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Arles

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Plan du Site

ARLES J3

Quelques images et textes rapides et plus ou moins collectifs...









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Retour en Arles, retour de stage ou stage revisité ?

Il s’agissait d’un voyage-atelier ou voyage d’étude ouvert à qui voulait et plus spécialement préparé pour qui voulait faire le stage et n’avait pu le faire...

Quelques visites d’expositions donc, plutôt centrées sur le moins connu et les plus pédagogiques - un petit groupe s’échappant toutefois pour aller voir ou revoir l’installation-vidéo de Nan Goldin et l’exposition, et la salle 16, "Les amis de Nan Goldin".

Nan Goldin, travail de la photo et de la mise en relation de photos et vidéos dans l’espace et dans le temps, structurée par des retours récurrents, des rapprochements évidents ou qui, au contraire interpellent.

Une oeuvre dense, fortement marquée par des dimensions autobiographique et sociologique, mais pourtant ouverte, distanciée et polysémique...

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Fatima Mana cherche à donner existence aux reflets...


La salle 17 aux ateliers SNCF

-  ces ateliers où avant, travaillaient 1500 personnes, et qui trouvent ainsi une autre vie, nourrie par ce passé (ces rails qui sillonnent les salles, ou du moins leurs traces, ces charpentes, ces compteurs ou autres boites tehniques, ces rouleaux de bois... ),

la salle 17, donc, entre autres, offre l’avantage d’une présentation en étoile, illustrant d’une case à l’autre la diversité des "projets photographiques"...


D’où, au cours du repas, cette re-précision des projets, étayée par les exemples commentés...


L’après-midi, à Montmajour, plusieurs expositions, notamment de jeunes.

Celle de Lucien Clergue aussi, bien sûr. Une grande maîtrise, des réalisations très picturales, foisonnantes de richesse, de clins d’oeil, de symboles.

La démarche expliquée : il va dans les musées, photographie (argentique) superspose les clichés, fignole les raccordements ou ruptures pour parachever ce travail de rencontres de peintres du passé, rencontres avec eux et rencontres entre eux ainsi provoquées, à travers les siècles. Il y apporte aussi sa culture, celle de cette Camargue cocardière où on vénère le toro, et parfois le taureau qu’on enterre debout.

Un travail maîtrisé, la richesse du Baroque.

Mais pourquoi affirmer ne pas vouloir changer de technique à 75 ans ? Apprentissages trop coûteux en temps ? Un luxe ce rejet du numérique ? Les questions fusent dans le groupe. Des moyens fabuleux, effectivement, mais certainement, aussi, un manque à gagner ?

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Les portraits captés par Simon Foray à partir de celui de Jean-Paul Sartre - "notre voisin Place Denfert-Rochereau ! " Et puis, les personnes habitent le paysage...


Explorer avec l’argentique les ressources et procédés du numérique, c’est certainement très enrichissant, mais n’est-ce pas aussi se priver de ce qui s’invente, et plus encore, du contact avec ces pratiques émergentes de jeunes et très jeunes adolescents en photo et vidéo, avec l’APN mais aussi le téléphone portable... de ces pratiques dont le Lux s’était emparé pour étude, valorisation, et création, il y a quelques années, à Valence ?


Jacqueline Cimaz




Le récit de Fatima Mana


Récit d’un retour en Arles


C’est un temps serré au maximum, afin de voir ou revoir les expositions proposées par les rencontres photographiques internationales d’Arles, qui accompagne le groupe riassois, constitué autour de son projet « Mouvances ».

Dès notre arrivée, nous nous heurtons au problème récurrent de parking, puis reconnaissons la ville et ses contours, piétinés, arpentés, appréhendés au fil de clics photographiques lors du stage effectué précédemment. 

Scindés en deux groupes pour plus d’efficacité visuelle, les uns débutent leur périple par l’expo/rétrospective « du Nouvel Observateur » chez Acte Sud, les autres partent à la rencontre de Nan Goldin.

