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Plan du Site

Echappée ?

Réunion à Privas, à l’hôtel du département, ce 4 décembre 2015 des responsables des structures arts plastiques du réseau départemental, à l’initiative du PNR des Monts d’Ardèche, avec Olivier Péverelli, conseiller départemental chargé de la culture, Arzel Marcinkovski, de la Direction de la Culture, et, représentant la Drôme, la responsable du centre d’art contemporain du Château des Adhémar.


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Dans un premier temps le projet Départemental "ligne de partage des eaux" était présenté par Lorrène Chenot, présidente du PNR et

Le réseau départemental arts plastiques. La brochure


Téléchargeable ou du moins consultable en ligne


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Colloque art et enfermement au Château des Adhémar

Une problématique qui n’est pas seulement artistique...


A la suite de plusieurs rencontres bi-départementales à Montélimar, dont l’une sur les arts numériques, l’invitation à un colloque sur "Art et enfermement", le 4 décembre 2015, aux marges de l’exposition "La belle échappée".

Une réflexion sur l’importance de l’action artistique et culturelle en prison, à aborder à partir de diverses expériences et d’une connaissance du milieu pénitencier et des difficultés de la population carcérale, de ses pathologies et de l’effet même du renfermement. [1]

On pourrait aussi évoquer l’art dans les camps,introduit et développé par des détenus - le rôle notamment du théâtre avec les écrits, à ce sujet, de Germaine Tillion, résistante, déportée et ethnologue... (cf la visite des Rias à l’exposition la concernant à Lyon, en 2004 [2]...


On pourrait encore citer Jorge Semprun évoquant le rôle de l’écriture pour supporter l’indicible concentrationnaire et vivre avec...("L’écriture et la vie")

Ou souligner le fait que les prisonniers politiques, parce qu’ils sont des résistants, ont un vécu différent de l’enfermement...


Les artistes


Ce qui sort fortement, on ne sait pourquoi, ou on le sait, de l’exposition du travail sur les prisons de Nicolas Daubanne, avec, notamment, celle de Mataro où furent emprisonnés, sous le franquisme, y compris dans les années 60-70, nombre de prisonniers politiques... Un travail de l’artiste qui interroge le vécu carcéral de la temporalité, renvoyant irrépressiblement à "La jetée" de Chris Marker... Du dense...


Jean-Michel Pancin a travaillé sur la mémoire des détenus avant la destruction de la prison d’Avignon. de la force d’un anecdotique qui parle à l’approche de la création par des pratiques qui se risquent, s’assument et perdurent...


Jhafis Quintero,
artiste, interroge avec la vidéo, corps, mouvement & immobilité, leurs relations dans l’enfermement...


Ali Kazma,
vidéaste s’intéresse aux traces du travail humain, et aux rapports complexes entre enfermement et évasion...


Rachel Labastie, sculptrice, fait parler la matière, l’écoute, mais l’informe suivant le cheminement intérieur de son projet...
Une de ses très belles oeuvres, non exposée à Montélimae "Entrave", évoque irrépressiblement l’enfermement de masse, en autre continent, de la traite...


Joanna Malinowska
au travers d’une quête d’objets au fort potentiel sémantique et symbolique si ce n’est métaphysique, elle traque l’invisible afin, paradoxalement, de le rendre, d’une certaine manière, visible - sous une nouvelle forme donc...



Des interventions, complémentaires de l’exposition, diverses, et intéressantes. [3], des spécialisations puis interventions professionnelles ultérieures... (cf le paragraphe sur les psychoses)
, celle de Nicolas Daubannes, l’authenticité du récit du "Faire"... Et un peu plus...
celle de Frank Smith, belle performance d’une écriture poétique à partir du documentaire, un choix d’écriture adapté au sujet, ou la fabrique de la haine...
Celle de Jean-François Marguerin, Directeur de la DRAC Rhône-Alpes, représentative d’un parcours de 1956 à 2015... Où nous convoquerions, outre Foucault, Deleuze, Guattari... et d’autres... Que sont-ils devenus ? Et en quelles strates de la société leurs apports continuent-ils à prospérer ? Et vers quoi ?
Une affaire à suivre... Et une journée fort intéressante... Ouverture plus que clôture d’un débat sur les incidences humaines et sociales du travail artistique...
Jacqueline Cimaz


