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Plan du Site

Voix et voies de Jean-Marie Mengin

ou des compléments instructifs...


Une grande 1ère ou randonnée en blog...




Une grande première, un travail important pour l’écriture numérique, pour les contenus apportés à tous, et à l’Espace Public Numérique, service public municipal...

Des mois de travail de Jean-Marie Mengin, un apprentissage fulgurant et riche de l’Ecrire-En-Blog... Apprentissage et création !

Avec, notamment, l’ouverture par Jean-Marie d’une nouvelle fonction des blogs, explorateurs textuels et de l’image et d’une relation qui confère au documentaire une dimension fictionnelle.(cf article sur blog Ecritures Numériques 2 )

Donc création par la population, une forme élaborée de démocratie participative, indispensable à tout développement durable.


Merci donc et avant de lui laisser la parole, une citation de ce qu’a écrit Nicole sur l’écriture de Jean-Marie Mengin :

"Très intéressant, une écriture fluide et où on chemine vraiment avec lui. C’est émaillé de touches personnelles.
En plus de ça, on apprécie sa capacité à relier les observations de son oeil attentif à ses connaissances, notamment en ornithologie et en flore, et sa façon toute naturelle de faire entrer la vie dans ce cheminement.
De plus, des photos de qualité et bien choisies."


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L’article de Nicole

Samedi après midi 29 novembre 2014 : présentation de son blog « GR65/Camino francès » par Jean-Marie Mengin
Tout était en place quand les premiers intéressés arrivèrent à la salle... après avoir cherché un peu où elle se situait, ceci parce que l’affiche avait attiré, en plus des habitués, des randonneurs qui connaissaient ce chemin de Saint Jacques de Compostelle, ou avaient très envie de « le faire » !
Jean-Marie se présenta et fit une introduction sur sa longue habitude des randonnées, avec son épouse Viviane qui maintenant se charge plus de l’intendance et du véhicule leur permettant une grande autonomie sur les heures de départ et d’arrivée ainsi que sur les lieux d’hébergement avec un abri confortable pour les petites siestes ou les intempéries.
Puis Jean-Marie déroula, depuis les premiers pas sur ce GR, les étapes marquantes, en tous cas, celles qui sont émaillées d’anecdotes ou de sites remarquables, de rencontres, d’événements qui ont laissé une empreinte dans ce cheminement qui transforme le randonneur. Les photos viennent appuyer et illustrer son discours, on « randonne » avec lui, sans redouter les courbatures des lendemains de marche, et c’est presque à regret que l’on voit arriver le bout du chemin, comprenant l’émotion qui assaille les randonneurs ou les pèlerins arrivant à Saint-Jacques de Compostelle.
Quelques instants de silence, le temps de savourer cette randonnée, ce récit qui ouvre la voie à l’imagination, au désir de vivre ou de partager cette aventure. Puis vient le moment du débat, des questions, des comparaisons d’expériences. Les échanges vont bon train, jusqu’au moment où ce chemin nous ayant aiguisé l’appétit, nous reprenons pied dans la réalité en voyant se garnir les tables de gâteaux et boissons venant ponctuer ce moment convivial. Des jeux de société ont été apportés pour prolonger cette après midi. Sont-ils utilisés ou bien les conversations suffisent-elles à animer cette fin de programme ? Je ne sais pas car je dois m’arracher des lieux pour retourner dans mon Nord-Isère avec la perspective de 2h1/2 à 3 heures de conduite de nuit. Enfin, il ne pleut pas, c’est déjà ça ! Et j’ai l’impression en repartant, de me diriger vers Genève, point de départ du GR65 : une façon de boucler la boucle ...

Nicole Bertholon

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Une grande question de Net public

quand nous nous intéressons de plus en plus au fablab.

Cf étapes en site et blogs :
-  la venue de Pierre Béroud,
-  la visite du 104 et l’interview de Vincent Guimas...
-  la discussion à la dernière rencontre des EPN Drôme-Ardèche à Romans... (L’article dès mise en ligne du compte-rendu officiel)
-  l’évocation, au dernier CA des Rias de ce fablab, du tiers-lieu et du co-working...


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Une nouvelle voie à explorer avec cette idée de fablab en Bibliothèque... Lié aux activités de publications et éditions ? A voir ? REFLECHIR...

Bien sûr, ailleurs, avec d’autres moyens...

Mais de quoi ouvrir de nouvelles pistes de réflexion sur les évolutions du livre - numérique- et non numérisé...

Sans oublier de prendre en compte les recherches artistiques, y compris sur le son...etc

J.Cimaz





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Un projet nouveau sorti de nulle part ou de toutes parts...


Après la frustration engendrée par la fin d’une résidence théâtre qu’il y aurait eu besoin de prolonger... Après ce ressenti d’une envie d’entrer dans l’image/carte projetée... Se coltiner avec son avatar et le maîtriser ?

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Dimanche de 14h30 à 16h30, jeu des 9 familles prévu pour préparer le vernissage. Et si on se jouait la projection des papillons verts ou des images-cartes avec son corps ? Cf l’expertise de Mendy ! Au moins se préparer à la rencontre ! Et jouer pour l’expo photos du concours ? A voir... vivre dans/avec l’image. Vivre l’image. Entrer avec sa peau dans l’image, la faire vivre avec sa peau... Comme passer à travers sa carte... Alice déjà, non ? D’un certain Lewis Caroll, logicien anglais... De quoi le voir autrement...Exposer ou traverser son avatar. Osez ! Pas si facile... Ceci n’étant pas interdit aux adultes - même entre 25 et 65 ans ! Article bientôt.
(Article après expérience...) Un travail bien sûr en tout petit groupe et qui prend du temps... Où les spectateurs-photographieurs ne perdent pas leur temps !

Par contre, il nous faudrait de grandes glaces sur pieds solides ? ...


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Ce travail ouvre d’autres angles d’écoute de ce que disent les artistes de leur propre travail...

Et si l’insaisissable vert de Tallagrand s’approchait dans cet espace entre chacun et l’image projetée, réseau minimal et tout proche, image se vivant dans cet espace transitionnel et transactionnel comme réseau premier ?

Questions latentes pour dé-vernissage fécond...

(A suivre...)

A travers Printemps des poètes et fête de l’internet ? Avec groupe à la Pina Bausch sur esplanade...





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Deux projets-réponses en ultime compétition


suite à l’appel à projet "Mon territoire, j’l’ tranforme"


Vernoux 20212.

Une contr’utopie sous Prezzi, émanant du CDI du Collège de Vernoux...



"2212, tout a été détruit à Vernoux, on découvre l’héroïne Mala qui revient de son expédition. Elle rapporte des pommes !!

Comme il n’y a plus de nourriture solide depuis longtemps, les dents sont devenues mobiles et elle ne peut plus croquer dedans !


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L’histoire [1] se déroule sous différents formats via les textes, les vidéos, les enregistrements sonores (n’oubliez pas le son)...

Il y a 2 vidéos dans ce prezi, à ne pas manquer pour la compréhension de l’ensemble.

Prezi est un outil en ligne, aussi pour le lire, il faut se rendre à ce lien (possibilité de le voir en plein écran) (les flèches permettent de faire défiler comme dans un diaporama et donc de régler la vitesse de visionnage)




Gimpisation vernousaine. Une vidéo émanant du Repère



Gimpisation Vernousaine - Le Repère par f100001045203142




NB. Visionnez plusieurs fois, discutez-en et envoyez-nous vos avis ! Boites : lesrias.association@orange.fr ou ophelia.escriu@gmail.com



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[1] texte complet téléchargeable ci-dessous

Incipit Vernoux 2212

Finissage réfléchissant

Où l’on apprend les uns des autres et...

-  question s’insinuant ou se sussurant : les artistes auraient-ils une place pus importante à l’ère du numérique ?



parce que parce que parce que


Déjà l’image... L’IMAGE la grande ratée du 20ème siècle...

Où en est-on dans la compréhension des rapports entre logographique (le mot ou le texte comme image ) [1] et lectures textuelles ou alphabétiques ? Et lecture mathématique ? Et lecture du trajet ou non du boson ? Et lecture du codage graphique du son par Adine - tout autre chose que celui de Pénone ? Et de la correspondance relevée hier par Dominic Thirion entre le texte de Geneviève jardinière et sa suave image-accordéon ?


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Des ateliers d’écriture numérique qui n’ont abordé que l’image et sa transformation par déformation, adjonction ou dégradation ou l’augmentation du réel par choix délibéré d’une écriture photographique introduisant l’intrus (souvent le reflet) dans le réel...


Un début juste... tout début, première approche...


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Au moins une mise à distance de la photo qui, introduite en retour dans la prise de photo la complexifie...


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Il faudra réaborder le travail numérique du son, du mixte image-son (sous des formes différentes conjuguant le graphisme et le sonore, l’images fixe et des degrés divers d’approches cinétiques et/ou vidéographiques incluant diverses déformations etc...)

Et bien sûr les collages niveaux matière ou numérique...


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Une montée en puissance de la réflexion en ce finissage et dans la période qui l’a précédé...


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Un travail d’Adine qui ouvre la réflexion par cette dimension recherche qui fait sa valeur...


Et aux marges, cette réflexion de Dominic Thirion à la table des livres, soulignant l’intérêt de ces petits "livres" numériques avec images, texte et son et de leurs tirés papier. Outils de decouverte, d’expression, d’appropriation, d’investigation créatrice sinon de création...

Ophelia Escriu

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[1] une partie de cette forme qui fait sens ?



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Premières réalisations d’ateliers


En deux essais, trois filles et de premières réalisations...


Fanny


Un beau travail de découpage-collage


Mendy


Il manque un mot de passe pour récupérer la réalisation à mettre en ligne. Ce jeudi soir ?


Mylène qui nous a rejoint. Un coup de maître pour un premier essai !



A noter que les trois filles ont créé un bruitage, que celui-ci est en ligne mais qu’à ce jour il n’est pas encore possible de l’intégrer au montage pour des questions de format et compatibilité qui demandent le passage par une création de site spécifique.


Une démarche qui devrait aboutir mais s’avère dévoreuse de temps. A suivre donc, d’autant que ces filles ont d’autres projets !

Le son en question commun aux trois réalisations :

MP3 - 240 ko

Une création pour ces deux samedis après-midi de travail. A faire tourner en boucle suivant la longueur du collage...


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Photos Cécile Risson


Jacqueline Cimaz

NB. Voir ces collages numériques en plein écran...





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En marge du workshop,


une très belle photo de Fanny Juston interrogeant les rapports entre vivant et non vivant dans un lieu clos.


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D’autres belles photos sur lesquelles nous reviendrons...


Le travail sur Vuvox ?

Il est en cours. A ses premiers balbutiements. Découverte du fonctionnement global du logiciel et des ressources d’un découpage-montage où Pierre Ménard chevauche un chien, grâce à l’expertise de Fanny - où, pour Ophelia Escriu les bornes rouges encadrent ou ponctuent...

Quand se combineront ces ressources avec celles de Photoshop Elements ou de Gimp2...

Composition d’ensemble pas encore travaillée comme il faudrait, ni le collage du son et de la vidéo...





Une version avec son après plusieurs essais et erreurs... Un son décalé mais qui, du lieu, ouvre d’autres voyages...

A Travailler encore et beaucoup...

Et tout en anglais. Même pas en espagnol ! Sinon en français... Heureusement que Fanny...


Quelques séances de travail encore nécessaires avant mise en ligne de nouveaux collages numériques qui répondent, donc, à de premières exigences de qualité...

Par contre une exploration jubilatoire à laquelle nous vous invitons volontiers... Par exemple le samedi 12 novembre de 14h30 à 16h30 à 1a bibliothèque de Saint-Apollinaire-de-Rias...

Et en matière d’explorations jubilatoires, quelques autres belles photos de Fanny...


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D’une installation de Paulette, pour parcours d’art éphémère...


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Jacqueline Cimaz





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Concours vidéo , la finalisation



Etant donné le peu de contributions reçues, et leur très grande disparité, il n’est pas possible de décerner un grand prix du jury.


Par contre, nous tenons à signaler la qualité de quelques unes des œuvres reçues.

Trois ont été prioritairement retenues - sans hiérarchisation possible car elles appartiennent à des domaines très différents.