Posée sur une projection/tryptique qui prend le visiteur de tous les côtés, les images défilent, s’enroulent magistrales dans le regard. Aux expressions figées en actes saisis, c’est une sensation de grand art qui marche sous nos yeux conquis. 

Une heure plus tard, le groupe se recompose et prend la direction des Ateliers SNCF. C’est un espace immense où les murs retiennent la mémoire d’une activité humaine bouillonnante sous les charpentes d’un autre siècle.

Plusieurs salles, plusieurs points d’accueil, plusieurs bâtiments tous au même endroit, exposent des photographies qui portent le miracle d’un esthétisme foudroyé, saisi sous la forme, le mouvement et l’expression.

Certaines demandent à être travaillées du regard, happées par l’étrangeté où la mise en scène d’une recherche photographique complexe.

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Geneviève Greco traque l’insolite.


Repositionner sa première impression devant l’image, tenter de déchiffrer la démarche de son créateur, apprioriser l’a priori ; tel et le but de F. en revisitant la salle N°16 où des arrêts sur images creusent parfois le regard sous la violence des corps, des coeurs, jusqu’à l’écoeurement.

L’autre groupe découvre la salle 17, de « jeunes » photographes qui travaillent la matière sous des formes diverses, tendues à l’extrême de leur révélé.


Vers 13H, c’est autour d’un gargantuesque moules/frites que les ardéchois partagent les sensations engrangées tout au long de la matinée. Tout le monde commence à explorer l’idée de son sujet pour l’après-midi. Il sera point d’appui, prétexte ou source d’inspiration.

En effet, chacun devra photographier les prochains lieux visités en y installant son thème.

Ainsi, pour Simone, ce sera le portrait (humain ou bâti), l’insolite pour Geneviève, l’architecture pour Michel, la quête de la mouvance du vent ( et plus précisément, du MISTRAL) pour Jacqueline ; Fatima ayant opté pour les reflets...

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Michel Cimaz laisse ou fait parler l’architecture.


Direction L’abbaye de Montmajour, fondée en 948. Elle étend sa présence dans un ensemble monastique formé de plusieurs galeries dont certaines sont troglodytes.

Lucien Clergue, l’un des Fondateurs des photographies d’Arles et l’abbaye de Montmajour se sont rencontrés le temps d’une exposition.

Ses oeuvres à la dominante sanguine toréent sans cesse la présence camarguaise : du Rhône à Beauduc, l’inspiration naturelle flotte au gré des bois flottés photographiés ou des taureaux à l’âme gitane. C’est une odeur intellectuelle qui transcendait le monde.


A quelques dizaines de mètres de l’abbaye, une petite chapelle est entourée de tombes à ciel ouvert. Pour Michel Cimaz, certaines paraissent avoir étaient creusées à l’avance puis retaillées aux mensurations du défunt. Divers points de taille apparaissent à divers endroits et donnent l’impression d’avoir étaient redimensionnés à la dernière minute pour l’adapter au mort.

Nous remontons à travers le Vaucluse et le Gard. Arrêt à Aramon où les retrouvailles de Jacqueline ne sont pas à la hauteur de ses souvenirs - de crues notamment.

Nous poursuivons le Rhône et longeons son histoire en imaginant un itinéraire fluvial transportant le sel qui finissait dans de lourds charrois et passait aux Baraques en direction de Saint Agrève.

Des expositions visitées, du déjeuner apprécié, des paysages traversés à la bonne humeur, tous les ingrédients d’une journée réussie y étaient.






Le récit de Simone Foray


Partis par une belle journée d’août, dans une ambiance gaie et décontractée, en route pour les 40è Rencontres d’Arles 2009, ayant pour thème "40 ans de de rencontres, 40 ans de ruptures".

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Jacqueline Cimaz, fidèle au vent d’ouest tiède, humide et salé, semble avoir quelques problèmes avec ce mistral qui fait pleurer les yeux, voler la poussière et durcit les couleurs.


Arrivée à Arles dans la grande foule ( c’est jour de marché ), pas une place de parking et surtout un mistral très violent qui nous poursuit toute la journée, ébouriffant les cheveux et transperçant les vêtements.