[1] On nous indique ainsi l’énorme importance des psychoses - notamment schizophrénie et paranoïa. Des taux impressionnants. On nous confirme aussi que ces psychoses sont également présentes dans la proximité de la vie quotidienne hors lieu d’enfermement.
La schizophrénie est la plus connue d’entre elles, avec des comportements relativement lisibles liés à certaines de ses formes, notamment l’hébéphrénie ou l’autisme, et sa dangerosité pour le sujet lui-même et les autres...
La paranoïa - en tant que psychose & non simple personnalité - est beaucoup moins connue, y compris en sa phase la plus dangereuse. Où la description de cette maladie, plus difficile à identifier, est confirmée par un psychiatre présent : discours pseudo-rationnels qui font illusion, les interlocuteurs, parfois admiratifs, ayant l’impression d’un très bon niveau culturel et d’un raisonnement particulièrement logique, et étant souvent, longtemps, parfois plusieurs années, sous influence. Une dépendance d’autant plus forte à l’égard du malade - notamment dans la famille - que le sujet est plus fragile... Le malade, dans son délire de persécution, passe assez souvent à l’acte, en "complications" ou phase terminale, tuant celui ou celle dont il s’imagine qu’il ou elle le persécute - souvent quelqu’un de la génération de ses parents. D’où l’incarcération à vie...

Prévention ? Des questions que se posait le public. Comment intervenir vis-à-vis des psychoses ? Comment évaluer les décalages entre discours et réalité de l’action sociale et ce dans la durée ? Par delà le nécessaire rappel à la loi, besoin d’équipes pluridisciplinaires, de personnels formés et qualifiés si l’on veut éviter le pire, pour la société certes, mais d’abord pour le malade lui-même et son entourage. Un recul inquiétant des moyens humains nécessaires à l’intervention préventive comme aux prises en charge ambulatoires en milieu ouvert. Oublier Foucault et revenir à l’indifférenciation de l’enfermement de l’époque classique ?

Une approche précise et différenciée, outre ce rappel au sujet de ces grandes psychoses qui concernent l’immense majorité des incarcérations de longue durée, sur des pathologies liées à l’enfermement, ou aggravées par celui-ci, avec, notamment, l’importance des auto-mutilations... Quand l’action destructrice sur son propre corps est le seul espace de liberté que peut se créer le détenu...

Une approche qui permet de mieux situer le rôle de l’intervention artistique en prison qui ouvre, au niveau de la création, un autre espace de liberté...[[Et peut donc, ainsi, avoir des effets thérapeutiques...D’où, question subsidiaire : cette intervention artistique n’aurait-elle à être développée,là où vivent les gens, en cités et campagnes, avec visée non seulement culturelle et éducative, mais aussi préventive en matière de santé mentale, d’addictions... Des investissements à court terme et de proximité certes, mais qui, à une échelle plus globale, devraient s’avérer rentables quant aux coûts des besoins de santé, d’enfermement, d’aides sociales et financières

[2] Référence électronique : « Résistances, itinéraire et engagements de Germaine Tillion », Journal des anthropologues [En ligne], 96-97 | 2004, mis en ligne le 22 décembre 2010, consulté le 24 février 2015. URL : http://jda.revues.org/1764

[3] CFle blog des Adhémar au sujet de ce colloque. [[Alexandre JOLLY, régisseur d’expositions, a assisté à la journée. L’enjeu était de parler du corps et de la culture en prison. Sont intervenus des artistes, des historiens de l’art, des écrivains mais aussi des spécialistes sur la question de la psychiatrie pénitentiaire et l’univers carcéral. Ce colloque a été organisé par Hélène Lallier, directrice du centre d’art, et Barbara Polla, commissaire de l’exposition.
Ce colloque a été l’occasion de mettre en avant l’importance du rôle de l’art dans la ré-humanisation de la prison (pratiques artistiques au sein de la prison, accès à la culture) pour permettre des conditions de détention plus respectueuses du corps et de l’âme des détenus]...
Interventions :
-  Bruno Gravier, professeur de médecine et psychiatrie pénitentiaires > Douleur de l’incarcération, choc de l’enfermement, troubles liés à la détention.

