... Avant de me coucher, je revois le texte ; il me parle...

-  Au réveil, à une heure irraisonnable, il m’arraisonne...Il fait le beau, caracole...

-  Tu peux nous lire un extrait ?

-  Clémence ?



Les larmes de la foi de Fatima Mana

Jacqueline Cimaz






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Entre persiennes d’une résidence


D’abord filtre une mise à jour guettée où le texte avance avec la lenteur, l’amplitude et la puissance d’un fleuve.


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 MNHUMEUR MN

Où s’accentuent l’interrogation de la poncutation -traité docte aidant et concrétistes brésiliens et aussi la respiration d’une ponctuation comme page tournée de la vidéo de Camboulive.


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Noigrandes ?


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Il faut dire que Florence Trocmé, de son excellent site, a fait un lien sur le blog de Jean-Pascal Dubost, avec une référence au projet "Du recueil de mémoire à l’écriture transmedia."


http://

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Ce qui a du sens car l’écriture se faisant de Jean-Pascal sur son blog est d’une exrême richesse.

Un temps précieux.


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Et cette rencontre, moins imprévue qu’il n’y parait entre, entre Pézibao et l’ERBA, en brève pause...


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L’ERBA, et la densité de ses pauses...


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Parcours offerts...

A suivre...


Jacqueline Cimaz





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Les larmes de la foi, enfin !


L’annonce de la publication de ce livre, le 17 mai 2007, au Temple des Baraques, lors de la présentation de "l’Arbre de Combier", (ED. Apogée), avait été suivie de la lecture de larges extraits.

Une grande émotion.

L’article du site soulignait :

« Les larmes de la foi », en voie d’achèvement, sont dévoilés par Fatima Mana et Jaqueline Cimaz, des extraits poignants évoquant la mort d’une recluse de la Tour de Constance et d’un pasteur pendu en place publique ; un livre magnifique, tendre, émouvant évoquant la vie des Huguenots au 18 ème siècle, dont Nicole Bertholon disait « il me fait penser à un cantique » et pour lequel Jacqueline Cimaz évoquait une dimension proche de l’épique..."


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La cause était entendue pour Les Editions Les Rias et/ou Apogée. Juste le temps de quelques corrections...

Après quelques allées et venues du manuscrit, une équipée à Fontbonne pour un relecture de Jean Nicolas traquant les possibles anachronismes, un retour diligent et argumenté du tapuscrit quelques temps après, de nouveaux échanges, puis plus rien.

Une longue mise au tiroir, entrecoupée de remises en chantier par l’auteur.

Il faut dire que trois ou quatre autres récits étaient aussi en attente d’ultimes retouches.

Une phase d’autant plus délicate que se joue au mot à mot la contradiction entre une mise en forme qui peut être normalisante et affaiblissante, et ce côté art brut, bousculant sytntaxe, ponctuation et sémantique qui faisait la spécificité et la force de l’écriture initiale.


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La belle écriture de Jean-Pascal Dubost sur le blog "Rêverie eu travail". Sans perroquetterie aucune.


Recherche d’une norme scolaire en voie de dépassement ou de ces éventuelles transgressions pensées ou trouvées qui font avancer la langue ? La corde est raide raide entre maladresse de langage ou création audacieuseinnovantepourvoyeuse de sens. Un choix au mot à mot d’autant plus angoissant que l’auteure, là, est forcément seule. Personne ne peut décider à sa place - et il faut bien décider et assumer les risques de sa décision.

Les risques majeurs ne semblant pas résider côté transgressions contrôlées...


voicidoncques ce livre qui sera présenté au public par des lectures à plusieurs voix le 2 juillet.


"Les voyageurs mettaient parfois plusieurs jours avant d’arriver à destination, traversant d’étonnants paysages. Ils dévalaient les collines frôlées par des soleils fous sous les coups de la bise, remontaient les pentes foisonnantes de genêts à l’odeur poivrée. L’Ardèche pays généreux ravagé par un conflit douloureux portait encore les stigmates de l’un de ses tout derniers embrasements.

Pierre allait d’un bon rythme, marchait de concert avec le silence et avançait par endroit au milieu d’une végétation dense. Des sentes à peine esquissées émergeaient au beau milieu de nulle part et témoignaient d’une présence humaine.

Préoccupé, il regardait droit devant lui. De nouvelles décisions royales provoquaient des tensions prêtes à basculer dans la violence face à l’intolérance subie par le peuple protestant. La révolte imminente avivait ses craintes. Le jeune homme s’attarda un instant sur la situation. Les choses lui parurent soudain différentes. Peut-être était-ce sa foi renouvelée depuis peu qui le portait ?"

...

Jacqueline Cimaz





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RESIDENCE jpd S2

Semaine jalonnée de marches, photos belles, mots-textes et mises en page blog.

Et un atelier d’écriture où s’opèrent médiatisations en famille travaillées par différences des formes.


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Le texte de Fatima Mana


Inspiration et Travail à l’oeuvre

Participer à un atelier dubostien s’apparente à des paliers de décompression pressés sur la remontée par la notion d’inspiration et sa part de hasard mise au travail entre des circonstances articulées autour de l’imagination d’un poète en résidence et de stagiaires cloués à ses premières paroles se demandant à quelle sauce ils seront mangés.

Yeux ronds, nous l’observons tourner un rire discret autour de son sujet décliné, assailli soudain d’insaisissable muet projetant du silence un rien éparpillé sur nos mines dubitatives.

Ceintré au thème premier, deux vers de Valérie Rouzeau suspendus en point d’ombre au verbe douloir. Son « quand je me deux » faisant fuir à grandes enjambées celui de notre vouloir

Quelques flaques de mots, liquéfiés sous la pensée désécrivent l’idée première à la dérive. Attendre que d’autres nous fassent signe en balayant le plafond à la recherche d’une petite lumière inspirée.

Ce sont d’abord des échos qui sautent à pieds joints dans le lointain, errements pivotant sur une idée à l’arrêt soudain attrapée dans la masse volubile de la réflexion.

Avec le second exercice, pour seul viatique, ses mots troubadours, en grande conversation avec Villon, pratiquant une brèche dans le temps sortant tout droit du vieux françois, le poète nous propose de dialoguer avec l’Inspiration au Travail dans une joute verbale. I et T correspondant à l’ITT de la pensée momentanément saisie d’humilité.

Il y a toujours un mot qui se pointe fanfaron, dépassant d’un autre, soluble sous la langue, prêt à se faufiler dans l’embrasure de la phrase, flottant soudain au bord du vide, emporté juste avant de tomber sous le coup du sens.

Jean Pascal Dubost nous a dédicacé une nouvelle approche poétique glissée entre les liens de l’amitié.



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De médiations I à médiations II ou la mise en blog...

Contraintes vite dépassées dans l’avancée en trois livres d’une écriture complexifiée prudemment en signes/symboles/écrits graphiques ravalant rapports à la page et frayant passage par où l’érudition grande avale le conjoncturel dévoreur/dévoré d’entrée inédite et suée dans l’air résident du numérique.

Jacqueline Cimaz



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L’équivalent d’une empreinte

Un des signes à vent coureur, vent en poupe aux quatre vents, vent virevoltant, tête en l’air égarée dans le moutonnement d’un essentiel oublié (ordi), ciel à hauteur du rêveur sautant à cloche-pied sur l’idée que l’on s’en fait ; poète glissant sans bruit sur l’aube, attablé au silence de ses rencontres quotidiennes, notre breton prend la route d’une seconde résidence, giclant autour de lui sa bretonnante Bretagne.

L’équivalent d’une empreinte imbibée à sa virée ardèchoise dans l’épaisseur du trait familier.

L’habitude jette de légères volutes autour de sa venue. Nappe blanche sortie au grand jour des mots- ratures entravés au passage à vide, baillant sur l’élan d’une idée traversée, source abreuvée aux cent pas de l’inexpliquée, creuset d’une onde poétique.

Point d’appui installé furtivement à l’esprit, prendre l’air entre les feuillets de la vie ordinaire patinée au plus que parfait retravaillé dans le magma de l’émotion.

Au beau milieu de sa poésie, entre les herbes de son verbe, dérive une nouvelle page à écrire.

Fatima Mana (texte écrit pour l’arrivée de Jean-Pascal Dubost lors de sa seconde semaine de résidence)





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Les derniers envois de Jean-Pascal-Dubost pour le blog


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Atelier d’écriture ce vendredi 6 mai de 14h30 à 18h30 à la Bibliothèque aux Baraques S’inscrire par webmaster ou tel au 0475844725.


Les réponses aux demandes d’avis arrivent régulièrement. Demandez à vos proches de les remplir...


Et allez lire le blog


Découvrir aussi quelques sites comme Poezibao et Lieux-dits





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Blog habité par J-P.Dubost


qui vient de s’en emparer pour y livrer son journal de résidence.

Comme bruit de mer ou de steppes d’Asie de la stèle de Martine Diersé à la source de la Dunière...


En exergue de ce journal, une citation :

« Le poète fait du langage, en faisant le poème »

de Decio Pignatari.

Decio Pignatari, de poésie concrète en poésie graphique...

Ah ces Brésiliens et l’aire du sertao, air de cinéma nouovo avant l’ère du numérique...


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Détournement d’une belle photo floue de Michel Cimaz pour traquer le flou des théories de l’inspiration au 19ème siècle


"Jean-Pascal a-t-il l’air d’un poète ?" me demandait-on. Un poète ça a l’air de quoi ? Le souffle épique ?

Sans les chiens de Saint-Martin-de-Ré l’inspiration ne serait que vent vide ? Chiens de Ré orchestrés par voyelles d’Isou. Comme quoi ? Voyelles d’Isou ou trois consonnes de TSF ?

Jean-Pascal lit Donguy. Donguy, on en avait parlé avec la poésie numérique. On avait vu sur écran. Même à la Bib. Passage d’encre n°33 . Donguy ? Mais écoutez-le ... La symphonie MONOTON de Klein sur fond bleu... Augusto de Campos...

La poésie contemporaine brésilienne et l’héritage du concrétisme


Des découvertes à faire au fil des jours... Les marges fécondes d’une résidence...

A suivre sur le blog, en y revenant, et au travers de questionnaires qu’on peut remplir plusieurs fois. Et s’y frotter... L’étincelle.

Y répondre et nous les envoyer de préférence par air peuplé de flux et réseaux...

Orphelia Escriu-i-Num"Llul





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Le QUESTIONNAIRE de Jean-Pascal Dubost


Il est un poète au nom de Jean-Pascal Dubost qui, invité en résidence d’écriture par l’association Les Rias sur les communes de Saint-Apollinaire-de-Rias et de Vernoux-en-Vivarais, arpente le territoire, marche et se questionne, tout particulièrement sur la notion d’inspiration, et aimerait recevoir votre avis sur ce sujet à travers quelques questions.


Que signifie pour vous le mot « inspiration » ? Quels mots lui associez-vous ?_



D’où pensez-vous que vienne la notion d’inspiration ?




Un poète est-il un homme inspiré ? Pourquoi ?




Quelles conditions (intérieures & extérieures), selon vous, doit réunir le poète pour écrire ?


Y a-t-il, selon vous, d’autres catégories d’hommes inspirés ?




La notion de « travail » vous semble-t-elle compatible avec la poésie ? Pourquoi ?





(JPG) NB. Le questionnaire est téléchargeable ci-dessous. Vous pouvez :
-  le remplir en ligne et en faire une copie dans l’encadré de la rubrique "contact" des Rias (envoi direct à la webmastrice)
-  le remplir, sauver ou non votre réponse en PDF (ou envoyer les deux versions identifiées - la version Open Office ou word qui facilite les coupés-collés est plus pratique pour l’élaboration d’une synthèse des réponses, la version PDF permet l’authentification des réponses.

Renvoyer à "lesrias.association@orange.fr"

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Questionnaire de Jean-Pascal Dubost. Saint-Apollinaire-de-Rias 04/2011

Dits de résidence


Débusquer des yeux l’air de rien l’air

Artisan des mots en résidence le temps de s’installer et de s’imprégner d’un paysage découpé à l’inspiration travailleuse et voilà que sa trilogie matière s’aère, débusque des yeux l’air de rien l’air.

Assurément aux deux battants du souffle, il taillera ses interrogations en chien fou, arpentera chemins et genets , tiendra à bout de bras l’essentiel de son sujet, jettera ses filets inspirés sur le carnet du jour, le temps qu’il faut à une idée pour faire bloc et se mettre au travail.

Du halo d’hier, il retiendra le vent en flagrant délit de course folle démêlant les champs de blés, écrira tout ce qui ne se voit pas à l’endroit où poète confronté à l’oralité, il étendra ses mots sur la couleur du monde ou les suspendra à l’ombre douce de la lenteur.

Fatima Mana


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Ombres de poète éoliennant l’aire d’un Combier d’histoire labouré de rêveries poésureuses... (O. Escriu)





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Le retour du père Ubu


D’origine inconnue, voix monocorde au menu :

-  Veuillez composer les ... chiffres de votre numéro client

-  Ils sont situés à gauche de votre facture !

Vous la balayez d’un regard agacé, les débitez, yeux rivés sur la rangée puis vous entendez :

-  nous cherchons un conseiller !

Ouf, c’était les bons !

Entre deux touches, revisiter à la hâte la dernière conversation avec le énième interlocuteur en ayant l’espoir de tomber sur le même (ce qui n’arrive évidemment jamais). Quelques notes de musique égrènent l’attente. A l’affût d’un correspondant, une montée d’impatience vient régulièrement buter contre un - "Veuillez patienter !" Comme si au bout de 10 mn on allait lâcher l’affaire ! Puis soudain un

-  "Allo, je vous écoute !" vous déstabilise.

L’attente agglomérée sur le combiné s’écroule subitement accompagnée d’un long soupir. Sans bruit vous esquissez un sourire et vous carrez confortablement sur votre chaise.

-  Votre nom s’il vous plaît !

-  Votre adresse ! ( dès fois qu’on aurait déménagé entre temps !)

-  Je vous écoute !

Vous respirez profondément, refaites le chemin à l’envers, prenez une nouvelle direction en déroulant vos explications sur un itinéraire vous paraissant à portée de compréhension.

A l’aide du courrier reçu, vous développer une argumentation digne d’une soutenance de thèse.

De longues plages de silence enrobent le monologue : oui ! non ! oui !

Accroché au combiné, vous savourez ce temps à partie où de l’autre côté, le conseiller vous donne l’impression de s’affairer sur votre dossier. Vous le visualiseriez presque, remontant la source du problème, longeant son fleuve et ses affluents, pistant la chronologie de l’événement pour déboucher sur une conclusion positive.

Signes particulier de cette conversation téléphonique, la confusion scandant des logiques hermétiques.

Un air de déjà vu de père Ubu. S’accrocher aux moments absents où le conseiller arpente désespérément son écran. Tenter de comprendre n’est pas suffisant. Des points de suspension envahissent votre oreille d’un fourmillement impatient. Au bout de ¾ d’heure, l’interlocuteur interloqué confirme des évidences subtilement propagées dans le combiné. Votre argumentation s’effondre, démantelée par l’épuisement. Tenter une ultime percée en utilisant des éléments flottants.

Un instant, laisser voguer sa mémoire sur le service public d’avant, au service de l’institution. Un organisme qui veillait et assurait l’intérêt général.

Une heure plus tard, le désarroi s’abat, dévorant en quelques secondes les arguments de votre bon droit. Apparaît alors la mise en place d’un processus attisé par un procéder incontournable :

-  payez les yeux fermés, on verra après !

Fatima Mana


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Ubu, roi de transformations sans concertation...


Clore un compteur, en faire ouvrir un autre pour quelqu’un d’autre, en avoir un. Trois mois de parcours du combattant dont vous réveille une lettre contentieuse même si vous n’avez fait que suivre les consignes de votre-conseiller qui en quatre coups de fil au numéro indiqué n’a jamais été le même et n’a jamais donné les mêmes réponses...

L’exemple même d’une privatisation et informatisation sans information ni formation, et surtout sans consultation aucune des usagers...

Autant en rire comme des lettres de relance pour impayés de 0€...

Mais une pente dangereuse si les mutations technologiques, les bouleversements en cours se font sans que les citoyens aient leur mot à dire... sans tenir compte de l’humain, du social, du savoir et des savoir-faire acquis au travail...

Technique sans ? "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme"... disait déjà Montaigne...

Non seulement d’immenses potentialités non actualisées, des ressources inexploitées, mais un dangereux écart grand entre ce qui fut des services et n’en est plus...

Nos efforts pour réduire la fracture numérique, développer la culture numérique ne seraient-ils que petits pas glissants sur pente savonnée ?

Non, bien sûr ! "Résistez !" nous dit Régine Raphoz en guise de voeux 2011 ou "Continuez à résister"...

Jarry/Kafka/Becket...

Cela va de soi. La montée des irrationalismes a toujours fait prospérer les intégrismes et ouvert la voie au nauséabond...

Jacqueline Cimaz





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Le corbeau


Un beau texte de Fatima Mana...


