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Plan du Site

Un rangement qui approprie

et donne légitimité et pignon sur rue aux écritures numériques, d’une part. Et de l’autre, intensifie les flux de participation à la création de connaissances, à partir de la proximité - à la création et à l’offre donc, de nouveaux Biens Communs. Socle d’une démocratie participative - créatrice et généreuse. [1]


Une initiative forte : le rangement, avec classement, par année, par Eliane et Viviane, des petits livres numériques réalisés en EPN - 176 à ce jour et plus de 67570 lectures...

Certains sont élaborés, d’autres simples recueils d’images pour gagner de la place en illustrant un article du site... D’autres enfin sont là pour ouvrir des perspectives à un travail de l’image en EPN qui est voie royale d’entrée en projet de formation...


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Travail d’Elicia et Serena sur l’exposition Mémoire[S] de Stéphanie Lehu, réalisée avec le concours du Salon du livre de Saint-Paul-Trois-Châteaux.



A noter l’avancée d’écritures utilisant les liens hypertextes, avec par ordre d’apparition, le travail d’Elicia et sa "belle surprise offerte" au retour d’un voyage scolaire au Futuroscope et au Puy du Fou, suivie par une explosion généralisante qui sera mise en ligne dès obtention des autorisations requises....

Un peu plus ancien, "L’amitié des animaux existent" , autre publication d’Elicia ; comme réponse à une déception qui aurait dû être évitée. Quand sur le point d’obtenir une reconnaissance évidente et méritée, le réel se dérobe, [2] sans qu’on ne sache pourquoi. Depuis, le prix d’une équipe qualifiée a été remis. Un prix qui souligne l’extraordinaire travail d’Elicia et reconnait celui de la totalité du groupe des jeunes.




Ensuite, on ne saurait ne pas mentionner l’incitation à la publication et l’aide, avec les outils dont nous disposons, à un premier essai, en cours, d’édition numérique, sous forme de blog, d’un des "carnets de voyage" de Jean-Marie Mengin. Un bel et conséquent travail d’écriture accompagnant, depuis des années, des randonnées, et qu’il aurait été dommage de ne pas rendre public. Où information, communication, partage, se jouent sur diverses portées à clés différentes : de la simple relation chronologique à l’investigation géographique, par petites touches, en passant par positivisme accentué de la vie quotidienne [3]


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GR 65/Camino francés, le blog en cours de publication de Jean-Marie Mengin



le livre-blog en cours de publication bi-hebdomadaire, de Jean-Marie Mengin qui a écrit beaucoup d’autres textes non encore publiés...



"L’empreinte volcanique prend peu à peu possession du paysage. A Pouzol, vue sur le pic du Lizieux ; à Saint-Jeures, sur les sucs d’Achon et des Ollières."

Une écriture riche de l’introduction d’un travail poétique de la langue, scandé, dirait Jean-Pascal Dubost, poète, et autre grand marcheur, par le souffle de la marche...


Et de ces raccourcis qui concentrent le sens, lui conférant force, densité et polysémie... Comme ces cumulus sans incidences...

"Le GR 65 quitte Lasbros par un chemin d’abord goudronné, puis il emprunte la « route vieille », franchit le riou Frech et remonte jusqu’au carrefour des Quatre-chemins... Le soleil est agréable dans un ciel bleu parcouru de cumulus sans incidence."


"Je rejoins une route à proximité du moulin de la Folle (1156 m). Le paysage se ponctue de gros blocs erratiques, plantés verticalement ou lourdement couchés au sol."

Connotations "folle"/"erratiques", personnification des blocs...


Là, à ce jour, les liens hypertextes introduits permettent au lecteur d’entrer dans le documentaire en découvrant des plantes ou oiseaux inconnus...


et le texte renvoie chacun ou des groupes à un vécu riche de références communes... Ainsi, de Pouzol en Pouzzolane...


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Retour sur une riche visite qui fait partie de nombreuses mémoires... Jaujac ! Et Christian Pourchaire...



Rôles différents donc, par delà les connotations, toujours aussi importantes, de ces liens en écritures numériques diverses ? Poser la complexité d’une écriture numérique composite, systémique, riche d’épaisseurs vivantes...

Comme démultiplication, mise en évidence et lisibilité de strates sédimentées et traversées, tels sables de delta, de noeuds pérennes, d’intenses courts-circuits et autres figures rhétoriques qui constituent l’écriture... [4]


Ce qui signifie que nous ne pensons pas que le numérique puisse se substituer aux ressources de l’écriture "habituelle" ou "inhabituelle" - poétique, scientifique... mais qu’il introduit autre chose, un recul, un autre niveau, une autre architecture et d’autres habitudes... On est dans un domaine différent d’écriture - restructurant, englobant, créant, mais qui ne peut ne pas se nourrir de la richesse de l’écriture textuelle.

Entraînant de nouveaux apports - y compris du même ordre... Par exemple, la belle photo de Jean-Marie Mengin, du lac de l’Oeuf, qu’il devrait mettre en ligne sous peu, renvoie irrépressiblement à l’image, paradoxalement plus colorée, de la vidéo du Bergen Belsen de Pablo Garcia. Similitude à analyser de ces paysages - toujours un contexte de rudesse, pauvreté, âpreté... Mais, où, dans la vidéo, c’est le son qui introduit la tragédie en image plus riante.




En tout, en comptant les écritures forme livre - 207 auteurs différents pour les seuls "calameos", parfois à multiples auteurs, en y ajoutant blogs, vidéos, enregistrements audios... il s’avère qu’impulsées, aidées ou simplement rassurées par les travaux d’EPN, ce sont plus de 1000 personnes différentes qui ont participé à la création d’écritures numériques, profitant du travail d’EPN et lui apportant savoir-faire, besoins, interrogations, avec, souvent, une très grande authenticité...

plus de 1000 personnes différentes, sans compter les contributions par réponses détaillées à divers questionnaires, envois de vidéos, remarques ou autres écrits sur livres d’or des expositions, contributions textuelles donc, iconiques, vidéographiques, sonores...

Un bel objectif atteint en EPN qui fonde le label Net Public et a expliqué en bonne part ces arobases [5]... Une démarche confortée et amplifiée par le transfert de pratiques de formation issues de l’éducation nationale et d’années de formation des professeurs à l’éducation aux usages raisonnés et créateurs des TIC. Une démarche très proche de celle qui est préconisée aujourd’hui et mise en oeuvre, notamment en Haute-Savoie... [6]Où chacun apprend de tous et où tous apprennent de chacun...


A noter que le travail collectif pour, et autour du concours photos Villes Internet, a été considérable et riche d’enseignements en divers domaines, un travail qui se poursuit et ne semble pas prêt à se clore - l’image, la position de thèmes ou concepts à traduire par l’image... C’est-à-dire non seulement les écritures numériques complexes mais une démarche de connaissance, de pensée, de recherche, scientifique, technique et artistique, une démarche philosophique auusi, s’ancrant dans ces écritures numériques nouvelles...

Un prochain concours où on ne parlerait pas tant de photos que d’images, de créations ou performances ? [7]


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Trois photos plébiscitées par les visiteurs


Est-il étonnant que ce qui s’insinue à tous niveaux du système éducatif et universitaire, fonctionne aussi en société civile ?

Il parait légitime qu’en EPN chacun apprenne et avance en diversifiant sa panoplie d’usages possibles - à une époque, de plus, où l’éducation tout au long de la vie est fortement préconisée pour tous. [8]


Jacqueline Cimaz
 [9]





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[1] On pourrait évoquer le succès et la richesse de l’ancien comité des fêtes de Saint-Apollinaire-de-Rias, du temps où André Roche et Jean Valla et d’autres s’en occupaient... Une richesse fondée sur l’ouverture, la générosité, la solidarité, la sollicitude à l’égard de personnes en difficulté, l’attention portée à tous, et la force des symboles démocratiques et populaires qui cimentaient l’action comme ce "Banquet républicain" - qui perdure, ou cette mémoire, pour les chasseurs, de la nuit du 4 aôut - l’abolition des privilèges féodaux. Ne plus risquer la mort si on tuait un lapin dans le bois proche pour nourrir ses enfants... Symbole visible sur site avec la Bastille sur le logo de l’ACCA. A l’opposé de ces chasses privées héritières des chasses seigneuriales... Relire "Jacquou le Croquant"...

[2] une expression travaillée par ailleurs par Dominic Thirion

[3] Jusqu’où ira -du moins dans sa randonnée - ce couple rencontré dont l’homme porte à chaque montée le sac de sa compagne ?

[4] comme les "poches heureuses" de J-P.Dubost ou "la souris verte qui courait dans l’herbe..." - l’hypallage...

[5] Les voies privilégiées de la patrimonialisation - où l’importance accordée à l’écriture s’explique peut-être en bonne part par ces traditions religieuses où les Bibles étaient conservées en caches, au péril des vies familiales...

[6] Loin de tout technicisme, au travers de projets personnels et/ou de groupe qui donnent la primauté au sens des usages...

[7] Aux antipodes du "spectacle", un ballet de Pina Bausch ne pouvait-il communiquer sur des usages mieux que tous les mots recensés ?

[8] à une époque où le baccalauréat a remplacé le certificat d’études et où se profilent, au delà du BTS, de nouveaux paliers à master 1 puis master 2...

[9] IA/IPR honoraire et responsable bénévole d’EPN par délégation de service public





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SECOUSSE Sixième sortie


"Page cinq, supprimer le visuel de la fractale, il passe mal auprès de la direction, et le remplacer par la photo du siège social. - Acier et vitres réfléchissantes devant la bretelle du périphérique ? - Oui, je sais Margot, ce visuel que vous avez trouvé était plus original, mais le directeur général a estimé que le lien avec nos activités n’était pas clair. Nos clients ne sont pas des intellectuels. - C’est vrai que les belles images n’attirent personne tandis que les photos les plus éculées embrasent l’imagination."

Sixième ► Secousse France Billaud ► Fond d’écran


Secousse 6 Vincent Guillier. Arrêt sur typographie. NOIGRANDES. arbre 2007. 2007. DECIDEMENT ! cf note 3.


François Maurin. Dans le texte lisse , lissé, propre, fermé, achevé de Secousse, La fenêtre du site de l’auteur. Sa voix, sa vie en direct et la montée en puissance non pas de "la belle photo" mais d’un beau travail artistique utilisant la photo ce mur La force de cette ouverture en profondeur qui donne sa force Num’ à ce Secousse 6ème...


Et ?

Mathématiques et poésie

ƒ(Ø/ØØØ¿ØØÖ±▒)¤*V@.⌂

etmathetsciences GÖDEL sans Escher ni Bach... plutôt Synthèse’s séminaire.

Les maths, un langage ? Et le pouvoir des maths ? Performatif ? Les découvertes ?

Un débat à approfondir quite à l’exposition de la fondation Cartier ?


Et

la lecture de l’oeuvre de Judith Scott par J-P.Courtois, comme entre noniales et Karskaya...

Et le film d’Astruc et celui de Ph.Faucon...


Notes de lecture...


Différent de Secousse 5, plus sobre peu-être. Plus dense ou d’une densité plus polie.

Une belle réussite...

A lire et relire... Il y faut des heures et des jours...

Pari gagné en tous cas de la revue numérique...

Avant interactivité ?

A voir...

Une richesse de réflexion irremplaçable...