Dans le domaine Art-vidéo, Plumerage de Giney Ayme, un artiste exigeant, qui refuse toute concession/compromission et travaille depuis des décennies sur poésie et vidéo, auteur du concept de vidéopoésure, un territoire artistique où l’échec -sûrement non-aimé - du scriptural renvoie à l’écriture picturale en deux dimensions puis à l’écriture sculpturale, territoire de prédilection d’un artiste mondialement reconnu...



Plumerage-20 Giney par giney


D’un groupe d’élèves du collège Pierre Delarbre de Vernoux-en-Vivarais ayant travaillé avec Madame Véronèse, documentaliste, aidée par Laetitia Chevailler, aide-documentaliste, un travail construit, programmé, poli, riche de ces contradictions qui font réfléchir et excluent le tout noir ou tout blanc. Le produit fini d’une approche sociologique et des mentalités d’aujourd’hui, pointant cette contradiction ville-campagne lourde d’incertitudes qui structure le territoire à l’heure où les bouleversements induits par des recompositions territoriales peu lisibles inquiètent tout un chacun...


Image d’une séquence du film, maintenant publié.


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La vidéo en effet, pouvait être mise en ligne, nous avions les autorisations quant au droit à l’image ; restait à vérifier que les quelques allusions musicales étaient bien toutes libres de droit. Voilà qui est fait, et voici donc la vidéo, avec tous nos remerciements à Mme Véronèse pour ce surcroît de travail



Mon territoire, j’aime ou pas par Cinq élèves du collège P.Delarbre de Vernoux



De Siméon Charvet, assisté de son papa, Colin, une vidéo conforme aux critères de la demande - prise de vue et de son au téléphone portable. Sensible, fluctuante, impressionniste, avec le tantinet de flou et d’aléatoire qui convient, et les limites d’une telle exploration un peu trop méthodique à un âge pré-scolaire « C’est pas bientôt fini ? »... L’intérêt aussi, et qui nous renvoie à Wallon, d’une restitution de la perception du monde chez le jeune enfant, formé de micro-mondes non encore totalement reliés entre eux, restitution à laquelle l’outil vidéo et, plus particulièrement, la fonction vidéo du téléphone portable, convient parfaitement.


Nous devrions avoir bientôt la version toilettée pour mise en ligne...


Choix impossible donc entre des réalisations si différentes !


On pourrait en outre, évoquer l’envoi de M.Gerland, gros et beau travail de montage vidéo ? La première approche de Nicole Bertholon ou Jacqueline Cimaz dans le même cadre plus « scolaire » ou exploratoire du PAPI, ou du site, conjuguant photos et vidéo (notamment de Michel Cimaz pour les travaux), dans des montages utilisant les ressources de Movie Maker...


Nous avions évoqué la publication de l’œuvre primée et de quelques autres...

Les trois œuvres retenues, sans hiérarchisation possible, car elles n’appartiennent pas aux mêmes registres, seront évidemment présentées et publiées, comme convenu, dès obtention des autorisations ou ultimes mises en forme nécessaires.

En outre, à défaut de « prix », non prévu - ce qui, semble-t-il, explique le peu de réalisations reçues- nous pensons proposer à chacun une suite personnalisée et négociée, qui soit riche pour chacun des participants, pour tous et pour toute la population de ce plateau...

Des consultations sont en cours à ce sujet ...


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La rencontre avec les élèves du collège


Elles peuvent concerner la publication du travail effectué, ou, à côté de celle-ci, celle de nouvelles créations, valorisantes et qui fassent avancer...


En guise de prix, outre la publication et la projection prévue par Ecran Village, les suites personnalisées à négocier et mettre en place pourraient ainsi concerner :

-  de l’offre de formation au travers d’un workshop pour les adolescentes,

-  l’animation d’un atelier de création artistique, avec projection publique, pour l’artiste vidéaste,

-  en passant par l’accompagnement, au niveau pré-scolaire, d’un petit cadeau, par prises de clichés puis projections dans les bois... En attendant, voici un appareil bien accueilli :


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La carte de remerciement de Siméon et le complément de sa maman, Adine, plasticienne, qui en profite pour souligner la qualité de l’exposition Camboulive.


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A noter en outre l’offre faite aux élèves de 4ème et au CDI de "Entre silence et oubli", le livre de Sylvette Béraud-Williams publié par Les Rias.

Pierre Ménard nous a dit avoir mis une information sur le Net au sujet de cette vidéo du collège ; d’autres personnes, informées et formées, qui l’ont vue à partir du site nous ont dit tout l’intérêt qu’elles portaient à cette oeuvre...

Un travail très intéressant, effectivement...

Jacqueline Cimaz


NB. Bientôt d’autres informations et renseignements...





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Concours vidéos et autres activités

S’appliquer à ne rien laisser passer, éplucher des yeux les traversées créatives réceptionnées dans le cadre du concours vidéo organisé par l’association Les Rias et le CIAS, et pour lequel, un panel varié de participants a répondu présent, correspond d’abord à sélectionner un mode opératoire afin d’éviter le hasard sélectif.

Par grille critériée, catégorie et autre procédé, l’argumentation est disséquée au plus près des points cités.

Le contenu de chaque vidéo, écrit à l’imagination est passé au crible de la discussion venant régulièrement butter sur le choix final avant l’émergence naturelle de l’évidence.

Ultime réunion mardi prochain histoire d’historier le premier concours vidéo et qui sait, chemin faisant l’an prochain, peut-être le suivant.

Suite à la commande photographique passée par Jacqueline à Régine, projetant une nouvelle balade sur le plateau afin de compléter le tableau spécifique de la flore du Mézenc, clé USB en main, les voilà toutes deux évoluant sur des coulées participatives.

Attenant à la présence de Mendy, se répand une fraîcheur spontanée dispersée aux quatre coins de l’espace, ajouré de quelques autres arrivées, préfaçant le ciel de la permanence d’une résonance d’habitué.


Fatima Mana


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Concours Vidéo ?

Avant la tenue de la réunion de la commission chargée d’effectuer le recensement et l’évaluation des vidéos reçues, qui devrait se tenir cette semaine, quelques remarques :

-  l’étonnante diversité de ce que nous avons reçu, de la création d’artiste à de simples essais d’atelier ou d’article ou pour "s’amuser" en passant par le diaporama classique valorisant le patrimoine, l’article ordinaire ou le travail conséquent d’un atelier-collège...


ou faires ou explorations pour préparation à l’évaluation ?


Mon coeur..........balance par LesRias

Y réfléchir... avec ce bel envoi de Nicole Bertholhon...


Ou cet essai, évidemment hors concours...


planetes par LesRias


Bientôt des variations sur Myrtille de M. et B. C., 8 et 11 ans.


Jacqueline Cimaz



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Désert Numérique


-  Désert Numérique, " eau et électricité " , Du 27 juin au 3 juillet 2011, au village de Saint-Nazaire-le-Désert (Drôme)

-  6 Ateliers créatifs et participatifs :

-  Le Dialogue des pixels, avec Michèle Lision : réalisez des mosaïques photographiques.

-  Captation sonore subaquatique, avec Sylvain Le Beux : construisez un micro hydrophone et réalisez une composition sonore sous l’eau.

-  Fontaines rhizomatiques, avec le collectif Métascope : bricolez des objets électroniques autour des fontaines et lavoirs du village.

-  Onde, avec Emmanuel Ferrand : explorez les ondes sous toutes ses formes.

-  Post Traumatic Voyager, avec Alexis Chazard (et l’École des Beaux-arts de Valence) : découvrez votre promenade au village à travers l’analyse de votre activité cérébrale.

-  Jardin suspendu, avec Kyd Campbell : fabriquez des jardins suspendus en culture hydroponique (hors sol).

Ateliers participatifs, libres et ouverts à tous sur inscription, programmation artistique issue des résultats de ces ateliers et de présentations, conférences et discussions.

L’invitation à s’inscrire et faire passer l’info...


Nous irons découvrir :

"Post traumatic voyager", proposé par Alexis Chazard

Harnachés avec des casques permettant l’analyse de l’activité cérébrale et des GPS synchronisés, munis d’ordinateurs portables afin d’enregistrer l’ensemble des données disponibles, des voyageurs-promeneurs tenteront de mettre au jour les relations mentales s’établissant aux alentours de Saint-Nazaire-le-désert. Une mémoire absolue, quoique peut-être encore illisible... C’est à ces questions, nombreuses et difficiles à cerner que l’atelier, prospectif, propose de s’interroger. Limites de notre perception, de notre mise en mémoire, de l’image que nous avons de nous-même lorsque nous en venons à la notion d’enregistrement. Après le temps de la promenade, celui de la lecture, attentive, des résultats obtenus. Observe-t-on des motifs identiques selon les espaces traversés, les moments partagés ? A l’aide d’accompagnateurs qui noterons faits, gestes et paroles, nous tenterons alors de tisser, de relier ces informations entre elles.

Alexis Chazard que nous devrions rencontrer bientôt : "artiste polymedia, enseignant et programmeur dans les champs de l’interactivité, des fictions programmatiques et des installations numériques". ( Partenaire : Ecole régionale des Beaux-Arts de Valence )

Le Festival. Du 1er au 3 juillet, avec Des conférences et discussions / présentations et démos

-  Des institutionnels et des professionnels présentent leur travail et leurs projets : échanges d’informations, rencontres et discussions croisées autour du développement de l’art, du numérique et de la science.

-  Des artistes présentent leur travail de création et de recherche autour de l’art numérique.

Infos


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La programmation artistique :

-  Des concerts et des performances issus des résultats des ateliers réalisés sur place, en amont et pendant le festival.

-  Une exposition, de jour et de nuit, dans tout le village (projections murales, œuvres de netart, etc.)


et ce "Parcours Sound Drop", de MU le dimanche, parcours dans le village (visites d’une heure) "Parcours sonore diffusé au casque, Sound Drop est conçu comme un scénario radiophonique à ciel ouvert. Il procède du montage et de l’hybridation : par le son, il projette un lieu sur l’autre, transforme la perception des espaces et introduit de la fiction dans la réalité : une ville hantée par le fantôme sonore d’un autre territoire... "

Développé depuis 2005 par MU, le projet a été présenté dans des versions différentes lors de plusieurs manifestations, [1]

Chaque migration du parcours s’accompagne de nouvelles créations et d’une réflexion collective autour des espaces investis.

MU (structure de production artistique indépendante)  [2]

Allez entendre ! Un programme qui semble s’annoncer comme des plus intéressants...


La médiathèque participative reste ouverte à l’EPI-Office de Tourisme du village, avec livres, revues et site Web autour de la création numérique.

"Apportez vos références pour y contribuer ! Merci. " demandent les organisateurs...

A noter aussi que vous pouvez découvrir sur des blogs réalisés par les étudiants des Beaux-Arts de Valence, les archives de 2010...

Sélection et parcours de Jacqueline Cimaz



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[1] Nuit Blanche à Paris (Paris - 2005), Promenades urbaines du Centre Georges-Pompidou (Paris - 2006), Festival Sous La Plage (Paris - 2006), Festival Paris Quartier d’Eté (2007), Sibiu-Luxembourg (Capitales Européennes de la Culture 2007). Durant l’été 2008, en parallèle du projet European Sound Delta ( http://www.sound-delta.eu/), Sound Drop est présenté au festival Citysonics de Mons, au Bridge Festival de Ruse, ainsi qu’à Anvers, Belgrade, et Vukovar.

[2] Fondée par une équipe issue du Fresnoy (Tourcoing-F), MU est une structure de production artistique indépendante. Installations ou performances, les créations de MU opèrent une série de glissements dans le réel par la diffusion de sons, la projection d’images, la traversée d’un paysage ou d’une scénographie... Les territoires investis deviennent espaces expérimentaux propices à l’invention de scénarios : dans ces dispositifs, chacun reste libre de choisir son point de vue ou de créer son propre parcours. Parallèlement, MU développe une activité de programmation dans les domaines de l’art contemporain, de la musique et du cinéma.