Difficile d’imaginer l’ampleur de ces expositions : plus de soixante dans des lieux patrimoniaus de la ville.

Cette année, les organisateurs ont particulièrement rendu hommage aux artistes et personnalités qui ont marqué l’histoire de la photographie ; éditeur Robert Delpine, photographes Willy Ronis, Lucien Clergue.

Nous commençons par aller à la librairie Actes Sud. Dans une ancienne chapelle, présentation de belles photos par l’association du Méjan.

Puis nous allons au parc des ateliers, vaste ensemble industriel désaffecté où six pavillons présentent chacun quantité de photos : il faut bien une heure pour chaque visite.

Jacqueline nous en a choisi une dont nous admirons d’abord l’architecture puis de merveilleuses photos ; pour ma part, j’ai aimé les portraits (de vieux palestiniens par exemple), des scènes de la vie de tous les jours, des représentations symboliques de villes (New York).

Ce qui est le plus frappant c’est de constater combien les photographes s’impliquent dans les évènements, politiques ou autres et comment ils traduisent leurs émotions : "entre tradition et transgression" indique le programme.

Bien difficile de résumer tant de diversités.

Après le déjeuner, nous allons à l’abbaye de Monmajour que nous visitons tout en admirant encore des expos, non pas celle que nous attendions de Lucien Clergue ; plutôt décevante, mais d’autres comme ces danseurs, pierrots tout blancs figés dans leurs mouvements, d’un spectacle donné à Lyon.

Au retour, quelques pauses pour admirer le Rhône majestueux prés d’Aramon, ramasser quelques grands roseaux beiges er rosés. Une journée à se remplir les yeux de belles choses.





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Stage d’Arles


Stage d’Arles

des Rencontres photographiques 2009 d’Arles,

Stage d’Arles

part intégrante du volet "Médiation" du projet "Mouvances"...

c’est-à-dire stage destiné - entre autres approches- à développer les regards sur l’eau et autres flux, et regards en général, pour mieux travailler sur l’appel à projet "Mouvances" et la lecture des diverses réponses à cet appel...

c’est-à-dire stage financé, non pour l’hébergement mais pour la formation, dans le cadre du budget global de la programmation-résidence 2009 "Mouvances" de l’association.

Le stage était prévu pour 10 personnes, nous étions 7 au départ et 2 ont dû renoncer pour des raisons de santé ou familiales... Malgré les annonces faites, nous n’avons pu le compléter... Les Rencontres photo l’ont complété...


Certaines contraintes ont pesé, comme le fait de devoir consacrer une semaine de vacances à un stage dense [1]

Autre contrainte : la demande effectuée de participer à la transmission des acquis du stage aux autres membres de l’association, soit lors d’un week-end spécifique, soit lors de diverses sorties comme celle qui aura lieu à Arles le 29.

Enfin il va de soi que l’association a toutes possibilités d’utilisation des photos pour exposition(s) et publication(s), dans le cadre du projet "Mouvances" et au-delà, bien sûr en citant l’auteur et en l’association à la conception et la mise en oeuvre de ces réalisations... [2]

Ce travail a été possible grâce aux aides de la Région Rhône-Alpes -CDRA-ValDAC, du Département de l’Ardèche, des municipalités de Saint-Apollinaire-de-Rias, Châteauneuf-de-Vernoux, Saint-Basile, Saint-Jean-Chambre, Saint-Julien-le-Roux, Saint-Maurice-en-Chalencon et de Véolia-eau.

Jacqueline Cimaz


NB. Nous venons, en intégrant le "Carnet de bord" de Fatima Mana, de réorganiser le journal du stage. Le logiciel met toujours en premier le dernier article écrit. L’ordre des articles concernant les 6 jours du stage vient d’être modifié pour respecter la chronologie à l’intérieur de cet ensemble bien défini.