J.Cimaz





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Secousse ? 1er anniversaire fêté avec Patrick Maury

Patrick Maury est bien connu à Saint-Apollinaire-de-Rias pour ses lectures lors des trente ans d’Obsidiane et son exposition "Les Plombs", pour une belle sculpture visible à la Grange du Vernat...


D’abord l’interview de Patrick Maury par Jacqueline Cimaz


1. Vous venez de fêter l’anniversaire de "Secousse ". Quel bilan faites-vous de cette année ?

Nous sommes très contents de cette première année. Les retombées nous sont très favorables. Il y avait près de deux cents personnes à l’Hôtel Lutécia et pourtant l’entrée était payante (10 € )


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Lecture au Lutécia du 8 octobre.2011


2. Les résultats obtenus correspondent-ils à vos attentes ?

Si l’on compare les très médiocres ventes en librairie et le peu d’abonnés qui étaient encore fidèles au Mâche-Laurier (une petite centaine) avec la fréquentation du site qui est de plusieurs milliers sur l’année, il n’y a pas photo.

Il faut cependant se poser la question : pour quelle lecture, pour quelle qualité de lecture ? Cela reste difficile à apprécier. Mais je dois dire que quelques messages venus spontanément des quatre coins de la planète nous ont grandement surpris et réjouis.


3. Quels sont vos projets pour 2012 ?

On continue !


4. Votre conception du numérique a-r-elle évolué ? Si oui dans quel sens ?

Je ne sais pas si notre conception du numérique a changé. Ce que l’on constate c’est qu’il est possible de faire un travail de grande qualité tout en gardant la même exigence qu’avec le papier pour un coût dérisoire.


5. - A quoi pensez-vous quand on vous parle d’« écriture numérique » ?

A la diffusion aléatoire qui offre beaucoup plus de probabilité de rencontres que la vieille bouteille à la mer !

Mais je crois aussi que cette facilité doit servir sa fonction première qui est de ramener le lecteur vers les seuls vrais livres à mes yeux, je veux dire les livres qu’on tient entre ses mains, les livres papier qu’on lit dans la solitude et le silence.

Bien évidemment, ces quelques réflexions n’engagent que moi. Mais elles ne doivent pas être totalement rejetées par mes petits camarades.

 [1]


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Hercule pensif (Hommage à Rodin), une sculpture récente de Patrick Maury


6. Et ton écriture ? Et ta sculpture ?

Quant à l’écriture, le troisième mouvement de mon Quatuor Amer devrait enfin voir le jour et une exposition de sculpture est programmée pour juin 2012.

Je viens aussi de traduire avec un ami, le livre d’un extraordinaire poète anglais, mort en 1964. Et j’ai quelques raisons de croire qu’un bien bel éditeur va nous le prendre. Je ne manquerai pas de te l’envoyer, bien sûr. J’ai toujours beaucoup de plaisir à lire tes lettres d’informations qui révèlent à chaque livraison toute la richesse de vos activités culturelles et humaines.


Et trois cadeaux pour un anniversaire


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Un poème de Patrick Maury "qui a un rapport avec la langue"


Franck Venaille sur le site du CNL (JPG)

et cf l’hommage à Venaille sur ce site



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[1] Et pourtant des questions toujours ouvertes sur lesquelles les réflexions inédites de Jean-Pascal Dubost sur son blog et les interrogations d’Ophélia Escriu sur le sien pourraient permettre de poursuivre le débat ?



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De Kaplan à la bibliothèque et retour


Nous avions été fortement interpelés il y a quelques temps par un très récent article sur le blog de Frédéric Kaplan. Depuis nous avons découvert qu’on travaillait à Paris VIII sur une « grammaire de l’écrit numérique »... Nous avons aussi beaucoup travaillé en Bibliothèque-PAPI avec débutants et non débutants au travers de projet de création de « livres numériques » - ou essais pédagogiques pour tenter de faire d’une pierre deux coups et d’appréhender la spécificité de l’écriture numérique tout en faisant reculer la fracture numérique. Nous avons aussi découvert que Ménard réécrivait le Quijote, ah « Fictions » - re-commandé Borgès et enrichi notre regard sur l’OULIPO.

D’où l’irrépressible besoin de retrouver ce texte dans le blog de Frédéric Kaplan. « Le livre-papier comme projection du livre-machine  » /janvier 27, 2011 »

-  Dimension 0, ou l’unité, le mot.

-  Ensuite, Dimension 1, le texte, « Représenter la réalité sous cette forme est évidemment un défi. C’est l’impossible mission de la littérature et du discours scientifique », écrit Kaplan. Puis

-  « Dimension 2 : les pages, cartes, diagrammes, tableaux, arbres » : le plan, support de projection ou lieu d’articulation de textes, images, schémas ou le deux à la fois. [1] « Ils aident à « déployer nos idées en deux dimensions, les organiser dans le plan. » poursuit Kaplan.

-  Dimension 3 : le livre papier « lieu, conteneur, classeur de documents de dimension 2... « le livre organise les pages, les cartes et les tableaux en passant de la dimension 2 à la dimension 3. Il articule dans l’espace une accumulation d’objets potentiellement hétéroclites...C’est la fonction architecturante dont j’ai déjà traité. » (juin 2010)

Ensuite bien sûr, c’est l’introduction du temps, du mouvement, de la vitesse, des flux. - C’est la

-  Dimension 4 : Les vidéos

« Pour capturer la 4eme dimension, c’est à dire le temps, la vitesse, la cinématique, le flux, [2] nous avons dû inventer encore d’autres technologies. Techniques photographiques et cinématographiques utilisent le mouvement pour capturer le mouvement, pour le cartographier, comme le plan représente le paysage, toujours avec une échelle, une perspective, un cadre particulier. [3] Comme pour les autres technologies, il devient possible d’étendre en 4D des représentations de dimensions inférieures (fluidification de documents textuel, graphique, etc) et d’obtenir ainsi de nouvelles manière de les ordonner et de les organiser » Notre utilisation de Movie Maker non seulement pour présenter l’écrit (niveau 2), mais pour fluidifier ensuite le tout en allant de Calaméo à Daily Motion en repassant par Movie Maker.(niveau 4 ?) Travail d’auteur et d’éditeurs numériques ? (Niveau>4 ?)


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Totalité des vidéos réalisées pour Les Rias ou la mairie par la webmastrice. Aperçu également sur la calaméothèque (au 25/04/2011)



















-  Dimension n>4 : Les machines informatiques et les livres-machines En organisant « des documents de dimensions 1 à 4 dans des espaces complexes » ils intégrent « la définition de leur propre interactivité ». « Elles peuvent étendre ces documents de dimension inférieure en les tissant les uns aux autres de manière interactive. Elles permettent de rendre compte des articulations de phénomènes de dimensions supérieures. » L’articulation livre-papier/livre-son d’Eliane Baud, essai timide d’exploration limitée de cette dimension ? Voir aussi côté wiki dans blog ?
-  > « De la même manière qu’il n’est pas évident d’adapter un texte en vidéo, la grande liberté que permet l’expansion d’un livre-papier en livre-machine n’est en général exploitée que très timidement. » Nous faisons l’hypothèse que la pratique de la lecture poétique (lecture tabulaire et plus...) facilite le tissage évoqué.

Projection de livres-machines sous forme de livres-papiers ... « Elles permettent d’anticiper un futur où interfaces de lecture papier et digitale coexistent de manières complémentaires. » Nos tirages papier frustrants des « livres numériques » Cf la métamorphose des objets, (voir le premier chapitre ici). Sous format papier... Une technique de projection possible avec mini-URL et QCR-code... Et la carte Arduino ? N’a-r-elle pas sa place dans « un monde où les livres seront produits sous forme de matrices informatiques capables de se projeter sur de multiples documents de dimensions plus faibles » ? Où le livre « traditionnel » garderait « finalement une forme assez proche de sa forme actuelle. Mais pensé comme projection d’un document-machine de plus grande dimension, son mode de production sera par contre complètement différent. » A voir. Et l’interactivité dans cet espace, avec intégration de capteurs et réponses préprogrammées. Où on peut interagir avec le projeté ? De plus, le document machine complexe créé n’aura-t-il pas nécessairement, au niveau qui est le sien, une identité propre, un sens et une cohérence irréductibles à la somme de ses composants ?

Jacqueline Cimaz



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[1] Cf tout ce courant de l’art contemporain qui de Karskaya à Bonnefoi a utilisé cartes, tarlatanes ou tressages ou collages dans le plan (Schwitters).

[2] Nous ajouterions explicitement le son.

[3] par delà ces techniques, il y a leur utilisation comme dans les créations de Couturier superposant - avec un très léger décalage- ses tirages argentiques pour créer l’impression de mouvement. Ce que dans sa préface à Meltingpoint, André Rouillé explique la coupure entre « belle photo » et utilisation artistique de la photo, correspondant pour lui par le passage d’un univers monocentré à un univers de flux et réseaux, pluricentré...



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Traque virtuelle


La disparition d’un texte malencontreusement supprimé dresse un mur de solidarité à l’abrupt de l’écran. Composé de cinq paires d’yeux, pistant, buttant sous l’amoncellement de dossiers. Une traque visuelle est lancée.

Entre les éboulis virtuels, le compagnonnage spontané, force vive de la recherche engagée s’attarde sur chaque élément susceptible de correspondre aux écrits ensevelis. Quelques uns entretiennent l’espoir de le débusquer, même aux confins d’un ailleurs insoupçonné.

Front uni sur l’ordi, le monde ouvre puis referme déçu les principales voies d’accès, amenuisant l’exploration jusqu’à sa plus simple expression avant de démobiliser le dispositif éphémère après avoir tout tenter.

Jacqueline et Geneviève, Geneviève et Michèle, Michèle et Marceline, Marceline et Fatima reprennent le temps chiffonné et le remplissent de restant, pour les unes à rassembler textes et photos pour un nouveau calaméo, pour les autres, répertorier matériel et photos qui serviront à l’opération carte postale.

Rentrer de plein pied dans la réalité du lieu et de ses habitudes amarrées aux services proposés, c’est le point d’appui qu’à choisi l’un de nos villégiateurs, qui ordinateur sous le bras vient se connecter à l’interface de son monde.

Fatima Mana


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Quelques éclats épluchés sous leurs pas



Du dedans, ponctué de concentration studieuse, rien ne devine leur arrivée, peut-être quelques éclats épluchés sous leurs pas le temps de traverser la cour. L’air frais s’engouffre derrière eux, l’horizon dans les yeux, ils déshabillent curieux les petites parts d’habitude en pénétrant dans le lieu.

Buvant la vie bouche bée, ils s’attardent un instant pour voir, puis soudain, dans un revirement familier, étalent le désordre de l’enfance sur les albums et leurs histoires préférées sans se retourner. Le monde vient de retrouver sa banalité.

La pratique toute neuve faisant son chemin, on profite au prétexte du lien noué au collectif, une échappée belle d’un petit tour sur facebook, si répandu dans le quotidien qu’absorber ses fonctionnalités évitera très certainement de se laisser distancer.

Voyager sur un mur de visages cimentés à la virtualité, passer de l’un à l’autre exposés aux apparences, amis d’un jour, de toujours, traversée de prénoms invitant à partager la toile, petits échanges sur une surface quadrillée à l’intimité du monde.

Côté numérique, de l’appareil emprunté le temps de s’emparer de ses fonctionnalités et participer à l’action cartes postales, ou juste à côté, reprendre le délaissé, remplir ses blancs oubliés et poursuivre le principe en partie assimilé du rangement cimazien, de quoi ne laisser aucun vide au temps écoulé.