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Cracheur de fiel, tue le monde de sa bouche tordue. Charroie mal-être et rancoeur, accroche-serre à vif du sujet. Dépèce à nu - snapper caché sous sa peur - remue le doute, affirme tout bas à qui va là une vérité incluse dans l’épaisseur de sa méchanceté.

Attenante au mal de sa peau l’attente traque les plis de son visage devant le miroir sans âge. Habite l’ennui inconfortable de l’oubli. A tire d’ailes, saupoudre sa haine sur un ramassis d’envie, s’anime au moindre pouvoir, contre-poison d’une existence sans vie, pétrifie l’humanité à la traîne.

Au petit matin lisse solitaire ses plumes, se pelotonne dans le soupçon, l’attise revêche d’une bouffée d’air, fixe une idée autour de lui, la tourne en rond, l’écoute, savoure à l’avance tous ses petits bruits répandus sur le désennui.

A la première croisée, distille sa vérité au goût suranné. Douceur de miel, parasite la parole confuse, infuse tout bas ce que personne ne sait. L’écume aux lèvres, extrait la glu de ses lettres et promène à qui veut l’entendre sur son dos leur écho.

Bien sous tout rapport, sa parole parfois confuse tue dans l’oeuf le ridicule, l’agonie se cache sous le drap noir de son plumage. Dans ses veines circule le sang de la solitude.

A peine audible au monde, s’achemine à l’estime, retourne au couteau les mots. Religieuse menthe, passe la main sur le vide, poix humide à la barbe de la naïve, distille l’attendu. Le dernier mot planté dans le ventre de la lumière trébuche d’un possible bruissant à l’oreille.

A force d’écorcher la certitude de son bon droit, empile un mur de ses mains, en appelle au ciel, passe au crible sa position, ceint ses épaules d’une pelletée de silence. Entre deux couches de fiel, respire profondément, saupoudre sa conscience d’un halo d’indifférence.

Aux portes du temple, salut de ses doigts crochus la fièvre du dimanche, fait le plein de dernières nouvelles, bâton de pèlerin en main, presse le pas du qu’en dira-t-on. S’en dessaisir à tâtons. Pile ou face, quelques restes de mépris.





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Correspondances textuelles




1.
-  Un texte de Fatima Mana :

-  Le vent de trop

Sans aucun doute s’est installé à vif dans ses quartiers. Hurle-vent venteusement vantard, enveloppe les courants d’air à la traîne de son haleine glacée. Rebrousse colère, se focalise machiavel sous l’apparence première, trousse-ciel, le déchire de sa folie, fouette l’impression de non-retour assise sur les jours frileux.

Poitrail ouvert, terrasse la terre, erre de partout sa présence, cisaille les joues, frappe de plein fouet les acheminements hésitants, assiège l’effort velléitaire.

Omniprésent à perte de vue, échevelle le lointain, éparse, insaisissable, éparpilleur d’échardes existentielles, va là où l’air le pousse.

Indéterminé, vaille que vaille fuyant, soudain s’emballe, nonobstant la réalité, s’attelle à tout ce qui bouge, déséquilibrant le corps à corps plié sous l’assaut, bâcle-débâcle une ultime mise en demeure son passage à la va vite avant d’affluer sur les souffles coupés.

Il court si vite tout entier dans le froid hivernal, déterminé à ne laisser passer aucun morceau de soleil. Depuis les venelles du temps, cogne sa mine grise aux vantaux de lumière, traverse les murs emmurés d’un monde sans monde.



2.
-  Un texte qui a circulé, s’est lu...

Et la réception d’un texte d’Orphélia Escriu-i-Num’Llul , une sorte de glose proposée sur le texte de Fatima Mana.


-  Le vent de trop

-  Le vent du large

Sans aucun doute s’est installé à vif dans ses quartiers. Hurle-vent venteusement vantard, enveloppe les courants d’air à la traîne de son haleine glacée.

Arase les crêtes blanches à pied translucide du Fier,/ moutonne l’horizon glouton de carcasses-jachère,/ vibre le pharclochère, à rythme grand des marées

Rebrousse colère, se focalise machiavel sous l’apparence première, trousse-ciel, le déchire de sa folie, fouette l’impression de non-retour assise sur les jours frileux.

Quand grondent -appellent les bancs à bras entremêlures, / débusque sourd des grands fonds l’orange originel. / Laitance profonde au bleuté glauque des pertus.

Poitrail ouvert, terrasse la terre, erre de partout sa présence, cisaille les joues, frappe de plein fouet les acheminements hésitants, assiège l’effort velléitaire.

Rase lanière abattue de sombres hématomes. / Emporte, dénude les racines, sablonise la roche,/ saponise la rèze, salicorne en cornette.

Omniprésent à perte de vue, échevelle le lointain, épars, insaisissable, poseur d’échardes existentielles, va là où l’air le pousse.

Déchausse les archipels géants gisants en gués / Corne de brume géologique pour chiens lettristes

Indéterminé, vaille que vaille fuyant, soudain s’emballe, nonobstant la réalité, s’attelle à tout ce qui bouge, déséquilibrant le corps à corps plié sous l’assaut, bâcle-débâcle une ultime mise en demeure, passe à la va vite avant d’affluer sur les souffles coupés.

Vacille le phare, codé, phrases de triphasées Naufrage le mât sonor, écervelle le pilote,

Il court si vite tout entier dans le froid hivernal, déterminé à ne laisser passer aucun morceau de soleil. Depuis les venelles trémières, cogne sa mine grise aux vantaux de lumière, traverse les murs endigués d’un monde originel.

S’envole blanche île sous le vent aux branchies rouges endiguée au sol assoupi de venelles trémières.



-   Une invitation à vous mettre au clavier ou au crayon/cahier pour écrire votre texte ou un paragraphe et nous l’envoyer...


Jacqueline Cimaz





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Un grand désordre blanc


Apparemment bien décidé à rester, il engourdit les lieux-dits exposés à l’incertitude, béance les chemins de sa nappe-chape, statufie les restes de vie et se colle à-même demain soudain restreint.

Impraticable, le pas glisse sur l’hiver. Exposé à l’incertitude, l’attention s’occupe d’éviter la chute.

Quelque part, pendu à la lisière d’hier, l’ombre du figuier est avalée d’un trait. L’étoffe du silence brode l’air et absorbe sa pâle lumière.

Révolu l’été exténué, dans les rues, pelletées endiablées -devant de porte - jachère sur celles inhabitées. Trottoirs brodés de constellations souillées, s’attaquer sans itinéraire précis au linceul charrié par la saison.

Tétanisé, le bourg s’attelle au grand désordre blanc. S’ensuit dos courbés sur l’amas à dissoudre. Pester contre la métamorphose compacte, forteresse imprenable par endroit. S’échiner sur le tracé aléatoire de la route, atteindre le noir au coeur de l’asphalte. Gemme pétri d’espoir.

Léthargique, le monde se resserre à petits pas prudents autour de lui, titubant sur le temps mauvais.

Le dehors frigorifié sous l’occupation blanche s’occupe autrement. Penché sur l’autre, fleurit naguère où les petits vieux désaffectés de vie, regardaient sourire aux lèvres, désenneiger leurse allées bordées de solidarité. Encapuchonné sous leurs paupières, s’infiltrait un merci discret dissout dans la pudeur d’antan.

Au troisième jour une armada racle la ville et avale le monde fardé de blanc.

Fatima Mana


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Photos Fatima mana, planche et site, J.Cimaz





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Jabberwocky


Beaucoup de questions sur ce mot mystérieux plusieurs fois prononcé lors du spectacle théâtral du 29 mai.

C’est quoi ? Un jeu informatique d’après Internet ?


Tout simplement le titre d’un poème de Lewis Caroll, mathématicien, logicien, mais surtout photographe et poète... auteur anglais de la fin du 19 ème siècle bien connu par deux de ses romans "Alice au pays des Merveiiles" et "De l’autre côté du miroir" , [1]

Il y a eu beaucoup d’autres publications de Lewis Caroll. Jabberwocky est un poème où il invente le "mot-valise" "L’explication en est fournie par L’Œuf Gros Coco (Humpty-Dumpty) dans "De l’autre côté du miroir" [2]

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... Un poème extrêmement difficile à traduire...

"Se frotter à la traduction de Jabberwocky, c’est à la fois pénétrer dans les profondeurs d’une langue et de son imaginaire, mais aussi se plier à une impérieuse et unique exigence de rythme, de musique et de sens." (Wikipedia )

-  Lewis Caroll (pseudonyme de Charles Lutwidge Dodgson).

Lewis dénonçait la société victorienne mais son conformisme social est mis en évidence par beaucoup d’études.

Des contradictions complexes donc entre statut social et une oeuvre riche et inépuisable qui, depuis près d’un siècle et demi, n’a pas fini d’inspirer les avant-gardes ( en passant par Boris Vian, Colette Magny - à écouter ...)

Jacqueline Cimaz



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[1] Une oeuvre jouant avec le non-sens - "jouant, d’après Wikipedia sur la synonymie, la polysémie, le jeu de mots et autres motifs de quiproquo".

[2] « C’est comme une valise, voyez-vous bien : il y a trois significations contenues dans un seul mot... Flivoreux, cela signifie à la fois frivole et malheureux... Le verchon est une sorte de cochon vert ; mais en ce qui concerne fourgus, je n’ai pas d’absolue certitude. Je crois que c’est un condensé des trois participes : fourvoyés, égarés, perdus. » cf Wikipedia



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Un poète en son pays.


A chaque fois que notre poète breton, de vent, d’océan et de Brocéliande laisse un instant son pays, sa venue recompose avec légèreté le souvenir attenant à son passage précédent.

Surgissent les traces, jamais bien loin, fatras chaleureux, résonance d’une simplicité, d’une volonté de partager et d’ouvrir l’accès en toute humilité à sa langue.

A l’aplomb de la poésie, sa parole : celle de Villon ou Rutebeuf, exploration mise en lumière d’un monde à part à la portée du monde.

La présence dubostienne aux Rias, c’est une étendue de sens, foisonnance poétique installée d’éphémère, un temps habité par le souffle des mots.

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Jean -Pascal apporte avec lui des moments à partager et le prolongement de la fois précédente à retravailler. Constance du mot buriné à la réécriture, le reprendre, le répandre, le réapprendre pour mieux l’apprendre. Approcher sa proximité, l’installer dans la rature. Pâté d’encre violette, effacement pudique, aller au plus près de la matière, du sens et tenter de le révéler.

Un jour de ces il y a longtemps déjà, Jean Pascal Dubost posa sur un aparté de paroles coutumier l’évidence aujourd’hui installée dans une certitude : « L’écriture c’est la réécriture. »

Fatima Mana





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Ateliers « MOUVANCES »

7 et 8 novembre 2009

Le samedi 7 de 10 à 12h 30 puis 14h à 17h30, le dimanche matin de 9 à 12h [1]


Parole / écriture / modelage


Du creux de la main au creux de l’oreille, modelons la terre, modelons les mots !


La terre, les mots, les paroles, se modèlent, se triturent.

Les mots, les paroles, prennent forme, vivent pour être dits, entendus, criés ou chuchotés.


Les ateliers débuteront par un préambule pendant lequel tous les participants seront invités à découvrir le matériau terre chimiquement, microscopiquement, géologiquement et historiquement pour bien comprendre comment ce matériau vivant peut s’inscrire de par ses qualités intrinsèques dans un projet appelé « mouvances », (environ 30 minutes).

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Christian Bontzolakis lisant à Fabras, et des oeuvres de Martine Diersé dont le projet a été retenu pour installation à la source de la Dunière.


Puis la moitié des participants rejoindra son atelier : soit parole / écriture, soit modelage ; l’alternance entre les ateliers se fera environ toutes les deux heures .

Les deux dernières heures du week-end seront consacrées à une mise en commun et au choix des mots devant figurer sur les formes « coquillages » réalisées en modelage.

Christian Bontzolakis [2]

NB. Terre : pour participations personnelles à Mouvances, prévoir un sac plastique, type petit sac poubelle, un couteau, une cuillère et une cuillère en bois... Une demande de Martine Diersé.



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[1] à la Grange du Vernat et non à la Bibliothèque où nous n’avons pas la place de mener en parallèle deux ateliers (Quant au temple, il y fait trop froid à cette époque et pour la terre, il n’y a pas d’eau...

[2] Christian Bontzolakis, homme de lettres, de théâtre, de médiations, avec lequel nous entamons donc les ateliers, sera accompagné de Martine Diersé qui prendre contact avec la population.



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Pierre Ménard : une formation de l’instant, d’une extraordinaire densité et qui n’en finit pas de richocher...


Ancrage et ouverture...


(JPG) Entrée prudente et réfléchie par les fondamentaux.

Le support écran induit des formes d’écriture brèves, alors on travaille l’écriture brève.


Une revisite, certes, qui avec "Page 48", réactive des savoir-faire relatifs au résumé et à la synthèse, mais avec une fenêtre béante, ouverte par la consigne "Ecrire un poème" où peuvent s’engouffrer références sédimentées d’autres ateliers et lectures, bois flottés personnels et ces apports du réseau enchevêtré des blogs de Pierre Ménard

-  Inv/Citation à suivre au fil des jours. Cabriole + m ?

et recherches-découvertes à retrouver du 13 juillet...

ou le dériveur marin DCODD picore sans y penser les traces des pas passés de Bastille en République - Algérie/ Vietnam/68-

ou... D’ici-là, bien sûr cet extraodinaire travail de la musique... ou... OU... ou...

 [1]

où la porte cède s’ouvrant large sous les risées et vents des spécificités d’une écriture numérique dont la richesse est difficile à dire...

Jacqueline Cimaz

NB. Il y a moins d’une heure ce mardi que Pierre Ménard vient de mettre en ligne son récit de l’atelier à Saint-Apollinaire, l’atelier et un peu plus... Nous vous invitons à lire ce regard pas si extérieur qu’il n’en a l’air... Comme quoi la communication numérique, le dit et l’allusif...




Des mots sur l’écran, l’écrit de Fatima Mana


Il paraîtrait d’après Pierre Ménard, auteur, qu’approcher l’écriture numérique serait un jeu d’enfant.

Qu’à cela ne tienne, nous l’avons testée lors d’un atelier proposé par la bibliothèque de Saint-Apollinaire-de-Rias, dans le cadre de son projet Fête de la science 2009, et ma foi...

« Repenser à partir d’un même texte en utilisant comme support le papier numérique implique une autre approche »

Lire sur un ordinateur ou une liseuse offre la possibilité de grossir les caractères, d’introduire du son, proposant ainsi une mise en page évolutive. C’est une nouvelle habitude à installer.

De l’interrogation, Pierre Ménard invite la dizaine de stagiaires présents à passer à la pratique avec l’écriture de l’instant : intitulé de l’atelier.

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C’est une écriture très courte, une autre façon de réfléchir sur les nouvelles technologies qui transforme notre approche de la création littéraire.

L’écriture Blog - Ques aquo qué la via ?- encore un nom à coucher dehors simplement pour la différencier de la classique - propose un autre temps de lecture plus accentué, condensé, utilisant beaucoup d’images dans un texte court.


Nous rentrons dans ce monde virtuel par un site qui s’appelle 48 : bizarre comme titre, non ? Il étayera les données de l’exercice que nous propose l’intervenant.

Dans un premier temps, choisir un livre qui nous inspire puis s’arrêter à la page 48, y prélever 48 mots. Le second temps consiste à faire un poème à partir de la sélection.


Le travail suivant s’appuie sur le son : Pierre Ménard nous propose de remonter de notre mémoire, les sons qui ont cerné notre départ pour se rendre à l’atelier. Répertorier tous ceux rencontrés et les retranscrire dans deux ou trois phrases. [2]

Se souvenir mentalement de tous les sons trouvés sur notre parcours : thème, matière, prétexte à écrire, source de mots... En tous les cas un exercice qui en a inspiré plus d’un ! 


L’après-midi est consacré à l’élaboration d’un blog à partir d’une plate-forme qui s’appelle Blogger. Une simple procédure permet de rentrer les textes écrits le matin. On peut les accompagner d’images en les travaillant directement sur le site.

Pierre Ménard doit nous envoyer l’itinéraire terminologique que nous avons utilisé pour traverser cette journée afin de mieux se la réapproprier.

Se dégage de ce temps de découverte, le professionnalisme de l’intervenant, mettant à notre portée de néophytes un monde virtuel tout à fait abordable.

Un seul regret : que cette session ait été trop courte !




Ricochets

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- innovation 1

-  Le blog préparé par Pierre Ménard pour travaux d’atelier que chacun a pu découvrir et où chacun a pu entrer son texte...

Un bel outil de travail à alimenter et/ou dupliquer pour les ateliers Fête de la Science 2009 (et au-delà)... Et un outil collaboratif...


- Innovation 2

-  La liseuse, importée par Pierre Ménard, permet de lire, page par page, le petit journal du 4ème trimestre.


- 3 Immersion

-  Le saut à pieds joints dans les mouvances et tourbillons d’une écriture numérique diversifiée, foisonnante, au rendez-vous de la qualité, de la richesse et de la création... du professionnalisme le plus pontu à la valorisation des jeunes pratiques émergentes de la rue...