-  Jhafis Quintero, artiste. Ancien détenu au Panama et au Costa Rica, ayant découvert l’art en prison, et travaillant aujourd’hui comme artiste. Il a représenté le Panama à la dernière Biennale de Vénise. 10 ans de prison en 10 vidéos (non-communication, enfermement, danger, solitude, répétition, temps de la prison...)
-  Jean-Michel Pancin, artiste > A travaillé sur la prison Ste-Anne à Avignon. Travail de mémoire et de témoignages des anciens détenus avant la destruction de la prison..
-  Paul Ardenne, historien de l’art > Autre enfermement : la création artistique comme prison de l’artiste qui doit ou se sent obligé de toujours créer. L’artiste a - quant à lui- les clés de sa propre prison.
-  Judith Depaule, metteur en scène, intervenante en prison > Spécialiste du théâtre stalinien au Goulag, elle a monté "Hamlet" de Shakespeare avec des détenus. Témoignages. Parle de l’engagement de l’artiste en prison.
-  Nicolas Daubanes, artiste, intervenant en prison > Travaille avec des détenus (projet de sténopés). Témoigne de l’importance du dialogue entre artistes et détenus. Une part de subversion dans l’art.
-   Frank Smith, écrivain et poète objectif > A écrit "Guantanamo" à partir des rapports publiés par le Pentagone sur les interrogatoires des prisonniers de Guantanamo. Définit la poésie objective et son parti pris comme écrivain (importance du document et des archives). Parle de "translation" (transformer mais non pas déformer). "Voir pour savoir".
-  Jean-François Marguerin, par ailleurs directeur régional des affaires culturelles en Rhône-Alpes, parle, se situant à partir des grands débats philosophiques de l’époque, de son vécu d’enseignant en Quartier de Haute Sécurité (1974) > Témoignages sur la prison et l’enseignement en prison dans les années 70 (embrasement des prisons). La prison n’est plus un objet politique aujourd’hui.

Nous retiendrons aussi l’intervention de Bruno Gravier, instructive et intéressante, de quoi raviver des études de psycho-pathologie [[certificat de la licence de philo ancien régime

Présentation des "arts numériques" à Montélimar

Un temps intéressant, une conférence argumentée et illustrée de Claire Châtelet, maître de conférence à l’Université Paul Valéry de Montpellier.


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Une documentation qui peut être consultée sur place à la demande (prendre rendez-vous au 0676577070 quelques jours avant)

J.Cimaz et G.Greco




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Formation bi-départementale médiation en art contemporain


Une jeune intervenante de Midi-Pyrénées, Marion Viollet, très engagée dans un travail de professionnalisation à laquelle elle a beaucoup réfléchi et sur laquelle elle a beaucoup travaillé.


Robert Combe, nouveau vice-président des Rias, participait à cette journée avec Jacqueline Cimaz...

L’occasion de découvrir un réseau, de faire connaissance avec Arzel Marcinkowski, chargé de mission Arts Visuels en Ardèche et animateur de puis des années du Réseau départemental des structures de diffusion de l’Art contemporain auquel participent Les Rias.

L’occasion pour nous de découvrir une dimension professionnalisation peu connue.

Peu connue parce que nous sommes association loi 1901 [1] et donc bénévoles, et aussi parce que nous avons toujours privilégié le travail de médiation par le truchement des résidences d’artistes et l’organisation d’échanges directs - toujours très riches- entre la population et les artistes. Un espace dans lequel nous avons conçu notre rôle de médiation comme intervention tierce posant une relation triangulaire. [2]



Un aspect abordé par Marion Viollet au travers d’une problématique professionnelle précise, l’après-midi, - celle de la constitution de la documentation à mettre à disposition du ou des public(s). Entre fonctionnalité et mise en situation d’appréhender la complexité, la multiplicité des choix possibles abordée donc à partir de l’analyse d’un corpus d’outils de médiation.


Une réflexion utile avant constitution des outils pour nos prochaines expositions.

Des échanges riches entre les divers présents...


L’après-midi a réservé à bon escient une large place à la visite du château des Adhémars, centre d’art contemporain, où se déroulait la journée...