C’est donc pour la première internaute photographe néophyte du numérique, à fleur de curiosité, qu’installée devant l’écran, l’impatience de voir le rendu à vue happe son regard.

Et voilà que le lecteur de carte oublié laisse traîner quelque déception sur la réalité mais comme il n’y a que des solutions nouées à la sagesse de l’adage, nous nous rabattons sur le cordon, un instant retranché sous le trop bien rangé.

Photos sur l’écran, une légère couche de surprise se répand devant le résultat d’un « pas si mal que ça ! ».

Invectiver de noms d’oiseau l’ordinateur hermétiquement hermétique à toute tentative d’enregistrement soulagerait presque si l’incapacité momentanée à même la colère effleurée, incorporée dans un tout prenant à témoin l’impossible, ne nous renvoyait à un problème d’installation pas installée - ouf on y était pour rien !

Abandonner le jeteur de trouble à son sort et se ruer sur un matériel qui a fait ses preuves même dans l’épreuve, l’évidence est là, courant sur l’habitude, illustrée par des enregistrements ne rencontrant aucune difficulté. Alors respirer...

Fatima Mana


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Le ressenti de Fatima Mana en un beau texte qui traduit bien l’atmosphère et où les habitués se reconnaissent...

Peut-être situer cette tranche de vie

-  où Eliane s’approprie le site, et le Net, se reposant ou se posant après avoir coup sur coup patrimonialisé une expérience scolaire puis créé - vraiment créer de toutes pièces - des paysages sonores creusant ou tordant l’écrit - comme pseudo-hyperréalisme labourant le documentaire, le confortant ou l’interrogeant, à presque lui demander des comptes... Création de connaissances sur passé public, de connaissances pour soi, sur soi, de connaissances locales qui parlent. Une aventure plus épuisante qu’il n’en a l’air... Surf repos depuis ? Surf détente ? Sans doute, mais aussi un nouveau regard, approfondi ?

-  où Yvette classe et range ses photos sur son portable neuf, en milieu semi-protégé et après travail à la maison.

Le pourquoi ? Pour les ranger, c’est évident... Comme boites de photos étiquetées d’autrefois ?

Sans doute. Mais aussi pour préparer le choix de photos qui, telles quelles ou re-travaillées fourniront la matière d’un "livre numérique", avec déjà images et texte...


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Une aventure neuve mais qui se planifie de loin. Choisir c’est écarter - ce dont -pour le moment du moins - on ne va pas faire-patrimoine-public ? Et retenir ? Peut-être de ces belles photos de brume à Silhac - tout un regard qui scrute et retient ce particulier d’une atmosphère aimée et reconnue, qui, montre et cache, et aussi, rappelle certaines de ces belles photos en noir et blanc du 20ème siècle ?

A voir, une démarche en tous cas qui se pense, se réfléchit, se travaille de très loin en amont...

-  où les jeunes mamans arrivent avec les petits et où Mendy en habituée met sa copine sur Internet et la guide vers des jeux adaptés à son âge, avec une grande maestria pédagogico-navigationnelle.

Pas pressées du tout que les mamans aient fini de choisir leurs livres à emprunter ou expliquent le fonctionnement de Facebook. Elles, ont fait vite...

Jacqueline Cimaz






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Secousse 3 est sortie...


Densité, qualité, lisibilité.

L’ordre structurant des rubriques fixé par les trois numéros. Une donnée "collection" maintenant.

Poésie [1]

Proses. [2]

Essais

Aux dépens de la compagnie... [3]

Carte blanche [4]

La guillotine ? [5]

Zarbos [6]

Notes de lecture [7]


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Des rubriques récurrentes qui s’étoffent, se diversifient... Toujours des traductions, des images fixes et mobiles...

Une forme qui parait fixée avec ses diverses rubriques, l’accès par lien au texte et en fin de texte, aux renseignements utiles. Des documents téléchargeables.

Le niveau collection émerge de la triangulation, avec ces constantes répétées d’une part - de la forme aux rubriques et aux auteurs, à ce qui oriente les choix des auteurs et des textes, qui fait qu’on peut dire "ça c’est du Secousse" comme on dirait "ça c’est du Barcelo"... mais aussi avec ce transversal fonctionnel que constitue par exemple l’outil phonothèque en lien externe à Secousse 3, mais interne à la collection...


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Donc une maturité, une plénitude atteinte au niveau Collection qui permet de se centrer sur les contenus...

Jacqueline Cimaz

NB. Reste à résoudre , mais c’est un autre problème, la question du temps de téléchargement avec les hauts-débits actuels qui privent souvent de la découverte des lectures orales. Question de couverure du territoire ?



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[1] à lire et/ou entendre, le cas échéant avec la version originale et sa traduction en regard... Erba, Mayröker... Les poètes qu’on retrouve comme Venaille/

[2] Ella Balaert...

[3] Du Bouchet... "l’infini et l’inachevé"... l’écriture d’Hugo...

[4] ethnologie/patrimonialisation/création...

[5] où "poème = (langage) (histoire poétique) (imaginaire) (monde) (pensée) (projet) ?

[6] avec la présentation par Catherine Soullard de "La femme aux 5 éléphants" un très beau film, si on en juge par le bande-annonce de Vadim Jendreyko... La traduction vers un "réel qui se dérobe" et pas seulement... Chercher où et comment pouvoir le voir...

[7] Est-ce de là qu’on accède sur une très belle photo de Serrano ? Chemin perdu difficile à retrouver ? Rien à voir peut-être ? Hasards d’un clic aux marges ?



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Exposition numérique à l’OT.


Après un premier article général où était évoqué le montage de l’exposition , un bilan s’impose.

Des visites curieuses de l’exposition, peu d’apprentissages sur place, par contre des projets de programmation et fabrication de livres numériques, sous Calaméo ou, sur Daily-Motion (livres-vidéosà), ce d’autant que notre travail sur bruits et paroles est parti...

Des modalités d’expression mi-brèves mi-longues, qui séduisent le public et sont en développement exponentiel, avec la plus value-apportée par le son, la diversité et la maniabilité de formes qui s’échangent et circulent par le biais de liens ou comme objets vidéos...

L’objectif n’est pas de faire long et lourd mais de concevoir et réaliser des objets courts sous des formes diverses [1], de les offrir, les échanger...

De nouveaux réseaux se dessinent ainsi en liaison avec des démarches de patrimonialisation, patrimonialisation-communication (faire connaître mon savoir-faire), voire d’expression libre ou création...

Une manière possible aussi pour l’OT d’informer son public ? Bien sûr : un petit "livre vidéo" sur une thématique précise, avec des liens et téléchargeable en vidéo par tous ? Affaire de blog et de temps, bien sûr... Mais une manière aussi d’enrichir et actualiser l’approche du patrimoine...

Donc, merci à l’OT pour cet accueil... pour la qualité du travail de préparation et d’installation, pour les échanges offerts...

Et des suites sur notre site...

Jacqueline Cimaz



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L’approche de Fatima Mana

Un partenariat numérisé.

En partenariat avec l’office de tourisme du pays de Vernoux, la bibliothèque/PAPI de Saint-Apollinaire a proposé une exposition et un atelier numériques autour de deux actions nationales, le Printemps des Poètes et la Fête de l’Internet.

Inscrites dans l’idée du partage et de la découverte, de nouvelles utilisations numériques telles que le Calaméo (livre numérique) et la vidéo ont été proposées.

Des passages improvisés l’ont alimenté, certains l’explorant dans la perspective de l’utiliser comme outil promotionnel pour leur activité.

La fraîcheur de la nouveauté disperse aux alentours immédiats, une curiosité sidérée, tant les yeux grands ouverts au plein champ de l’étonnement sont expressifs..

Rappelons que l’exposition de livres numérique est visible à l’Office du Tourisme jusqu’au 19 mars inclus.

Nicolas, technicien de l’OT avait mis les petits plats dans l’écran, mettant à notre disposition sa gentillesse coutumière.



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[1] et l’introduction du son - à peine visible (ou audible) dans l’exposition à l’OT - est entrain de décoller à vitesse exponentielle



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Ecritures numériques diverses, outils et interactivité...


Quelques découvertes à Saint-Médard-en-Jalles qui ouvrent au bon moment par rapport aux questions que nous nous posions sur les écritures numériques et l’interactivité, une diversité de pistes... Et des outils souvent libres, gratuits ou le moins onéreux possibles. De l’enthousiasme dans la création et la volonté de partager...


-  Des écritures numériques un peu comme cinéma d’animation ou autres recherches de la Poudrière à Bourg-les-Valence...


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-  la Delay vidéo, du vu au Lux avec Mondot, à Valence, mais différente... Cf le site de "Media-cite" , un site à explorer...

L’intérêt : l’interaction, l’intervention dans l’image...Le passage de l’aléatoire au construit...


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-  Grapholine ou le dessin musical... Associer objectifs plastiques et de création de sons. Voir et entendre les vidéos sur le site


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-  Friispray ou installation pour créer des graffitis numériques (vidéoprojecteur, wwi...)


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-  Nous avons aussi entendu parler de la carte Arduino, une carte qui permet de lire un jeu de capteurs choisis et de relier par un langage spécifique les informations de ces capteurs à divers types de réponses. Une activité intéressante qui si elle a les mêmes ressources pédagogiques que la robotique à l’école dans les années 80, devrait s’avérer non seulement outil de création mais aussi outil pédagogique...

Et même une aide à l’utilisation...


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-  Enfin nous avons retrouvé les QRCode et découvert le Générateur de QR Code... Des utilisations différentes de celles que nous avions vu au Lux dans un petit film réalisé il y a quelques années avec un téléphone portable, mais certainement aussi fécondes...

Quelque chose de très différent de l’écriture d’Ernest Pignon-Ernest sur les murs de la ville certes... Des modes de lecture et d’écriture complexes...


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Des ressources à exploiter, à explorer peut-être avec nos intervenants du projet "Du recueil de mémoire à l’écriture transmedia" ?

Des aides aussi à la conception de "livres" programmés ?

Et puis un point commun aux niches d’utilisation émergentes : création et interactivité... Quelque chose qui fait écho aux propos de Bernard Benhamou, Délégué aux usages de l’Internet : la production des informations sur place, dans la proximité. Le culturel, premier, et ses incidences politiques et économiques. Si la production des informations est localisée, les emplois qui en découlent ne sont pas délocalisables...

Une incitation au débat, à la réflexion, à l’action...

Jacqueline Cimaz





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Ecriture et lecture du 21ème siècle ?

Entre les paysages d’Outremer du printemps des poètes et le thème non encore connu de la Fête de l’Internet 2011, mise en place en Bibliothèque LAPI, parallèlement au projet des Rias "Du recueil de mémoire à l’écriture transmedia", d’ateliers de réalisation et réflexion.

Une initiative mentionnée sur le site de Villes-Internet.

Il s’agit d’avancer toujours plus - et mieux- dans l’analyse des spécificités de l’écriture et de la lecture numériques au travers de réalisations concrètes, qualifiantes et des échanges et informations sur ce travail.

Les réalisations ? Brochures et livrets numériques toujours, et réflexion pour appréhender de mieux en mieux la spécificité de l’écriture/programmation numérique et de sa lecture.


Cette action qui concernera aussi des scolaires et des enseignants, articulera :

-  l’approche des et par les arts numériques,avec l’exploration d’un document d’une grande richesse

-  l’application de critères du poétique à l’écriture numérique,

-  l’étude de conception d’une revue numérique de poésie, Secousse

-  le travail de l’image à partir de photos...