Nous souhaitions l’intervention de Publie-Net et, plus précisément de Pierre Ménard. Il paraissait difficile il y a quelques mois qu’il puisse venir. Comme quoi être tétu quand on est convaincu a du bon. Vertu de l’exigence...

A noter cependant que les apports réels, ont encore dépassé ce qui était attendu, du côté notamment d’une écriture tenant compte du support numérique, de ses spécificités et faisant un atout de ces contraintes, une source d’enrichissement inédite, et aussi de la qualité de la réflexion et de la construction. Comme si la dialectique qui en ressort n’était pas analyse a posteriori mais moteur de l’écriture elle-même ?


S’en convaincre :

-  InvCitation à suivre au fil des jours

-  retrouver du 13 juillet... Wattier, le runbook, une vieille connaissance pour nos lecteurs, de Ville ouverte en Artothèque...

-  ou le dériveur urbain DCODD

-  ou... D’ici-là, de Publie-Net bien sûr

Déjà cités en tête d’article ces liens ? Certes ! Affaire non pas de paresse (on pourrait en trouver tant d’autres dans les réseaux de Pierre Ménard), mais d’insistance insistant pour poser des repères déjà rencontrés, à partager comme références communes et tellement structurants...

J.Cimaz



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[1] Naviguez, surfez, c’est inépuisable ; et, quoiqu’en puissent dire d’éventuels détracteurs, plus proche de l’agrégation que de l’émiettement...

[2] ou sons transcrits par lettres à oraliser - une pratique du SMS ? - comme n’hésite pas à le faire Mendy, écolière de sept ans passionnée par les apprentissages et sans tabous aucun vis-à-vis de l’écriture... NDLR



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TERREFERME, Temps-privilége


Lecture de « Terreferme » par Jean-Pascal DUBOST à la Grange du Vernat le samedi 26 septembre.

« PRIVILEGE ! » C’est ce que tous les membres des Rias présents ont pensé de ce moment particulièrement intense de lecture à haute voix par l’auteur du livre sur les fermes modèles du XIXème siècle dans la campagne proche d’ANGERS.

Le diaporama qui accompagnait la lecture, permettait de visualiser cette réalité rurale à la fois économique et sociale dont les traces méritaient d’être présentées et explicitées.

Mais l’intervention de Jean-Pascal était plus qu’une présentation : la force des mots soumis à la forme poétique, le timbre de la voix, le rythme de la lecture, le choix des photos ont créé un envoûtement ressenti individuellement mais partagé par tous.

Nous attendons impatiemment de pouvoir disposer de cet ouvrage pour retrouver l’émotion créée par cette lecture dans le cadre unique qu’est la Grange du Vernat

Nicole Bertholon

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Inachèvement ? Béance ? Rupture, peut-être, mais justement...

Une écriture sienne dont Jean-Pascal nous dit son impression qu’elle est inachevée, par rapport, par exemple, à celle de Fondrie [1]...

Et s’il s’agissait plutôt d’un achèvement impossible du polissage de l’oeuvre parce que quelque chose interpelle encore dans ce patrimoine où s’enracine la création [2], parce que le lecteur assiste à quelque chose d’en-cours, la création se démenant à partir d’un patrimoine opaque... D’où la force de ce livre qui a tant ému les auditeurs (et le lecteur de lui-même)... Et ce besoin premier de l’image pour cerner l’indicible ou l’invisible, un "réel qui se dérobe" pourrait-on dire en détournant la belle expression de Dominique Thirion...

La non-fin de l’oeuvre dans l’oeuvre... [3]. Comme le théorème de Gödel s’appliquant à l’écriture ?

Difficile de mettre des mots sur ce que tous les présents ont ressenti comme quelque chose d’inédit, la création en suspens, le vécu d’une expérience rare et exceptionnelle comme on en rencontre peu dans sa vie - même avec une vie culturelle dense et de qualité...

Jacqueline Cimaz

NB. Ce que dit un peu Jacques Josse dans son beau texte de Remue-Net, où il conclut :

"Dans ce livre, écrit « en vers injustifiés », la poésie n’est pas là où on l’attend. Elle est dans les interstices, dans la matière, dans la densité de la langue, dans la respiration soutenue, dans les proses sinueuses où circulent réflexions, descriptions, repères économiques, architecture, histoire, économie. Un livre plein d’herbe, de terre, de tuffeau, de schiste noir, d’odeurs, de cadastres, de boue, de borriques débondées et de cidre frais, un livre que l’auteur, qui parle de « paresse travaillée », verrait bien étincelant de « bouésie »."





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[1] Cheyne Editeur

[2] Ce quiproquo sur De Falloux ?

[3] cf "Gödel, Escher, Bach : les brins d’une guirlande éternelle" (1979), un livre de Douglas Hofstadter, informaticien, Prix Pulitzer. Traduit en français en 1985 par Jacqueline Henry et Robert French. Réédition en 2000 chez Dunod. Une présentation du livre



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Ateliers de désautobiographisation


Ateliers d’écriture avec Jean-Pascal Dubost


Samedi matin 26 Septembre


Enfin, nous allons éclaircir cette énigme : qu’est-ce que la « désautobiographie » ?

Le thème de l’atelier nous interpelle ! Comme il est de tradition maintenant, le petit groupe à géométrie aussi variable que les âges des participants, se retrouve à la bibliothèque devant le café préparé par Fatima et quelques friandises à la framboise fleurant bon l’été sur son déclin en cette fraîche matinée.

Jean-Pascal explique : comment parler de soi sans dire « je », un exercice en quelque sorte de décentration. Souvent, le roman raconte, il est le domaine de la subjectivité, des émotions, du lyrisme, avec une part de fiction, une part d’autobiographie.

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Une référence à Montaigne pour lancer la réflexion :

« C’est moi que je peins, je suis moi-même la matière de mon livre ».

Rimbaud vient à la rescousse :

« JE est un autre »,

il y a dilution du poète dans le monde. Michelle Grangaud ajoute :

« JE est tout le monde. »

Le préfixe « dé » peut avoir deux rôles : être privatif ou au contraire marquer une intensité. On pourrait dire que cette désintégration du JE est une transformation de la matière en énergie (encore ne faut-il pas aller jusqu’à la destruction complète...) Notre tâche sera donc de faire jaillir une énergie poétique de cette désintégration programmée.

Quelques références, cette fois étayées d’extraits de textes de Walt Whitman, de Nathalie Quintane, de Michel Leiris qui mettent en évidence ces « remarques », simples, brèves, directes, que nous aurons nous-mêmes à produire et à porter à la connaissance des autres.

Et, comme il se doit, arrive en fin de séance, la lecture à haute voix à destination du groupe, avant le partage du pique nique auquel chacun fait honneur.


Samedi après-midi 26 septembre

Notice et Vida

Dans un premier temps nous sommes invités à rédiger notre propre notice biographique, comme celles qui accompagnent les livres, écrites par l’auteur lui-même, ou par l’éditeur, ou toute autre personne ayant choisi, pour présenter l’écrivain quelques « traits » caractéristiques qui le définissent dans son originalité.

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Le deuxième temps s’appuie sur la « vida », un genre occitan créé au XIIIème siècle, l’écriture d’introductions courtes à la vie des auteurs, tirées non pas des faits avérés de leur vie, mais inspirées par les œuvres, donc une vie née dans l’imagination de celui qui la rédige. Pour cela nous travaillons sur l’échange des textes écrits précédemment.

Nous nous séparons (pas pour longtemps) à 17h afin de permettre à Jean-Pascal de se préparer pour la lecture qu’il va présenter à la Grange du Vernat.


Dimanche matin 27 septembre

Ah ! Si j’étais...

Il s’agit d’adopter un personnage de fiction et de s’écrire une biographie fictionnelle, en adoptant le point de vue de ce personnage, mais en utilisant également des éléments écrits la veille dans sa propre biographie, le tout pouvant prendre la forme d’un dialogue ou d’une petite scène.

Après la lecture des productions, c’est à regret que le groupe prend congé de Jean-Pascal qui sera attendu impatiemment pour la « Fête de la Science » aux Rias.

Donc rendez-vous au 14 novembre -atelier de réécriture le matin, avant les conférences et autres débats de l’après-midi.

Comme à l’accoutumée, le « travail » a été passionnant, tout en renforçant les liens tissés entre les membres des « Rias ». Une belle réussite !


Nicole Bertholon





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TERREFERME et "la désautobiographie"


Samedi 26 à 18h, présentation publique de "Terreferme", lecture au micro sur fond de projection d’un diaporama...

Non pas à la Bibliothèque, mais à la Grange du Vernat... [1] cf itinéraire Orange

S’inscrire pour le nombre de places (gratuit, ouvert à tous,notamment aux collègues des autres bibliothèques...)




Terreferme : la Terre, après Fondrie, le feu... En attendant l’eau et l’air...

La ferme : l’écrit d’une résidence à Segré pour y interroger le mouvement hygiéniste, la belle époque des fermes modèles (19ème siècle)... La terre, l’exploitation, les travailleurs de la terre...

Une très belle écriture... Une écriture qui compte et marque le début de ce 21ème siècle...

Jean-Pascal Dubost est poète, auteur, liseur, Président de la Maison de la poésie de Nantes, et un ami de longue date...




L’atelier


"Pour l’atelier, je l’intitulerai "la désautobiographie" ou comment se dire sans se dire en ne disant pas "je"...

Je pense que ça devrait intéresser."

nous écrit Jean-Pascal.


Donc samedi 9-12h, puis 14-17h, dimanche matin : 9h-11h30.


Pour l’organisation, il est important de respecter les horaires et de s’inscrire par courriel ou tel (0475844725)


(Les ateliers sont toujours gratuits, mais le nombre de places est limité...)





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[1] petite route qui va de la Pierre plantée à la route Saint-Jean-Silhac par le pont du Belay en passant par le Carrefour des Résistances. L’itinéraire sera fléché.

Écriture de l’instant, atelier d’écriture avec Pierre Ménard


Samedi 10 octobre

de 10 à 12 h et de 13h45 à 15h45.

Repas partagé sur place avec les participants à l’atelier


Nouvelles écritures, SMS, email, chat, tweets. Un atelier pour capter l’art et la manière du texte très court.


Pour les jeunes de 15 à 95 ans !


Ces ateliers d’écriture, animés par Pierre Ménard, écrivain, proposent un travail sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...). Une écriture de l’instant. Les textes sont calibrés en fonction de contrainte temps, dans la limite d’un certain nombre de signes par exemple, comme pour les SMS et les mises à jour sur Twitter. Les productions de l’atelier seront diffusés sur un blog spécialement créé pour l’occasion.


Twitter est un outil de réseau social et de microblogging qui permet à l’utilisateur de signaler à son réseau "ce qu’il est en train de faire".

Il est possible d’envoyer et de recevoir ces mises à jour par Internet, par messagerie instantanée ou par messagerie numérique. On appelle ces mises à jour des tweets (gazouillis en anglais). La particularité des tweets : ils sont courts, d’une longueur maximale de 140 caractères, ce qui permet de mettre à jour son Twitter de manière brève et spontanée.



Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : "d’ici là". Écrivain, il publie à la fois des livres et des ouvrages numériques : "Le spectre des armatures" aux éditions Le Quartanier, "en avant marge" et "en un jour" sur Publie.net,"Quand tu t’endors" (album illustré par Mini labo), aux éditions Actes SudJunior, ainsi que deux ouvrages collectifs, "Il me sera difficile de venir te voir" : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions Vents d’ailleurs, et "Écrivains en série" un guide des séries (1948-2008),publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli.

L’ensemble de ces travaux est disponible en ligne sur son site..

Un site à voir et entendre...





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A K, un poème-cri de Fatima Mana




Dans les yeux d’un pays.


Parce qu’il portait un autre monde dans les yeux

Osait tomber les murs de son pays

Prit le courage devant lui

Raclait l’espoir d’une autre vie

Au fond d’un rêve tapi

Jetait le mauvais sort dehors.


Tout y était : travail - famille - patrie

serrés dans ses mains pour en faire une vie

Prisonnier d’un quota, porté au nom de l’état

Ils t’ont enfermé dans un centre de rétention

Où seuls, les pigeons aux barreaux de ta prison

Transportent sous leur ailes un autre ciel

Pour respirer ton amour couché sous ta peau


Poser sur ses hanches ton regard

grappes de lumière sur son ventre rond

Ramasser les miettes d’elle avant ton départ

pour ne pas se perdre sous la chape de plomb.

Paysan de ses collines, tu envoies un juron

A la liberté écrasée sous la férule

d’une logique politique, raison d’état.


Il te faut un peu de temps

Pour t’habituer à l’élan de solidarité

qui sourde dans les rues pour ta liberté

Qui couve sous les draps noirs

Sa colère contre le pouvoir

Et monte vers toi en écharpe, ses cris.


Tout contre l’aéroport, la réalité du départ

A l’odeur de tragédie, épuisée de désespoir

Ton coeur cogne sa peur par dessus les toits

Là où tu te trouves, défense d’espérer.

Pourtant un petit arbre est arrosé chaque jour

par les soleils de la fraternité

Pour que tu puisses enfin libre

Te rassasier du monde.





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Atelier d’écriture avec Jean-Pascal Dubost


Les 26 et 27 septembre...

Nous sommes sans nouvelles de Jean-Pascal qui est actuellement en résidence au Mexique, mais devrait revenir bientôt.

Dès que nous aurons le thème précis des journées, nous vous le communiquerons...

Mais tout le monde ici connait Jean-Pascal.


Les horaires : samedi 26 septembre de 9 à 12h, 14 à 17h30 avec possibilité de repas sur place.

dimanche 27 : 9h-11h30.


Le samedi 27, à 18h :

Présentation publique de "Terre-ferme" , sa dernière publication par Jean-Pascal Dubost.

« Un livre plein d’herbe, de terre, de tuffeau, de schiste noir, d’odeurs, de cadastres, de boue, de borriques débondées et de cidre frais, un livre que l’auteur, qui parle de « paresse travaillée », verrait bien étincelant de « bouésie »

écrit Jacques Josse.


Du Dubost certes, et qui relaboure "Langueyer", et retourne toujours plus profond, de la langue au réel...

"avançons que nous pouvons agir comme un bœuf ouvrant, édonc labourer et creuser le réel avec le regard récrivant le paysage, que l’écriture refasse les yeux à neuf sur une matière abstraite ; seulement seule l’imagination fait le paysage ; et quoi sommes-nous après paysager ?"


Un texte à lire et relire et qui demande du temps tant est inépuisable la densité de ce labourage et dur le mur du "quoi sommes-nous après paysager ?"

Jacqueline Cimaz





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Dunière suivie de Paulette Vignal



SUITE DE



Après notre sortie à Salins de Giraud, que penser de Perlette, la goutte d’eau qui un jour tomba dans la source de la Dunière ?


La Dunière après avoir reçu tous les petits ruisselets, de droite et de gauche :
-  le Sérouan,
-  le Besset,
-  le Belay,
-  l’Eve,
-  le Doulet,
-  le Rantoine et d’autres

se jette dans l’Eryieux.


Tous ont continué leur route en arrosant les arbres fruitiers.

De Dunière-sur-Eyrieux en passant par Saint Fortunat, Saint Laurent du Pape, les ruisseaux se retrouvent pour se jeter, arrivés à Beauchastel, dans le Rhône qui les engloutit avec toutes leurs gouttes d’eau.


Notre Rhône arrose lui aussi toutes ses berges et reçoit des affluents ; il vient de Suisse.

Né au mont Saint Gothard, il est navigable.

Des péniches transportent des marchandises, les bateaux de croisière le descendent jusqu’à la mer.

En passant par Avignon, Arles. Sur son parcours, il y a plusieurs écluses.

Il se jette dans la mer Méditerranée.


Pour Perlette c’est un long voyage !


Paulette Vignal





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Camargue


Poème-image à quatre mains...

Et un poème (et deux photos) de Fatima Mana, une composition de ces ingrédients par Jacqueline Cimaz...

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NB. cf comptes-rendus, planches photos du voyage en Camargue dont découle ce travail (cadre projet "Mouvances" - objet, ombre et reflet, transparences, rides de sable et d’eau...)


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La valse à trois temps.


Trois temps, trois autrement pour tisser le mot et l’enchevêtrer à la surface des phrases, avec des voix qui ont écrit la pauvreté : thème des ateliers proposés par l’association « Les Rias », ou « décrire les silences de la précarité ».


Dans le cadre d’un projet subventionné par la Région Rhône/Alpes - "Pauvreté, précarité : quelle démocratie participative pour quelle transformations ?", cette animation s’inscrivait dans l’écriture.

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Nouveaux ou anciens, les stagiaires s’approprient déjà la consigne. Il y en a même qui travaillent au corps du texte pour la détourner.

D’abord chacun patauge dans ses mots pour tenter d’y trouver une idée. Certains commencent sagement par le coin de l’image posée sous leur front. Celle qui vient de se réveiller à l’énoncé du sujet. Et puis se parler en dedans pour attiser l’imagination, appeler les mots qui parlent, les surveiller, les écouter, les entendre qui font la sarabande. Trop ou pas assez, ils sont là, posés entre les doigts.