La relation valorisation du patrimoine/mise en scène de l’exposition. Une relation toujours réinterrogée sur laquelle ont travaillé Le Crestet et Michel Duport auquel un lambeau de tapisserie/peinture ancienne semblait rendre hommage... Michel Duport et son remarquable travail en jaune à la Chartreuse de Valbonne, dans le Gard, il y a une bonne dizaine d’années...

Et puis l’exposition d’une jeune artiste cubaine, Glenda Leon.

Un beau travail.

Un sablier interrogeant le temps du haut d’un tas rappelant ces jupes de déesse de la montagne dont sont vêtues les Vierges de la vallée de la Colca au Pérou. Magnifique. Ce travail sur partition ou le graphisme du son, des interrogations qui traversent l’actuel de l’art contemporain... Penone mais aussi Adine Duval pour en rester au visité ou à l’exposé 2012 à Saint-Apollinaire-de-Rias en 2012. Lunettes d’un temps pour comprendre le vu...

Et cette volonté d’effacer les frontières et de faire reculer l’emprise de l’argent...

Et puis quelques regards plus personnels rapprochant la lunette et non le vu d’un globe miroir d’une autre exposition - différent des miroirs de Léon... Mais toujours ce spéculaire... entre Orphée et Gala...


C’est bien de nous avoir obligé à chercher le chemin qui mène au Château des Adhémars ; il sera plus facile d’y retourner pour y voir d’autres expositions...


Une absence de taille cependant, celle du numérique - comme si on flottait dans un autre temps, intemporel, coupé du monde, loin de l’actuel et du demain et des enjeux présents...


Numérique dans la documentation avec les sites des musées, les blogs et autres outils...

Mais surtout numérique à interroger avec le bouleversement des identités [3], de la vie privée [4] où l’art qui met en relation des éléments perçus avant qu’ils ne soient verbalisés et étudiés ouvre la voie de la prospective [5]- chemin de recherches scientifiques et espace pour contrôle citoyen...

Quand Dali mettait des circuits imprimés en tombeau - bien avant les gisants-poissons de Barcelo ne relient la mort aux origines de la vie...

Ces archipels de sens d’Edouard Glissant...



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[1] et reconnue d’utilité publique...

[2] cf l’atelier superposition d’images et travail des transparences après prises de photos standardisées que nous avons mis en place et fait fonctionner pour mieux faire appréhender le travail de Camboulive dans "Ardèche" et, notamment, faire découvrir comment dans la procédure technique, intervenait à chaque moment des prises de décision d’ordre artistique (donc des dizaines sinon des centaines de choix et prises de décision pour chaque image...)

[3] cf Camboulive...

[4] [la caméra thermique de Gréaud et ces ondes cérébrales qui meuvent les vaisseaux de jeux vidéos]

[5] ce qu’a posteriori on qualifie souvent de "dimension prémonitoire" [[comme pour l’expressionisme allemand ou le Guernica de Picasso duquel on pourrait aujourd’hui rapprocher le Ground de Kurokawa...



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Réunion de rentrée pour le réseau

départemental des structures de diffusion des arts plastiques et visuels en Ardèche.

Des échanges divers et riches.

La question de la réédition de la plaquette de présentation des structures et son actualisation annuelle a été posée par Arzel Marcinkowski. Cette publication est utile et bien faite. Par contre son mode de mise en page ne facilité pas une diffusion souhaitable au format PDF et sous forme de livre numérique, format qui s’avèrerait pratique et d’autant plus fonctionnel qu’il pourrait contenir des liens actifs vers les sites des diverses structures...


Une préoccupation commune, celle de la qualité.

D’où le regret exprimé du sud au nord du département en passant par le centre, de voir parfois la presse mettre au même niveau des pratiques amateures ou commerciales et des recherches artistiques exigeantes, d’où la nécessité de mieux faire connaître les structures du réseau.

Ceci est d’autant plus important que les arts plastiques et visuels font partie des enseignements scolaires et que les amalgames dans un domaine où le public n’est guère formé risque d’avoir des incidences sur la perception des contenus scolaires.

Personne ne s’improvise mathématicien, du moins à l’échelle publique et locale, pourquoi s’improviserait-on artiste sans formation de haut niveau et travail de recherche effectif ?