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1er travail, en cours, de superposition des 8 photos effectué par Fanny. La seule participante à avoir pu aller jusqu’au bout de cette 1ère tâche en une seule séance !


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De haut en bas, gauche à droite, les 8 étapes du travail de Fanny. Prochaines séances, reprendre chaque étape à partir de la base pour affiner les superpositions, ce qui peut aussi conduire à modifier l’ordre des photos, leur transparence... à faire des retouches...

 [1]


Ce travail devrait permettre une avancée dans la formation et le développement de la culture numérique pour les certifiés de l’an passé (B2i adulte), de nouvelles certifications, des transferts en milieux scolaires, une avancée générale dans la réflexion utile au travail des réseaux auxquels nous participons. Au niveau du village et du plateau, le renforcement des liens entre les divers types de population. Intergénérationnel et interculturel.


Une façon aussi de cerner une question de fond récurrente : comment donner une culture scientifique et technique en ces domaines qui ne soit trop liée à des pratiques risquant de devenir rapidement obsolètes ? Comment former des compétences utiles à des pratiques émergentes ou qui le seront dans quinze ans ? Quels éléments pour faciliter une réflexion prospective nécessitant les apports de tous et la poursuite du développement d’une culture numérique - ou culture générale intégrant le numérique - suffisamment distanciée de techniques dédiées. Quels apports pour ce faire des entrées scientifiques, littéraires et artistiques ?


Questions complexes à apprivoiser doucement à partir de tâches simples dont la nature et la conception peuvent être décisives...

Jacqueline Cimaz



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[1] Imaginer le travail de Sébastien Camboulive avec 142 photos et des objectifs artistiques de forme, références et de sens...



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De critères du poétique à ceux de l’écriture numérique,

un essai d’application qui parait fécond, à des années-lumières des seuls précision/exactitude/exhaustivité appliqués il y a au plus vingt-cinq ans à la page-écran du "Trésor de Télémat"...



Il y a une quinzaine de jours nous soulignions la sortie de "Secousse" 2, comme un évènement majeur.

La revue numérique d’Obsidiane, en ses premiers numéros, différents, dépassait par ses contenus et architectures, l’antagonisme dont semble porteur le Net entre, d’une part, la rapidité des flux, l’éphémère, la tombée rapide dans l’obsolescence, l’effaçage, la vitesse, et de l’autre, la dimension banque de données, la constitution de références accessibles, l’archivage et la possibilité des retours en arrière, de comparaisons, d’interrogations nécessaires à la réflexion, à la construction et à l’approfondissemement de la pensée.


Secousse 1 et 2, par delà l’interêt intrinsèque de ces contenus s’instaurant en réseaux, représentent une avancée clé et exemplaire dans l’écriture et l’édition numériques, venant non des informaticiens mais de poètes...


Etonnant ? Pas tellement, si on s’attarde sur les travaux d’IUFM des années 1995-2005 cherchant à définir les critères du poétique. Des critères [1], et qu’on peut appliquer à l’écriture numérique ? a voir...


-  la forme qui fait sens [2], du texte même, des images fixes ou mobiles, du son... le non arbitraire de signes liés aux différentes formes -livre ou blog ou site... ? La non linéarité du signifiant, avec ces ruptures paradoxales que constituent les liens... ...


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Une présentation qui fait sens annonçant clairement le choix de la mise en voix


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Déclinaison du choix, clarté de la classification ; de plus, la répétition de la forme et la densité de la personnalisation...


-  le caractère cyclique, le rythme, les répétitions, reprises, échos, correspondances... Le choix ou non de laisser trace visible des modalités mêmes de la construction et du cheminement, de retours en spirale sur certaines références différemment réinterrogées, comme le chercheur construit l’histoire des différentes traductions d’un même texte [3]. Rôle de la structure et du nombre... Répétitions/correspondances sur l’écran, d’écrans, de fragments ? D’images, textes, sons... Transversales à note, blog, site... ? Cf le petit bruit pour chaque page tournée sous Calaméo...


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D’un clic, une répétition qui agrandit et un détail qui complexifie...


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Répétitions dans le tableau de la forme, de la procédure, sens de la forme écrite du texte, densité de l’intrusion du lecteur, indispensable à l’écoute...


-  la densité, avec la polysémie, les images [4], l’inscription de l’auteur dans la langue, l’historicité, la contextualisation... [5]

Le "statut" qu’y a le signifiant, et la très forte "structuration de l’ensemble", ce fonctionnement du texte poétique comme "totalité de relations complexes" [6]. "Réseau", "correspondance", "épaisseur du texte", n’est-on pas là dans des caractéristiques fortes du tissu numérique ?

"mettre du signifiant pour avoir prise sur (le) réel", n’est-ce pas aussi le propre de l’écriture transmedia ?

Quant à l’"ambiguité", la spécificité de la "syntaxe", au "statut de l’image", " qui met en rapport d’analogie deux référents étrangers l’un à l’autre "... ne s’agit-il là d’expressions caractérisant l’écriture numérique transmedia ?


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Répétitions dans le tableau de la forme, de la procédure, sens de la forme écrite du texte, densité de l’intrusion du lecteur, indispensable à l’écoute...


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Densité propre du texte, redondance icônique, sobriété formelle centrant sur le sens du texte...


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La présence de la forme linéaire, la forme-livre ou presque, rassurance et/ou nouvelle complexification incitant à imaginer l’arborescence-réseau de l’architecture sous-jacente ? Fractales de sens en ricochets ? Pages réactives aux gestes du regard et à la voix ? Pas si vite, c’est déjà beaucoup ! Suite à venir du côté des arts numériques...


Tout cela pour dire qu’il n’est pas étonnant que ce soit une équipe de poètes qui, avec Secousse, apporte une réponse de fait aux questions d’aujourd’hui sur la spécificité d’une écriture numérique composite et non homothétique [7]...

Où la "lecture non linéaire mais plurielle, tabulaire, complexe de la poésie" [8] serait une clé et une propédeutique pour l’apprentissage de la très complexe lecture numérique transmedia ?


Par delà une réaffirmation de l’utilité des arts et de la poésie à l’école, n’est-ce pas leur caractère fondamental pour l’entrée de tous dans la culture numérique qui s’impose ? Une question abordée avec beaucoup de sérieux par la Région Rhône-Alpes,les réseaux Formavia, Corréia...

Jacqueline Cimaz

NB. Nous nous excusons auprès de l’équipe de Secousse de détourner ainsi son travail poétique pour s’attacher à l’oeuvre numérique, globale et complexe, qu’ils ont amorcée, [9] et en utiliser l’analyse pour mieux poursuivre nos efforts d’appréhension de la spécificité de l’écriture numérique et de sa lecture.



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[1] extraits du dictionnaire de poétique de Michèle Aquien, (ED Brodard & Taupin)

[2] cf le primat du signifiant et Meschonnic

[3] cf le travail d’école effectué sur "Los dos abuelos" de Nicolas Guillèn

[4] métaphore, métonymie, synecdoque, hypallage...

[5] "Poésie et arts à l’école" coordonné par J.Cimaz, CRDP de Montpellier, décembre 2002

[6] cf M.Aquien

[7] "homothétique" : terme officiel pour nommer la simple numérisation d’un texte. Secousse comprend du texte homothétique, mais le met en perspective, l’intègre dans une architecture qui lui donne sens, le dépasse

[8] ouvrage collectif cité

[9] le niveau "méta"



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Secousses


Il y a un an nous travaillions sur le livre "numérique" et ses spécificités. Pierre Ménard auteur, et concepteur de la revue numérique d’Ici là, publiée par Publie-Net, nous écrivait :

" Pour votre texte, d’accord avec votre analyse  :"la question n’est pas de situer le livre numérique par rapport au livre papier". Il précisait : "Avec l’oeuvre numérique (et ses nombreuses formes d’expressions) on invente quelque chose de radicalement différent du livre, même si le principe de lecture y reste primordial, il est désormais lié à l’écriture."


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Secousse1, un texte complexe



Une remarque qui reste d’une grande actualité. .

Plus récemment, Kaplan parlait du passage du livre imprimé au livre programmé...


Mais la recherche de références sur le web amène à s’interroger sur d’autres points : en un an de nombreux liens existants sont devenus inopérants - et d’un blog à l’autre cette accélération de la vitesse de rotation semble devenir une constante.

Certes l’information est éphémère, les flux sont rapides. Mais la question se pose du passage de l’information superficielle à un savoir construit. Celui-ci demande des aller-et-retour, une mémoire, des banques de données indexées. Comment pourrait-il y avoir sans cela cette patrimonialisation nécessaire à l’émergence de savoirs dont nous parlait récemment Mermet ?

Quel sens de l’éphémère s’il ne se pose par rapport à la densité du temps, au pérenne, aux différences de durée, de rythmes... ? Morin parlait de "systèmes tapissés de processus temporels". Que deviennent ces derniers ? Quel sens d’un synchonique non articulé au diachronique ?

Les moyens techniques actuels ne permettraient-ils pas de résoudre ce problème en engendrant systématiquement des banques de données qui conservent les liens ? Comment l’époque pourrait-elle faire une relecture du passé si celui-ci est sans cesse effacé, sans garder traces des relectures successives ? Une question qui parait essentielle et ne s’oppose pas à la notion de flux, de débit...


Dans ce contexte, la sortie en ligne de "Secousse", revue numérique par les Editions Obsidiane. constitue un évènement.

Obsidiane donc la garantie de la qualité des textes. Certes ! Mais la mise en ligne ? Les textes sont là, y compris de longs textes et avec, de surcroît, la possiblité, pour nombre d’entre eux d’en écouter une interprétation sonore.

Textes et diction, ces atouts d’Obsidiane mis à la portée de tous sur le Net... Des textes longs, qui d’un numéro de Secousse à l’autre restent accessibles ( pourquoi ne pas introduire des liens entre l’un et l’autre ce qui éviterait d’inutiles reprises ?)


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Secousse 1. Mode d’emploi de la sonothèque.


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Secousse 1. Autre niveau de mode d’emploi


Par rapport au couple éphémère/pérenne, l’approche nouvelle que constitue la revue périodique, conjuguant discontuité et continuité, est intéressante, tout comme la création de collections sur le Net...




Deux numéros, un tout petit échantillon pour comparer d’autant que la structuration des deux est très différente.

-  Secousse N°1

Quelles différences avec la revue imprimée ? Des liens bien sûr, opérants sous PDF... Un sommaire interactif... L’existence de divers micro-mondes comme celui de la Sonothèque , du mode d’emploi de la sonothèque. Et puis si dans la sonothèque vous cliquez sur un nom - au hasard, "Commère" vous obtenez le texte "jars" et puis d’autres et même tous les textes... Une bibliographie dont on aimerait qu’elle soit truffée de liens, la possibilité existant aussi, d’accéder par un clic droit à la recherche sous Google, pour atteindre, par exemple, "Prévision de passage d’un dix cors au lieu-dit Goulet du Maquis (Obsidiane)"...


Errances non programmées semble-t-il - le sommaire interactif est là pour ça ? Mais non sans charme ...

Découvrir aussi, un peu au hasard, les textes avec leur version en langue originale... Mesurer la distance entre "endiosado" et "divinisé"...


Secousse 1 ? Un archipel-réseau inépuisable....

Et la belle invitation de Boddaert à en user :

"Secousse campe à présent sur la toile (mais où sont nos livres d’antan ?). C’est pour rien : lisez, pillez (copier/coller), O lecteurs internetisés ! Mais les araignées du comité veulent des mouches. Avis !"