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[1] plus de 10h par jour + 1 ou 2h de travail associatif pour enregistrer les photos, parfois les regarder, tenir à jour le journal quotidien en texte et images sur le site Internet, écrire... sans compter le "Carnet de bord" de Fatima Mana, terminé la semaine suivante, mais que nous venons d’intégrer au jour le jour au journal du site, le texte dans sa globalité étant téléchargeable ci-dessous

[2] ce qui n’exclut pas des utilisations individuelles, à négocier avec l’association qui ne saurait être citée ainsi que tous les organismes ayant contribué au financement de ce projet...

Carnet de bord

Arles J1

Un début convivial, mais très vite dense et studieux...

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Premier jour du "Carnet de bord" de Fatima Mana



Arles : 1er jour

C’est un jour J époustouflant de soleil qui nous accompagne lors de cette première d’atelier. La prise de contact s’installe agréablement autour d’un café. Un constat émerge discrètement sur les pavés de la cour centenaire qui nous accueille : à cinq, pratiquement la moitié du groupe, nous sommes en terrain familier et l’appréhension de certains disparaîtrait presque.

Douze personnes, en relation étroite avec la photographie ou néophytes s’apprêtent à vivre en totale immersion avec elle pendant une semaine.

En ce qui concerne les membres de l’association « les Rias », comme le dit Michel Cimaz, « nous ne pouvons que progresser ».

Les horizons permettant de situer chacun des participants sont déclinés au cours d’un tour de table précisant le projet des uns et des autres.

Jacqueline Cimaz situe « Les Rias », sa démarche et son projet « Mouvances » - trace, repère, appui tout au long de l’atelier.

En introduction, Jean-Luc Cormier, intervenant, présente le thème du stage, à savoir le Rhône et sa présence en Arles, l’une des plus grandes communes d’Europe. Un regard globalisé, chacun gardant sa spécificité, restituera le dernier jour ; le projet construit tout au long de la semaine.

Pour Jean Luc Cormier, la photographie est une suite d’effets et de mises en scène travaillant lumière et matière. La technique permet d’imaginer ses possibilités. Il nous parle de protocole pour la photo numérique offrant plus d’extrapolations.

Deux questions d’appui étayent son intervention : Qu’est-ce qui est encore possible d’être photographié ? Qu’est-ce qu’il est encore possible de rendre visible ?

En marge du stage, il y aura aussi un quotidien à découvrir, celui de la vie communautaire pour cinq riassois qui ne se connaissaient jusque là qu’au travers de l’association et quoi de mieux qu’un mobile-home et sa vie de camping pour y parvenir !





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Arles J2

Où l’on exploite avec Jean-Luc Cormier la sélection de photos du lundi...


-  Photos de Régine Froment et Jacqueline Cimaz,

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-  Photos de Fatima Mana et Aurélie Ranc,

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-  Photos de Michel Cimaz

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Des photos qui doivent servir de points d’ancrage pour le choix des prises de vue du lendemain...





Ce jour dans le "Carnet de bord" de Fatima Mana


Arles : 2ème jour

Aucune pression en ce jour J 2 si ce n’est déjà l’impatience de découvrir les « Mouvances » de la vieille cité, enrobée d’un soleil toréant dès notre arrivée, façades et ruelles antiques.

Arles et ses Arlésiennes, Arles et ses arènes sont là, coincées par des clichés, entre deux instantanés saisissant la chape de plomb enserrant la ville.

Un air de vacances grimpe déjà sur la figure des ardéchois stagiaires dès 9h du matin lorsque nous pénétrons dans la salle de travail photographique où les premiers clichés pris le lundi après-midi par chacun, attendent « l’œil du professionnel » et l’editing, sorte de critique constructive permettant de faire émerger un choix pour notre projet photographique. Jean-Luc Cormier parle de distance entre « nous et le reste » pour le construire. Dans un premier temps, nous devons sélectionner une petite série d’images, point d’appui de notre projet en utilisant logique et corrélations (structure, couleur, lumière) pour nous permettre de dégager une vision des séries qui s’installera dans l’évidence.

Les extraire des dizaines de photos prises, voir leur « ligne de force », visualiser leur cheminement, changer parfois de piste, prélever de leur réalité une logique de regard, relève d’une découverte totale pour la représentation riassoise.