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Un 19 mars sous le double signe du Printemps des poètes et de la Fête de l’Internet


avec la présentation de productions individuelles ou collectives réalisées à la Bibliothèque/PAPI à cette occasion [1]

Les créations présentées :


1. La découverte de deux tout derniers-nés :

-  "Sons d’école d’Eliane",


Infinis sons d’école d’Eliane par LesRias

[livre-vidéo publié sous Daily Motion, réalisé à partir de constructions sonores retravaillées sous Audacity [2] et maintenant accessible aussi sous Calaméo à partir d’un lien sur la dernière page de "Mes souvenirs d’école primaire" [3].

Un dernier-né surtout de la Fête de l’Internet, avec la démarche de construction d’un patrimoine scolaire par Eliane Baud, mais auquel, pour cette version enrichie, le Printemps des poètes a apporté ce glissement Paysages infinis/paysages intérieurs/paysages sonores largement induit pour les deux premières parties par le très beau texte d’Edouard Glissant à partir duquel nous avons travaillé -" Dans cet archipel le monde "- texte écrit en hommage à Miquel Barcelo et publié par les Editions Yvon Lambert (en français et anglais)

-  "Camargue", livre diaporama-vidéo publié sous Daily Motion.



Camargue par LesRias


"Sur un poème de Fatima Mana, des images de Michèle Dormont, un travail sonore de Jacqueline Cimaz, Michèle Dormont, Régine Froment et Fatima Mana. Recherche-action en cours, en phase finale, avec l’introduction du son, rapidement bouclée pour la Fête de l’Internet/Fête du Printemps des poètes à la Bibliothèque/PAPI municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias et dont ceci est la seconde mouture... Forme livre sous Calaméo non encore élaborée (ISBN 978-2-917508-29-9)


Les autres créations abouties de mars :

-  "Moeraki infinie", de Régine Froment - l’appropriation du texte de Glissant avec des rivages et paysages déjà intériorisés de Nouvelle Zélande. A voir sur le site, en livre vidéo sous Daily Motion. Et sous Calaméo. Cadre "Printemps des poètes" et "Fête de l’Internet"

-  "L’école de ma maman" d’Amanda Baud, ou la renconstruction personnelle d’un patrimoine familial (cadre Get on line et Fête de l’internet, lien avec le Printemps des poètes par l’intérieur des paysages affleurant dans la prise de photos, le travail de recolorisation de celles-ci ou le choix des couleurs pour le texte) - débuts et paysages appropriés, et encore Les Baraques. A voir sur le site, versions Calaméo .

-  "Archipels intérieurs ", récit en images d’Orphelia Escriu-i-Num’Llul, paysages suscités par quelques citations d’"Eduardo" Glissant (extraites de "Dans cet archipel le monde", in "Miquel Barcelo" - déjà cité ci-dessus - choisies par elle, lues par Michel Cimaz - arrangement de Jacqueline Cimaz... à voir sur le site, lisible sous Daily Motion , et aussi sur Calaméo mais sans le son ni l’accès direct à la vidéo (il faut cliquer sur le lien). Une publication où pour la première fois la forme vidéo-livre prend le pas sur la forme livre-vidéo. Cadre printemps des poètes et Fête de l’Internet.

-  "L’insomnie pour prétexte" un beau texte de Fatima Mana, images péruviennes de Jacqueline Cimaz. A voir sur le site ou directement sous Calaméo. ou Daily Motion Cadre "Printemps des poètes" et "Fête de l’Internet" (Infinis paysages de l’insomnie et images récurrentes d’un Pérou et de ses civilisations aux inconnues infiniment lancinantes)

-  "Mes années d’école primaire" d’Eliane Baud, un petit livre serré et émouvant ; voir l’article sur le site ou lire directement sur Calaméo. Présentation de la première version à laquelle n’était pas encore intégré "Sons d’école" consulté donc directement sous Daily Motion ce samedi.

A noter que deux de ces publications nous ont valu manifestations universitaires ou artistiques prestigieuses.


Image Jacqueline Cimaz à partir des photos de Fatima Mana (JPG)































A la demande de plusieurs personnes a de nouveau été présenté le beau diaporama de Marie des Ponts "Sur la Dunière et ponts et ponts..." , dans sa première version.

Un énorme et très beau travail de patrimonialisation...



A cet égard diverses visites du site ont été faites, avec une certaine prédilection pour le "patois". Où on a vu des seniors non équipés chez eux, nous dire avec précision où il fallait aller sur le site pour faire chanter Gégé !

Patrimonialisation, échanges et culture...



Le palmarès du festival Pocket films national a été présenté, non les quelques films réalisés par des moins de 12 ans.


Il a été décidé de donner du temps au projet "Mon territoire, cequ’ j’y aime/ce qu’j’y aime pas", [4] et aussi, d’élargir les publics concernés aux plus de 18 ans et moins de 12 ans, quitte à faire des palmarès par tranches d’âge.

Une réunion sinon du jury pressenti, du moins de certains de ses acteurs locaux doit être rapidement organisée. On semble par ailleurs s’orienter, pour la présentation des sélections, vers une soirée estivale au temple des Baraques.



Un public attentif et de plus en plus averti.

Une seule ombre au tableau : les voix basses et autres chuchottements étaient mal entendus, un problème de réglage des baffles reste à résoudre d’autant plus rapidement que les paysages sonores semblent voués à un développement tout azimuth...



Un goûter où les conversations sont allées bon train et une diffusion en profondeur de la culture numérique que développent de nouveaux réseaux intergénérationnels notamment dans les familles et/ou le voisinage.

Jacqueline Cimaz



Juché sur nos paysage lointains

Prendre position le temps d’un après-midi, juché sur nos paysages lointains ( thème national du Printemps des Poètes), y associer la Fête de l’Internet, les deux actions sanglées à la virtualité et l’on obtient de jolis petits mondes picturalisés, relatifs au numérique, travaillés à la bibliothèque/PAPI de Saint-Apollinaire-de-Rias.

Si l’on ne perçoit d’abord du résultat que sa finalité, les films présentés au public contiennent tous des circonstances, des réciprocités attenantes au plaisir de l’apprentissage traversé.

Bien à l’abri de la certitude de passer un bon moment, voilà que la technique s’en mêle et déséquilibre l’instant un instant.

Même respectées à la lettre près, les modalités ne suffisent pas à désenrouer une histoire de son, de baffle et d’incompatibilité afin de libérer l’audible.

Résolument accroché au mutisme momentané, un faire avec-sans s’installe mais ne dure pas longtemps. Le son, équivalence à un travail de recherche, sort de son confinement et se déverse sur des images en parfaite connivence avec l’effet souhaité.

Autour de cette animation présentée à l’occasion de ces deux actions nationales, une langue toute neuve s’est partagée comme une poignée de mains semant ses liens.

Fatima Mana



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[1] A cette occasion certes mais dans le cadre du travail régulier conduit au PAPI à longueur d’années pour développer - partager, explorer, infléchir - la culture numérique au travers d’ateliers d’écritures numériques. Formations gratuites assurées bénévolement par Jacqueline Cimaz, responsable du PAPI et webmastrice - exploitation d’une longue expérience professionnelle antérieure mais aussi développement de celle-ci...

[2] logiciel revalorisé par une récente formation du SIVU des Inforoutes de l’Ardèche aux logiciels libres, mais utilisé il y a 7, 8, 9 ans lors de stages de formation initiale ou continue des professeurs d’école à l’IUFM de Privas, et accessoirement depuis pour d’autres enregistrements.

[3] patienter le temps de la pause publicitaire qui masque le chargement de la vidéo.

[4] demande qui nous avait déjà été faite et que nous avions entendue, d’autant qu’il y avait les vacances scolaires et que divers artisans du projet étaient pris à ce moment.



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Air de Camboulive pour atelier de fin d’année


Un aboutissement provisoire...


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Un procédé utilisé, mais une perspective très différente : plutôt l’intellectuel collectif au travail que des interrogations sur l’identité et la communication... Certes ! Néanmoins, il est évident que la dimension philosophique [1] est toujours sous-jacente à ce type de travail...


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Bientôt la suite !

En attendant, cherchez QUI est la Biblitohécaire ?

Il y a eu 8 photographiés, 8 noms à trouver...






Une affaire de manipulation

L’objectif direct de cet atelier photographique était de s’emparer d’un processus de création à la Camboulive et de l’appliquer aux huit visages recrutés dans la foulée pour en faire un portrait et tenter de comprendre l’apparence énigmatique d’un visage unique articulé autour d’un jeu de superpositions.

Avec Fanny et Mendy, la matérialisation sur écran n’est qu’une affaire de manipulation et d’application où le rendu évolutif s’opérant sur leur ordinateur bouche bée Mendy, rivée au premiers degré de la transformation. Sans a priori, Fanny moustache le visage féminin du dessus par celui du dessous d’un androgysme surprenant.

Sur les écrans alignés, s’agglutine le point de vue du monde, étonné de la facilité avec laquelle la jeunesse évolue sur le terrain virtuel. Fanny et Mendy s’approprient le tangible d’une représentation et aspergent son résultat de petits éclats de lumière.

Jacqueline, tiers repère, coordonne et canalise les apparences imaginaires de nos jeunes internautes, focalisées sur tous les possibles, faisant la part belle à l’inventivité créative où le principe de transformation devient terrain de jeu, espace virtuel arpenté au gré de l’imagination.

Les huit portraits superposés ont des flous énigmatiques aux sources certes à retravailler, mais le support virtuel aura essuyé un gradué de spontanéité et de découverte qui ne demande qu’à se prolonger lors d’un nouvel atelier.

Fatima Mana





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[1] - ontologique- l’être de Parménide d’Elée à la mécanique quantique en passant par Sartre...

Ecritures visuelles et textuelles à quatre mains


ces jours de neige ou variations sur la rue Montévrain de Vernoux-en-Vivarais.


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-  Mardi

Au large de la rue Montrevain, écrasée par la progression immaculée, la nuit disparaît, ensevelie sous le poing d’un ciel fustigeant la tendresse de l’été encore accrochée au passé tout près. Là-bas, tout au fond des façades qui marchent sur l’église, le réverbère solitaire ne maraude plus le sombre des rues, étouffé par un brouillard épais qui n’en finit pas d’avaler sa lumière. Des lacunes éphémères empèsent le silence frigorifié collé aux cristaux et remontent implacables les maisons endormies. Le ciel étale sa laitance et charrie ses flocons sur l’asphalte. Face contre terre, le temps agglutine un paysage saigné à blanc.




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-  Mercredi

Un jour convalescent secoue lentement sa pâleur de neige occupant tous les espaces inclus entre-ciel. Jeté sur les épaules de la rue, un amoncellement blanc s’installe au travers de chemins écoliers où les congères engloutissaient l’inquiétude maternelle, recouverte de soleil.

Mesuré à l’oeil nu ou au centimètre près du pied, la stupéfaction s’entasse sous les yeux écarquillés. S’attaquer à la transparence voilée. Coups de pelle jusqu’à l’os, coaguler l’état second figé, l’empaqueter de dérisoire- tout n’étant que question de temps.


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-  Jeudi

Appareille sur jeudi, un soleil tonitruant. Il écaille les façades d’un bouleversement éblouissant. Impossible a dissoudre hier, l’emballage éphémère se déchire et ruisselle dans le caniveau. Il refait le ciel d’éclats, circule sa présence sur les murs, lance les ombres contre le hasard, éclabousse sa lumière primitive sur le monde. Chien fou, réveille la vie sans vie et la secoue du bout de ses reflets




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-  Vendredi

Et voilà qu’à nouveau le froid expulse hier et sa lumière, frôle les habitations de son oeil courroucé, glace le ciel fatigué délité dans la rue. De maigres reflets se font les dents sur des flaques gelées et craquent sous le pied. Dans les bas fonds de la saison, débusquer le trait de lumière pris dans les choses familières. Yeux fermés, dépenailler le blanc uniforme et se pendre aux incisives du soleil.




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-  Samedi

Le bruit du froid éclate contre les parois de l’impatience. Redimer l’état brut glacial, sourdre l’envie d’en finir avec ses aiguilles mordantes. Quitte à l’attaquer mains nues, chemise ouverte sur l’été d’un dimanche immobile sous le tilleul. Superposées, les transparences s’infiltrent bleuissant quelques éclats attardés, fécondant les ombres, rongeant les murs nus.