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Des chuchotements sortent de ci, de là, surveillent le silence pour ne pas le déranger. Parfois un rire fuse. Une autre façon de parler aux mots.

Vite, rattraper la consigne, la malaxer, la triturer, en faire une boule, l’éclater sur le mur. L’impact libère des petits riens, à peine une idée poursuivie par un filet de mots, un murmure.

Tout à coup un éblouissement rame en courant, remonte le courant où se mêle le plaisir retrouvé de ces jeux d’enfance où se fabriquaient les histoires à l’ombre des collines.

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Un week-end qui avance paisiblement, usinant les mots de chacun autour d’un projet qui se vit au rythme de tous.

A noter, au cours de cette traversée studieuse et ludique, deux nouvelles inscriptions à la bibliothèque.

Fatima Mana


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On pourrait ajouter un atelier mûrement préparé et organisé, conduit de main de maître...

Un atelier qui permet de vérifier une nouvelle fois que la contrainte est libératrice, générant créativité et diversité...

Un atelier convivial où se sont frottées démarches des nouveaux et pratiques des vieux habitués des ateliers d’écriture aux Baraques...

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Diversité aussi des formes de précarité évoquées et des tons suivant les choix effectués fonction des références offertes - de Zola à Hugo - "les Misérables" - à Sartre et la précarité existentielle...

Richesse de tous les textes créés, courts ou longs, liés à l’expérience et/ou aux lectures...

Des consignes de réécriture, aussi, avec lesquelles le groupe a su éviter les pièges du formalisme et qui se sont avérées d’une grande efficacité.

Rires, convivialité... du témoignage au façonnage des mots, hétérogénéité qui fait la richesse du groupe...

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Et puis ce travail, cette formation, cette expérience acquise par Fatima Mana, en matière d’organisation, d’animation et conduite d’atelier d’écriture qui permettent à chacun de se sentir bien, de déployer ses expériences personnelles en se nourrissant des contenus offerts. Un week-end d’une belle qualité...

Un excellent fonctionnement du groupe, d’un groupe relativement nombreux...

Merci à Fatima pour la prise en compte de tous et chacun, la progression suscitée, la valorisation des écrits.

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Un week-end très dense où chacun s’est enrichi et a évolué, une belle performance pédagogique et littéraire...

Jacqueline Cimaz

NB. Une nouvelle publication collective se dessine... Affaire à suivre...





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Un beau poème de Bastien...


Mon poème que j’ai fait pour le printemps des poètes :

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Félicitations et merci...

Avec quel(l(e)s) poète(s)cette classe a-t-elle travaillé ?





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trois temps/trois formes pour dire et écrire les silences de la précarité...


-  Atelier d’écriture avec Fatima Mana ces 21 et 22 mars. [1]

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Dans le cadre du projet démocratie participative : Vivre ou survivre, dire et écrire les silences de la précarité/pauvreté. et du projet livre.

Lieu : Bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire de Rias.

Pour cette animation, 3 temps et 3 formes d’écriture seront proposés aux stagiaires

Fatima Mana



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[1] samedi 21 : 9h-12h et 14h-17h, dimanche 22 : 9h30-12h



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La Dunière, un parcours de mémoire...


Sur notre commune de Saint-Apollinaire-de-Rias, limitant avec Saint Jean Chambre et Saint Basile, une petite source sort de terre.

-  Dis moi, petite source qui naît dans les roseaux pour les oiseaux !
-  Dis moi, petite source aux fraîches eaux, où donc prends tu ta course ?
-  « J’ai l’âme vagabonde, je vais hors du taillis voir les pays. »

Voilà notre source qui devient un ruisselet, grossie par les gouttes d’eau qui tombaient des nuages comme Perlette goutte d’eau qui vient rejoindre ses soeurs dans le ruisseau.

Notre ruisseau prend sa course. Il passe à Martel, petit village puis sous la Faurie, le village de Dunière d’où lui vient son nom. La Dunière s’étire donc le long des prairies qu’elle arrose. Ses rives sont bordées d’arbres,( frênes, peupliers, vernes...) qui font un bel ombrage le long de ses eaux.


Tout en continuant sa course, elle arrive à « Jacques Antoine" où au siècle dernier, elle faisait tourner un moulin pour moudre le blé qui donnait de la farine et du colza pour l’huile, aux habitants de la région.

Avant de passer sous le pont du Belay, le « Sérouan », petit ruisseau qui vient se jeter dans son lit la grossit sur la rive gauche...

Le « Rantoine" se jette aussi dans son lit.

Sur la rive droite, un autre ruisseau arrive lui aussi...

Elle continue à descendre à « Monépiat » où il y a longtemps, elle faisait tourner une usine de soie qui occupait des ouvriers et des ouvrières.


C’est une rivière à truites qui fait le plaisir de beaucoup de pêcheurs.


Paulette Vignal

NB. A noter que Paulette Vignal a fait toute une recherche sur les descriptions de sources dans les manuels de lecture de son enfance et entend traduire en "patois" certains passages...





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Dire et écrire les silences de la précarité...


« Les silences de la précarité » tel était le thème proposé par les Rias, dans le cadre de son projet « une démocratie participative en prise sur le réel » répondant à l’Appel à projet lancé par la Région Rhône/Alpes pour accroître l’implication citoyenne de la population dans toutes ses composantes, y compris les plus touchées par la précarité et la pauvreté.

Cet atelier fut un révélateur extraordinaire pour certains. Recueillir le dire et le poser poétiquement sur une page blanche, un exercice d’une grande richesse.

Trois demi-journées, trois temps différents, trois appuis d’écriture pour peu à peu presque valser avec les mots. Tel aura été le rythme soutenu par les stagiaires.

Une implication à fleur de phrase où se révèlent parfois avec pudeur, des bribes de vécu.

L’écriture comme moyen de s’exprimer, avec une passerelle ou pas, assis au bord du possible en abandonnant tout simplement appréhension et a priori.

Il suffit d’oser et le monde d’un seul coup se retrouve sous une lumière différente.

Fatima Mana


Un atelier très structuré.

Samedi matin :

Fatima Mana lit des textes sur la vieillesse, la mémoire, les souvenirs... Des extraits de textes de Danielle Bassez (« Les vieilles », Cheyne), Marie-Claire Blanquart (« Rituel d’emportement », Obsidiane), Jérôme Delclos (« Coutures du silence », H-B Editions)

Elle propose une technique "classique", la constitution de réservoirs de mots, avec deux lectures et, éventuellement, les reprises nécessaires.

Puis chacun écrit (ou cherche et dicte ses mots)

Les textes sont ensuite lus pour la mise en commun.

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Quelques extraits, donc de premiers jets, parfois très denses :

Quand j’étais petite, j’étais chez Gaston,/ j’avais dix ans, / il y avait Pauline,/ Quand il m’a prise, j’avais cinq ans. / J’étais chez la Soulier, j’avais trois mois.// Lucie qui dit « je voudrais bien une petite », / la Soulier dit « je te donne ma Marie-Maude ».// Quand on gardait les chèvres, on nettoyait le bois,/ j’ai dit à Pauline, va chercher les allumettes,// le feu s’éparpillait partout ... Marie-Claude Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz et Laetitia Chevailler)

Largear lo biou [1]/ Faire des fagots pour les chèvres / Une feuille de fanachi/ Faut pointer le foin / qu’il va pleuvoir/ ça veut dire la meule de fe/ Donner aux lapi// Marcel me disait t’as donné aux lapi / je disais oui// T’as ramassé les zious / ça veut dire les oeufs/ je disais oui/...// Moi j’ai toujours eu peur des cochons moi,/ même les sangliers, c’est les mêmes romaines Marie-Claude Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz)

Seule dans son coin / Elle fait sa cuisine seule / La pendule sonne tous les quarts d’heure / Elle fait sa cuisine seule / La tête sur l’épaule / Tendue / Embronha / Seule dans son coin elle se souvient // Va de cuchar lo chi / Largear la besta / Faut tourner le fe / que va plaure... Christophe Gaillard (Recueil, mise en forme : Jacqueline Cimaz)

Les gens n’ont pas le temps !/.../ Chacun son rôle / vieillesse a du temps / pour écouter jeunesse. Hélène Claret

.../ A chaque jour suffit sa peine.// Tumeur de lait dirait l’absente / La pourriture crible les yeux du village// Clémence court / Le temps tremble le silence// A chaque jour suffit sa peine ... Jacqueline Cimaz

Je t’en veux de ta peur / Je m’en veux d’être celle / Qui éveille dans ton regard / Le rejet de moi Laetitia Chevailler

Réécriture

-  premier temps : sur le texte d’un autre, choisi...

Je vais pas toujours t’écouter / Y a pas l’temps / / Forcer la relation humaine / Ecouter l’arbre, voir le printemps / Suivre les feuilles, mûrir les fruits / / Je vais pas toujours t’écouter / Y a pas l’temps// Mais vieillesse / a tout le temps pour écouter ce monde Marie-Claude Gaillard et Jacqueline Cimaz sur un texte d’Hélène Claret.

... / On faisait cuire les grattons sur le fourneau / Et les caillettes dans le four. / Le « tueur » c’est pas un joli nom, / Mais c’est comme ça qu’on l’appelait. Christophe Gaillard, réécriture avec Fatima Mana

... / Autrefois Boissy tuait / Moi je n’étais pas né / Des mots me l’ont raconté. Fatima Mana d’après Christophe Gaillard

-  sur le sien repris ou à partir de celui d’un autre, nouvelle écriture...

Derrière les certitudes / Rideau fermé / Bruit du temps / A pas comptés / Visage plissé / aux marges du passé / L’aiguille perd la tête / Essoufflée... Fatima Mana avec les mots des autres

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Samedi après-midi

Des photos, évoquant la misère dans le monde, sont étalées sur une table... Chacun est invité à en choisir une... (bidonvilles, SDF, espérance de vie en Afrique...)

Une lecture individuelle de l’image s’en suit, ou en petit groupe, interprétative ou énumérative puis, toujours, interprétative...

Ensuite, on passe à l’écriture, suivant les mêmes modalités que le matin...

.../ Où est l’espoir de l’avenir ? / se taper la tête contre les murs / laisser l’existence / Sans possibilité de vie ! Hélène Claret

... J’aimerais pas habiter là / Ça fait triste de voir ce petitou comme ça / Il n’a pas de maman / C’est peut-être quelqu’un qui a divorcé... Marie-Claude Gaillard

Deux personnes vivent dans le bois / Avec une caravane / Je ne sais pas comment ils vivent ces gens / Je ne sais pas comment ils font pour manger / ... / Ils peuvent vivre sans femme / S’ils auraient une femme chacun, / ce serait beaucoup mieux pour eux... / Ils auraient des gamins / ... / Ils sont travailleurs, / Ils ont des sous pour manger pour boire... Christophe Gaillard

Les habits « font de l’usage » / Je porte une robe de ma tante, de 15 ans d’âge, / Qui porte celle de sa sœur, remise au goût du jour./ / Les pantalons sont toujours bicolores / ... / L’harmonie est un luxe qu’on ne songe à s’offrir... Laetitia Chevailler

Afrique 2008 / /

Espérance de vie : 46 ans / Norvège : 78 / 32 ans volés par millions en centaines multipliés / ... / Traite ma honte / .../ 32 ans volés / envolent les vautours. / / Il est temps et plus... Jacqueline Cimaz

Concentration de tôles ondulées / Rapiécées au gris de la vie. / Cadre de bois, semblant de dimanche / L’arbre tout seul / Guette sa chance./... / Fatima Mana


Dimanche matin :

Fatima Mana commence par des lectures de Duras, (La pluie d’été, POL Editeur)), Jean-Pascal Dubost (Fondrie, Cheyne)

Plusieurs techniques d’écriture sont ensuite proposées :

-  soit d’écrire entre deux petits vers donnés : « Paysage que ton visage devenu », / « Aux ornières vécues »
-  soit d’inventer collectivement deux vers entre lesquels écrire,
-  soit de s’engager dans une écriture alternative et collective, ce qui a été retenu par le groupe.

Chacun à tour de rôle, écrit une phrase,
-  puis une autre après relecture de la première,
-  puis une troisième après relecture des deux premières,
-  puis une quatrième et dernière après relecture des trois premières.

D’où la production :

-  d’un texte collectif patchwork, qui n’est qu’incitation à l’écriture,
-  des textes de chacun, reconstitués,
-  puis de trois textes personnels refaits à partir de celui de l’auteur, mais truffés de citations des autres (d’une citation de chacun à la totalité des fragments des textes des autres...)

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Extraits de quelques textes personnels :

A Empurany des douilles, des valisettes, / des dossiers médicaux pour les hôpitaux.../ .../ Mon repas à l’hôpital de Lamastre / chaque soir chez moi. / ... / / Pourquoi t’as déchiré ton survêtement qu’ta marraine t’avait offert ? / Patates binées, moto grattée / Claque la motte dure. / / Y’a un moment ! / C’est vieux ! / Christophe Gaillard

J’attends les bonnes, / je sors mon chien, / je joue, / des fois j’ai le cafard./ / On met le CD, / la mémoire s’allume vert, / je joue sur l’ordinateur,des fois ça chante. / La petite Dora parle. / Tu prends les bracelets colorés avec la souris... / ... / Marie-Claude Gaillard

Linge aux fenêtres, / valise penchée, / vingt ans aux Carrefours des Ramblas. Jacqueline Cimaz

Plus rien n’est pareil de ce pareil qui servait d’appui. Aujourd’hui « surtout ne pas déranger » affiché sur les visages fermés. Fatima Mana

A s’être soi-même tant perdu de vue, on se fait juge implacable de nos semblables trop semblables. Laetitia Chevailler


Une publication sera faite des textes de cet atelier qui fait triplement date.

D’abord c’était le premier qu’organisait Fatima Mana, et de l’avis général c’est une réussite au niveau conception, conduite, régulation, qualité des textes, implication des participants.

Ensuite c’était le premier atelier consacré à la précarité.

Enfin, c’était le premier atelier d’écriture auquel participaient deux personnes ne maîtrisant pas le déchiffrage, mais qui aidées d’une « secrétaire » [2] , se sont avérées capables de comprendre les règles et progresser rapidement dans l’écriture dictée.


Un atelier d’écriture fonctionne en général avec 10, 12 personnes au maximum. Là, la situation étant triplement innovante, nous n’avions pas souhaité travailler avec plus de 5 ou 6 personnes.

L’expérience aidant, le groupe s’étant forgé, il parait tout à fait possible d’envisager un groupe un peu plus nombreux en décembre, surtout si l’on dispose de 2 ou 3 secrétaires pour recueillir les textes, les mettre en forme et de trois personnes pour les saisir sur l’ordinateur, ce qui facilite le re-travail...

Jacqueline Cimaz



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[1] transcription tout à fait profane de l’occitan d’ici...

[2] la "dictée à la maîtresse secrétaire" est préconisée en maternelle pour faire faire des apprentissages textuels aux élèves avant qu’ils n’aient pu aborder la combinatoire.



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PASSÉ PAR LÀ


"Au fond c’est peut-être à bord d’un paquebot, sans l’avoir alors deviné, qu’a germé en moi la nécessité d’écrire. Si pour mes parents il s’agissait sans doute de rentrer en France comme on rentre à la maison, pour moi il s’agissait au contraire d’y retourner comme on retourne à l’école contre son gré. En embarquant ce jour d’été 1974, j’étais totalement indifférent à ce qui pouvait m’attendre de l’autre côté, tant je me sentais arraché, en même temps qu’à l’Afrique, à mes plus belles années d’enfance.

Durant ces trois années vécues à Dakar, qui me paraissent aujourd’hui avoir duré une éternité, j’avais nourri une véritable passion pour les coquillages. Une obsession de collectionneur, certes, mais plus encore une obsession de chercheur d’or, en quelque sorte. Et voilà que la vie me privait, du jour au lendemain, de ce bonheur incommensurable éprouvé à chaque fois que je m’en allais retrouver l’un de mes rivages favoris, à chaque fois que j’enfilais palmes, masque et tuba pour m’enfoncer un peu plus profondément dans la mer, pour y fouiller un peu plus loin le sable et les rochers, à la recherche de la perle rare...