L’après-midi est entièrement consacrée aux prises de clichés. Les stagiaires déambulent dans la ville ou le long des quais du Rhône à la recherche de leur sujet. Pour les uns, il faut d’abord s’approprier la complexité technique de l’appareil tout en s’imaginant des entrées en matière et fabriquer l’histoire de la démarcation entre la terre et l’eau. Le retour à l’atelier se fait sous la pression d’un timing imposé afin que les cartes numériques partent à 18h dernier délai au laboratoire. Et c’est alors une course contre la montre qui se joue où chacun, sur l’un des ordinateurs, trie, sélectionne, classe ses photos, les enregistre dans son dossier pour que dès le lendemain à 9 heures, les tirages soient prêts et disponibles à subir notre choix et créer ainsi une histoire qui fasse sens au fil de l’eau.

Ce n’est bien souvent pas avant 20h que nous regagnons le camping et ses joies estivales. Les tâches se partagent dans les rires et bâtissent un regard convivial entre nous.





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ARLES J3

Quelques images et textes rapides et plus ou moins collectifs...

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Ce jour dans le Carnet de bord de Fatima Mana


Arles 3ème jour

Une légère impatience prend avec nous la route de l’atelier photographique sur laquelle s’installe la curiosité de savoir si les clichés pris la veille et développés pour notre arrivée, révéleront le sens de ce que nous voulions photographier.

Le rituel éditing est en cours lorsque nous pénétrons dans la salle.

Jean-Luc Cormier fait des figures avec nos clichés, installe une histoire, raconte une route imaginaire, triture le sens de l’image, fabrique un itinéraire. C’est un exercice de l’art photographique où son regard professionnel rythme les mots sur une respiration d’images. L’après-midi, direction Port-Saint-louis où nous parlent des bateaux échoués au cimetière marin. A moitié immergées, des formes encore généreuses écrivent leur passé, appontées aux restes de vie qui les entourent. Retour par la plage de galets tchernobylesque, face à Fos/Mer où des corps à moitié nus s’irradient à la surface de l’été.

A l’aplomb d’un soleil impitoyable, nous fuyons le ciel implacablement bleu et sa chape de chaleur enserrant la totalité du groupe dans de dégoulinantes suées et rentrons soulagés.

Visionner, trier, sélectionner, hésiter, retenir le rituel choix, délogé au plus près de soi qui provoque une légère nervosité puis disparaît dès que les deux assistantes s’emparent de nos cartes numériques apportées diligemment au laboratoire : ouf, il était temps !

Au camping, la table apéritive déroule des échanges tranquilles où notre fatigue se repose. Le temps convivial souffle à l’emplacement du soir et chacun, à la cadence de l’été, au milieu d’une conversation ou d’une ultime efficacité, retrouve les étapes de sa journée sur l’ordinateur de Jacqueline avec les clichés prudemment enregistrés.

Alors jaillissent des commentaires, des esclaffements qui à l’endroit de la complicité, recèlent, décèlent un faire ensemble amical. De quoi fabriquer de beaux souvenirs.





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ARLES J4

A chacun sa planche...


Régine Froment

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Aurélie Ranc

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Jacqueline Cimaz

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Fatima Mana

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Michel Cimaz

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Ce jour dans le "Carnet de bord" de Fatima Mana


Arles 4ème jour

Notre relation avec la ville est désormais plus aisée depuis que nous l’arpentons dans tous les sens à coups de déclics et l’itinéraire jusqu’à l’atelier ne rencontre plus que parfois l’insoluble solution de se garer.

Comme à l’accoutumée, dès notre arrivée, il faut trancher les points de vue de la veille, instantanés d’un regard et ne garder que ceux qui sont porteurs d’images au plus près de notre projet.