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-  Dimanche

Des rondeurs diaphanes s’enfoncent dans la nuit - enfiévrantes lueurs orangées - clair obscur nocturne pénétrant l’obscurité. Le dénuement s’entasse dans la rue et fait cal d’un rien sur les portes fermées. Éclairage sporadique - pans de lumière proches de la perfection - parfaite transition -yin et yang mêlés évoquant l’espace rétréci sous le pied bandé par la tradition.


Textes de Fatima Mana sur des images de Jacqueline Cimaz (un journal quotidien rapide avant réalisation plus travaillée d’une brochure...)


NB. lien sur un diaporama envoyé par Régis David : la neige à Tournon...





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Poétic Spam, un envoi de Marc Gerenton


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à

"diffuser ce poéme sonore dans" notre "entourage" -

Le Monde [1]

Un site à ré-explorer

Des expositions en cours... Des livres... Des archives à découvrir, et, notamment, bien sûr, Sylt qui nous parle particulièrement. Côté Expositions, des travaux récents très intéressants...

Et bien sûr, les Poetic Spams..


Jacqueline Cimaz



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[1] Poétic Spam / Zéno Bianu / Emmanuel Mailly / Marc Gerenton " LE MONDE "



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Auto-formation à deux +1

ou mise en route spontanée d’un nouveau chantier image


L’article de Fatima Mana


Un univers modulable

Ajustées aux allers, les venues alternent, déterminées ou sous l’aspect d’objectifs aux contours imprécis, dans un univers modulable à souhait comme un paysage devant les yeux.

Sous-jacent, différents itinéraires proposés à vue pour grimper au sommet (bibliothèque-PAPI).

Là un internaute se relie aux bruits familiers de sa vie, en même temps, sur le bord d’un projet éditorial s’installe la genèse d’un travail de réécriture.

S’installe aussi le défi lancé pour reconquérir des acquis perdus dans la nasse du temps. A nouveau arpenter le démesuré vertigineux de l’oubli. Entreprendre l’ascension de photoshop, [1] s’emparer de sa part obscure, intention au demeurant simplifiée par l’envie de retrouver le liant exceptionnel fabriqué au cours des apprentissages précédents.

Etrange que la moindre velléité à tenter de mâter l’intention suivie de près d’apparitions insoupçonnées déconcertantes.

Arrivée d’une chose bizarre sur le carré sélectionné :

-  JC : Vous y arrivez ?
-  R : mais ma pauvre, on ne sait même pas où on est, on risque pas de vous répondre !

si au moins on arrivait à modifier le carré !


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Le rapport à la vision subit un décalage omniprésent entre l’écran et l’outil sélectionné que nous voulons assujettir à notre idée pour la matérialiser.

Ce qui est surprenant c’est qu’en un laps de temps insignifiant, nous ayons retrouvé les éclats qui parsemaient de rires nos apprentissages.


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[1] Il s’agit de Photoshop Elements.



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Giney Ayme à Databaz


ce 24 avril 2010 à 20 h à Angoulême, pour y présenter avec "Écritures en extension" - une video-performance poétique, son travail de créateur et plasticien, avec un dispositif multimédia de Philippe Boisnard.

Une manifestation qui marque l’issue d’une résidence d’une semaine.

"A partir de simples gestes de travailleur (fendre du bois à la hache, découper du verre, écrire à la plume, scier, meuler, poncer..) réalisés en direct par Giney Ayme, et remixés par Philippe Boisnard selon un dispositif programmé multicaméra, un poème interactif se construira projetant la gestuelle humaine, source sonore et visuelle analogique, dans une réalité "augmentée". L’espace entier deviendra une métaphore vivante de l’acte même d’écrire. L’espace sera constitué comme des pôles de créations visuelles où chaque gestualité viendra emplir le film des gestes qui sera constitué sur plusieurs écrans. Entre arts plastiques, poésie visuelle, dispositif de musique concrète et art numérique, ce qui aura lieu sera à proprement parlé Ecritures en extensions.

Cette création sera présentée en novembre 2010 au cours du 23ème Frestival des INSTANTS VIDEO à Marseille.

Il s’agit d’un segment de la une quadruple exposition des oeuvres de Giney AYME : en octobre et novembre 2010 à Marseille, sur vol : (Galerie LA TRAVERSE ; La Compagnie, Les INSTANTS vVIDEO et l’Espace Culture de la ville de Marseille, sous le signe d’AVERROES)" d’après Databaz

Un programme intéressant à Marseille à l’automne qui pourrait motiver une sortie...

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Projection ensuite de videos-poésie de "le point sur le i," dont Gineys Aymes est directeur" - "l’une des plus belles collections de DVD d’art et de poésie" dit la présentation de Databaz - collection connue à Saint-Apollinaire-de-Rias où A.Strid était intervenue il y a quelques années.

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Un blog à consulter, celui d’Incidences , des vidéos à y voir et entendre

Merci aussi à Giney Ayme de nous avoir inscrit sur la liste de diffusion de [Databaz, centre d’art expérimental [littérature&arts numériques] !

Jacqueline Cimaz





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Trois journées diversement consacrées à l’image


ou (e)mergences au Lux :


Journée d’un excellent niveau le 11 pour les Tables rondes en collaboration avec l’Ecole Régionale des Beaux Arts de Valence.


Pratiques de lecture dans la culture numérique : contribution du design graphique.

Cette première table ronde se centre sur la question essentielle de la production et la diffusion des savoirs en ligne.


Après l’ouverture de Jacques Norigeon, Directeur des Beaux-Arts, une intervention de deux ex-élèves présentent un outil professionnel, puis ce sont les interventions très riches d’Alain Giffard et Marin Dacos, souvent lus sur le Net pour approfondir notre réflexion sur le livre numérique.

Alain Giffard cerne en peu de temps des problèmes essentiels sur la lecture et la cognition, posant la lecture non pas comme acte de lecture, mais comme exercice - technique de soi - demandant une attention soutenue. (cf les notions de lecture industrielle, lecture d’étude et l’article de skole).

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Un domaine qu’on aimerait approfondir - Quel rôle des médiations symboliques définies par Vygotski dans la lecture numérique ? Et, réciproquement, quel apport de cet exercice de la lecture numérique - lecture d’étude - à la constitution de nouvelles médiations symboliques ? Quels pratiques et outils cognitifs nouveaux ? Quelle lecture de l’image ? [1]

Et quelle transposition du "cumul du mode d’accès" - « culture de l’écran, mais aussi culture du livre" - de l’appréhension du texte à celle de l’image ? Après Barthes, Vygotski - et le Talyzina [2] - l’histoire de l’art - des arts, les confrontations, les ponts sur l’hétérogène (Nadj et Barcelo ? Kiefer, Celan, Bachmann ? Le Bertolucci du Conformiste ? Sophie Calle... Mathieu Barnett, Nam Goldin ? Pina Bausch et la vidéo ?) Un domaine où la réflexion sur la construction d’heuristiques et la transmission de l’expertise en est où ?

Il est regrettable qu’Alain Giffard, faute de temps, n’ait pas pu expliciter davantage son concept de lecture « expérience de soi » et la différence entre bonne et mauvaise « déconstructions » des Bibliothèques. [3]


Marin Dacos, lui, pose d’emblée le versant sociologique et critique - de la cession de l’intimité au risque d’un web à deux vitesses, en passant par l’asymètrie de l’ADSL, le primat de la lecture sur l’écriture, d’une lecture consommation sur une lecture d’étude et d’exercice de soi, d’une diffusion culturelle descendante sur une démarche articulant le descendant et l’ascendant. Il parle d’une guerre planétaire, démocratie contre industrie.


En conclusion, Alain Giffard constate qu’il est très rare qu’un média en éradique un autre. Personne ne peut dite ce que sera le devenir du livre... Il rappelle que la lecture silencieuse n’a commencé qu’aux 12 et 13èmes siècles.

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La table ronde de l’après-midi s’intéresse aux outils d’appropriation des textes, avec Yannick James, designer graphique, Pierre Cubaud, enseignant au Conservatoire des Arts et métiers et chercheur au Centre d’Etudes et de recherche en Informatique, intéressé par "les interactions fluides pour les Bibliothèques numérisées" et Florian Cramer, Directeur d’Etudes à Rotterdam - un débat modéré par Gilles Rouffineau.

Des apports très intéressants et une rectification par rapport à la notion d’"arts numériques" - remplacée par l’expression moment numérique des arts .


Où l’on nous confirme aussi, aux marges de la table ronde, que la question d’une reproduction ou production numérique des hologrammes n’est pas résolue à ce jour.


Nous n’avons pu rester à la conférence sur « L’effet Avatar ». Mais à l’intitulé de la question concernant le poids des effets numériques dans le succès du film, on pourrait ajouter "et celui de la structure du conte, du mélange du passé et du futur, de l’interrogation sur les origines, l’identité, de la quête de l’âge d’or"... Des différences et similitudes qui permettent la projection dans un micro monde où les valeurs humaines, peuvent s’imposer ?

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Le vendredi 12, rencontre avec trois artistes - Laurent Pernot, Bertrand Gadenne et Mylène Benoit

une table ronde animée par Nicolas Rosette, puis la visite guidée des trois expositions...


Bertrand Gadenne, des projections, très belles, et qui, par le décalage introduit, suscitent la réflexion, dans les rues de la ville. Une nouvelle approche de l’infini débat sur l’idée de Nature, Nature et culture ? Où arts, philosophie et poésie questionnent ensemble et se questionnent mutuellement, des Highlands aux murs du quartier en passant par la salle de jeux des enfants dont la souris blanche est devenue rat, sans potion magique, ou champignon croqué, juste par un travail approfondi de l’image aux confins de l’itératif et de l’aléatoire.

Une simplicité d’explication lorsqu’on évoque Ernest-Pignon-Ernest qui révèle la maîtrise dont elle relève...


Laurent Pernot où "désir" renvoie à la mélancolie du céleste. Variations sur les espaces et les temps au travers du travail de l’image - fixe ou non. Cette très belle superposition non cachée des photos de la mère et des aïeules où la « re-touche » laisse ses traces comme vague sur le sable. Intervention convoquée du spectateur invité à régler l’apparition/disparition de son vaisseau-fantôme, mais aussi, son degré de présence, de réalité. Danseur coupé/caché par le rideau, insinué, à peine dit. Et puis ce film de 7mn lumière au front de l’enfant comme parabole philosophique derrière le miroir... Du diaphane au noir et blanc, lumière diffuse, fond granuleux comme composé d’atomes antiques, quête des origines. Bref, des œuvres riches et denses, polysémiques.

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Mylène Benoit, l’exploration appliquée, insistante et exigeante de l’univers du jeu vidéo par la danse puis le film vidéo de la danse.

Un film révèle la démarche : l’immersion des danseurs dans les images, leur travail de recherche - individuel et collectif - puis le travail de création, et sa marge de liberté, à partir de là. Une vertu didactique de ce film qui permet de mieux appréhender la chorégraphie résultante.

Comme une étude, somme toute, qui restitue l’atmosphère parfois glauque du jeu vidéo, dépouillé de ses effets pour n’en montrer que ceux qui font interroger le traitement du/des corps par le jeu vidéo - et les incidences éventuelles sur la perception et la représentation du corps ? [4]


Nous n’avons malheureusement pu rester pour "Shirin" de Kiarostami, un film à voir à une autre occasion...




Samedi 13, « Nos usages des images, aujourd’hui et demain."


Plusieurs ateliers étaient proposés. Nous avons suivi la démonstration de prototypes « cross-media » et la table ronde en collaboration avec Imaginove, la cour des images et le Citia.


Une approche différente, celle de l’entreprise - qui veut accompagner face aux changements, favoriser les synergies inter-filières, l’innovation sous toutes ses formes.

Il est parfois un peu difficile pour les non-initiés, de s’y retrouver dans les diverses instances ou statuts ou organismes comme Folimage, Tanukis, Polo, Bayard, Réservoirs... La complexité interne de micromondes et de leurs relations externes. Un diagramme précisant liens, internes et externes, spécificités, apports mutuels, bref, une représentation systémique, aurait, semble-t-il, permis d’y voir plus clair.