Que faire alors, une fois échoué dans l’est de la France, et cette toute petite ville de garnison cernée par la tristesse infinie des champs de betteraves, pour retrouver une émotion comparable ? Voilà comment la poésie s’est peu à peu révélée comme une alternative à ce monde perdu, même si mes premières lectures vraiment marquantes avaient été plutôt des romans : Kipling, Stevenson, Twain... Comme bien des jeunes gens de mon âge, c’est à travers Baudelaire, Rimbaud et Verlaine que je découvrais maintenant la poésie, et si mes premières tentatives n’en étaient forcément que de pâles imitations, j’y entrouvrais pourtant les portes d’un autre espace d’apnée, j’y retrouvais la quête obstinée, sans cesse renouvelée d’une forme. Chemin faisant, il fallut bien me résoudre un jour (je devais avoir seize ans) à informer ma famille, de plus en plus curieuse de mes projets d’avenir, qu’après avoir renoncé à l’aviation puis à l’océanographie, je m’étais enfin fixé un objectif prioritaire dans la vie : devenir un poète ! Et ce avec une insistance telle que la circonspection initiale ne tarda pas à se muer en consternation quasi unanime, on s’en doute... Sauf pour ma mère, que sa légitime inquiétude n’empêcha pas de me léguer alors deux des rares livres rescapés de sa propre adolescence : les Lettres à un jeune poète de Rilke, et les Poésies complètes de Cendrars. D’un côté l’exigence requise, de l’autre l’appétit du monde, le goût du voyage... Ces deux livres ne m’ont jamais quitté. Dix ans plus tard environ, c’est encore au cours d’un voyage, entre Sahel et Sahara cette fois, que me piqua la mouche de la photographie. Ce furent d’abord plutôt des paysages, et la couleur, avant de réaliser que j’avais peut-être peur d’un désir plus profond : celui d’arrêter mon viseur sur des visages, des humanités, avec les difficultés, voire les risques précisément humains, liés aux ravages du tourisme, que cela peut comporter en certaines occasions. Je finis par faire le pas, délaissant du même coup la couleur pour le noir et blanc (jusqu’ici en tout cas), lors d’un séjour au cœur du pays Maya, entre Mexique et Guatemala. Ce sont essentiellement ces visages croisés par un regard étranger, que j’aimerais vous montrer aujourd’hui. L’histoire précieuse qu’ils portent en eux d’un autre monde, saisie au bord de sa disparition. Comme dans le poème, parfois, ce genre de sens qui resplendit en s’échappant."

Bruno Grégoire

NB. Nous avions demandé à Bruno Grégoire de se présenter pour les lecteurs de la Bibliothèque Municipale et le public de Lire en Fête. Il nous a envoyé ce texte...





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Un 10/11 octobre exceptionnel...


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Saint-Alban, Eluard, Lautréamont...




Le récit de Fatima Mana :

"Jeudi soir

Les trois poètes et la comédienne sont arrivés à l’heure dite crépusculaire, sans encombre. Comme quoi l’inaccessibilité de notre pays et sa renommée s’avèrent injustifiées, pour peu que l’on parte à sa rencontre avec curiosité (et sans GPS évidemment)...

Première étape, le temple, histoire de s’approprier visuellement son espace, avant la mise en place des expositions le lendemain matin.

Le soir, la table rapproche déjà les paroles, tournées au tour du plaisir de partager un bon moment de convivialité.


Vendredi matin

Une ruche bruissante se mesure aux dimensions du lieu et l’apprivoise.

Visseuse/dévisseuse entre en action. Epoustouflant Jacqueline Cimaz, Laetitia Chevailler taquine le taquet.

Mais tout d’abord dilemme : alignement par le haut ou par le bas ? Forte de son savoir un rien tout neuf, Fatima Mana s’entend dire comme une évidence par Bruno Grégoire : « évidemment par le bas ! », comme si elle venait de lancer une incongruité.

L’allée centrale est accaparée par Patrick Maury et François Boddaert. Tous deux arpentent le ciel du silence habituel, le traversent et le coupent au cordeau de l’esthète.

Socles, planches et chevrons assemblés, les poteries du sculpteur se dévoilent, fragiles et belles de leur enluminure protectrice.

Les photos de Bruno Grégoire, saisies lors de ses voyages guatémaltéques, mexicains ou africains, habitent en blanc et noir la notion d’ailleurs ou l’équivalence d’un dépaysement assuré.

Anne Segal est sortie du monde qui l’entoure. A proximité, au milieu du va-et-vient, elle se retire, s’apprend, délaye, concentrée sur la phrase, les mots dans l’intimité de sa tête ; cherche leur résonance, la plus belle, la jette à l’acoustique déséquilibrée par les hauteurs plafonales démesurées.

Elle s’arrête un instant sur la progression du travail puis se réfugie dans son livre et s’absente.


17h30/18h :

La lumière automnale vient d’élire ses quartiers dans le temple et se repose sur les sculptures de Patrick Maury. Des photos de Bruno Grégoire, happent sa traversée. Fugitive, s’attarde, et ouvre un instant, la fenêtre du voyage.

Ce soir là les passeurs d’arts nous offrent une ponctuation de leur métier, jardiniers des mots corrélés au bel ouvrage, puis Anne lit, dans un silence recueilli les textes choisis... Un moment au goût de précieux..."




Vernissage

D’abord, après installation, ce vernissagePatrick Maury, sculpteur, et Bruno Grégoire, photographe de voyage, présentent leurs oeuvres et livrent quelques indications sur leur travail...


Beaucoup d’intérêt et projections diverses en fonction des références et du vécu de chacun.




Et puis quelques belles lectures d’Anne Segal...




Un samedi dense et privilégié.


Atelier d’écriture.

Dès 9h les stagiaires de l’écriture remplis de curiosité vis-à-vis d’un nouvel intervenant, se regroupent autour du rituel café/croissants avant d’entamer l’atelier.


Bruno Grégoire offre le choix entre trois pistes de travail :

-  puiser les mots qui parlent à chacun lors de la lecture puis de la relecture lente de cinq de ses poèmes, écrire ensuite en utilisant certains de ces mots... et d’autres...

-  reprendre le premier vers d’un de ses poèmes : « la panique amoureuse », et le dernier « parler » et écrire entre les deux...

-  prendre un nom et un prénom, par exemple, « Anne Segal », recenser les lettres qu’ils contiennent, chercher des mots composés de ces lettres et écrire avec ces mots...



Nous voilà tous tête penchée sur la page blanche.

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Après un temps de travail dense, chacun lit son texte à voix haute. Bruno dépose une critique constructive après l’oralisation de chaque poème - le positif - puis des suggestions pour enrichir, un vrai regard permettant de progresser, modifier, faire grandir le poème...

Un travail de qualité qui, de plus, apporte des mots et images au projet "Mouvances"...




Nouvelles visites

Des oeuvres qui parlent d’elles-mêmes et interrogent...

Et, notamment, un beau temps de déchiffrage de formes par Marie-Claude Gaillard, interpelée par les viscères et qui lit les sculptures - "Les plombs- anatomies imaginaires"- l’une après l’autre, repérant et identifiant des formes, livrant même parfois plusieurs interprétations pour une forme...

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Une résonance lourde et douloureuse avec le corps malade, mis à distance par cette énumération, une appréhension aussi de la démarche artistique, par le rapprochement effectué entre ces sculptures et les totems du Carrefour des Résistances, et le soulagement sinon la joie manifestée de voir médiatisées par l’art une douleur récente et une appréhension actuelle...

L’art moyen d’investigation, de compréhension, de "mise à distance de l’insoutenable" comme disait Semprun...

Une belle démonstration, en tout cas, du fonctionnement de ces plombs, du poids de ces anatomies imaginaires...




Enfin, la lecture.

Après que les participants à l’atelier d’écriture aient lu les textes écrits le matin,

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un moment, rare, intense, d’une immense qualité,

-  par le choix des textes, par la qualité et la diversité des lectures,

et puis par la restitution, approfondie et émouvante, taraudant l’auditeur, effectuée par par Anne Segal d’un très beau texte de Bernard Varfagtig.


Anne Segal décline et pose la phrase dans l’émotion. De sa lecture gicle la beauté d’une prose exceptionnelle. Les visages, emplis de silence, l’écoutent, attentifs. Un moment rare et fugitif se vit avec la sensation d’assister à une rareté offerte au travers de la voix d’Anne Segal.

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Et là aussi, ce temps fort que constitue le dit de son émotion et de son adhésion à ces lectures par Christophe Gaillard. Une appréhension de la poésie par l’oral, la saisie directe d’images fortes...

Ce langage qu’évoquait Lucien Bonnafé, dans l’Essone, dans les années 70, ces "évidences neuves"...

De quoi alimenter réflexion pédagogique et recherche [1]...

De quoi, aussi, enrichir encore la démarche de l’association...


Quant à la mémorisation des textes évoquée par Paulette Vignal et la transmission orale d’un patrimoine... Vaste question à laquelle François Boddaert lui a répondu qu’elle avait raison de la poser...

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[1] et notamment le sempiternel débat concernant l’existence d’une poésie "pour enfant"



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Poésie et arts visuels pour le trentenaire d’Obsidiane


Les temps forts :

-   Vernissage vendredi 10 à 17h30, au Temple des Baraques,

visite des expositions,

lectures

pot de l’amitié.


Atelier d’écriture avec Bruno Grégoire samedi matin. Rendez-vous à 9h à la biliothèque municipale aux Baraques, inscription indispensable au 0475844725.


-   Lectures de textes de Bruno Grégoire et d’autres poètes d’Obsidiane à 17h le samedi 11.


Les intervenants du vendredi et du samedi :

François Boddaert, poète et auteur, directeur d’Obsidiane, Bruno Grégoire, poète publié à Obsidiane et photographe, Patrick Maury, poète également publié à Obsidiane et sculpteur, Anne Segal, comédienne.




Avant la clôture de l’exposition, le dimanche 19 octobre à 15h, Table Ronde "Poètes et peintres, les enjeux d’une correspondance", avec François Boddaert, Patrick Maury et Jean-Gabriel Cosculluela.

Par ailleurs un certain nombre d’artistes plasticiens nous ont fait part de leur intention de venir et participer au débat...



Exposition de livres d’Obsidiane, des publications des Rias, et le 19, d’un certain nombre de livres d’artiste dont "Le livre le livre" - Cosculluela / Duport...





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30 ans d’Obsidiane ou Arts et Poésie aux Baraques pour Lire en Fête.


(JPG) Du 10 au 19 octobre,

au Temple et à

la Bibliothèque Municipale,

aux Baraques,

à Saint-Apollinaire de Rias.


"Trente ans d’Obsidiane" ou Arts et Poésie pour Lire en Fête


avec François Boddaert, Patrick Maury, Bruno Grégoire et Anne Segal, comédienne.

-  Participation de Jean-Gabriel Cosculluela, poète, auteur, à la table ronde du 19.


D’abord revue en 1978 et jusqu’en 1986, Obsidiane devient ensuite Maison d’Edition. [1]

-  Des livres d’auteurs étrangers sont publiés en version bilingue. " Quant aux revues « sera créée en 1986, la toujours vivante collection « Les Solitudes », qui mêle des voix différentes, divergentes et parfois contradictoires. Possédé par le démon de la revue, François Boddaert re-crée une revue, Le Mâche-Laurier, de 1994 à 2008, sabordée pour en lancer une autre, probablement... » écrit Jean-Pascal Dubost Dans Gare Maritime, annonçant les « 30 ans d’Obsidiane » de la Maison de la Poésie de Nantes du 11 décembre 2008...


(JPG) « François Boddaert est né le 26 juillet 1951 à Sens. Il suit des études à la Sorbonne où il obtient une licence en art et archéologie et un DEA de philosophie. En 1978, il fonde les éditions Obsidiane puis, plus tard, en 1980, il met sur pied le festival de poésie-musique de Sens. Il a créé ces dernières années l’association interprofessionnelle Hélikon et la galerie d’art Icôna à Saint-Julien-du-Sault. Aujourd’hui, il vit entre Bourgogne et Champagne - en esprit jamais très loin toutefois de la Bretagne aimée. Poète et romancier, membre du CRL de Bourgogne, il participe à de nombreuses revues et anime des colloques autour de la poésie et de la littérature.

BIBLIOGRAPHIE :
-  Consolation, délire d’Europe, La Dragonne, 2004
-  Vain tombeau du goût français, La Dragonne, 2001

"Poète, prosateur et essayiste, François Boddaert nous embarque là où l’auteur se montre le moins : dans l’intimité de la machine poétique. Vain tombeau du goût français ou la machine de guerre, des corps, de la langue et de l’Histoire. 

...La poésie de François Boddaert interroge aussi bien la langue, ses structures, "ses niveaux d’écriture, du vulgaire au savant, du baroque à l’argot", qu’elle y fait place, dans le sens véritable d’une inscription questionnante, à l’Histoire et à nos histoires... » (Extrait de la présentation effectuée par Emmanuel Laugier pour le Centre d’Art et le Littérature, Poésie, Coopérative Montolieu )


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(JPG) "Bruno Grégoire, « poète, traducteur et photographe", est né en 1960 en Lorraine.

Enfance et adolescence partagées entre l’Afrique noire et la France. Brèves études de cinéma et autres voyages (notamment au Maroc, en Algérie, en Grèce, au Niger, au Guatemala et au Mexique). Vit aujourd’hui à Romainville d’activités littéraires diverses, plus particulièrement d’ateliers d’écriture en milieux scolaire ou carcéral. Membre du comité de lecture du Mâche-Laurier (Obsidiane) depuis sa création en 1993, et du conseil de rédaction de Po&sie (Belin) de 1998 à 2004. 

De nombreux ouvrages publiés... [2]

(Extrait de la présentation Du Centre d’Art et de littérature, Poésie, Coopérative Montolieu)




(JPG) « Patrick Maury publie très peu. Artiste et poète, il a collaboré avec le regretté François-Xavier Jaujard, au temps des intrépides éditions GRANIT.

François Boddaert, directeur d’Obsidiane l’accueille dans une collection d’auteurs français soucieux de la langue et de ses jeux subtils : il y rejoint Marie-Claire Bancquart, Frank Venaille, Paul le Jéloux, Jean-Claude Caër et le trop oublié Jean-Michel Franck...

Son recueil « Petites métanies du temps » est bref, incisif comme un coup de sonde dans l’abîme du Temps. On devine la longue maturation d’un ouvrage sans cesse élagué... pour tenter de donner à entendre "le silence du monde".

Si "tout advient", pourquoi attendre, durer ? Pourquoi donner du sens au "tout petit canevas des larmes" ? Pourquoi même parler : "le monde est malade de la bouche"...

"Si l’on savait fermement repartir/ et abréger ainsi le temps de la connaissance / comment pourrions-nous encore avoir peur ? L’homme, surchargé de lui-même, doit retrouver "l’enfant redonné" au fond de lui-même. »

(Extrait de la présentation d’ Alain Suied, dans les pages du Centre d’Art et de littérature, Poésie, Coopérative Montolieu )



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[1] Parmi les auteurs publiés depuis 30 ans : Adonis, Aïgui, Patrick Beurard-Valdoye, François Boddaert, Christine Bonduelle, François Cariès, Bo Carpelan, Gérard Cartier, Pascal Commère, Cédric Demangeot, Jean-Pascal Dubost, Bruno Grégoire, Paol Keineg, Mario Luzi, Patrick Maury, Gilles Ortlieb, Jean-Baptiste Para, Bernard Vargaftig, Patrick Wateau...

[2] dont, pour la poésie :
-  Niger, AEncrages & Co, 1990
-  Vies silencieuses (en collaboration avec Philippe Salus, d’après des photographies d’Éric Pineau), Mydriase, 1990 ;
-  Passage du paradis (tirage limité, avec des peintures de Jean Deparis), Mydriase, 1992 ;
-  Dans la bouche morte, Obsidiane, 1993 ;
-  L’état de secret (tirage limité, avec des dessins de Jean-Louis Gerbaud), Monique Mathieu-Frénaud éditeur, 1998 ;
-  L’Usure L’étoile, Obsidiane, 1998 ;
-  Loin de Cluj (traits d’union), Obsidiane, 2004... et des articles dans de nombreuses revues...dont Po&sie, Le Mâche-laurier, Digraphe, Europe, La Polygraphe... )... et dans les quotidiens Le Figaro et L’Humanité... des textes traduits et des traductions...



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Aux marges de l’atelier, Jean-Pascal Dubost parle de ses projets...

en répondant aux questions de Jacqueline Cimaz...

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-  Nous venons de vivre deux journées d’atelier particulièrement riches. Et, vous, vos projets de publication ?


- Pas de projet de publication dans l’immédiat. Ou si, un pour l’an prochain au Dé Bleu, un texte issu d’une résidence, à Segré, tournant autour du concept des fermes modèles, « Terreferme ». Ce sera une suite à Fondrie dans le sens où ça s’inscrit dans une tétralogie titrée « Le travail des éléments », « ainsi, après le feu de Fondrie », la terre en « Terreferme » ; resteront l’eau et l’air ....

« Terreferme », c’est du poème mélangé à de la prose ; du poème en prose mélangé à de la prose en vers ...


-  Florence Trocmé, dans le premier entretien infini [1]], parle de « fonds » et d’ « interface ». Les fonds là ? Des origines rurales...


- Un fonds personnel sans doute, une certaine réminiscence sans nostalgie du monde rural... Mais la métaphore de la terre me préoccupe. La métaphore du poète fondeur, je la joins à celle du poète laboureur, le creuseur de sillons.

J’aime comparer le travail du poète au travail de l’ouvrier - pas la même matière, mais un travail manuel, manuel cérébral avec les outils, l’ordinateur, la recherche dans les livres... Je défends une idée du poète ouvrier, seul responsable de ses écrits et ne se plaçant pas à l’écart des hommes... Je suis contre l’idée du poète inspiré...