La procédure traîne parfois ses frustrations sur le travail de l’un ou de l’autre en ne retenant pas la photo qui lui plaît mais ne correspond pas à la série choisie. Le travail de chacun étalé sur les tables et dans tous les recoins disponibles de la salle laisse apparaître un étonnement qui à lui seul fait sens. En effet, douze regards dans un même lieu traduisent leur omniprésence inquisitrice, en l’occurrence celle posée sur le port fluvial d’Arles qui d’emblée nous jette son immensité au visage, simplement retenue par les bords d’un quai en pleine activité.

Là autour d’un chargement, des hommes s’affairent de leur savoir-faire, à côté, un pont roulant en sommeil, désaffecté, un moment inutile. Un peu plus loin, des lignes métalliques, verticalités coupant le ciel, hauteurs fragiles, tas, amas, montagnes de sel.

Une péniche accostée à la terre ferme, démultiplie ses longueurs pour transporter de gargantuesques cargaisons, notamment le sel de déneigement prêt à remonter jusqu’au port fluvial de Portes-les-Valence.

Et c’est en sélectionnant, passant en revue chaque prise de vue, en décortiquant le voyage photographique de la veille, posant notre regard sur le travail des autres stagiaires que nous réalisons qu’au même endroit, à la même heure, sous la même lumière, séparé simplement par la distance de l’émotion et de la sensibilité de chacun, d’étranges différences démultipliées sur les instantanés fabriquent l’exceptionnelle richesse de chaque regard photographique.

Au programme l’après midi : la Camargue, direction prise à la dernière minute comme pour se hâter de prendre tous les soleils de l’été.

C’est la sauvage, celle qui au plus léger souvenir éclate ses lumières si particulières dans nos yeux depuis longtemps conquis que nous allons retrouver.

Tout d’abord, trois voitures pour deux directions : l’une d’elles fait un arrêt à Saint-Gilles pour son port de plaisance et sa basilique. Les autres poursuivent des arrêts au gré de leur inspiration visuelle.

Rendez-vous au bac du Sauvage afin de poursuivre notre safari photos jusqu’aux Saintes- Maries-de-la-mer. C’était sans compter sur la marée touristique poursuivie par la même idée. Attendre le prochain bac et rejoindre le premier groupe qui ayant déjà traversé, revient sur ses pas, désaltère l’attente en sirotant le temps.

Le groupe riassois est enfin sur le bateau, compte sa troupe qui soudain divise sa consternation en deux lorsqu’il s’aperçoit qu’un de ses membres manque à l’appel. Et ce n’est alors qu’un cri qui se jette dans le vide, qui nous sépare du ponton où l’oubliée n’est plus qu’un point suspendu à notre stupéfaction.

Après une demi-heure d’attente, les éclats de rires taillent déjà la part belle de l’anecdote à raconter. Nous rentrons, avec la soif de vider rapidement nos clichés dans l’ordinateur, renversés par la fatigue et impatients de retrouver le hâvre de paix de notre camping qui revêt avec plaisir la perspective non dissimulé du temps ordinaire d’un repos bien mérité.





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Arles J5


Un J5 qui, en raison d’une livraison plus tardive des tirages de la veille peut déboucher sur la visite des deux dernières expositions non vues aux ateliers SNCF, celles des salles 17 et 18 - la 17, riche, dense, simple, lisible, pédagogique...

Chacun y puise des élements en fonction de "son" projet du stage.

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Puis, en retournant dans la salle de travail, plonge dans la préparation de la restitution et mise en commun structurée du samedi, soit en partant à la chasse aux clichés manquants qui lui permettront de compléter le dit-projet ou la représentation qu’il s’en fait, parfois aidée par la visite préalable, soit en utilisant Photoshop, non pour produire une œuvre d’art, mais, plutôt, tenter de formater ses photos au format du projet retenu.

Une façon de mieux l’appréhender et de l’explorer, surtout lorsque la visite de la salle 17 l’a diversement mais sûrement alimenté en lui donnant du sens [1].

Même si cela arrive un peu tard pour la restitution, cet exercice transforme la préparation en exercice formateur, un peu comme gammes faites...


Et puis il y a cette incitation à écrire, à mettre des mots sur son choix...

Aurélie intègre une citation, et écriture pour écriture, fait un livre.