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Un point intéressant du CITIA d’Annecy, reposant sur des études solides. Des renseignements instructifs.

Un état des lieux intéressant :
-  88% des 9-17 ans ont une console de jeux, 65% ont un mobile6 98% des 15-17ans.
-  L’utilisation des réseaux sociaux se développe rapidement.
-  Dès 2013 il devrait y avoir plus de connections à Internet par téléphone mobile que par ordinateur.
-  L’âge moyen des utilisateurs de jeux vidéos est de 32 ans...
-  Et l’utilisation simultanée de plusieurs écrans, se généralise très vite (D’où des cumuls de consultation de plus de 24h par jour...)
-  L’utilisation de ces divers medias peut être séparée, empilée ou croisée - cf le cross media dans lequel l’articulation des divers medias crée une dynamique propre. [5]
-  Un domaine émergent où les talents sont recherchés [6] et où les métiers n’existent pas encore et se définiront peu à peu.

A cet égard, importance du Festival de l’animation, à la fois vitrine et lieu de rencontres et d’échanges...


Des aspects intéressants mais la nécessité d’un débat et d’une écoute des utilisateurs qui ne peuvent que les enrichir.

La nécessité aussi de liens avec la recherche dont il aurait été nécessaire qu’ils puissent être soulignés :

-  liens qui tiennent compte des expériences passées et des recherches actuelles, y compris dans le domaine de la psychologie cognitive. Des questions comme celles de la construction des heuristiques, des conditions de leur création, de la transmission de l’expertise, de l’entretien d’explicitation, du travail d’équipe et de la régulation sociale, des lectures et écritures... n’intéresseraient-elles pas aussi l’entreprise ? Comme celle d’ailleurs de l’utilisation des logiciels libres ? La question latente aussi de la sélection ou de la promotion des talents...


La présentation de Polo, un film de Bayard Press et du site de l’éditeur, avec ses jeux ou supports interactifs, a apporté quelques réponses pratiques à des questions esquissées. Une analyse théorique des ces apports, rejoignant l’intervention d’Alain Giffard du jeudi aurait été féconde.

De plus, un lien aurait été fécond avec le propre passé du Lux d’une part, de la Poudrière de l’autre - le travail de J-R Girerd, pour « La prophétie des grenouilles », et autres réalisations, celui de Cox...

En somme des journées qu’il aurait été utile de pouvoir truffer d’hyperliens pour faire surgir, par-delà la juxtaposition d’interventions intéressantes, le sens d’un réseau complexe... A cet égard, un débat avec le public, comme cela avait été fait le premier jour, aurait été souhaitable.


En outre, la critique, émise par une intervenante, des enseignants et de l’école parait contradictoire avec la recherche d’un partenariat et désigne surtout -par delà des dysfonctionnements possibles- des faiblesses de l’approche théorique et/ou une connaissance insuffisante des objectifs des apprentissages scolaires, des B2i. L’appui sur la recherche universitaire parait indispensable pour établir des ponts entre le cross-media, le worshop pratiqué à l’école des Beaux-Arts de Valence, l’animation et les programmes scolaires...  [7]




Un régal le samedi soir, avec la sélection de courts métrages du Festival Pocket Films


Personnellement, j’avais eu l’occasion lors d’une réunion au Lux, d’assister à un présentation de courts-métrages réalisés avec des mobiles. Une révélation.

Mais là on découvre le chemin fait en deux ou trois ans, au niveau technique mais aussi artistique. La qualité des images, un certain flou assumé et utilisé... L’utilisation à de fins artistiques des limites de l’outil. Une dialectique bien maîtrisée. Des scenarii inédits, construits et innovants, comme pour Turbo-2088 ... ou "Les ongles" et sans doute beaucoup d’autres à voir sur ce site... le 1er prix, « Incident "

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Et pour terminer, une performance audiovidéo « Vektorkat » (Electro) et collectif Wood (VJ) » . Intéressant tant pour la musique que pour la vidéo qui conjugue - sur très grand écran - abstrait et figuratif pris comme image abstraite avec des correspondances, des clins d’œil et des accélérations fortes, que pour la parfaite synchronisation, effectuée en tant réel, entre musique et image.

Par ailleurs toutes les images sont créées, enchaînées, rien n’est aléatoire dans cette œuvre...

Bons débuts de pratiques émergentes...




En conclusion, des journées fructueuses, la richesse de l’intervention des Beaux-Arts, des universitaires et des artistes.

Si mes souvenirs sont exacts, les trois jours de "La preuve par l’image" en 2002, avaient aussi constitué un ensemble, mais avec des liens explicités d’une journée à l’autre.

Des Actes vont être publiés et c’est bien. Il est dommage que l’immense richesse de la première journée n’ait pas fécondé par une brève synthèse en début de journée et quelques rappels occasionnels, la réflexion de la seconde, que les apports des deux premières n’aient pas irrigué la troisième.

Diversité des pratiques et des niches d’utilisation certes, mais spécificité de ce moment du numérique dans ce qu’il a d’inédit, ce qui se dessine et l’imprévisible de ce qui peut advenir... Par ailleurs, n’en est-on pas à établir ponts et passages entre domaines hétérogènes ?

Le besoin d’une synthèse...

pour le groupe, Jacqueline Cimaz
-  Ont participé à ces journées, pour la Bibliothèque Municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias, Jacqueline et Michel Cimaz, Fatima Mana [8]


NB. Aux marges de la première journée, avec l’école des Beaux-Arts, Cela étant, , un site à découvrir indiqué par Alexis Chazard.



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[1] dont il ne s’est pas fait d’approche cognitive dans les jours qui ont suivi, alors que notre expérience montre l’importance de la place occupée, la relative richesse de pratiques spontanées dans un domaine qui semble en friche, comme si la réflexion et la mise en place d’apprentissages n’étaient pas envisagées.

[2] « De l’enseignement programmé à la programmation de la connaissance ». PUF de Lille, 1980 ?

[3] S’il en a le temps et que nous en ayons les moyens, faire venir Alain Giffard une journée en Ardèche ?

[4] Verriez-vous une baigneuse d’Ingres en héroine de jeu vidéo ? Ou une femme de Rubens ?

[5] et un champ intéressant de recherches.

[6] recherchés ? Et l’amont ?

[7] Les IUFM ont sans doute, effectivement, quelques difficultés. De là à ce qu’il ne reste plus rien des travaux effectués à Privas ou Valence - au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire 2002-2003, sinon depuis, cela parait peu probable... Et qu’il n’y ait plus d’effets chez les enseignants de ces formations ? A moins que les problèmes soient posés différemment, à des niveaux différents et suivant des points de vue différents ? Il faudrait peut-être situer "Polo" - livre et site- par rapport aux dernières réflexions sur le livre numérique - et non numérisé (homothétique) - et aux réflexions prospectives quant aux évolutions du livre et de la lecture (cf Kaplan) pour que les enseignants voient ses aspects innovants en ce domaine et le profit pédagogique qu’ils peuvent en tirer. (On peut aussi utiliser Polo comme n’importe quel album, et même inculquer quelques savoir-faire techniques, sans pour cela avancer vraiment dans la lecture, l’écriture et la culture numériques...)

[8] également membres des associations Les Rias et Ecran Village.



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(e)mergences


-   Images numériques, écrans multiples


du 11 au 13 mars, au Lux (Scène nationale).


Un programme très riche. Nous avons particulièrement retenu les tables rondes :

-  Jeudi 11, de 10 à 17h : pratiques de lecture dans la culture numérique : contribution du design graphique (Tables rondes en collaboration avec l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Valence)


"Les technologies numériques sont des technologies d’écriture. En tant que telles, elles constituent, comme l’invention de l’écriture elle-même il y a 5000 ans, une extension sans précédent [...] de nos possibilités cognitives".

L’approche par le design nous parait de nature à torsader expérience esthétique et approches scientifique et techniques.



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-  vendredi 12 mars de 14 à 17h30 :
-  artistes et images numériques : l’image en dehors de l’écran.

"L’image est désormais considérée, et notamment en terme de représentation cognitive, comme une sorte de voile, de calque qui se superpose sur le regard."


De 17h30 à 19h : visites commentées des oeuvres par les artistes


-  Samedi 13 mars de 16 à 19h : "nos usages des images, aujourd’hui et demain"


Divers choix, tous intéressants, dont la démonstration de prototypes, "le téléphone portable est-il l’avenir du cinéma ?", "Les acteurs inconscients"... [1], une sélection de courts-métrages du Festival Pocket Films...


-  De 18 à 22h : "Cultures électroniques et (r)évolutions technologiques : les nouvelles interactions de l’image et du son.

-  18-20h30 : Atelier initiation et découverte du Vjing et Musique assistée par ordinateur.

-  21h Performance audiovidéo "Vektorkat (Electro) et collectif Wood (Vj)"



Un programme qui rejoint nombre de nos préoccupations à la charnière de l’artistique et du numérique - et l’image.


Jacqueline Cimaz


Co-voiturage possible (tel 0475844725), possibilité d’hébergement éventuel sur le plateau pour qui viendrait d’un peu plus loin...


Inscriptions souhaitées très rapidement.





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[1] préparation recommandée sur www.quidam.fr/films

La nécessité d’une particularité


Dans le flot des permanences, celle de mardi fut presque en tous points aussi familière que la précédente avec des habitués qui ont fluctué entre livres et espace numérique.

Jeudi dernier, Fanny entamait sa curiosité avec l’idée de faire des cartes de voeux mais les heures se sont achevées en emportant son projet.

Et puis la voilà qui, d’entrée, s’installe, s’attelle et s’attaque au travail précédent, sort ses fragments à l’écran, les commente puis rentre de plein-pied dans son projet.

Elle défait les opacités qui la dérangent, porte de l’été dans ses yeux, enroule et mêle les transparences aux intensités, danse, fait des entre-chats avec les ellipses, tente à l’endroit de l’envers d’insérer une forme, l’attrape au lasso.

Sort de sa tête des idées bouillonnantes, les brouillonne d’images, revient à l’initiale, écrit des voeux dans l’eau numérique.

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Les recherches retrouvées de Fanny. Un sens certain de l’équilibre et de la composition. Des débuts des plus prometteurs.


Cette année c’est Fanny, 10 ans, qui d’une simple envie d’apprendre, empile sa volonté dans le concret. Aux portes de la nouvelle année, elle la découpe aux rythmes des courants qui déjà l’entraînent sur d’autres découvertes.

La carte de voeux envoyée aux adhérents et à tous ceux qui fabriquent la vie du lieu municipal, construite à l’heure basse d’une année qui s’achève est le faire ensemble à l’affût constant d’une action partagée

Jacqueline, juste à côté, attrape ses difficultés, les envoie paître d’un mot au bout du clic, dissipe l’hésitation, dilue l’impossible, tranche au coupe-coupe la difficulté afin de laisser suffisamment d’espace à sa libre avancée.

La bibliothèque/EPN de Saint Apollinaire de Rias est un tout de petits riens qui traverse des collines à l’adret du savoir, propose des connaissances à sa disposition au monde qui en a simplement envie.

Il suffit de venir les décrocher et d’aller.

Fatima Mana

NB. Fanny est quand même repartie avec les "Feuilles de position B2i" (Brevet informatique et Internet scolaire), école et collège que lui avait tirées Jacqueline... Les a regardées rapidement et trouvées " faciles "...





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Activités de vacances ou Pokémons et Adobe Photoshop Elements.


7 et 10 ans, et un ordinateur. Un niveau d’expertise certain pour aller chercher ce qui les intéresse sur le NET.

Photoshop Elements ? Dessiner ? Travailler l’image ?

Les Pokémons, bien sûr c’est évident !

En quelques heures sur 2 jours on découvre les filtres, les calques - de réglage et de remplissage, et les menus contextuels, et le maniement de l’opacité et de la baguette magique, les lassos, les sélections, leur transport...

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Manon, 7 ans 1/2


Bref on s’approprie l’image en la transformant, puis en allant y chercher un protagoniste pour le mettre dans une autre image.

Si Manon décolorie pour recolorier à sa façon, Bastien se fait prendre en photo, met la carte dans l’ordi, va chercher l’image, la détoure, et saute à pieds joints dans le coffre et se met à la taille... Ensuite, se balancera au bout d’une corde - photo puis efface la corde...