-  Quand vous dites le poète « fondeur » ?


- Creuser dans la mine, qui est soi-même, son fond et son fonds... pour remonter le minerai. Façonner des blocs de prose comme des blocs de fonte...


-  Labourer ?

- Labourer ? Creuser le sillon, le vers, la prose. Labourer, creuser un espace mental, concevoir la page pour le poème comme un champ qu’on laboure. La prose, selon moi, elle vraiment creuse un sillon, le sillon régulier, c’est la prose, pas le vers. Imaginez un champ labouré comme un poème en vers contemporain !...

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Quant à la conception de la ferme modèle, elle est liée aux thèses hygiénistes du 19ème siècle, thèses hygiénistes mais aussi économiques, souci du rendement, de l’économie de la force de travail, du temps, de la propreté (bâtiments ouverts, circulation de l’air, évacuation souterraine du fumier, séparation des bâtiments, ventilation, architecture, demi-lunes de ventilation, bâtiments posés sur briques pour éviter le salpêtre et la moisissure...) Choses et manières de concevoir le travail qui ont disparu, sauf sans doute l’idée de rendement... Il reste quelques fermes... Dans le segréen, l’homme de circonstance, c’est le comte de Falloux, connu pour la loi Falloux. Aristocrate déchu qui revint sur ses terres après les événements 1848 : là, il y appliqua ses idées de progrès en reconstruisant une ferme et en relançant une activité...

J’ai visité ces fermes, rencontré un vieux monsieur qui avait été commis, insistant sur la propreté des bêtes... J’écris autour de cette activité humaine perdue... Elle n’est pas connue. Il n’y a rien dans les archives. J’ai travaillé en interrogeant les gens, un vieil aristocrate, ce commis... J’ai accumulé des matériaux d’octobre à mars. Maintenant, écrire. C’est en écrivant ce texte que je réfléchirai plus avant à cela, ma réflexion sera plutôt dans le texte « Terreferme » que dans les propos que je suis en train de vous tenir... Nul doute que mon propos poétique contiendra une part critique. De l’hygiénisme à l’hygiénisme moral, il n’y a qu’un pas, qui a été franchi !

J’essaie de travailler des poèmes en prose, mêlés à de la prose en vers, avec une forme typographique comme un paysage sur la page... La tabulation fait le vers, avec justification à gauche, pas à droite, façon de critiquer l’arbitraire du vers contemporain. Prose, vers, italiques : dessiner un paysage, pas calqué sur le paysage ségréen mais sur l’idée que j’ai arpenté un paysage.

C’est un pays de bocages et de mines de schistes noirs, un paysage austère, qu’il faut pénétrer du regard. Au départ on m’avait proposé de travailler sur les mines d’ardoise du Segréen, mais je ne voulais pas faire deux fois la même chose.


-  C’était trop proche de « Fondrie » ?


- Oui.

En même temps ces fermes, c’était un système assez paternaliste. Le père des ouvriers...


-  d’autres projets ?


- Plein d’autres projets ! Un manuscrit de prose, un récit. Il y a un extrait sur remue-net. Il est chez deux éditeurs...


-  Et pour la Maison de la Poésie de Nantes ?


- Nous organiserons en octobre prochain la 8ème édition de notre festival de poésie MidiMinuitPoésie pendant quatre jours en plein centre ville, dans les bars, les écoles, l’école des beaux-Arts, les Galeries Lafayette (lectures-performances sur la casquette)... dans le cadre de Lire en Fête, tout autour de la Maison de la Poésie située dans le centre, avec des scènes dans les rues, lectures-concerts...


-  lectures-concerts ?

(JPG) - Oui, vers des musiques expérimentales, de toutes sortes, des performances, lectures simples, et une exposition de Bruno Di Rosa...

Il y a chaque semaine 30 000 personnes dans le centre ville. Nous allons vers elles, avec exigence, car non pour les amuser ou distraire, mais pour les bousculer, les surprendre, avec le concours de compagnies, de radios, et, essentiellement, de poètes de tous horizons...

On songe, si ça fonctionne, à d’autres projets, pour les futures éditions, comme des lectures en appartement. Nous terminerons ce festival par un grand banquet ouvert à tout le monde, poète et public ensemble, à des improvisations - mais pas de Slam...


-  Et Gare Maritime ?


- La revue est en difficulté, car nous n’avons plus de subvention du CNL. Un numéro revient à 6000€ environ, plus le temps de travail. Nous avons une très bonne réception critique, mais ce n’est pas suffisant, nous pêchons sur les ventes, sur la diffusion...


-  Le Titan ?


- Le Titan est en questionnement...


J’ai un autre projet en cours, un livre sur tous les auteurs qui ont compté pour moi, qui ont eu une influence dans la pensée du poème et l’écriture, grossièrement dit, « Et leçon et couture ». Une première version est finie. Il faut tout réécrire maintenant...





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[1] [Poezibao->http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/04/les-entretien-1.html

Atelier d’écriture avec Jean-Pascal Dubost


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les 7 et 8 juin.

-  samedi de 9 à 12h, et de 14 à 17h30 - avec la possiblité mise à profit de partager sur place un repas convivial,

-  dimanche de 9 à 11h30.


L’écriture s’est effectuée, comme prévu, à partir de formes fixes pratiquées dans d’autres pays, au cours de l’histoire :

-  le sôshi (notes de chevet) (Japon)
-  le rubayat (Iran)
-  le landay (Afghanistan)
-  le pantoum (Malaisie)

-  Le haïku (Japon) et le limerick (Angleterre), en réserve, n’ont pas été utilisés...


Un cadre, des exemples et consignes, parfaitement orchestrés par Jean-Pascal Dubost, et qui, comme l’expérience l’a montré, se sont révélés très stimulants, les consignes et contraintes facilitant l’écriture, et induisant la diversité ...





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Atelier d’écriture

"Ce week-end, les ateliers d’écritures sont partis dans plusieurs endroits du monde explorer des formes poétiques étrangères - d’ailleurs, d’autrefois et de tous temps.

Samedi, le périple prévoyait trois escales pour découvrir sous la direction du capitaine de bord Jean Pascal Dubost des paysages où s’emmêlent les mots révélant l’origine.

Le groupe composé d’une douzaine de personnes est prêt à en découdre quitte à ouvrir et tordre son imagination pour entreprendre ce voyage rempli de curiosité.

Première étape sous les alizés Nippons,

avec le SÔSHI... de Sei Shônagon...

écrit intime traduit par "Notes de chevet" ou "d’oreiller".

« De l’écrit intime au chevet il n’y a qu’un pas. »

Cette écriture romancée, ancrée dans la littérature de l’époque, liait le merveilleux à la réalité de tous les jours.

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En début d’après-midi, l’itinéraire nous conduit dans la communauté Pashtoune avec la seconde forme abordée, le LANDAY

Le texte est très court, écrit en deux vers de neuf et treize syllabes. Sans rime, il renferme des scansions par allitérations ou assonances, aux rythmiques fortes.

Le LANDAY est anonyme. De tradition orale dans une communauté clanique civile conduisant les femmes à dire leur douleur secrète par le chant ou le suicide, c’est une poésie exclusivement féminine, composée et chantée en allant chercher l’eau au puits.

Ses thèmes sont :

-  l’amour,

-  la mort,

-  l’honneur.

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Nous continuons notre route avec un petit séjour en Iran et partons à la rencontre de l’auteur très connu -Omar KÂHYÂM- qui a mis au goût du jour le RUBAYAT.

Forme poétique en un quatrain (quatre vers) -nom provenant de l’arabe ARBA qui veut dire quatre.

Le RUBAYAT est un poème qui exalte, il compose litanie sur litanie, aux rimes croisées, autour du mot « vin" ou "rien »... et en jouant sur le sens des mots et leur codage.

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Dimanche matin, nous accostons en Malaisie et partons sur les traces du PANTOUM.


Cette forme poétique née au XVI siècle parcourait les trois périodes de la vie (enfance, âge adulte, anciens).

Le PANTOUM se compose d’une série de quatrains dont les vers se déplacent et s’entrelacent au fil de deux thèmes en opposition qui se brodent aux points de vers.


Le PANTOUM, de tradition orale, portait la parole collective. C’est Victor Hugo qui l’a introduit en France.


Jean-Pascal nous offre la confrontation écrite avec cette forme - d’une technicité bien spécifique - et machiavélique pour les poètes en herbe que nous sommes.

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Au sortir de ce week-end d’écriture, chacun s’accorde à dire la richesse de ces excursions poétiques confirmant la chaleureuse particularité des ateliers - déjà vécue, découverte ou retrouvée à chaque fois avec un grand plaisir.

Elle cimente le groupe tout en s’ouvrant spontanément aux regards nouveaux.

La présence pédagogique, attentive, professionnelle, indulgente de Jean Pascal, les temps de mise en commun, des repas conviviaux abandonnent dans le collectif les traces d’un partage littéraire exceptionnel."


Fatima Mana




NB. Jean-Pascal Dubost est reparti très satisfait de ce week-end de travail, et de l’évolution du groupe, comme en témoigne un large sourire en gare de Valence-TGV...

Quant au groupe, riche de l’expérience partagée, il s’est aussi doté - sinon accaparé - de nouveaux outils.

Des remerciements très chaleureux ont été adressés à Jean-Pascal Dubost, dont nous publierons par ailleurs quelques annonces et analyses des plus intéressantes... Et des questions se sont fait jour quant à la date de la prochaine rencontre, aux nouvelles formes, époques et civilisations à aborder...




PS. Et pour Poezibaoser... nous tenons à remercier Florence Trocmé de son annonce sur Poézibao,

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en invitant le lecteur à relire la 1ère série d’entretiens infinis entre Florence Trocmé et Jean-Pascal Dubost, et à lire -si ce n’est fait, la seconde...


Où, après un bel hommage à icelle Florence

« Tu fais œuvre encyclopédique du poétique contemporain »,

les « fonds » et « l’interface » de Florence Trocmé se complexifient encore avec le « survécrire » et le « merz de Schwitters »...


Et où des affirmations de Jean-Pascal Dubost nous parlent particulièrement :

« Je crois qu’il n’y a œuvre que volontaire, intentionnelle, et consciente (anthume ou posthume, peut chaut), asçavoir, l’écriture considérée comme œuvre d’art est le fruit d’un travail volontaire, de l’intention de marquer le temps présent dans une perspective future, et de la conscience de la tâche à accomplir. »

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L’œuvre.... « tient de la réflexion, du ruminé, de la projection volontaire (j’y reviens) dans le temps et d’un sentiment flou de perfection qu’on cherche toujours à netteter (impossiblement, bien entendu... l’œuvre ne faisant que rendre encore plus visibles les imperfections de l’homme). »

(ce qui rejoint le débat d’il y a quelques années sur les temps de création chez Van Gogh -ce lien entre création et lucidité - et non maladie- sur lequel insistait tant Jouffroy...)


ou encore... ce qui peut répondre à la perplexité exprimée par l’une de nos correspondantes :


« Je défends une idée d’un lyrisme tendu, monstrueux, généreux, tourné vers l’avant et non pas vers nos arrières, et je défends surtout une certaine idée que nous sommes quelques-uns à partager d’une poésie ni lyrique, ni formaliste, ni littéraliste, mais qui, ayant assimilé les différents courants de ces dernières années, regroupe tout cela à la fois, en dépasse les esthétiques figées dans un pré carré. »


Photos Jacqueline Cimaz, Fatima Mana et Magali Ruiz.





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Agenda Poézibao

Histoire et fiction, fiction et histoire, des archives au roman...



Le plein soleil de cet après-midi de mars n’aura pas dissuadé l’intérêt d’un public averti, venu à la rencontre de Frédéric Mouriès, historien et romancier.

C’est à l’occasion de la publication de son livre « Des archives au roman » par l’association Les Rias qu’il présentait son travail.

S’appuyant sur des sources privées ou issues des Archives Départementales - dont il précise les ressources et modalités de classement, ses recherches apportent le terreau nécessaire pour impulser l’envie d’écrire.

Sa démarche interroge : comment passe-t-on de l’histoire à la fiction, des faits à l’imaginaire, au roman ? Et quelles relations entre les deux ?


D‘une très grande richesse, son exposé offre des pistes pour narrations étayées par les faits.

La construction de la fiction...

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« D’un côté la vérité, de l’autre l’imaginaire - la science opposée à l’art » ? ; la thèse de Diderot qui fustigeait le roman historique, a vécu.

Deux séries d’avancées des connaissances ont permis son dépassement :

-  la linguistique du 20ème siècle - F. de Saussure et R.Jackobson,

-  la réflexion des historiens sur leur discipline

La subjectivité est déjà chez le chercheur et dans tout langage...

Une réflexion approfondie en ce qui concerne chez le philosophe Paul Ricoeur, l’articulation récit historique/récit de fiction "Temps et récit", vol 3

Il s’agit de rendre au passé une vraisemblance plutôt qu’une vérité...

Le roman historique n’est pas roman sur l’histoire mais roman dans l’histoire...

Où la fiction apprend, et où le travail d’écriture permet aussi une plongée à l’intérieur de soi...

Où le recours-retour à l’historique permet aussi d’esquiver parfois une exploration intérieure trop dérangeante...

La discussion est revenue sur les apports de la conférence de Bernard Stora, de l’an passé, «  l’imagination, outil d’investigation historique » au sujet, notamment, de ces avancées dans et par la fiction, validées a posteriori par de nouvelles recherches historiques...

Elle a aussi abordé deux affaires vivaces dans la mémoire locale et pour lesquelles les archives ne sont sans doute pas encore ouvertes - le meurtre d’un enfant dans les années 30 qui a inspiré une belle fiction à Fatima Mana, dans laquelle l’épicerie-bar du village occupe une place centrale - « une ressemblance à taire », ou "à terre" ? en cours d’ultime toilettage - et l’affaire Conti...


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La présentation de F.Mouriès

Le texte de la très riche introduction de Frédéric Mouriès fait l’objet d’un « tiré à part », annexé au livre "Des archives au roman" et téléchargeable ci-contre.

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En seconde partie, Frédéric Mouriès a mis en évidence des pistes possibles de jonction entre l’histoire et le roman, à partir de ces archives...


Un temps qui invite à l’écriture ; et l’équipe de la Bibliothèque -où le livre est déjà disponible en prêt- invite ceux qui le souhaitent à venir écrire le jeudi soir...

Une expérience enrichissante - non pour devenir romancier, cela ne s’improvise pas - mais pour mieux appréhender, justement, la complexité de l’écriture, des rapports, à double sens, entre l’histoire et la fiction - et, à coup sûr, développer ses compétences de lecteur...


Jacqueline Cimaz et Fatima Mana





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La présentation de F.Mouriès

Poème d’un jour...



(JPG) Nous avons reçu

chaque jour de cette quinzaine des poèmes

choisis par la Compagnie Mirlitoons des Vans.


Plusieurs de nos adhérents en écrivent, en lisent aussi,

en choisissent et

nous les envoient.



Le choix de ce jour "Glu" de

Roger Lahu

("It doesn’t stop...",

Edition Wigwam).



NB. Les demandes d’autorisation nous ont conduit à entrer en contact avec Jacques Josse et Roger Lahu, et celui-ci nous a invités à découvrir le site "Lieux-dits"...

Lieux-dits avec ses Correspondances -Deleuze/architectures non standard, Cendrars/Chagall, Stael/Char, Morandi/Ghery et le Guggenheim de Bilbao... Lieux-dits avec ses Eclats de Lire, par année, 2008... Pré-occupé poésie 2008... et quantité d’autres rubriques...





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A lire...




Florence Trocmé, les entretiens infinis, avec Jean-Pascal Dubost, 1, sur Poezibao...

Un évènement signalé par Jean-Gabriel Cosculluela...

De quoi nourrir la réflexion sur la lecture et l’écriture...


-  D’abord, l’intérêt de la démarche de lecture de Florence Trocmé :

"quand je lis, je note : recopiage de citations, mais aussi impressions, associations, ce qui monte à fleur de conscience à la lecture, ce que me fait le texte (tiens ça on pourrait en parler, ce que fait un texte), intuitions (peu importe si elles sont justes ou pas), etc. Je me sers de ces bribes ensuite pour écrire mes notes de lecture."


-  de la démarche d’écriture de Jean-Pascal Dubost :

"...je considère écrire de la poésie comme un hommage constant à la langue et aux livres, dont nous venons, en fait, plus qu’un travail de la langue, j’ai plutôt coutume de dire "travail avec la langue". Je me définis comme "(ré)veilleur de la langue".


-  de la réflexion de Florence Trocmé sur l’écriture :

" La notion de fonds m’éclaire... Car fonds il y a, littéraire, historique, d’histoire de l’art, sociologique, ontologique et métaphysique. Une ouverture sur un arrière-fond, un sous-fond, un sur-fond qui informent et fécondent en permanence ce travail avec la langue, le poète n’étant que l’interface (beau mot trop utilisé dans une acception technologique aujourd’hui) entre ce fond(s) et ses lecteurs mais interface essentielle qui filtre le fonds, choisit ses matériaux, les assemble, les incorpore, les digère, les restitue, à sa façon unique et spécifique."