Fatima, pour elle, écrit, et écrit à la demande.

Elle dit d’abord pour Régine et Michel. Et puis pour elle...

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Un petit matin studieux du jour 6, le grand jour.


Jacqueline, quant à elle, investie de la cohérence du projet "Mouvance" qui a incité à faire ce stage, et pressée par le besoin d’une nécessaire synthèse, transforme son propre texte en un texte global qui traque les mouvances au travers des projets photograhiques individuels dont Jean-Luc Cormier a dirigé au forceps la précipitation - comme de sels en eau saturée...

C’est long...

Puis le texte est lu et relu, éventuellement re-travaillé. des choix de mots pour/par/avec Aurélie pour dire encore mieux ce qui est dit...

Temps bref mais riche, comme toujours...


Et ce texte qui méandre de Jacqueline à Aurélie, en passant par Michel, Régine et Fatima...

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Une mise en espace de page, ensuite, de ce texte, pour en préparer l’oralisation collective associative.

Un groupe dans un stage, sûrement pas évident pour le formateur, pas non plus pour le groupe... Pas toujours évident mais sûrement enrichissant [2]...



Ce jour dans le Carnet de bord de Fatima Mana :


Arles 5ème jour :

Lorsque nous pénétrons dans l’atelier, c’est l’odeur d’encre qui nous aborde, c’est la violette écolière qui disperse une légère appréhension en découvrant nos tirages de la veille.

Avons-nous suffisamment fait émerger à la surface de notre projet au travers de la sélection rituelle de la journée précédente, la direction que nous voulions lui imprimer ? Avons-nous réussi à extraire du magma impressionnant de clichés la ou les meilleures photos ?

L’éditing traverse totalement la matinée. Après le déjeuner, les uns et les autres, l’inspiration sous le bras, s’emparent de la ville et de ses contours devenus familiers. De pierres en ruelles antiques, chaque recoin est fouillé au peigne fin de l’imagination.

Bien à plat sur notre idée, le projet petit à petit prend forme dans la chaleur omniprésente. C’est une jonction que nous étayons au fil de notre vision, localisable par le sens de son cheminement photographique, rétrospective qui doit être intelligible à l’œil nu. C’est la belle occasion de lui donner la parole.

Puis c’est le retour et la pression du temps qui se répand Les origines d’une sauvegarde systématique sur l’ordinateur de Jacqueline étaient basées sur la précaution/procédure de garder les traces de notre travail pour les exploiter dès notre retour. C’était un espace sécurisé qui attendait chaque soir l’enregistrement de nos cartes numériques.

Le schéma de l’urgence mis en place à chaque fin de journée par le laboratoire afin de disposer de nos photos dès 9h le lendemain matin fut fatal à Régine qui, la veille, avait prospecté sur des chemins à histoires, suivie de près par l’ardente patience du chasseur d’images sous une chaleur écroulée de degrés Celsius. Une assistante empressée de bien faire fit disparaître à jamais son labeur.

Autour du constat définitif, la pression installe dans l’espace un affairement de récits qui narreront les perceptions de chacun lors de l’exposition du lendemain. Stoïquement, mais déterminée, notre riassoise décide de prendre les premières heures du prochain jour et de refaire à l’envers l’itinéraire photographié la veille. Pour notre petit groupe, la base de repos qu’est le camping devient hâvre de paix et s’immobilise d’échanges et d’activités tranquilles.





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[1] pas modèle bien sûr, mais de ces références dont on se nourrit et construit

[2] Bientôt notre bilan du stage...



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Jour 6 et fin...


Retour sur le travail, une démarche qui pourrait être spiralaire, avec répétition d’un module :

-  collecte de photos, observation, classements, mise en évidence de relations d’analogie ou résonnances ou contiguité...

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-  et en même temps, liaisons d’une collecte à l’autre par lesquelles s’élaborent sinon des critères, du moins des orientations, des séries, vite déconstruites, reconstruites, à la recherche d’une unité toujours plus signifiante... à laquelle la nécessité de l’exposition-restitution de fin de stage donnera, sinon son sens, du moins son orientation et sa motivation.