Tant qu’à faire change aussi le fond d’écran, apprend à réduire l’image avec "enregistrer pour le web" et l’envoie en document joint...

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Bastien, 10 ans


Du faire certes ET DE NOUVELLES COMPETENCES en LECTURE d’IMAGES.


Ce jeudi, veille de Noel, c’est Fanny, 10 ans, qui vient en Bibliothèque pour aborder le travail de l’image. Elle devrait venir aussi mardi.

D’autres peuvent également nous rejoindre ! [1]

J.Cimaz




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[1] C’est gratuit et on aime... Simplement, pour le nombre d’appareils, il est prudent de téléphoner au préalable au 0475844725

Nos adhérents et amis s’exposent


Aux marges de l’exposition de tableaux et objets d’artisanat d’art de Magali Ruiz et Mathieu Courtial, doivent être exposées au temple des Baraques, des réalisations numériques de Florian Veydarier et de finalistes du BB2i Adultes.

Un moyen de valoriser le travail effectué, de montrer les ressources des outils, de mutualiser les recherches et d’ouvrir des perspectives...

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Un prolongement qui a du sens et prolonge l’analyse effectuée de l’expérimentation...

Quelque chose aussi qui peut s’inscrire dans le projet de création de livres numériques...

Et une certaine façon de préparer le stage photos d’Arles ?

Bref, une évidence...

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Quand le travail de Magali et Mathieu, s’il n’est pas numérique, utilise des sachets de thé comme pixels et joue sur les transparences...


Jacqueline Cimaz





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L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale :

une forme de Résistance.

Un texte écrit par quatre collégiens du collège du Vivarais à Lamastre qui ont conduit enquêtes et recherches de documents avec l’aide du documentaliste du collège, Michel Aguettaz, historien de formation.




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L’AIDE AUX PERSONNES PERSECUTEES


ET POURCHASSEES


EN FRANCE






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PENDANT LA SECONDE


GUERRE MONDIALE :


UNE FORME DE


RESISTANCE






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Dossier présenté par :

Etienne Barthélémy

Erwan Delanoé

Ludwig Mourier

Raphaël Raunicher





Collège du Vivarais, 9, route de Tournon, 07270 Lamastre







Sommaire :


-  Remerciements

-  L’aide aux personnes persécutées

-  L’aide aux personnes persécutées en Ardèche : un exemple Lamastre et ses environs -Les enfants Wertheimer : un sauvetage in extremis -Mimi et Rosa -Betty et Eugénie

-  L’aide médicale -Le docteur Elysée Charra

-  L’aide aux réfractaires au S.T.O. et aux maquisards

-  Conclusion

-  Sources






Remerciements

Nous tenons à remercier vivement toutes les personnes qui ont bien voulu nous apporter leur aide dans ce travail.

-Madame Muriel Beraha, pour son témoignage sur son séjour à Lamastre chez la famille Ranc -Monsieur Bernard et le musée de Désaignes qui nous ont accueillis et prêté des documents -Monsieur Carthaut-Brunel pour tous les documents qu’il nous a confiés concernant Madame Eugénie Brunel - Monsieur Raoul Galataud pour son témoignage sur son séjour hospitalier à Lamastre en 1943 - Madame Betty Prins-Hyatt pour son témoignage sur son séjour à Gilhoc chez Madame Eugénie Brunel - Monsieur Georges Ranc pour son témoignage et les photographies qu’ils nous a confiées - Monsieur Gilbert Sauvant pour son témoignage

- L’association Les Rias, et tout particulièrement Mesdames Cimaz et Beraud-Williams, pour les documents qui ont été mis à notre disposition.


Sans les témoignages et les documents que toutes ses personnes ont bien voulu nous confier ce dossier n’aurait pu être réalisé.






L’aide aux personnes pourchassées en Ardèche : un exemple Lamastre et ses environs


La première rafle en France concernant des Juifs date du 14 avril 1942. Ils furent internés à Drancy avant leur déportation dans les camps. Quand les rafles ont commencé des Israélites étaient en relation avec d’autres personnes en particulier dans le cadre de leur travail. Il est arrivé alors que ces Juifs furent cachés par ces mêmes personnes avec lesquelles elles étaient en contact.

Gilbert Sauvant, que nous avons rencontré à Cléon d’Andran le samedi 26 janvier 2008, nous a donné l’exemple de la famille Rotchild qui trouva refuge dans la Drôme en 1942 :

« Mon beau-père vendait des tracteurs Austin en provenance d’Oise. Il était en relation d’affaires avec Monsieur Rotchild. Quand a été instauré le statut du Juif, M. Rotchild et sa famille se sont d’abord cachés en Ardèche, mais ils n’étaient pas content et ils ont demandé a mon beau-père de les faire venir a Cléon d’Andran. M. Rotchild a été ensuite arrêté a Cléon d’Andran sur dénonciation par la Gestapo, après s’être défendu et battu avec les gestapistes venus l’arrêter. Il a été amené à Montluc, puis à Auschwitz d’où il n’est jamais revenu. Ce qui est étonnant pour cette période, c’est que la femme et le frère de Mr Rotchild, qui étaient là, n’ont pas été arrêtés par la gestapo. »


L’aide apportée aux Juifs dans la région de Lamastre

Contrairement à la famille Rotchild, beaucoup de Juifs n’avaient pas de connaissances dans les zones de campagne. Ils vinrent s’y installer parce qu’elles offraient des possibilités de refuge bien supérieures aux villes. Les dangers restaient pourtant bien réels et sans l’aide de certains habitant il leur aurait été impossible d’échapper aux arrestations.

La région de Lamastre accueillit un certain nombre de personnes qui cherchaient à échapper aux polices allemandes et aussi française. Monsieur Bernard, qui a mis en place au musée de Désaignes l’exposition consacrée à la Deuxième Guerre Mondiale, a recensé plus de trente personnes hébergées dans Lamastre et ses environs. On peut citer entre autres :

-  La famille Prins avec ses deux enfants. Nous verrons plus loin le destin de Betty Prins et de son petit frère.

-  Henri Spendorf, 10 ans confié par son père au Pasteur Henri Minsen de Lamastre.

-  M. Lévy, caché chez les Chaudier, à la ferme des Bouchettes, près de Nozière.

-  Esther Charrack, 12 ou 13 ans, cachée chez la diaconesse de La Pras.


Ces familles vinrent ici de différentes manières.

Certaines arrivèrent plus ou moins par leurs propres moyens. Ce fut le cas de la famille Klein, avec ses deux enfants, venue à Lamastre par contact avec Edouard Chambron, menuisier route de Vernoux, et hébergée chez Mme Blanc, habitant route de Vernoux. Ce fut le cas également de Gérald Levy qui par l’intermédiaire du Dr Elysée Charra put à la fin 1942 cacher à Désaignes, à l’hôtel Ranc, sa mère à demi aveugle et sa nièce Muriel.

D’autres parvinrent dans le secteur grâce à des réseaux qui convoyaient des personnes jusque dans des familles prêtes à accueillir des personnes en danger.

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Madame et Monsieur Picot

devant leur maison.

Ils reçurent la médaille des Justes en 1998, à titre posthume.

Document du musée de Désaignes




Ainsi des réseaux protestants utilisant à la fois des structures officielles, comme la CIMADE (Comité Inter-Mouvement Auprès Des Evacués,) ou l’Armée du Salut, et des organisations clandestines permirent à un grand nombre de personnes de se réfugier sur le plateau ardéchois.

L’exemple du Chambon-sur-Lignon a été le plus médiatisé mais on ne doit pas oublier que les secteurs voisins participèrent à cette action. Ainsi le grand Rabin de France, Isaie Schwartz a été caché, avec l’aide du pasteur Estoppey, chez Edouard et Judith Picot à Intres.


La sécurité dans les campagnes n’était pas totale, loin de là. Ainsi la chasse aux Juifs fut organisée jusque dans cette région alors assez isolée. La Gestapo, avec la collaboration de la gendarmerie et grâce aussi à des dénonciations, vint à Lamastre à plusieurs reprises pour arrêter des personnes juives.

Le 9 avril 1943 par exemple, Lucien Schloss, ancien officier de guerre 14/18 a été arrêté dans sa chambre a l’hôtel du Commerce par deux gestapistes venus directement à l’hôtel, donc renseignés.

Le 13 avril 1944, l’opération est de plus grande envergure : Iso Gory, Roger et Dyna Maous, Berte et Roger Kaufman, André Mosse, Françoise Moise, Aziel Abrami sont arrêtés route de Vernoux.

Dans l’urgence de ces terribles circonstances l’aide aux personnes pourchassées s’est manifestée et permit de sauver plusieurs personnes, en particulier des enfants.


Voici trois exemples de ces sauvetages pour montrer toute la diversité des secours apportés.


Les enfants Wertheimer : Un sauvetage in extremis.


Yvonne Wertheimer a été arrêtée le 29 Novembre 1943 à 10 heures, par trois Allemands, dans sa maison louée place des Jardins, à Lamastre.

Les Allemands, un sous-officier et un soldat, sont ensuite allés à l’école pour chercher ses deux enfants, âgés de sept et neuf ans.

Ils se sont d’abord rendus dans la salle du directeur, qui les a retenus un bon moment. Pendant ce temps, Pierre Rey, l’instituteur des deux enfants leur a dit de passer dans la salle voisine, celle de Mr Berthier et de gagner ensuite le grenier de l’école. Des élèves, Marinette Chodoreille et Marinette Mandon, cachèrent toutes deux les sacs de leurs camarades Juifs avant que les allemands arrivent dans la classe.

M. et Mme Mazabrat, tous deux instituteurs, firent amener par Maurice Bouit et la Capitaine Corée de l’Armée du Salut les deux enfants chez Aristide Chalamet, résistant notoire, domicilié rue Olivier de Serre.

De là, Aristide fit prévenir par un certain « Milou » Guy Dürrenmatt et son ami « Pateux », livreur de lait, qui réquisitionnèrent les deux premiers vélos venus et foncèrent rue Olivier de Serre.

Pendant ce temps-là, les Allemands furieux interrogeaient le maître qui déclara qu’il n’avait pas vu les enfants depuis deux jours et les élèves ne le contredirent pas, même sous la menace ( le fils d’un gendarme collaborateur ne pipa mot lui non plus).

Guy et Pâteux, eux, pédalèrent sur la route du Cheylard, dans la crainte d’entendre le bruit des moteurs et arrivèrent sans encombre à La Pras, à la ferme de Charles Saignol, un des animateurs de la Résistance locale. La ferme Saignol fut un lieu de refuge pour beaucoup de personnes. Là, Geneviève Saignol, la fille de Charles, a soigné et réconforté les enfants.



Mimi et Rosa

Mr Gérard Lévy est arrivé à Désaignes, village situé à quelques kilomètres de Lamastre, par l’intermédiaire du Dr Élysée Charra, où la famille Ranc lui trouva une maison pour sa mère à demi aveugle et pour sa nièce de trois ans, Muriel Weil, dont la maman venait d’être déportée.

« Fin 1942, je suis arrivé à Lamastre chez Monsieur le Docteur Charra, dont l’adresse m’avait été communiquée par mon beau-frère afin de lui demander, soit d’entrer dans les FFI, soit de me trouver un lieu pour sauver ma famille. » a écrit Gérard Levy dans une lettre dactylographiée que nous avons trouvée au musée de Désaignes.

Pour des raisons de sécurité, la menace d‘une rafle à Lamastre étant imminente, la petite Muriel est envoyée par Suzanne Ranc chez sa cousine Rosa à Chamau, petit hameau isolé sur les hauteurs de Lamastre.

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Georges, le fils de Rosa, que nous avons rencontré à Chamau le 15 janviers 2008 nous a dit :

« J’avais de la Famille à Désaignes qui ne pouvait s’occuper de l’enfant qui leur avait été confié et que l’on a fait venir chez nous parce que cela se prêtait mieux à ce genre de camouflage. »


Dans le livre « Enfance Cachée » paru chez Ramsay en 2005, Muriel Weil témoigne : « C’est au péril de sa vie que Rosa m’a accueillie. On ne sait ce qui aurait pu m’arriver si elle n’avait accompli ce geste. Elle a été merveilleuse de dévouement. D’autant qu’il dépassait ma modeste personne puisque d’autres enfants juifs sont passés, trouvant ainsi un refuge inespéré ».