Secousse N°2 ?

L’organisation interne qui structurait le n°1 est très estompée, plus linéaire : on suit le sommaire et au fil des lectures on trouve des liens, moins nombreux, des micro-mondes plus liés aux contenus qu’à la méthode.

Ce sommaire :

-  Poésie : six textes ou ensembles de textes, de six auteurs, version originale et traduction le cas échéant. Diction à écouter pour trois d’entre eux. Les auteurs ? A découvrir ! Le lien ne porte pas sur la rubrique ou le nom de l’auteur mais sur le titre de l’oeuvre. Par contre, le clic sur le nom de l’un d’entre eux donne accès à moult renseignements.

-  Proses

-  Essais

-  Aux dépens de la Compagnie

-  Carte blanche

Tziganes. Quatre auteurs et plus dont le témoignage de Ioana Emmett - et ses photos ou celles de Bruno Grégoire ? Jean-Marie Kerwich, qu’on peut entendre, et d’autres poètes...

-  Humeurs

-  Zarbos

Avec un texte, notamment, de Catherine Soullard sur "Un homme qui dort", un film signé Pérec et Queysanne, prix Jean Vigo, et qui, après bien des difficultés vient de sortir en DVD.

La bande-annonce parait être la première écriture vidéo s’ouvrant dans Secousse ...

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Secousse 2. Image d’une bande-annonce à voir sous Dailymotion


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Secousse 2. Autre image du film


-  Notes de lecture


Une organisation de revue et collection qui se cherche encore, heureusement, mais d’ores et déjà des contenus très riches et intéressants, dont nous n’avons certainement pas encore découvert la totalité dans cette première lecture visant la spécificité d’une revue programmée...

A noter d’ailleurs la voie ouverte à un travail éditorial sur le Net sous la forme non pas d’un site ou d’un blog ou d’un livre Calaméo ou ISUU, mais sous la forme d’une revue numérique complexe, archipel de formes à plusieurs étages...

Une forme intéressante pour articuler synchronique et diachronique et répondre à des questions émergentes ? [1]


Secousse 3 est attendue avec beaucoup de curiosité...


Jacqueline Cimaz



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[1] Une petite remarque : les liens retour, facilitant la navigation et la lecture, semblent pouvoir être encore facilités ...



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Un travail qui s’achève


Mêlée au travail en cours, l’envie de présenter un diaporama sous Calaméo dans le cadre du festival Roman/cinéma, qui s’approcherait tout près de ce que nous voulons, nous tanne et installe parfois des instants dans la perplexité comme l’apparition subite d’un phénomène inexpliqué, touchant à l’équilibre même de la chronologie savamment étudiée.

Aucune photo insérée alternativement entre texte et image ne s’ouvre. A la place, des croix d’un rouge flamboyant parsèment l’écran et réveillent notre inquiétude.

Recommencer, l’un des maîtres-verbe de l’apprentissage... Alors que nous en étions à la jonction de la dernière image et du générique....


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Quand le diaporama devient vidéo sous Daily Motion puis fragment d’écriture d’un livre sous Calaméo qu’il rend transmedia...

La satisfaction de l’abouti encore très loin, nous prenons notre bâton de pèlerin et remontons les escarpements virtuels à pas rythmés, bien décidées à tordre le cou à l’origine du problème.


Accompagnées de notre formatrice attitrée, l’insaisissable en deviendrait presque ridicule.

A elle,

lui restera quelques heures à attraper dans un planning déjà surchargé pour insérer notre diaporama, enfin terminé sous Calaméo. [1]



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Cliquer sur l’image, lien actif vers Calaméo




Voici encore une action déblayée au faire ensemble, régulièrement localisable dans la bibliothèque/EPN de St Apollinaire de Rias, en prenant simplement l’évidence suspendue aux quatre coins de l’intention.

Fatima Mana



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[1] dans un livre programmé sous Calaméo synthèse tentée et très abrégée des apports de tous...

D’où quelques coquilles, un "h" oublié dans le prénom de Bernhard Schlink, un "a" devant "à apprendre" p 26, le nom des auteurs de l’image de couverture " Régine Froment et Fatima Mana"... Ceci n’est pas très grave dans la mesure où Calaméo offre la possibilité très appréciée de modifier un livre en en chargeant une nouvelle version.

Si certains veulent en profiter pour proposer des rectificatifs, des additifs -textes, images ou vidéos ou son... ne pas hésiter à nous les transmettre.

J.Cimaz



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Entre les couches du temps, un débat


Parfois les informations prennent tout leur temps avant que de n’être vérifiées et confirmées par les utilisateurs, venus s’approprier les services mis à disposition et prendre les mesures du nouveau pays à portée ; nonobstant sa présence depuis des années mais qu’importe !

Après consultation et recherche virtuelle, un débat sur le livre et son devenir s’installe.

Suspendue au sujet, la discussion se développe et répand ses arguments entre deux couches de paroles tranquilles argumentées aux couleurs du livre de demain.

D’un côté le livre papier qui ne pourra résister qu’en s’extrayant de la banalité objet commun, devenant livre d’artiste-objet d’art.

De l’autre le livre numérique, l’appréhender en rentrant dans sa prospective. Froncer ses évolutions qui naissent à la vitesse de la lumière, se les approprier, les dompter pour les rendre accessibles. Inventer une langue intelligente qui parle dans un langage commun.

Autour de ce débat, constamment ouverte sur l’extérieur, la bibliothèque/PAPI de Saint-Apollinaire vit à l’heure de ses nouveaux horaires, basculant déjà dans le familier, offrant un plus grand espace temps à la transhumance passagère de ses visiteurs.

Fatima Mana



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Un message qui tombe à pic


Un message de Frédéric Kaplan « Les livres vont-ils devenir des applications ? » ce 23 septembre.

L’auteur le situe comme apport d’éléments de clarification suite aux remarques suscitées par son billet de la veille sur le site de l’Atelier intitulé « ePub : Pourquoi le monde de l’édition s’est trompé de format ».

Il y écrit notamment « le livre cesse d’être un document pour devenir à proprement parler une machine. On ne le décrit plus par l’intermédiaire d’un format mais sous la forme d’un langage de programmation. Ce langage spécifie non seulement le fond et la forme de l’œuvre, mais aussi les gestes qui permettent sa découverte. »

Où le livre « intègre sa propre interactivité », ce que nous avions essayé d’aborder à partir du livre d’Orphelia Escriu-i-Num’Llul en disant que l’écriture numérique - ou transmedia - intégrait le textuel mais aussi des images et notamment des vidéos (sons ou images) qui assuraient des fonctions différentes dans l’écriture globale : si le langage écrit y exerce une fonction poétique, une première vidéo assure une fonction référentielle, explicative, alors que la seconde assume essentiellement une fonction conative. Le type d’écriture, là, répond à une typologie précise où le mode d’écriture textuel ou vidéographique, correspond à une fonction claire de la communication interne au livre. Il est évident qu’on est là dans un cas d’école et que les différentes formes d’écriture peuvent croiser différentes fonctions du langage. Le but était de montrer que l’écriture d’un livre peut être composite et que ce composite peut engendrer une complexité qui créé du sens et constitue une identité nouvelle d’écriture hétérogène et complexe... [1]


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« L’auteur est chef d’orchestre » écrit Kaplan... Et il nous livre des précisions et exemples qui ouvrent le champ des possibles [2]

Un chant des possibles où la création peut dépasser le simple communicationnel ?

La question posée ensuite par Kaplan du ou des langages de programmation est importante. Choix a minima et visible d’outils disponibles comme celui fait par Orphelia Escriu-i-Num’Llul ou choix d’un langage puissant et lisse, dont le poli cache la genèse de l’écriture complexe ?

« Évidemment - comme le souligne Kaplan- la nature précise de ces langages, leur syntaxe, leur caractère ouvert ou fermé, seront d’une importance capitale pour la nouvelle industrie du livre qui est en train de se dessiner. »

D’autant que « En fait, toutes les fonctions de la chaîne du livre pourraient se reconstituer autour d’une nouvelle chaîne dont les technologies centrales ne seraient plus celles du livre imprimé mais celles du livre programmé. » Aujourd’hui ceux qui cherchent, essaient d’imaginer, d’anticiper, de comprendre, sont des imprimeurs-éditeurs-libraires, comme notre association. « Mais ces fonctions, nous dit Kaplan, sont irrémédiablement condamnées à de nouveau se différencier. » Ce qui parait tout à fait souhaitable - l’importance de la présence des éditeurs sur le Net...

Cela étant, à ce jour, paraissent importantes la prospection, l’information du public et des professionnels pour qu’il y ait place pour un débat citoyen, pour qu’on puisse aussi s’interroger, comme le fait Giffard, sur l’écriture et la lecture d’aujourd’hui et de demain, sur les apprentissages scolaires et non scolaires à mettre en place.

Fuite en avant dans le technicisme ou développement des compétences et capacités de chacun, de la pensée, de la culture ? Quels choix ? Faits par qui ?

Jacqueline Cimaz



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[1] D’ailleurs, quelles fonctions de l’image fixe dans « Retours affleurés de ressacs en rêts », amorce de fractal, documentaire ou « photo de famille » coupés par un découpage explicite, le re-travail plastique des lumières, couleurs, du flou, de la répétition, une certaine picturalisation plutôt qu’ « abstractisation » ? Brouiller les pistes ou apprivoiser des inquiétudes quant au devenir de la planète à partir d’un point faible connu, d’un vécu personnel et d’une appréhension des modes de vie, de survie et de mort dans un passé plus lointain ? Bref tout cela pour dire que l’auteur parait avoir utilisé ces différentes formes d’écriture de manière non juxtaposée ou sommative mais comme une écriture nouvelle diversifiée et synthétique...

[2] « Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il devient plus interactif. Si l’auteur d’un roman souhaite proposer son récit sous la forme d’une œuvre immersive, fonctionnant sans aucun pont vers l’extérieur pour garder le lecteur dans un univers textuel et graphique maîtrisé, il le peut. Si le même auteur souhaite dans une seconde partie proposer un « making of » racontant de manière beaucoup plus interactive la genèse de son texte, en intégrant des vidéos et des liens vers d’autres sites, il le peut aussi. Ces deux types d’expériences lecture coexistent alors au sein du même livre-application, mais elles sont bien distinctes. » Coexistence ou complémentarité s’intégrant dans une unité de nature différente, synthèse et non somme, impliquant rupture qualitative et restructuration ?



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Article reçu de Frédéric Kaplan


-   " La fonction architecturante du livre"

Un article qui nous convient tout à fait, théorise ce qu’on a dit...

La capitalisation d’un travail et une synthèse qui devrait permettre d’avancer.


Quelques extraits essentiels dans lesquels nous avons souligné certains passages :

"Nous pouvons penser le livre papier comme un lieu aménageable et fermé. C’est précisément parce qu’il permet cette structuration hiérarchique, que le livre traditionnel a pu être le support de la demonstration longue et de la narration complexe.

Livre et réseau semblent porteurs de deux fonctions différentes, architecturante pour le premier, rhizomique pour le second.

L’un dompte la complexité en l’organisant dans un espace fermé, l’autre la fragmente, la disperse, l’éclate et ainsi l’apprivoise.

Des fonctions complémentaires...



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Parce qu’il est implicitement l’héritier du livre papier, le livre électronique pourrait avoir vocation à faire revivre la fonction architecturante du livre dans le contexte de la lecture sur écran.