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Une démarche intéressante dont la connaissance préalable aurait pu enrichir encore l’efficacité, comme la découverte de certaines expositions qui donnaient sens et références aux "projets" proposés/s’élaborant...


C’est cette mise en place qui prouvait à chacun, s’il y avait encore besoin de preuves, que la photographie n’est pas reproduction du réel...

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Ainsi chacun a pu faire émerger un point de vue, un regard spécifique et tous se sont exposés.

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Le titre à donner a cristallisé ces spécificités...

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puis certains échanges, lors des visites,

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ou des conversations qui ont suivi, lors du vernissage.

Jacqueline Cimaz


Beaucoup de photos des planches de ce jour viennent du travail de Régine Froment et les autres des autres stagiaires de l’équipe des Rias...

Pour notre projet "Mouvances", en plus du point de vue de chacun, la mouvance des regards, la richesse de leurs rencontres et de leur diversité.

Mais on y reviendra...





Ce jour dans le Carnet de bord de Fatima Mana :

Arles 6ème jour :

La perception du temps a changé d’allure et s’est retrouvée en totale immersion photographique, arpentant cette semaine de stage à un rythme si dense que le dernier jour arrive presque par surprise.

Pendant que certains taillent des lignes d’horizon, reconstituent leur perspective, Jacqueline travaille sur Photoshop les ombres de son reportage photographique. Elle y imprime sa créativité, dérobe sa réalité visuelle au virtuel, transforme, noircit les ombres, pour rendre au monde, lors de l’exposition qui aura lieu en fin de journée et regroupant les trois ateliers, son parcours imagé.

Chaque stagiaire écrit en photo sur les murs du bâtiment qui l’accueille, réquisitionné en entier pour exposer son travail : une restitution publique des projets aboutis. Dès le matin, tous calquent l’effervescence au va-et-vient, concentré sur le choix de l’endroit où s’étaleront dans l’éphémère les projets de chacun dans une cohérence esthétique. Du temps entre temps, prend le temps de se poser sur une parole, dépose sa pression sur la cohésion du groupe dans un fouillis d’associations de couleurs, de lumières qui surprend parfois l’apparition d’un nouveau sens.

De son voyage archéologique au bord du Rhône, Michel Cimaz a rapporté un monde abyssal, des postures d’hommes imprimées aux gestes du travail, des mouvements saisis sur le vif, instants de vie. Du parallèle au quotidien accroché sur son panneau/reportage témoignage de ces instants particuliers.

Aurélie quant à elle a travaillé l’absence jusqu’au corps absent. De la chaise vide à l’école désaffectée aux flous révélant des mutismes pesants, du vague crayonné à l’inertie de l’existence dans un paysage qui n’appartient qu’à elle.

Pour Régine, c’est la présence fragile ou circonstancielle de l’objet jeté, oublié à des endroits hypothétiques, au végétal agrippant un souffle de vie sur un support aléatoire, unique dans sa solitude et qui pourtant laisse des traces essentielles au regard, qui l’a inspiré.

Cela restera pour le groupe riassois, une semaine nourrie à la découverte, un temps suspendu aux apprentissages où désormais, un autre regard photographique est à sa portée.





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J-1 où le groupe suit le regard de Michel Cimaz


qui donne au compteur bleu un statut d’œuvre d’art...

-  en plus un jour où la foudre détruit le compteur de sa maison, un peu plus de quatre ans après un incendie dévastateur...

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Arles J-2

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Une photo de Régine Froment

Aucune pression en ce jour J - 2 si ce n’est déjà l’impatience de découvrir les « Mouvances » de la vieille cité, enrobée d’un soleil toréant dès notre arrivée, façades et ruelles antiques.

Arles et ses Arlésiennes, Arles et ses arènes sont là, coincées par des clichés, entre deux instantanés saisissant la chape de plomb enserrée dans la ville.

Un air de vacances grimperait presque sur le visage des ardéchois. 

Fatima Mana





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