Des entretiens infinis à lire et suivre, comme les autres rubriques de Poézibao, comme cette page avec des poèmes de Roger Lahu dédiés à Nolwenn et à Jean-Pascal Dubost... et tant d’autres...






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Fatima Mana et les Rias à RDB




En dépit de la neige et du verglas ce 14 novembre, Nicole Chaudier, Jacqueline Cimaz, Geneviève Greco et Paulette Vignal ont accompagné Fatima Mana, à sa demande expresse, pour cet enregistrement de l’émission "Rencontres d’écriture" du 15 novembre, d’Anne-Marie Duclaux, consacrée à l’Arbre de Combier (Fatima Mana, Ed. Apogée), aux Rias et à leur ateliers d’écriture...

Présentation à plusieurs voix de l’association, de la convivialité née du travailler ensemble, des repas partagés, y compris tard dans la nuit avec les poètes et autres intervenants...

Présentation de Fatima Mana, de son cheminement, du témoignage, de l’investigation et de l’expression au récit littéraire, du rôle de Jean-Pascal Dubost et de son exigence, initiateur, passeur, catalyseur et découvreur...


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Fatima Mana a donné, par petites touches, de précieuses et pudiques indications sur son écriture, ses incertitudes, ses ratures, son entrée en réécriture, ses relations à ce mot qu’elle cisèle comme un graveur...


Enfin des textes de son choix ont été lus, à plusieurs voix, de Philippe Rahmy (Cheyne Editeur), Danièle Bassez (Cheyne), Jean-Pascal Dubost - trois poèmes de "Vers à vif" - (Obsidiane), Jean-Gabriel Cosculluela (Jacques Brémond et Atelier du Hanneton) et bien sûr de "l’Arbre de Combier" (Apogée) et de "Les larmes de la foi", magnifique tapuscrit en cours de ciselage et polissage...


Un enregistrement conduit de main de maître, avec beacoup de savoir-faire et discrétion, par Anne-Marie Duclaux et qui a ensuite été mis en forme pour diffusion, avec adjonction de musique, par David Leroyer, technicien programmateur... Une émission de deux heures, très écoutée aux Rias...


Un enregistrement devrait être mis à disposition du public à la bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias.





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La maison Péatier




Au moment où nous publions dans le domaine "Mairie", le compte-rendu de la première réunion du chantier de construction de trois logements sociaux dans la maison Péatier, nous avons demandé, pour traduire notre émotion, un texte à Fatima Mana qui a bien connu la Maison Péatier si chère à tous nos concitoyens.



(JPG) D’abord voir le petit bout de femme vêtue de simplicité râteler sa bonne humeur aux andains de l’amitié, la retourner de petites choses qui offrent à l’instant des goûts sucrés.

Dès la porte ouverte, elle abandonnait là, sur la toile cirée du geste, les légumes encore à déshabiller.

Son pas alerte ramassait au passage un sourire puis traversait la salle. Un pétillement prenait toute la place de ses yeux et marchait de plaisir sur la rencontre.

Poursuivie d’odeurs, échappées de sa cuisine ; un morceau de son royaume délivrait ses secrets et mûrissait au soleil visité.

L’espace partageait son va-et-vient, giclaient alors sur ses murs des paroles autochtones ou d’ailleurs.

Pour les uns, les habitudes s’installaient sur les chaises, les autres s’imprégnaient des couleurs locales.

Le moment posait sa différence dans un coin du jour et regardait se mêler le monde sans a priori.

(JPG) Le lieu et sa patronne fabriquaient une mémoire où les mots jaillissaient d’intonations décloisonnant la distance.

L’art du temps disposait sa musique autour des tables puis battait au rythme de sa spécialité.

Dans son antre, l’omelette aux morilles prenait d’assaut les pigments noirs de la poêle usée ; s’étalait d’aise frémissante et saisie sous la chaleur du gros fourneau libérant l’exceptionnel des arômes éphémères de sa terre.

D’où remonte le très loin, l’endroit exhale les parfums du souvenir mitonnés encore sur la surface du temps.

(JPG) Des particules traversent le vécu, endimanchent des paroles dévalant les pentes de notre mémoire.

Le sépia accroche sur sa façade la gentillesse chaude et douce à l’ombre de sa voix. Souvent le visiteur pousse sa curiosité jusque dans la cuisine et tourne les pages de la conversation, ravi.

La départementale engonce sa courbe, limite un muret protecteur qui court tout le long du café protégeant ses deux entrées. Une enseigne délie son ocre et cocarde le temps à la nouvelle du passage en coup de vent familier qui se souvient.

Désormais l’impossible impensable écrit les silences de l’âge au fronton des adieux.

Pourtant l’inéluctable glissait sa résistance séculaire dans les interstices du temps, inscrivant sur ses pierres son histoire.

Revoir les racines d’autrefois où se tissait le lien social, secouer ses épaules de rires en se racontant.

Aujourd’hui parfois, la couverture du passé soulève l’un de ses morceaux ; alors devant la bâtisse les langues se rappellent et dépoussièrent la nostalgie, la foisonnent de chaudes couleurs.

Le café hébergeait aussi la république.

(JPG) La cause aux heures profondes du soir bataillait ferme ses idées.

Sa lumière particulière déposait les raies du labeur au côté d’une existence utopique et l’on ramassait tous les soleils de la fraternité.

Les actes citoyens changeaient l’air et frottaient leur normalité aux parfums de la rugosité paysanne.

Tout ce petit monde palpitait, venait chercher même au bout des jours sans rien dire ses habitudes où brillait l’appartenance.

Sous l’impulsion d’une génération fidèle aux traces du temps, un second souffle s’empare de son vécu et dresse la première pierre d’un autre possible.


NB. Photo du mariage d’André Péatier et d’Yvonne Couret : coll. Mme Betton. Photos récentes et arrangements images : Jacqueline Cimaz.





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Fondrie à Saint-Agrève le 23 août




Lecture-spectacle du Livre de Jean-Pascal Dubost(Fondrie, Cheyne Editeur) à 21h, Salle des Arts et des Cultures, dans le cadre des 16 èmes Lectures sous l’Arbre.

Un très beau livre et en même temps une très forte réflexion sur ces mots qui se perdent avec l’évolution des pratiques... Quelque chose qui renvoie aussi aux débats sur l’occitan et le "patois"...

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Compte-rendu de ce spectacle et de la participation à d’autres temps des Lectures sous l’Arbre, dans le domaine "Bibliothèque", rubrique "Réseau"....




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Naissance d’un écrivain ou un nouvel évènement littéraire aux Barraques, et d’envergure :



La présentation de « L’arbre de Combier » de Fatima Mana par Jean-Pascal Dubost, écrivain, critique et Président de la Maison de la poésie de Nantes, et l’auteure.

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Jacqueline Cimaz ouvre la séance au nom des Rias, évoquant ces ateliers d’écriture qui ont permis la découverte d’un écrivain ignoré et qui s’ignorait...


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(JPG) Après lecture à deux voix d’un choix nouveau d’extraits de « L’arbre de Combier », Jean-Pascal Dubost présentait l’écriture de Fatima Mana :

-  « une écriture paradoxale : sèche et généreuse »

-  avec son art de l’ « ellipse temporelle » : des sautes dans le temps qui creusent des abîmes de non-dits, ces blancs - marques de pudeur souvent, qui donnent cette densité si particulière au texte.

-  l’art de la digression de Fatima. L’apparition d’un personnage étant le prétexte d’un micro-récit de vie.

C’est une écriture qui porte dans un autre espace, qui dépasse l’histoire de Fatima, « enfant de l’assistance ».

Tout le monde peut écrire sur un sujet donné, mais tout écrit ne finit pas œuvre littéraire.


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texte de présentation de jean-Pascal Dubost

Le très beau texte de "Présentation de Fatima"

écrit par Jean-Pascal Dubost.



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Par delà un récit singulier, le texte de Fatima dit la souffrance des hommes.

Plusieurs guerres traversent l’histoire des personnages de Mathilde, Louise et Djamila.

On peut parler de littérature, au sens noble du terme, parce qu’une écriture personnelle nous plonge dans l’histoire des hommes .

Jean-Pascal Dubost explique ensuite comment il a vu à l’œuvre le comité de relecture des amis, comment il a vu chacun donner un avis, Fatima écouter, recevoir et prendre, puis choisir et retenir ce qu’elle voulait ou rebondir sur une remarque.

Jean-Pascal Dubost a voulu que ce texte sorte de l’Ardèche et le faire lire à un éditeur de dimension nationale, diffusé en France et à l’étranger.

Les Editions Apogée, à Rennes, ont publié plus de 300 titres -de beaux livres, et de la littérature avec la collection « Piquée d’étoiles » que dirige l’écrivain Jacques Josse - textes en prose, journaux littéraires, poésie...

Le livre de Fatima est sorti il y a quelques jours, il va arriver en librairie. Il en est un peu fier.

Une belle aventure qui se termine, une autre qui commence, la naissance d’un écrivain...

(JPG) Il insiste ensuite sur l’importance pour un auteur d’avoir un éditeur qui le suit...comme Jacques Josse s’est engagé à le faire pour Fatima.


Il insiste également sur les difficultés de l’édition littéraire et plus particulièrement sur celles des « petits » éditeurs (ou éditeurs de création) qui disparaissent ou sont sur le point de disparaître pour différentes raisons liées les unes aux autres (désaffectation du lectorat, monopole des grands groupes, baisse des aides publiques à l’édition...)

D’une certaine manière, c’est la liberté de création « littéraire » qui est menacée.



Des extraits d’un manuscrit achevé et écrit à partir d’un fait divers baraquin - « Une ressemblance à terre »- sont ensuite lus.

L’approche par Fatima Mana d’un autre type de sujet - une énigme, la volonté d’en découdre avec les dialogues, une «  écriture qui a encore bougé », notamment dans l’usage de la ponctuation, du point virgule et des virgules (« Julie, l’enfant dans les bras souvent occupée d’inutile à ces moments là ; s’appliquer d’éviter son patron » p 17)...

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Quelque chose qui pourrait gêner un professeur de français, mais conduit à une lecture décalée, complexe, qui contribue à la densité et la force du texte - la marque de l’artiste, un de ces indices qui permettent d’identifier une œuvre...



Puis des extraits d’un troisième livre - « Les larmes de la foi », en voie d’achèvement, sont dévoilés par Fatima Mana et Jaqueline Cimaz, des extraits poignants évoquant la mort d’une recluse de la Tour de Constance et d’un pasteur pendu en place publique ; un livre magnifique, tendre, émouvant évoquant la vie des Huguenots au 18 ème siècle, dont Nicole Bertholon disait « il me fait penser à un cantique » et pour lequel Jacqueline Cimaz évoquait une dimension proche de l’épique...


Au cours des dialogues, pressée de questions par Jean-Pascal Dubost, Fatima Mana explique ses habitudes d’écriture, au tout petit matin, avant re-travail sur ordinateur l’après-midi. Elle explique aussi comment fonctionne son « comité de lecture », qu’elle tient à remercier publiquement.

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« Il m’est arrivé bien souvent de guetter par dessus mon épaule l’épuisement de ce réseau si proche qui m’accompagne depuis presque deux ans, me stupéfiant de sa patience ; toujours présent dans mes pas. Pour ne citer que quelques uns de ses fils je pense à Paulette Vignal, Geneviève Greco, Jean-Pascal Dubost, Sylvette Béraud-Williams, Anne-Marie Bédoucha, Nicole Chaudier, Nicole Bertholon, le docteur Delarbre... Jacqueline et Michel Cimaz et leur philosophie de croire en l’autre avec une imperturbable humanité.

Tissant un maillage d’amitié qui jamais ne s’est départi, mis à contribution sans scrupule de ma part, il ourle en points appliqués d’attentivité la lecture de mes écrits traquant la faute ou ma tendance sans a priori de tordre et manipuler avec enchantement le sens du mot. Comme le plus chaleureux, exigeant et attentif des éditeurs...

De leur générosité, au quotidien, ils me donnent des leçons de vie et l’envie à l’abri de leur intelligence de continuer à écrire des histoires dont je ne sais encore rien aujourd’hui, écrit-elle dans ses remerciements... »

(JPG) Et très émue par la présence de son ancienne institutrice des années 60, Renée Serre, elle évoque, en aparté, comment, malade, elle pleurait pour aller à l’école...

précise aussi ses lectures d’adolescence- Balzac, Flaubert et cette profonde intimité depuis des décennies avec l’oeuvre de Duras...

Comment si l’irrépressible envie d’écrire et le travail acharné d’écriture sont récents, ils s’enracinent néanmoins dans un intérêt pour les mots venu de très loin...

De l’avis de la cinquantaine de participants, une manifestation de très haut niveau, et une meilleure appréhension de la dimension de l’oeuvre de Fatima Mana...




Et on pourrait à ce propos citer le bel article de Christian Prost dans le Dauphiné du 21 mai : "Dans le temple des "Baraques", l’assistance est à l’écoute de témoignages livrés avec gravité, sur un passé marquant..." (cf revue de presse ci-dessous)





Ont participé à la rédaction de passages de cet article Nicole Bertholon, Nicole Chaudier, Jacqueline Cimaz, Jean-Pascal Dubost et Fatima Mana. Photographies de Michel Cimaz, Geneviève Gréco, Jacqueline Cimaz, Alice Monnier, Christian Prost et Magali Ruiz.





NB. Pour répondre aux questions posées, "L’arbre de Combier" de Fatima Mana, Edition Apogée, 15€, est en vente dans toutes librairies.

On peut également s’adresser directement à l’Editeur, à Rennes. L’association a aussi des livres en dépôt et ils peuvent être dédicacés.

Par ailleurs, Fatima Mana est à la disposition des libraires ou bibliothèques pour des séances de dialogue autour de la dédicace.




La revue de presse


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Hebdo de l’Ardèche du 18 mai
Dauphiné Libéré du 19 mai pages régionale et locale
Dauphiné Libéré du 21 mai
texte de présentation de jean-Pascal Dubost

Du coq à l’âne au sonnet et à la glose



Un atelier d’une immense richesse avec Jean-Pascal Dubost...

(JPG) Le samedi matin, est abordée avec Furetière une forme poétique apparue au XVIème siècle : le « coq à l’âne », propos rompu dont la suite n’a aucun rapport avec le commencement, comme si quelqu’un, au lieu de poursuivre un discours qu’il avait commencé à propos de son coq, parlait soudain de son âne dont il n’était point question. On le trouve mentionné dans le « Gradus », dictionnaire des figures de rhétorique.

En poésie, c’est Clément Marot qui a introduit « le coq à l’âne » au XVIème siècle en France, pour lequel on notera « une variété inconstante de propos non cohérents ».

Il est composé généralement en rimes plates (AA, BB, CC...) qui se suivent, et en 8 syllabes. Il connaît alors un grand succès, puis tombe en désuétude, même si on le rencontre à nouveau dans le théâtre de Ionesco. On le retrouve aussi chez des poètes belges comme Norge (en 1898) , Jacques Isoard, Christian Bachelin. Souvent aussi il prend l’aspect de proverbes.

A partir de quelques exemples distribués, le groupe est invité à s’exercer à cette forme de poésie. Chacun écrit un ou deux textes, rature plus ou moins, recopie...

En fin de matinée chacun lit ses productions avant de partager un repas convivial dans la cour de la bibliothèque sous un aimable soleil - un de ces fréquents repas inoubliés avec participants et non-participants aux ateliers d’écriture ou autres rencontres, où l’on échange, discute, élargit, s’enrichit mutuellement...

(JPG) L’après midi c’est le sonnet qui est abordé. Il arrive en France, venu d’Italie, porté par l’engouement pour Pétrarque. C’est encore Clément Marot qui a codifié la forme française : 2 quatrains (4 vers) et 2 tercets (3 vers) soit un total de 14 vers, forme toujours reconnue. Plus tard Louise Labé prend des libertés avec le sonnet quant à la rime. Du Bellay et Ronsard y excellent, Boileau en écrit aussi au XVII ème siècle. Un peu oublié au XVIIIème il revient en vogue au XIXème avec Sainte Beuve qui précède ainsi Baudelaire, Musset, Hérédia.

Baudelaire présente même dans "les Fleurs du Mal", 34 façons différentes de faire un sonnet, dont la forme « layée » (une alternance de vers longs et de vers courts). Il n’y a pas de sujet, de thème obligatoire.

Georges Forest (1867/1945) va jusqu’à « l’Absurde » avec les X, Roubaud invente le sonnet en prose et Queneau s’essaye avec 13 vers enchaînés et un quatorzième détaché !

Après cette présentation, les participants se mettent à l’écriture ....

Le dimanche matin, débute par une lecture des sonnets écrits la veille. Avec la distribution du Sonnet « sur Job » Jean Pascal Dubost présente la « glose » portant sur ce sonnet, une forme introduite au XVIIème siècle par Anne d’Autriche, en provenance d’Italie : il s’agit d’une paraphrase d’un poème qui prend sa forme ; chaque vers du poème d’origine est repris à la fin de chaque strophe (ce qui conduit à construire un poème de 14 strophes si la « glose est écrite à partir d’un sonnet) !