Pourtant il n’en prend pas toujours le chemin. Le livre dans son passage au réseau n’échappe pas à la tendance à la fragmentation."

La question serait donc de trouver la place "pour une forme de livre numérique qui conserve et prolonge la fonction architecturante du livre papier.

Pour conserver leur intégrité, la présentation et l’interactivité des œuvres ainsi produites seraient basées d’abord sur des choix éditoriaux (typographie, organisation spatiale, graphique et sonore) et seulement ensuite sur les préférences du lecteur.

Ce format devrait permettre de construire des édifices complexes et fermés qui s’ils permettent néanmoins de tisser des liens vers autres objets du réseau ne se fassent pas fragmenter par lui .

Il devrait donner naissance à des livres numériques qui, au delà des simple fac-similés des livres papiers ou de sites webs déguisés, proposerait enfin des supports nouveaux pour structurer des propos complexes. "

N’est-ce pas le cas dans le modeste essai d’Ophelia Escriu-i-Num’Llul où les deux vidéos mettent en évidence mieux que tout texte écrit les fonctions référentielle et explicative d’une part et conative de l’autre, des discours suscités par le même évènement ?

"La fonction architecturante du livre pourrait alors continuer de jouer son si important rôle culturel mais dans autre format."


Un article qui nous parait capital...


A suivre ?


Jacqueline Cimaz





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" En vrac l’e-mouvances "


un tout petit "livre" numérique de Jacqueline Cimaz, ou plutôt une ébauche de livre ou cahier, à transformer progressivement, puisqu’existe sous Calaméo cette fabuleuse ressource que constitue la possibilité de télécharger une nouvelle version d’un document. [1]

" En vrac l’e-mouvances ", un tout petit et très modeste livre donc, destiné à évoluer.

Déjà au niveau technique, essayer d’avoir un accès plus direct à la vidéo. Question de formats... Comme pour le son ... A résoudre.


Profiter ensuite de la technique domptée pour se consacrer mieux aux explorations sur ce que pourrait être cette fameuse écriture numérique transmedia qui depuis sa récente apparition grandit très vite ...

Et puis retravailler chaque image et texte.

Au fait, la vidéo dans l’image, pour l’interroger, la compléter, la subvertir, quand et comment ?


Et si l’on reprend certains critères [2],

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-  comment la forme d’une écriture transmedia peut-elle faire sens ? Comment conjuguer le "référentiel" [3] et le "conatif" [4] de deux écritures vidéo distinctes dont la lecture est nécessairement décalée, quand chacune, de plus, est liée à un contexte et un paratexte précis, et, ce, en sus, à l’intérieur d’une banale page de livre alliant déjà texte et peut-être image, et peut-être même image composite ?

Si l’on prend l’exemple de « "Retours affleurés de ressacs en rêts", , l’ordre des vidéos et l’ensemble du texte suffisent-ils à insuffler un effet pub suffisant à la seconde vidéo, [5] pour donner sens et pouvoir émotionnel à la première ?

Les deux vidéos concourent-elles à la polysémie de l’ensemble ?
-  une lecture de Xynthia comme signe d’un réchauffement climatique qui menacerait de basses terres comme celles de l’île de Ré...
-  la nostalgie d’un île aux chemins non dédiés, aux côtes poissonneuses, aux bateaux de pêche... d’avant inflation touristique, d’une île à bac et sans pont...
-  la nostalgie d’une époque, d’un âge, d’une famille, de découvertes artistiques, d’expériences, de choix...

(JPG) Participent-elles d’une densité de l’ensemble ? Au lecteur (numérique) de le dire... Au lecteur du tirage papier où seuls des liens inertes indiquent l’existence d’autres dimensions, de dire si, ensuite, la lente - et encore patiente - découverte des vidéos, a ou non changé sa perception du "livre".

Beaucoup de questions donc, même avec cette "forme-livre" conservée [6]


Une réflexion indispensable si on veut aborder l’écriture numérique et la lecture numérique - la culture numérique - par delà les utilisations du simple numérisé...


Une question qu’effleure Hubert Guilhaud dans LaFeuille, évoquant le mouvement d’auteurs de BD et les relations auteurs/éditeurs à l’ère du numérique :

"Il ne s’agit pas seulement de numériser des contenus ou de faire des avenants aux contrats pour récupérer les droits d’exploitation numérique des oeuvres, mais bien d’accompagner les auteurs dans leurs projets numériques, d’expérimenter et innover dans le domaine..."

Francois Bon, avec la réédition de "l’enterrement" dans Publie-net, affirme la nécessité de joindre à tout livre imprimé acheté un double numérique gratuit. Une proposition qui parait intéressante.

Mais, en fait, on est toujours dans une version numérisée du livre - même si elle est souvent l’original et non la copie de l’imprimé. Numérisée pas vraiment numérique, ou, du moins, n’exploitant pas les ressources du numérique à l’intérieur même de l’écriture...

Un moyen certes de poser autrement la question d’un rapport qui semble chavirer des relations entre auteur et éditeur... Mais n’est-ce pas rester encore à la périphérie ?

L’écriture transmedia sera-t-elle ou non, et/ou dans quelles proportions, l’avenir de l’écriture ? Doit-on la cantonner à la pub dans les romans de gare, d’une part, et de l’autre, en faire l’isolat élitiste de livres d’artistes numériques ? Ou est-on à l’aube de profonds bouleversements de l’écriture ?

Bien malin qui répondrait aujourd’hui à ces questions. Il parait néanmoins indispensable et urgent de se les poser... Et, pour cela, de se livrer à quelques explorations ? A juste - titre pédagogique... [7] Il en va aussi de la conception des apprentissages de la lecture et de l’écriture, scolaires ou non, mais qui dans tous les cas, demandent un minimum d’approche prospective.

Quand l’utilisation de l’appareil photo numérique devient elle-même rétro, "parce que tu sais, mon téléphone portable avec une résolution de plus de 8 millions de pixels..." Téléphone = photos ou vidéos + envoi rapide + texte court - SMS

Va-t-on dire ;"Ah ils ne lisent plus !", "Ah ils n’écrivent plus !" ou va-t-on s’intéresser à ce qui émerge et s’invente ? Et quand on voit l’extraordinaire développement de ces petits films faits avec les téléphones portables, la recherche et la qualité, les investigations et la création dont certains font preuve...

Prendre appui sur ... Féconder mutuellement ces formes d’écriture au lieu de les opposer... Une démarche à avoir au niveau de la société... Dépasser les rejets frileux de l’illectronisme... pour mieux penser et écrire... Il y a urgence...

Orphelia Escriu-i-Num’Llul



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[1] laquelle remplace la précédente.

[2] cf "Les arts et la poésie à l’école", ouvrage collectif coordonné par Jacqueline Cimaz - CRDP de Montpellier - 2002 (JPG)








[3] l’objectif, l’explicatif

[4] le langage pour convaincre, faire faire, faire...

[5] d’autant plus perceptible qu’elle s’insère alors de manière paradoxale dans un journal "sérieux"

[6] ou peut-être grâce à cette contrainte ?

[7] cf dans ce domaine, le travail de Pierre Ménard à l’école des Beaux-Arts de Valence, en janvier 2010, et son contexte...



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Sur la Dunière et ponts et ponts, petits et grands ponts...


-  Quand Marie des Ponts diaporamase à fond,
-  que ses diaporamas se récupèrent sans peine et
-  se convertissent sous Daily Motion,
-  quand on vous intègre votre Daily Motion sous Calaméo,
-  le livre de Marie Des Ponts prend une nouvelle densité

ou les efforts intenses de Marie des Ponts et Régine pour aboutir....

Après vous n’avez plus qu’à aller voir le livre sous Calaméo


passer la souris sur la page pour faire surgir le lien

(JPG)


puis cliquer et voir le film

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Après vous le fermez et retournez dans le livre...


Une étape de plus dans un début intéressant...

ça va être dur de finir "Roman et cinéma" !


Jacqueline Cimaz





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Mouvances et se mouvoir...


Mouvances : ce qui se meut, bouge, change, se transforme...



-  L’eau qui coule,
-  la mer et ses vagues, mais aussi
-  la vie,
-  la mort,
-  le temps,
-  la parole,
-  les flux qui parcourent les réseaux de la vie quotidienne : eau, électricité, téléphone, Internet
-  l’information... Ces phrases qui défilent en bas de l’écran des chaines TV d’informations permanentes...

L’idée de passage, d’éphémère, d’irréversible... et en même temps d’apport -comme bois flottés sur la plage, de redécouverte - ces sédiments qui émergent, d’inédit, des gestation, de création...

-  L’apprentissage aussi, est mouvance, transformation, vers l’appréhension, le savoir-faire, le lissage, comme par exemple, bientôt - la lecture d’un "texte" numérique composite et complexe incluant mots, phrases, paragraphes... mais aussi images fixes ou mobiles, son... Texte transmedia dont l’écriture et la lecture requièrent des compétences inédites...

(JPG) Savoir en lire séparément tous les ingrédients et savoir comprendre les interactions, articulations, convergences, complémentarités ou contradictions... Analyses, synthèses, évaluations, références à se donner et convoquer...

Et pour poursuivre sur cet exemple, une fois de plus, la voie royale passe par une approche au pas à pas, dans la durée, par l’écriture, le faire et le faire chacun, mais avec le groupe.

Ainsi, ces petits livres "numériques" réalisés, ces petits livres, modestes et attrayants... avec en 4ème de couverture ce lien actif vers le site, accepté et compris par tous.

Un lien qui change tout, on n’est plus dans l’imprimé ni le numérisé. Ensuite, aller plus loin, doucement, à petit pas, en commençant par réassurer ce qu’on sait faire.

Et puis, avec la photo numérique on est déjà dans la culture numérique. Quand Fanny traque les saturations en bleu ou rouge des paysages de neige... Quand Marie des Ponts fabrique un diaporama ou construit le rythme titres/sous-titres/images... Quand Régine filme des séquences de patois avec l’APN...


La question n’est pas, pour nous, de former des informaticiens [1] !

De tenter de faire dépasser la fracture numérique, par contre, oui [2] !

Et puis si on veut comprendre ce qui se passe et s’y situer, avoir les moyens de pouvoir réfléchir et peser sur certains choix...


D’autant que du réseau hydraulique à la "toile", le Net, des flux de flots aux flux d’infos...

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La plupart des participants ont joué le jeu. Des petits livres avec quelques images et légendes - écritures brèves - ou autre chose... C’est plaisant, agréable à regarder sous Calaméo. C’est bien de les avoir aussi papier pour expliquer ce qui fait la différence entre numérisé et numérique...

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Quatre sont à rééditer avec une couverture pleine page. D’autres sont prêts ou quasiment prêts pour l’édition...


L’impression d’un lien sur le papier, visible certes, ne permet pas néanmoins [3] de cliquer sur ce lien pour accéder à de la vidéo, du son ou à d’autres textes ou images...

Et puis ce sont de belles photos, des textes travaillés...

Même si certaine qui aime les mots se rebiffe - l’interactivité dans un récit littéraire ! Jamais de la vie... Mais pourtant Jean-Baptiste Poquelin dit Molière ? Le théâtre ? Ou à l’inverse le song de Brecht ? ...

De si modestes petits livres susciteraient la panique ?

L’écriture n’en a-t-elle pas vu d’autre et qui l’a fait avancer ? [4]


Bref il est plutôt rassurant de voir que si ces petits livres contribuent agréablement à la réduction de l’illectronisme, ils suscitent aussi de vraies questions sur l’écriture...