(JPG) Muriel, dit Mimi, restera jusqu’à la fin de la guerre chez les Ranc. Il était difficile de cacher sa véritable identité aux élèves de la classe.

A ce sujet, Georges Ranc nous raconte : « Je pense que les problèmes ont vraiment commencé quand les gosses ont grandi et se sont retrouvés en contact avec des gens qui voulaient savoir (...) »

Rosa ayant expliqué à Georges qu’il devait dire que Mimi était une « cousine », aucune imprudence ne fût commise et les Ranc ne furent jamais arrêtés ni soupçonnés.

Mimi et Georges (âgé de 4 ans lors des faits), compagnons de jeux de l’époque, se revoient de temps à autres (une fois par an) pour ne pas oublier le passé .

Rosa et Henri Ranc sont morts tous les deux en février 2002. En 2000, Rosa s’était vue décerner le titre de Juste des Nations.

Georges vit toujours à Chamau et est aujourd’hui âgé de 72 ans.

Rosa fut une femme vraiment remarquable. Elle avait en effet un courage extraordinaire puisqu’elle était alors seule pour tenir sa ferme, son mari Henri étant prisonnier en Allemagne, d’où il ne rentra qu’en 1945.

Elle vivait avec ses beaux parents déjà âgés et son petit garçon Georges, 4ans. Pourtant elle n’a pas hésité à accueillir Muriel mais aussi d’autres enfants Juifs que les réseaux protestants firent séjourner temporairement dans sa ferme. Leur nombre et leurs identités nous sont restés inconnus. Les règles de sécurité étaient strictes et Georges Ranc, notre témoin, était trop jeune à l’époque pour s’en souvenir avec précision.

Seule une photographie et des remerciements signée de Jacqueline laissent une trace de ces séjours clandestins qui sauvèrent des vies.


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Cet accueil représentait déjà de gros risques mais Rosa s’engagea encore plus loin dans son action de Résistance. Elle accueillit pendant plusieurs mois deux réfractaires au S.T.O. originaires de Lamastre qui couchèrent dans la grange.

Elle a même offert le refuge au Pasteur André Trocmé, l’un des organisateurs de l’aide aux Juifs sur le plateau ardéchois, recherché par la Gestapo.

Tout cela malgré les risques encourus, malgré la pénurie matérielle et malgré sa solitude et le travail qu’elle devait effectuer en grande partie seule.


En récompense de son courage exceptionnel et de son attitude exemplaire, Rosa a reçu la Médaille des Justes, un titre honorifique décerné par Yad Vashem.




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Une jeune fille

qui

séjourna

quelques temps

à Chamau

et qui envoya cette photo,

prise dans la Drôme (à Chateaudouble)

en décembre 1943,

avec un mot de remerciement

pour Rosa.

D’elle nous ne connaissons que son prénom : Jacqueline.

Collection Georges Ranc





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Le pasteur Trocmé et son épouse.


Au dos de la photo on peut lire :


« En souvenir de septembre et octobre 1943 »

Signé Magda et André Trocmé

Collection Georges Ranc




Le pasteur André Trocmé est né le 7 avril 1901. sa mère étant allemande, il avait très tôt compris l’idéologie nazie et ses dangers. Nommé pasteur au Chambon-sur-Lignon il s’engagea rapidement dans le soutien aux Juifs comme le firent de nombreux habitants du plateau. Il travailla avec Charles Guillon, maire du Chambon, le pasteur Theis, directeur du collège cévenol, Roger Darcirac, le directeur de l’école publique.

Lorsque le préfet annonça au pasteur Trocmé un recensement des Juifs sur le plateau du Lignon, il répondit « Nous ignorons ce qu’est un Juif, nous ne connaissons que des hommes.  »

Arrêté en 1943, il refusa de signer un papier d’allégeance à Pétain. Après cette arrestation il fut interné 28 jours au camps de Saint-Paul d’Eyjeaux. Libéré, il dut redoubler de prudence et c’est dans ces circonstances qu’il vint se cacher à Chamau.


Georges nous raconte : « Il a fallu qu’il cherche une planque et comme il avait le contact avec notre famille pour les enfants, il a demandé si on pouvait lui procurer un petit logement, mais très modeste ; il n’y avait pas grand confort. Ca lui permettait d’être plus en sécurité [...] Il ne sortait pas en dehors de la nuit , il ne s’exposait pas dans la journée [...] Moi j’étais gosse, je peux pas dire que j’ai vu d’autres personnes venir mais ça pouvait bien se passer en dehors de la vue des enfants... »



Betty et Eugénie

Eugénie Brunel est née le 29 août 1899. Elle obtint son diplôme de sage-femme en 1923, à la faculté de médecine de Lyon.


Elle parcourait Lamastre et ses environs à pied et à vélo jusqu’en 1930 où elle obtint son permis de conduire et acheta une « 5 cv Peugeot ».



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Eugénie Brunel dans sa 5 cv avec laquelle elle transporta des Maquisards

Collection Monsieur Carthaud-Brunel






En 1940, elle vit arriver une famille juive, les Samuel, originaire de Strasbourg. Mme Brunel mère étant épicière a Gilhoc, Eugénie cacha la mère (qui paraissait non-voyante) et ses trois enfants, Ernest, Marcel et Alice, dans les combles de l’épicerie maternelle.

Ils travaillaient « au noir » chez des paysans, en échange du repas de midi et de légumes gratuits.


Betty Prins-Hyatt et sa famille avaient fui la Hollande occupée lorsqu’ils se retrouvèrent à Lamastre.

En ce lieu, le père et le grand-père, inscrits sur le registre des personnes juives de la gendarmerie, comme l’exigeait la loi, furent déportés. Le papa de Betty mourut à Auschwitz et le grand-père dans le train qui l’emmenait aux camps de concentration.

La mère et la grand-mère réussirent à prendre la fuite avec Betty, 6 ans et son petit frère Freddy, âgé d’environ 4 ans.

Nous avons pris contact avec Betty, qui habite aujourd’hui Los Angeles. À ce sujet, elle nous écrit :

« Le Maquis décida qu‘il était temps pour mon frère, ma grand-mère et moi d’aller immédiatement nous cacher. Des arrangements furent pris pour les enfants pour qu’ils soient évacués par deux personnes de l’Armée du Salut (un homme, une femme) sur des bicyclettes pendant la nuit, et ils nous emmenèrent dans une ferme dans les montagnes. Là, nous rejoignîmes ma mère et ma grand mère.





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Le permis de circulation d’Eugénie Brunel


Collection Monsieur Carthaud-Brunel





Plus tard, nous fûmes hébergés dans une ferme abandonnée située dans les montagnes juste au-dessus de Gilhoc. » Betty fut confiée à Eugénie qui faisait partie de la Résistance et avait comme rôle de soigner les maquisards blessés.

Betty nous a dit par courrier :

« Eugénie Brunel était impliquée avec le Maquis et a été chargée de garder un œil sur nous. Madame Brunel m’aimait bien, et elle m’a pris chez elle à Gilhoc.

Je devais juste attendre pour aller à l’école que cela soit possible de le faire en toute sécurité.

J’étais connue au village comme étant la cousine d’Eugénie Brunel venant de Paris pour vivre avec elle. Mon faux nom était Bertha Lambert (...) ».


Eugénie continuait ses actions clandestines. Elle participa par exemple à la réception d’un parachutage sur la commune de Gilhoc. Lorsqu’elle entendit sur Radio Londres le mot de passe convenu : « Gilles à la gale », elle prévint Monsieur Bouvier et ils attendirent ensemble un parachutage de 17 conteneurs à l’intention de son maquis.


Dans une lettre à la Société des Justes en 1975, Betty écrivit :

« Mlle Brunel a pourvu à tous mes besoins : nourriture, vêtements, et abri, et peut-être le plus important soutien moral, elle m’a aussi donné la possibilité d’aller à l’école et par conséquent de mener une vie aussi normale que possible pendant cette époque turbulente (...) Mlle Brunel savait où se cachait ma mère, mon frère et ma grand-mère et a aidé à les protéger en les surveillant de près. »


Un jour, un officier de la Résistance, traqué par la gestapo, vint se cacher chez elles.

Eugénie dit alors à Betty : « C’est très important Betty, il ne faut parler à personne de cet homme, surtout pas aux petites filles de ta classe »

Betty s’immobilisa devant Eugénie, la regarda dans les yeux et fit “oui“ de la tête. Edmond Plantier resta longtemps chez Eugénie, et personne ne sut jamais qu’il s’était caché ici.

(JPG) Betty, dans la même lettre adressée a la Société des Justes, soulève un point intéressant, l’endoctrinement de certains enfants par leurs sauveurs.

« À la fin de la guerre, j’ai été mise dans un camp américain pour enfants déplacés. Là, à ma surprise, j’ai trouvé que beaucoup d’enfants avaient été endoctrinés dans plusieurs formes de religions chrétiennes.

Ceci m’a donné encore plus de respect et d’estime pour Mlle Brunel, du fait qu’elle n’a jamais essayé de m’exposer à sa propre religion ; quoique depuis, j’ai eu l’occasion d’apprendre qu’elle est une personne avec des sentiments religieux très profonds. »




Les trois exemples de ces enfants qui échappèrent aux mains des Nazis permettent de voir que, dans ces sauvetages, la résistance organisée joua un rôle important mais que ce furent des réactions spontanées qui les déclenchèrent comme celle des instituteurs de Lamastre qui firent s’échapper les enfants Wertheimer avant qu’ils soient pris en charge par des résistants.

Ils montrent également qu’il fallut que des chaînes de solidarité se mettent en place, rassemblant de nombreuses personnes, pour que les sauvetages réussissent.









L’AIDE AUX REFRACTAIRES ET AUX MAQUISARDS


LE STO


En février 1943 le gouvernement de Vichy franchit un pas supplémentaire dans la collaboration en mettant en place le Service du Travail Obligatoire (STO). Les hommes nés en 1920,1921 et 1922 devaient partir travailler en Allemagne pour deux ans.

Cette mesure qui concernait des milliers de jeunes fut tout de suite très impopulaire. Livrés au choix de partir ou de se cacher, beaucoup partirent en Allemagne, mais certains résistèrent et refusèrent leur départ. Ils devinrent les réfractaires au STO.


Beaucoup de personnes décidèrent d’apporter leur aide à ces réfractaires. Les mouvements de résistance furent les premiers à organiser leur fuite mais il y eut aussi beaucoup d’aides spontanées et souvent les deux formes d’aide se complétèrent. Une partie de ces réfractaires décida de rallier la résistance active et rejoignit les maquis.




LES REFRACTAIRES ET LES MAQUIS


En Ardèche, 6650 hommes furent recensés. Sur ce chiffre 2100 partirent, 2200 furent réformés ou exemptés, 2330 furent réfractaires (chiffres donnés par Montagnes ardéchoises dans la guerre, tome 2, p. 69).

En avril et mai 1944, 179 départs de travailleurs pour l’Allemagne étaient prévus et seulement 11 hommes partirent.


On le voit, un très grand nombre de jeunes échappèrent au STO mais cela demanda l’aide d’un grand nombre de personnes.

Tout d’abord, il y eut de l’aide dans l’administration même chargée de la mise en place du STO.

Des jeunes sont, par exemple, classés dans des professions exemptées. Les cultivateurs n’étant pas concernés par le STO, beaucoup de jeunes deviennent paysans grâce à certains fonctionnaires, comme Marcel Champanhet.

Parfois, comme au Cheylard ou à Saint-Agrève, les listes de recensement furent détruites.

Il y a aussi , comme on l’a vu, des médecins qui jouent un grand rôle en déclarant inaptes beaucoup d’hommes.

Parfois des manifestations sont organisées. Ce fut le cas à Saint-Sauveur de Montagut le 4 mars 1943 où plusieurs manifestants furent arrêtés.

Pour tous ceux qui ne purent pas bénéficier de cette forme d’aide, il fallut agir car les autorités françaises organisèrent la chasse contre les réfractaires.