Ce vers d’origine, repris dans la strophe ne l’est plus forcément à la même place. Cette forme de poésie n’a cependant pas connu un grand succès.

Après échange des sonnets de la veille, chacun est invité à écrire une glose à partir du sonnet choisi.


La matinée s’achève par une mise en commun, suivie d’une discussion sur le projet de publication et édition de "Mémoire d’Ateliers", livre collectif dans lequel il est décidé d’intégrer les textes des deux week-ends 2007, particulièrement riches... Nicole Chaudier se charge de les réunir et de taper ceux qui sont manuscrits...


Le constat est aussi fait que les formes contraignantes au lieu de gêner l’écriture, la libèrent et l’enrichissent...


Enfin le rôle de la pérennité du groupe, du moins d’un noyau dense de ce groupe, et celui des repas conviviaux, temps de partage avec le poète et ce groupe qui mûrit et gagne en cohésion, sont retenus comme facteurs explicatifs importants de la spectaculaire progression en qualité de tous les textes...


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Le savoir, la culture et l’expérience de l’écrivain-intervenant, la générosité dans le partage de références soigneusement choisies, sont soulignées par tous ainsi que ses compétences pédagogiques.

De très chaleureux remerciements sont ainsi adressés à Jean-Pascal Dubost qui, bien au-delà d’interventions ponctuelles, courriels et courriers aidant, et bibliographies et mises en relation... et repas... a contribué au développement d’une vie littéraire sur et autour de la Bibliothèque, de l’Association et de ce plateau...

Et la perspective d’incursions dans des formes de poésie étrangère met déjà l’eau à la bouche... A voir après "Lire en fête" ?

D’après le très riche compte-rendu de Nicole Bertholon



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Rencontre avec François Boddaert

François Boddaert, écrivain et éditeur, entrepreneur en poésie, Directeur d’Obsidiane, aux Rias le 14 avril ...

Après-midi en deux parties : un riche débat sur le métier d’éditeur puis des lectures de poèmes par François Boddaert.

Trois raisons à cette invitation :

-  l’ancrage de l’action associative dans la culture de la population, d’où approches scientifiques et investigations artistiques, et, pour structurer et valoriser, échanger, partager, une activité éditoriale -modeste et locale. François Boddaert est éditeur militant, se dépensant sans compter pour promouvoir la lecture de la poésie. Faire lire est essentiel, et la liaison entre la poésie et l’histoire fait partie de la culture populaire...

-  il faut des moyens pour l’expression de cette culture et les apprentissages indispensables à son développement d’où le besoin d’ateliers, visites, débats avec des professionnels qualifiés engagés dans la recherche et la création actuelles. François Boddaert est un professionnel, un poète et écrivain profondément engagé dans les questions et la création d’aujourd’hui.

-  et surtout, le sens. L’œuvre personnelle de François Boddaert nous parle particulièrement parce qu’elle fait écho à une question entrain d’émerger dans l’association à la rencontre des valeurs et mémoires de résistances et de l’art contemporain, celle du sens de l’art et de l’écriture face aux atrocités de l’histoire. De Boddaert à Kiefer, la question ouverte n’est pas affaire de spécialistes mais nous concerne tous.

Si « L’époque gicle aux jointures », « Comment tenter le poème ? », « Quoi fonder sur les traces de l’abîme ? »

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A la veille des 30 ans d’Obsidiane, qu’est-ce qu’éditer aujourd’hui ?

François Boddaert balaie rapidement une histoire de plus de trente ans, le choix de la diversité, la vie et les difficultés de la « petite » édition, les changements des modes de vie et leurs incidences sur la lecture, le manque de clés du public pour aborder la poésie... L’édition de poésie, résistance...

"Il souligne que ce métier de l’édition est une nécessité aujourd’hui autant que par le passé... Obsidiane est née, au sein d’un groupe d’amis soucieux de publier sous la forme d’une revue pas trop chère, « des textes de qualité » : les cahiers d’Obsidiane. C’était un objectif un peu naïf, pourtant certains ont apporté des inédits d’écrivains prestigieux qui ont charpenté cette publication.

D’ailleurs la plupart des grandes maisons d’édition sont nées d’une revue...

Les librairies jouaient pleinement leur rôle. Actuellement elles ne peuvent plus guère survivre que grâce à leurs activités annexes (salons)."

Le débat sur l’édition a été un vrai débat avec des interrogations sur l’éducation, les programmes scolaires, la lecture publique, la place de la culture dans la société et celle de la poésie. Une belle comparaison aussi entre la gestation du pain et celle du poème...

"Parfois c’est dans la chanson que la poésie pointe son nez, et elle redevient une expression populaire..."

La poésie a besoin des mythes...

La question de la poésie contemporaine et de son approche, celle de la traduction ont aussi été abordées, ainsi que celle de la valorisation du français, de la francophonie...

"François Boddaert présente la poésie comme « le laboratoire avancé de la langue ». Plus peut-être que d’autres formes d’expression écrite, elle exige un effort et pour aborder la poésie moderne le public doit en posséder des clefs qu’il n’est pas aisé de s’approprier. La poésie concerne-t-elle toute la population ou seulement une « élite » ? Et pourquoi ces élites ne se battent-elles pas pour faire plus de place à la poésie ?"

Si l’offre de poésie est adaptée aux statistiques d’emprunt ou de vente, il ne peut y avoir progression. Quelle volonté politique pour le développement de la lecture de la poésie ?

"Est évoqué aussi le rôle des ateliers d’écriture dont François Boddaert privilégie plutôt l’impact sur la lecture. (cf le très bel interview de Geneviève Gréco à ce sujet : "On ne lit plus pareil après avoir participé aux ateliers d’écriture..."). Il remarque aussi que si écrire peut devenir une fonction essentielle, se faire éditer n’est pas un corollaire obligatoire. Les écrits produits ont une valeur propre qui n’est pas forcément celle de l’édition."

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Lecture des quelques textes récemment publiés les éditions Obsidiane et Lecture personnelle de quelques poèmes.

La lecture de textes de poètes publiés par Obsidiane a été dense et appréciée par un public très attentif, ainsi que celle des deux très beaux poèmes de François Boddaert qui clôturaient les lectures.

Découverte libre de l’exposition de livres d’Obsidiane.

Dans un troisième temps, les discussions se sont poursuivies autour ou à propos des livres, très longuement feuilletés, parcourus, emportés ou commandés. De nombreuses dédicaces ont été faites.

"Les questions, les échanges ont été nombreux et passionnés... La poésie a eu le dernier mot !"

Un certain nombre de livres ont été offerts à la Bibliothèque Municipale et dédicacés par François Boddaert : liste en rubrique "prêt et consultation" de la bibliothèque

NB. Ce débat est particulièrement en phase avec la démarche et les projets de l’association, à deux mois notamment de la visite à l’exposition Kiefer. (cf document téléchargeable ci-dessous, fichier "une rencontre en phase..." - le fichier "satires cyclothymiques 1 et 2" regroupant quelques extraits de deux livres de Boddaert - pour donner envie de lire ces livres qu’on peut recevoir en 24h en les commandant sur le site de la Dragonne)

Les passages en italique et entre guillemets sont extraits du compte-rendu de Nicole Bertholon téléchargeable ci-dessous dans son intégralité.

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Une rencontre en phase...
satires cyclothymiques 1 et 2
C-R de N.Bertholon

Traversée des formes poétiques, atelier d’écriture avec J-P.Dubost...

Un atelier d’écriture d’une très grande richesse vient d’avoir lieu avec Jean-Pascal Dubost, poète, écrivain, critique, vice-président de la Maison de la poésie de Nantes.


(JPG) Les participants ayant tous divers projets personnels d’écriture, différents les uns des autres,

J-P.Dubost avait proposé une traversée des formes poétiques dans l’histoire de la poésie française.

-  Découverte de la forme canonique
-  et des évolutions jusqu’au 21ème siècle.

Une façon de faire faire des découvertes et de faire acquérir des outils que chacun peut ensuite utiliser à sa guise.

Le groupe a ainsi travaillé sur
-  l’ode,
-  la ballade et
-  le rondeau.

Des productions très riches et une satisfaction générale tant des participants -même nouveaux- que du poète...

De nouvelles formes seront découvertes lors des prochains ateliers les 19 et 20 mai.

NB. Ci-dessous, deux comptes-rendus complémentaires...


Le vécu d’un atelier par Geneviève Gréco, responsable de la commission Ecriture

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Journées très intéressantes et enrichissantes, comme d’habitude.

Après les informations et directives de Jean-Pascal sur le thème du jour (l’évolution de la poésie à travers les siècles, l’Ode chantée chez les Grecs, 1488 en France, la Ballade du Moyen-Age, 1260, le Rondeau, chant et danse, 1400... il sera pratiqué au 19ème siècle par Alfred de Musset...), chacun s’est penché sur sa page blanche dans le silence de la réflexion.

Après 1h30 d’hésitations, de ratures, de réécritures, nous sommes passés à la lecture, de styles différents ; les mots surprennent, étonnent, font sourire.

La lecture est toujours un moment d’appréhension surtout pour les nouveaux venus, surpris de leurs capacités. Mais tout se passe dans la bonne humeur.

On trouvera ensuite le réconfort dans la convivialité d’un repas improvisé par chacun.

Nous attendons avec impatience le 19 mai : Jean-Pascal a fait promesse de nous faire découvrir DVD et poèmes assez surprenants...

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Atelier d’écriture du dimanche matin : technique, densité, beaucoup d’écritures et réécritures personnelles... par Nicole Bertholon, secrétaire adjointe

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Après un rappel des travaux de la veille J-P. Dubost propose un travail sur le rondeau, forme poétique qui doit son nom au chant et à la danse, en situant ses formes et ses évolutions entre son apparition au Moyen Age, sa période d’apogée à la Renaissance (mise en forme du « rondeau simple » par Guillaume de Machaut, 1300/1377) Ce rondeau a une structure de 8 vers sur 2 rimes, sa particularité consiste dans la répétition du 1er vers au 4ème et au 7ème, le 8ème vers étant la répétition du 2ème. Lecture d’exemples sur la structure des rimes A,B,A,A,A,B,A,B, puis lecture de rondeaux « irréguliers » comportant 2 vers supplémentaires identiques placés après la 2ème et la 3ème strophe, selon la structure A,B,A,A,A,B,B,A,A,B Vient ensuite le « rondeau double » mis en place par les grands rhétoriqueurs (1470à 1520) et utilisé par Clément Marot : trois strophes de 8 ou 10 syllabes disposées en 5/3/5 (vers) sur 2 rimes A,B sans ordre obligatoire. En plus il comporte un refrain (rentrement ou closure) tiré du 1er hémistiche du premier vers, qu’on ajoute à la fin des deux dernières strophes isolées -exemple de Antoine Héroët : « Coeur prisonnier »

Les formes du rondeau vont évoluer aux 16ème et 17ème siècles (lecture de rondeaux de Vincent Voiture, poète de salon, et de Mme Deshoulières) leur particularité est de ne pas avoir de thème spécifique.

Au 19ème siècle, cette forme fut peu pratiquée, sauf par A. de Musset mais le genre se renouvelle peu...

Après ces définitions et ces exemples les participants sont invités à s’essayer à cette écriture, et la matinée se terminera par la lecture des productions avant d’aller partager un pique nique rapide mais convivial comme à l’accoutumée.



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Après-midi dense et studieux avec Frédéric Mouriès

Ce 24 février, Frédéric Mouriès est intervenu pour la troisième fois dans notre commune.

Il venait présenter l’avant-projet de son livre « Des archives au roman » écrit à partir des archives et documents de Saint-Apollinaire.


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12 chapitres construits sur le même modèle font d’abord une synthèse des documents recueillis (dont le recensement du bétail, des infirmes ou mendiants, le long et tenace cheminement pour l’obtention de la laïcité...) puis résument ce qui en fait l’intérêt historique et enfin proposent un éventail de pistes possibles pour une exploitation artistique, notamment littéraire - romanesque, mais aussi poétique ou théâtrale...

C’est surtout à partir de ces pistes que le groupe - très impliqué- est intervenu pour proposer des compléments d’information (l’assiette du pauvre, l’aveugle de Rossignol, l’ancienne mairie...). Michel Cimaz est allé chercher de nouveaux livres et documents en mairie, dont une lettre à un ancien maire confirmant et précisant les propos de Frédéric Mouriès. Il est ensuite retourné en mairie avec Nicole Chazel pour chercher sur le cadastre de l’époque l’emplacement de l’ancien cimetière protestant vendu à Zéphirin Jurus, parcelle A327, juste au-dessus de chez Nicole Chaudier...


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Les interventions des participants non Baraquins ont permis de mieux cerner ce qui pouvait être spécifique à la commune, à l’Ardèche ou plus général en milieu urbain ou rural.

Bref de nouvelles recherches ou entretiens sont envisagés pour préciser certains points, car beaucoup de questions imprévues ont surgi, de nouvelles pistes d’écriture ou d’investigations par l’image sont apparues...Et même quelques nouveaux projets d’écriture individuelles et de nouveaux futurs auteurs...

Un après-midi d’une extraordinaire richesse avec une implication de tout le groupe dans la conception du projet et un beau succès pour Frédéric Mouriès qui par l’intérêt de son travail a su susciter une telle densité du travail de mémoire et d’interprétation.

NB. Bientôt le compte-rendu détaillé d’Anne-Marie Maria qui pourrait aussi évoluer pour intégrer les communications des nouvelles recherches des participants...



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CR d’A-M.Maria

Commissions écriture et publications


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Un groupe de travail,

conduit par Nicole Chaudier,
a repris les textes poétiques écrits en atelier avec Jean-Pascal Dubost

et retenus pour la publication

« Mémoire d’ateliers ».

Ces textes ont été relus et

classés à l’intérieur des chapitres, _

du moins pour les cinq premiers.


Ce travail se poursuivra dans les jours qui viennent...










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Un journal qui circule...

(JPG) De la commission Histoire où Alain Delarbre avait introduit le journal d’Yvette Esclaine aux ateliers d’écriture où certains ont repris cette relation d’un vécu de jeune résistante dans la région de Vernoux, à l’exposition où Sylvette Béraud-Williams l’avait intégré, ce document authentique et émouvant poursuit sa vie...


Fatima Mana dont le cinquième roman, en cours d’écriture, campe ses personnages dans le cadre de cette époque, a rencontré Yvette Esclaine en août, pour mieux appréhender le vécu de ces jeunes résistants.

Une rencontre riche et émouvante, à laquelle participait la soeur d’Yvette Esclaine, âgée de 14 ans à l’époque...


NB. A noter les photos d’Yvette Esclaine et de ses classes, dans l’ensemble de photos anciennes exposées par le Dr Alain Delarbre à l’école maternelle publique de Vernoux l’été dernier.

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Premier atelier 2006, avec Jean-Pascal Dubost

(JPG) Il s’est déroulé le 25 mars à la bibliothèque et a été précédé et suivi de deux séances de stage des commissions Ecriture et Publications

Compte-rendu du travail des commissions
Compte-rendu de l’atelier d’écriture

Ecriture

C’est une activité importante et fédératrice pour l’association, qui a pris différentes formes, avec des intervenants multiples et divers.

On peut distinguer :

-  Les ateliers d’écriture (ou réécriture) cinq modules à ce jour, trois avec David Dumortier, poète, deux avec Jean-Pascal Dubost. Ils ont débouché sur une première publication - « Miettes de résistance ». D’autres devraient suivre. Ces ateliers ont enrichi la collecte, contribué à l’interprétation, et sont un des fondements de l’activité associative.

-  Les diverses rencontres avec des auteurs, généralement pour des lectures ou présentation de livres, ont aussi une incidence sur l’écriture, ne serait-ce que par les apports de textes écrits ou recherchés pour la circonstance - Jean-François Manier, dans le cadre du printemps des poètes, Frédéric Mouriès, pour présenter son livre puis ses recherches, Alain Delarbre, auteur d’un texte historique situant les affiches de la période 1848-1851, Arnü West, auteur de BD, présentant ses œuvres et plus récemment, sa démarche d’écriture, et bien sûr Sylvette Béraud-Williams, avec des interventions ponctuelles, en tant qu’auteur, mais surtout une action continue d’aide à la recherche des mémoires ou à la conceptualisation par l’écriture.

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-  Enfin, il est à noter que l’écriture individuelle et personnelle, se développe de plus en plus aux marges de l’association mais en lien avec elle : romans plus ou moins historiques ou policiers, nouvelles, lettres ou adresses, poèmes... Ces textes sont apportés à l’association, soumis ainsi à d’autres, avant re-travail éventuel et publication possible puisque l’association vient de se doter d’un indicatif éditeur.

(JPG) Ainsi un très beau livre vient d’être diffusé au sein de l’association et présenté au public le 10 décembre : "L’arbre précautieux de Combier" de Fatima Mana.

Bref un réseau vivant, chaleureux et exigeant et une très saine émulation.


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