Pile - documentaire sur l’eau (ou autre chose) évoquant des mouvances, face - interrogeant sur le numérique, sur l’écriture et sur l’écriture numérique...

Visée et objectifs pédagogiques donc et une évaluation très positive pour ce travail entre deux eaux qui appartient aux multiples et mouvantes médiations du projet "Mouvances"...


Il a fonctionné dans le prolongement d’autres travaux, et en contre-point du travail de mise en mots puis en paroles, en espace et en scène effectué depuis des mois avec Christian Bontzolakis...


Si l’eau est souvent un lien de surface, thématique, l’articulation est plus profonde, au niveau de l’émergence même de l’écriture et de sa mise en forme - et donc de la lecture...

C’est pourquoi il nous paraissait légitime d’associer les deux.


Aussi, quand on a lu, sur l’écran bien sûr, la présentation de " A vous de lire" avec une certaine ouverture au numérique, dite et montrée aussi avec l’utilisation d’un Calaméo, il a été facile de monter très rapidement le projet. Le travail était en cours.

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Que celui-ci soit retenu - validé - au niveau du Ministère de la Culture, du CNL, est intéressant, car nous y avons posé très clairement la différence entre numérique et simplement numérisé, la volonté de dépasser la fracture numérique et de susciter le début d’une très modeste exploration de l’écriture transmedia que ce soit dans une approche liée au scientifique ou par une approche plus intéressée par l’artistique...

Approche au niveau des usages mais aussi de l’écriture elle-même et de la lecture...


il y aura donc la journée du 29, volet artistique, principal, essentiel, de notre projet Mouvances avec la découverte de la stèle "Mouvances" à la source de la Dunière, aux Mottes, stèle compacte, rigide, belle, porteuse de mouvances des steppes sibériennes et de ce bruit de la mer dans laquelle s’est jetée l’eau de notre Dunière - et de toutes les mers du monde...

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Celle aussi des Eoliens, ces orgues nouvelles et siffets, si beaux, à Combier.

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Une musique nouvelle... Et très belle installation plastique...


Ces deux visites, dont la première demande une toute petite marche en chemin de terre [5] seront précédées par le spectacle théâtral Mouvances, réalisé à partir des mots de chacun, mis en synopsis par Christian Bontzolakis - une réécriture [6] puis polis au fil des répétitions...

Où chacun a brodé sur ce qu’évoquait Mouvances pour lui... Un spectacle un peu déconcertant où eaux et autres flux se mêlent... Un spectacle inédit et unique...

11 acteurs et Christian. De 6 à 86 ans. Dont certains sont intervenus en université, où d’autres travaillent en CAT, ou dans le social, où d’autres ont toujours regretté ce contexte économique qui a empêché des générations de dépasser le certificat d’études... Et puis nos deux jeunes, que feront-elles ? Tout est ouvert pour elles...

11 acteurs mais une quinzaine d’auteurs - et Christian...

Parmi ces acteurs, sept ont déjà publié un petit livre numérique ; pour les quatre autres c’est plus ou moins en cours...


En effet, en marge de la préparation de ce spectacle théâtral il y a eu le travail régulier en Bibliothèque, à partir de très beaux livres sur l’eau, consultés et utilisés au moment du B2i  [7], à partir des mois et mois de travail sur le livre numérique [8], 18 mois qui ont permis la réalisation rapide et relativement autonome de ces livres numériques dont plus de la moitié seulement sont finalisés à ce jour...


D’où le second volet de ce week-end - "A vous de Lire". Outre le spectacle théâtral, la présentation de ces petits livres, sur écran en bibliothèque le jeudi 27 et le dimanche 30, et leur exposition papier au temple, au retour de Combier, lors du pot de vernissage.

Bien sûr aussi ils sont sur Internet, et là avec les liens, la rubrique Publications étant mise à jour au fil des éditions et rééditions, il suffit d’un clic pour y accéder. Tout cela peut aussi se suivre en Bibliothèque lors de visites autonomes ou accompagnées ...

Jacqueline Cimaz

Ou programmées à cet effet.

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[1] ni des écrivains !

[2] et être plus à l’aise dans le maniement de l’écrit, aussi...

[3] du moins en attendant les ordinateurs feuille de papier annoncés par Kaplan

[4] Les lettristes par exemple...

[5] ceux qui auraient des difficultés peuvent aller directement à Combier, ou même, attendre au temple...

[6] une "méta-écriture", différente mais un peu du même ordre que celle de Sylvette Béraud-Williams dans "Entre silence et oubli, mémoires d’un quotidien rural bouleversé" où les méta-mots sont souvent des témoignages, une macroécriture au sens des macro-procédures vulgarisées par la programmation Logo des années 90...

[7] pour, notamment, distinguer la "belle photo" et la photo, matériau ou outil pour artiste - cf André Rouillé... et la préface à Meltingpoint de Couturier, dont nous exposerons les photos de Villa Noailles en août...

[8] projet Fête de la science 2009



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N.U.M.E.R.I. ?. ?. ?. l’escriture ?


Numérisé, numérique... Toujours la même chose ? Que nenni ! On avance, du moins on a l’impression d’y voir un tout petit peu plus clair.

Faire le point.


1. LIVRES EXISTANT SOUS FORME IMPRIMEE


Trois possibilités :


1.1. Simple numérisation et diffusion au format PDF

Cela peut être utile
-  pour avoir accès rapidement à des textes très divers,
-  pour une diffusion rapide et large,
-  pour la conservation...



1.2. Edition numérique introduisant une relative interactivité

1.2.1. Edition numérique introduisant une interactivité plus ou moins périphérique par rapport au texte :
-  sommaire interactif, lien sur les notes,
-  insertion et consultation d’annotations...

1.2.2. Edition numérique introduisant une interactivité encore périphérique par rapport au texte, mais le mettant en relation avec un contexte ou des informations extérieures :
-  lien sur des sites qui apportent des informations complémentaires ( encyclopédies, éditeur, versions anciennes...)
-  liens sur des sites dont les apports dépassent le simple informatif et suscitent l’approfondissement de la réflexion (sites ou blogs de l’auteur, d’autres personnes ouvrant des questions, prolongements, transpositions, débats, fragments de thèses, dossiers scientifiques...)
-  introduction par ces liens de documents textuels, sonores, vidéos à visée illustrative ou explicative...



1.3. Création numérique du livre ou re-création, s’apparentant à « l’adaptation » cinématographique d’un roman (forme livre ou non)

-  réécriture transmedia du livre où le textuel, le sonore, l’image, fixe ou mobile, la vidéo... contribuent à une nouvelle écriture du livre, à une création nouvelle à partir du livre, où s’invente non pas une juxtaposition d’écritures textuelles, photographiques, iconographiques... de nature « illustrative » mais une écriture nouvelle, irréductible à l’écriture texte/image des albums de jeunesse ou à l’écriture cinématographique [1], une écriture transmedia inédite, à inventer... Et qui va demander de nouvelles compétences aux lecteurs... et la mise en place de nouveaux apprentissages [2]


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2. NOUVEAUX "ECRITS"


(forme traditionnelle depuis quelques siècles du livre -excepté certains livres d’artiste [3] ) On retrouve les 3 possibilités...



2.1. Ils peuvent être simplement écrits, illustrés, convertis et diffusés au format PDF.

Cela peut être utile
-  pour une diffusion sécurisée, rapide et large, d’un essai, d’une thèse, d’un poème, d’un article ou dossier scientifique...
-  pour une écriture du type « run-book » où un auteur écrit, un artiste répond... Ecriture partagée dans la lignée de ce qui s’était fait dans les écoles avec la télématique, dans les années ?... bien sûr en beaucoup plus riche, suivant la qualité des textes et des images... Mais le minitel avait eu le mérite d’amener à dégager de premiers critères de lisibilité, précision, authenticité... de travailler les articulations dans les échanges, l’unité ou non de temps, de lieu, personnages dans les fictions, enchaînements, la structure du récit...
-  pour accompagner une toute première entrée dans la lecture numérique appréhendée par la réalisation d’un album numérique (cf la plupart des albums numériques réalisés à l’occasion de la Fête de l’internent 2010 - pendant, en amont et en aval - à la Bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire [4]



2.2. Edition numérique introduisant une relative interactivité

2.2.1. Edition numérique introduisant une interactivité relativement périphérique par rapport au texte :

-  sommaire interactif, lien sur les notes,
-  insertion et consultation d’annotations... Cf. « CDI en traque chez Desmarteau » ou media quête d’identité », le très riche travail des élèves de 6ème...du Collège Delarbre de Vernoux

2.2.2. Edition numérique introduisant une interactivité encore périphérique par rapport au texte mais le mettant en relation avec un contexte ou des informations extérieures enrichissant son écriture et de nature à enrichir sa lecture :

-  lien sur des sites qui apportent des informations complémentaires (encyclopédies, éditeur, versions anciennes...) [5]
-  liens sur des sites dont les apports dépassent le simple informatif et suscitent l’approfondissement de la réflexion (sites ou blogs de l’auteur, d’autres personnes ouvrant des questions, prolongements, transpositions, débats, fragments de thèses, dossiers scientifiques...)
-  introduction par ces liens de documents textuels, sonores, vidéos à visée illustrative ou explicative... [6] Cf « CDI en traque chez Desmarteau » ou media quête d’identité », le très riche travail des élèves de 6ème...du Collège Delarbre de Vernoux



2.3. Création numérique directe du « livre » ou du moins du produit d’une réalisation numérique composite mettant en jeu une écriture transmedia  [7]

-  Ecriture où le textuel, le sonore, l’image, fixe ou mobile, la vidéo... contribuent à une nouvelle écriture, de « lumières » d’essences différentes mais aboutissant à une unité, composite, hétérogène, certes, mais une unité, non une juxtaposition, comme synthèse dynamique [8], une écriture nouvelle, émergente qui, en tant que telle, donne un autre sens aux écritures textuelles, iconiques, photographiques, vidéos, musicales [9]qui l’ont composée.

Ce qui nous a amenés à publier « Retours affleurés de ressacs en rêts », l’envoi d’Orphélia Escriu-i-Num’Llul . Un petit outil pédagogique, où il nous a semblé qu’au-delà d’une interactivité simplement périphérique, de la diversité des références, de l’écriture de Dubost et des éditeurs au lettrisme, à la photo classique, y compris de « famille », à un passé dur et tempétueux , puis à Xynthia, abordée par deux écritures vidéos émanant de points de vue divers sinon opposés, répondant à des objectifs situés dans des plans différents, émergeait un sens, une interrogation sur les transformations de l’environnement, en relation avec les activités humaines, une inquiétude sur les évolutions climatiques, sur une unité ou interconnexion systémique qui réinterroge l’approche de « l’idée de Nature » du XXème siècle... Prémonition volcanique avant paralysant nuage de cendre ? Plutôt air du temps, même aboli entre Patagonie et ici.


Là question n’est pas là, elle est, simplement, modestement, tenacement, de premières interrogations sur la nature, la spécificité, l’unité d’une écriture transmedia composite à l’ère des flux et réseaux...


Jacqueline Cimaz



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[1] Encore que « le conformiste » de Bertolucci, « le grand Charles » de Stora, « Les plages d’Agnès » de Varda, introduisent, de manière très différente mais bien perceptible des ruptures dans l’écriture, de l’hétérogénéité, du composite... qui contribuent au sens

[2] cf les remarques sur la pauvreté et le décalage concernant la lecture et l’utilisation de l’image, dans les annexes de « CDI en traque chez Desmarteau » ou media quête d’identité », le très riche travail des élèves de 6ème...du Collège Delarbre de Vernoux.