Tous ces réfractaires au Service du Travail Obligatoire ne pouvaient plus rentrer chez eux, étant recherchés par les forces de l’ordre françaises. Certains purent aller se cacher chez des agriculteurs qu’ils connaissaient. On a vu par exemple que Rosa Ranc accueillit deux réfractaires originaires de Lamastre.

D’autres, ne sachant pas où se réfugier, choisirent de rentrer dans des maquis et de s’engager dans le résistance active. Des filières les y aidaient.

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La convocation pour la Relève de Monsieur Robert Combe, habitant Lamastre, en janvier 1943. La Relève avait été mise en place avant le STO pour envoyer des ouvriers en Allemagne. De nombreux ouvriers tentèrent d’y échapper. Monsieur Combe prit le maquis.
-  Neveu de Charles Saignol, il se cacha à Saint-Basile puis s’engagea dans une compagnie de l’Armée Secrète.

-  Document fourni par l’association Les Rias





Par exemple il en existait une qui passait par Grozon pour envoyer les réfractaires de Valence sur le Chambon-sur-Lignon. Cette filière fut dénoncée par la légion des combattants de Lamastre et l’instituteur de St-Barthélémy-le-Pin et un agriculteur furent arrêtés.

Mais cette importante arrivée de jeunes dans les maquis engendra de gros problèmes. L’approvisionnement en nourriture, en vêtements, et le problème du logement furent des problèmes permanents.

Gilbert Sauvant, président de la fédération Drôme-Ardèche des déportés et fusillés, nous a confié lors de notre interview, qu’il dormait dans une bergerie en juillet 1944 avec des officiers français parachutés depuis Alger. Ils se ravitaillaient dans les fermes voisines. Une autre ferme les accueillit. Ils étaient aussi nourris par les voisins qui les aidaient même à l’occasion.

Ce témoignage illustre plusieurs aides spontanées nécessaires à la survie des réfractaires.

Ces aides spontanées viennent d’un grand nombre de personnes, de situations variées

Près de Lamastre, sur la commune de Saint-Basile, Charles Saignol accueille un grand nombre d’illégaux : des réfractaires au STO, des Juifs, des résistants. Il est en contact avec Edmond Lespet qui réceptionne et dirige les personnes en fuite sur des fermes amies.

Pour que tout cela fonctionne, il faut de nombreuses complicités. Louis Ducros dans son livre cite Boissy, boulanger à Lamastre, Edouard Roux, Rosa Blanc ( peut être s’agit-il de Rosa Ranc ?), Dorne, à Désaignes Elie Ruel, Paul Agier, Dejours, Ferdinand Faugeron, à St Jean Roure, Mandon, Jean Fay, à la Batie d’Andaure, Chambron, et sans doute manque-t-il un grand nombre de noms.



Charles Saignol créa un petit maquis à la Grangette en juin 1943.

Un autre maquis avait été créé dès la fin 1942 à La Cula, dans les gorges du Doux, près d’Etables. Il fut organisé par Henri Vuillemin, résistant venu de Montbéliard, dans une petite ferme appartenant au propriétaire du cinéma Palace à Valence.

Il devint très vite un maquis refuge. Là aussi les fermes voisines apportèrent de l’aide. Les familles Chieze, Delhomme, les habitants des hameaux de Couix, Subilla etc...

Le secrétaire de mairie d’Etables échangeait les tickets d’alimentation. Le gendarme Capion, de Tournon qui appartenait à Combat, prévenait régulièrement Henri Vuillemin des patrouilles que la gendarmerie envoyait à La Cula suite à des indiscrétions.


Pour les fugitifs il fallait également des faux papiers. Là encore, des fonctionnaires, des maires ou des employés de mairie apportèrent leur aide comme à la sous-préfecture de Tournon, à Désaignes ou encore à Saint-Jeure d’Andaure, Saint-Bazile et Nozières ou les instituteurs sont également les secrétaires de mairie. Ainsi on le voit, comme dans les deux autres chapitres, c’est l’existence d’une résitance organisée additionnée à des dizaines de bonnes volontés qui aidèrent les résistants pourchassés.

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Fausse carte de Monsieur Chambron Fernand de Désaignes. Document fourni par le musée de Désaignes

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Deux fausses cartes d’identité de Monsieur Robert Combe. Document fournis par l’association Les Rias.







L’AIDE MEDICALE


L’aide médicale dans la Résistance fut une aide capitale. Elle prit une grande importance au moment de la mise en place du STO car de nombreux médecins firent des certificats médicaux de complaisance pour empêcher les jeunes de partir en Allemagne. Par exemple le docteur Marcel Figuel, à Saint-Martin de Valamas en mars 1943 parvint à déclarer 90 % d’inaptes. A cette époque où en raison des restrictions les conditions de vie étaient difficiles pour l’ensemble de la population, les maquisards vivaient dans des conditions encore plus difficiles. Ils devaient dormir dans des granges et avaient une alimentation souvent pauvre. Louis-Frédéric Ducros écrit dans son livre qu’au maquis de La Cula, on mangeait parfois une tranche de pain avec quelques noix.

Le froid et la faim les rendaient donc encore plus vulnérables et ils pouvaient donc attraper n’importe quelle maladie. Vivant dans les bois et les montagnes, ils pouvaient aussi se blesser.

Il y avait bien sûr des risques plus élevés comme être blessé par balle lors de combats ou de tentative de sabotage. L’aide d’un médecin ou d’une infirmière était donc particulièrement précieuse.

Porter secours à un résistant, c’était prendre de grands risques ; ce qui s’est passé dans le Vercors le montre.

En juillet 1944 dans le Vercors, les Allemands trouvèrent la grotte de la Luire où s’était installé l’hôpital militaire de la Résistance. Les Allemands massacrèrent 12 blessés dans un champ près de la grotte et 7 autres un peu plus loin. Sept infirmières furent déportées et 2 médecins et un prêtre fusillés à Grenoble.

Les risques étaient d’autant plus grands que les médecins devaient parfois opérer dans des hôpitaux. Il fallait donc que tout le personnel de l’établissement soit discret et participe aux soins. Sans l’aide de ces personnes, de nombreux médecins n’auraient donc pas pu sauver de clandestins.

Une fois de plus on voit que la Résistance ne fut possible qu’avec le soutien de nombreuses personnes.


Nous avons choisi de vous présenter une figure de la résistance lamastroise, le docteur Elysée Charra.

A travers son exemple et celui de son collègue le docteur Grandcolas, on comprend toute l’importance de leur engagement.


Un médecin exemplaire, le docteur Elysée Charra

En 1940, nous raconte Monsieur Grandcolas, sur le canton de Lamastre, il n’y avait que deux médecins, le docteur Elysée Charra et lui même qui venait de s’installer.

Dans le courant de l’année 1942, le Dr Elysée Charra, médecin chef à l’hôpital de Lamastre entre dans la Résistance, avec Henri Chaudier, cantonnier, Maurice Anselin chef de subdivision d’une compagnie d’électricité, et quelques autres. Il va jouer un rôle primordial en apportant, entre autres, une aide médicale à beaucoup de résistants.

Dés le mois de décembre 1942, par l’intermédiaire de Noël Preti, membre du mouvement Combat, il prend contact avec le maquis de la Cula qui vient d’être créé dans les gorges de la vallée du Doux, entre Etables et Saint-Barthélémy le Plain (voir carte).

Elysée Charra va devenir le médecin de ce maquis (qui a selon Monsieur Ducros une quinzaine d’hommes en permanence) mais aussi de tous les illégaux de la région comme l’atteste Louis Fréderic Ducros dans son livre "Montagnes ardéchoises dans la guerre".

L’action du docteur est vite connue dans la région. En 1943, mis en relation avec le docteur Rigal de Valence, celui-ci lui envoie des maquisards blessés dans la Drôme. Ces résistants sont accueillis et soignés à l’hôpital de Lamastre.

Toujours en 1943, au mois de juillet, le Dr Charra hospitalise clandestinement Raoul Galataud pour l’opérer d’urgence d’une hernie. Raoul Galataud est recherché par la police. Condamné par la section spéciale du tribunal de Clermont-Ferrand (pour « menées de nature communiste » - comme Guy Mocquet), ce jeune communiste clandestin à été envoyé dans la région de Tournon pour y créer des groupes de Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Les risques d’une telle opération sont donc grands.

Dans le courant de l’été, les menaces vont s’accentuer sur le docteur Charra.

Le 31 août, la gendarmerie va arrêter son ami Charles Saignol, créateur du maquis de la Grangette sur la commune de Saint-Basile.

Heureusement les maquisards alertés avaient pu rejoindre le maquis de la Cula. Le petit hôpital de campagne que le Docteur Charra avait mis en place dans une grange de Charles Saignol, à La Pras, a pu être déménagé dans la nuit. Ce petit hôpital avait été mis en place après que le docteur Charra ait été « soumis à des menaces directes de dénonciation pour les malades et blessés clandestins qu’il soignait précédemment à l’hôpital de Lamastre ».

Malgré les risques, au cours des mois suivants le docteur va intervenir encore de nombreuses fois : Eugène Duprez, blessé par des gendarmes de Saint-Donat est examiné par deux médecins de la localité puis transporté et opéré d’urgence à la clinique St-Joseph à Valence et enfin envoyé à Lamastre.

Le 18 mai 1944, un jeune réfractaire au STO, Etienne Valla de Jaquet est blessé par des miliciens lors des opérations contre le maquis dans le secteur de Toulaud. Il parvient à s’échapper plusieurs jours après et est soigné par le docteur Charra à Lamastre.

Dans la nuit du 23 au 24 mai 1944 un autre résistant, Maurice Picq, de la 7101e cie FTPF est blessé d’une balle dans la poitrine lors d’une action de sabotage entre Vion et Tournon. Il est transporté à l’hôpital de Lamastre où le docteur Charra tente de le sauver mais il décède dans la nuit.

L’hôpital du Ranc

Au printemps 1944, la Résistance sur le secteur de Lamastre est bien structurée.

Après la libération de Lamastre, le 6 juin 1944, un hôpital fut mis en place pour une meilleure prise en charge des blessés car les combats vont s’accentuer.

Le docteur Charra et le docteur Grancolas qui travaillent maintenant ensemble vont recevoir de l’aide.

Ainsi le docteur lyonnais Albert Trillat, va arriver en Ardèche pour retrouver son ami le docteur Charra. Venu en train jusqu’à Tournon, il monta à Saint-Félicien. Là, il fut arrêté par les FTP qui le soupçonnaient d’être un espion ou un milicien. Heureusement le docteur Charra, prévenu, vint le délivrer.

A partir de là un véritable hôpital de campagne fut créé. Il fut installé dans une bâtisse au Ranc, entre Lamastre et Désaignes, pour mettre les blessés à l’abri de l’ennemi allemand.

Là le docteur Trillat, très bon chirurgien, aidé des docteurs Charra et Grancolas, ainsi que du docteur Cadet de Tournon, soigna de nombreux blessés. Dans ce travail quotidien ils furent assistés de jeunes étudiants en médecine, Jean Charra et Pierre Bouygues, par mademoiselle Canonge et des religieuses dont la mère supérieure , soeur Alphonse Perbet.

De nombreuses vies furent sauvées.

Le capitaine Binoche, par exemple, blessé au Cheylard lors des combats du 14 juin dut être amputé du bras droit. Lorsque les combats de la Libération commencèrent, au mois d’août 1944 le docteur Trillat rejoignit l’armée De Lattre de Tassigny et continua le combat en Alsace puis en Allemagne jusqu’à la victoire finale.

Le docteur Grandcolas, lui, rejoignit une compagnie FTP et l’accompagna jusqu’à la libération de Lyon. L’action des médecins fut donc importante. Il était capital pour les résistants de savoir qu’en cas de coup dur, ils pourraient être soignés.

Cette action, peu spectaculaire est restée souvent méconnue.

Il faudrait aussi souligner le rôle de toutes les infirmières qui assistèrent les médecins. Le rôle des femmes dans la Résistance est souvent méconnu.

Dans ce sujet nous nous en sommes rendus compte car à notre grand regret nous n’avons trouvé aucun témoignage sur leur action. Pourtant, qu’auraient fait les médecins sans l’aide des infirmières ?

E. Delanoé







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