[3] notamment expérimentaux cf O1, O2, O3 ...

[4] par des personnes de tous niveaux scolaires, degrés de familiarisation avec l’ordinateur et âgées de 8 à 85 ans

[5] dans la quasi totalité de nos publications numériques, nous avons mis, en accord avec l’auteur, au moins un lien - qui renvoie au site

[6] ou conative comme certaines images choisies et introduites dans le livre des 6ème, une intrusion très intéressante de l’auteur, qui pose cependant la question des références culturelles disponibles et partagées, et de l’éclatante absence des arts plastiques et visuels parmi celles-ci...

[7] ce qui ne veut pas dire utilisant tous les medias disponibles

[8] où on pourrait évoquer la belle analyse par Wallon des crises qui permettent le passage d’un stade à l’autre du développement de l’enfant - une synthèse-étape nouvelle s’accompagnant d’une restructuration de l’antérieur, une nouvelle étape qualitative...irréductible à la somme d’éléments quantitatifs, à la linéarité... cf le débat Piaget/Wallon des années 50-60 du XXème siècle...




[9] On pourrait à cet égard citer les DVD d’Incidences où textes dits, musique, vidéos... la forme DVD...

Dérapage nocturne sur annonces incontrôlées

D’abord le Printemps des poètes, avec ce courriel de rappel intempestif qui par voies diverses envoie à Nantes.


Ensuite, à Nantes, Jean-Pascal et ses toujours rigoureuses recherches...

et veille que veille, Pierre Ménard et la lame de fond du blog ramassé.


La Maison de la poésie de Nantes dont Jean-Pascal Dubost est président vient de rééditer Midi-Minuit.

C’est bien. Une expérience apparemment très intéressante.

Mais au fil des pages Ecran on se régale de ne plus arrêter « KekçaPoésie » «  Quand on écrit « à Paris j’étais avec un ami on jouait de l’harmonica », est-ce que ça c’est de la poésie....  » et ça se complexifie et ça boucle... rires, traduction, commentaires... Quand on écrit « à Paris j’étais avec un ami on jouait de l’harmonica », est-ce que ça c’est de la poésie.... Une exposition sonore et visuelle... Quand on écrit « à Paris j’étais avec un ami on jouait de l’harmonica », est-ce que ça c’est de la poésie.... ... Et cette incessante répétition qui fait monter le sens tout doucement comme petite marée du mort d’eau...

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Au fil d’un programme numérisé en PDF - ça a parfois du bon, une niche banale, utile et suffisante sans doute pour un programme - on découvre un certain Luc Dall’Armellina qui présenterait «  ý flog#1 : performance de lecture musicale pressée d’hybride de flux et de blog  »

et dont il semblerait qu’il enseigne entre autre, le design des hypermédias, tout près d’ici, à l’ Ecole des Beaux-Arts de Valence , fait partie du groupe de recherche Paragraphe de Paris VIII [1] - et dont - du dit Dall’Armellina, on trouve facilement un blog...


«  Outre la performance Flog#1 qu’il proposera au Pannonica, Luc Dall’Armellina diffusera son projet In_tensions dans le réseau d’affichage de la ville de Nantes dont le visuel du festival MidiMinuitPoésie#9 est un extrait.  »

Comme quoi, Jean-Pascal Dubost risque de beaucoup nous surprendre le 14 novembre sur un terrain nouveau...

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Eclats d’écran de luc Dall’Armellina


Et pour mieux comprendre ce que fait Luc Dall’Armellina, un excellent article de Ouest France, très explicite, qui situe ce travail plus ou moins dans la continuité de l’Oulipo, et dans lequel les cadavres exquis s’enflent en réseaux de mini-nouvelles reliées par hypertextes et connotations...

Mais on n’est pas dans l’absurde, le sens est là, ou du moins la tentative réitérée d’étreindre les flux pour en extraire/leur conférer du sens...


Voilà qui renvoie à la belle préface d’André Rouillé au "Melting Point" de Stéphane Couturier - [2]

et au projet Mouvances, à quelque chose qui est un peu passé dans le travail graphique du B2i, mais que nous n’avons sans doute pas su faire passer suffisamment dans l’appel à projet...


«  Ce qui me plaît, c’est chercher un espace de liberté dans une forme très brève.  » dit Luc Dall’Armellina, cité par Ouest France.


Vraiment très très dommage que Pierre Ménard ne puisse être avec nous le 14 novembre, avec Jean-Pascal Dubost et Julia Bonaccorsi notamment...

Du nouveau à différencier...

Comme une niche d’utilisation où texte et image se télescopent pour appréhender les flux.

L’art moyen d’action et de connaissance...

Où on marche dans l’inédit et un complexe mouvant [3], et où Pierre Ménard balise, structure et étaye pas à pas le chemin à coups de blogs, de vidéos et d’Ici là sur lesquels la musique souligne et canalise les flux...

Jacqueline Cimaz



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[1] que nous n’avions pu joindre en juin, ne répondaient jamais au téléphone - grève ?

[2] co-édition avec Ville ouverte, photographies de Stéphane Couturier texte d’André Rouillé -> http://www.villeouverte.com/actualites/parution-de-melting-point-stephane-couturier/index.html) ].

[3] englobant "ces systèmes tapissés de processus temporels" dont parlait Morin ?



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Pierre Ménard ? Le 10 octobre à Saint-Apo.


Dans le cadre de la Fête de la science 2009, du travail en amont...

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Ecritures de l’instant : SMS, email, chat, tweets. Art et manière du texte très court...

Mise en blog l’après-midi.

Nombre de places limité. Inscriptions indispensables, de préférence par courriel au webmaster en demandant une confirmation de lecture - à défaut par téléphone.




Pierre Ménard ? Pierre Ménard d’après ces courriels...


Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : "d’ici là" dont nous avons déjà parlé.


(JPG) Écrivain, il publie à la fois des livres et des ouvrages numériques : "Le spectre des armatures" aux éditions Le Quartanier, "en avant marge" et "en un jour" sur Publie.net, "Quand tu t’endors" (album illustré par Mini labo), aux éditions Actes Sud Junior, ainsi que deux ouvrages collectifs, "Il me sera difficile de venir te voir" : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions Vents d’ailleurs, et "Écrivains en série", un guide des séries (1948-2008), publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli.


Il travaille essentiellement sur ordinateur, qu’il utilise comme moyen d’archivage, mais aussi comme instrument de recherche et de composition poétique.

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Libres triturations de quelques photos laborieusement extraites du web pour tenter d’identifier Pierre Ménard - à la gare


L’écriture au défi des nouvelles technologies. Le web est, pour lui, à la fois un lieu d’expansion créative et d’enrichissement potentiel d’expériences de langage, et un lieu d’appauvrissement et d’entropie de ces mêmes expériences.

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S’il faut tenter de définir le point commun de ces expérimentations, ce qui peut les réunir, c’est peut-être la tentation de faire exister l’écriture, la création par tous les moyens, dans un éclatement permanent de tous les formalismes.

Travailler toujours plus loin dans la rupture, en tentant de débrider nos représentations du réel. S’ouvrir à d’autres champs que la littérature, présenter à travers des procédés générateurs communs au texte, à l’image et au son : donner à voir le travail du langage, à le figurer sur la page, faire entendre le travail du son, donner voix au chapitre, montrer le travail de l’image, à travers la photographie et le cinéma.

Il s’agit de faire surgir, de révéler, ou du moins de laisser soupçonner la possibilité de quelque chose qui sort du vraisemblable et parvient à s’imposer largement comme la réalité.

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L’ensemble de ses travaux est disponible en ligne sur son site : http://www.liminaire.fr/



L’atelier est ouvert à tous à tous les jeunes de 10 à 95 ans.


Il se déroule en deux temps 10h - 12h et 13h45 - 15h45 et concerne un même public.


L’atelier devrait sensibiliser à un certain nombre de questions, celles de notre projet sciences :

-   Média en quête d’identité.

A côté du livre imprimé, livre simplement numérisé ? Ou exploitant les ressources du numérique ? Et si oui, comment ? Contenus (l’image ? le son ?), formes, interfaces ? Pratiques, interactivité et apprentissages ? Enjeux, pour la lecture et l’écriture, la création ? Découvrir, expérimenter et débattre pour mieux appréhender. L’atelier se déroule en deux temps 10h - 12h et 13h45 - 15h45 et concerne un même public.

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Les résultats de l’atelier seront mis en ligne directement sur le blog qui sera créé à lors de l’atelier, un outil simple d’utilisation et dynamique.

Pourraient aussi s’y intégrer les réflexions de tous au fil du projet.

Ainsi le blog pourrait être présenté le 14 novembre après l’intervention de Julia Bonaccorsi et contribuer au lancement des débats avec Julia, Jean-Pascal Dubost, Dominique Wojylac, l’équipe de la Bibliothèque impliquée dans ce travail et les participants.

En outre, Pierre Ménard devant intervenir prochainement dans une journée d’étude ABF (Association des Bibliothécaires français) à Martigues, où on lui a demandé de réfléchir à la définition du livre à l’ère du numérique, il se propose de nous faire parvenir ces informations sous forme de diaporama - un outil que nous pourrions aussi utiliser le samedi 14 et/ou dans les ateliers de la semaine qui suit.





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Un retour qui s’impose


sur l’écriture numérique...

Nous avons délà parlé de la revue "Passage d’encres" et de son numéro 33, consacré à la poésie numérique - une lecture chaudement recommandée par Jean-Pascal Dubost affirmant mordicus que l’écriture numérique avait ses spécificités et ne pouvait être confondue avec de l’écriture papier simplement numérisée [1]

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Nous avons acheté la revue ; elle nous a même accompagné au Pérou... Un second exemplaire est en prêt dans la petite bibliothèque municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias [2]

Mais les statistiques du site et celles de la bibliothèque montrent un lectorat plus nombreux sur le site qu’en emprunteurs de livres et un lectorat qui souvent ne s’intéresse pas au plus simple, mais aux articles de fond, notamment en ce qui concerne l’écriture et le numérique...

Alors, allons-y pour une question pas simple, posée par Helissen :

" Des images sans le moindre mot, ni même la moindre lettre, est-ce de la poésie ? ".

A vos claviers pour avis... Peut-être après retour sur des sites accessibles par liens à partir des notes d’un précédent article ?

"Ce dossier, poursuit Helissen, suscite bien d’autres interrogations. Il a le mérite, en tout cas, de s’intéresser à un territoire poétique spécifique qui allie homme et machine dans des créations encore balbutiantes ou déconcertantes mais qui pourraient bien offrir de réelles perspectives à la création poétique

 [3]

Pour notre part, nous ne résistons pas au plaisir d’offrir à nos lecteurs la page entière de ce numéro de Passage d’encres, une contribution d’Alain Helissen publiée le 01 décembre 2008 par Florence Trocmé.



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[1] où "numérisée" = OCRisée pourrait-on dire, ou PDFisée

[2] "petit(e) mais vaillant(e)" dirait Kirikou... comme cela se plaisante par ici en chemins de randod’art en gestation... Pourtant petite et vétuste - le temps passé à ravaler les murs sous photoshop pour mettre en ligne des images acceptables ! A quand les crédits d’une reconstruction ?

[3] Commentaires au webmaster ou nouvelles références sur le net ?



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