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Une petite partie de la collection de l’Artothèque.


S’il est légitime que la presse donne à connaître des pratiques amateures ayant une dimension sociale et de loisirs au niveau local, il ne l’est plus de ne pas faire la différence entre amateurisme et création.

Décision a donc été prise de transmettre la demande unanime du réseau au département, d’organisation d’une conférence de presse en début d’année pour annoncer programmes et manifestations des diverses structures, de préparer des dossiers de presse et de prendre appui au niveau local sur ces annonces départementales en les étoffant par tout document utile.


Dans le même ordre idée il a été décidé de promouvoir l’artothèque géré par le GAC d’Annonay. L’artothèque prête à des établissements publics - notamment scolaires- mais aussi à des particuliers, pour un temps donné, des oeuvres d’art authentiques et originales pour des sommes relativement modestes. Une familiarisation importante et la constitution de références partagées par le public d’utilisateurs.

Conférences et dossiers de presse, artothèque...

Des outils d’autant plus indispensables que le numérique tend à niveler aussi travail d’atelier numérique et création artistique utilisant des outils numériques ou interrogeant le numérique...

Jacqueline Cimaz



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Chargé de mission art contemporain

Un appel d’offre du Conseil Général de l’Ardèche envoyé par Arzel Marcinkowski


Recherche un(e) chargé(e) de mission art contemporain


Suite à l’initiative de la ville du Teil en 2008 sur la rive droite du Rhône, un ensemble de communes se sont groupées pour créer un évènement d’art contemporain de juin à septembre.

A travers le circuit d’art contemporain « Sentier du Rhône », elles souhaitent sensibiliser les publics à la création contemporaine en proposant un appel à projet à des artistes pour la réalisation de créations éphémères s’inscrivant sur leur territoire et des actions d’accompagnement des publics. Le Rhône, en tant que patrimoine commun aux communes riveraines participantes est le fil conducteur de ce projet.

Le poste de chargé de mission proposé, est basé sur un contrat d’un an, renouvelable deux fois. Il comporte une période d’essai de 3 mois. Le chargé de mission assurera, sous l’autorité du maire et en lien avec le service culturel de la commune la mise en œuvre du projet, la coordination des actions de médiation auprès des différents publics, les relations avec les partenaires institutionnels et associatifs, la gestion administrative et financière des actions, la communication extérieure et intercommunale... D’une manière plus générale, il aura en charge toutes les actions en rapport avec le projet.

Le profil souhaité nécessite une bonne connaissance de l’art contemporain et de ses réseaux avec une expérience souhaitée dans le montage de projet artistique et culturel. Il devra être une force de proposition et témoigner de capacités de gestion et de travail en équipe, ainsi que des compétences informatiques, internet et posséder le permis B.

Les candidatures composées d’une lettre d’intention, d’un CV et de références, sont à adresser avant le lundi 27 août au Service culturel de la ville du Teil (07400), sous la rubrique chargé de mission « Sentier du Rhône ».

La sélection des candidatures se fera le 4 septembre 2012 et les auditions des candidatures retenues le 6 septembre.

Renseignements au 04 75 49 63 28. CG07





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Arzel Marcinkowski au Temple des Baraques


Arzel Marcinkowski, chargé de mission Arts visuels du département avait annoncé sa venue pour visite de l’exposition Diersé.

Une très belle exposition bien adaptée au lieu qu’elle fait vivre.


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Echanges en marge d’une belle exposition (photo Fanny Juston)


Par delà un premier aspect qui peut sembler décoratif surtout quand le soleil fait vibrer les papiers de Chine et éclater les couleurs, le visiteur est vite pris par les "personnages" récurrents des gravures et la gravité avec laquelle se posent, comme toujours chez Diersé, les rapports entre Nature et Culture, ou entre niveaux de culture [1]. La "nature" sous nos latitudes, ni sans doute sur la planète n’existe pas ou plus.

N’empêche que dans les Jardins du Pin des plantes enserrent et font éclater d’ambigüs personnages de terre, comme revanche d’une mythique "Nature" ?

Catastrophes écologiques, humaines ? Qu’insinuent ces bois gravés ou linogravures évoquant un expressionisme allemand des débuts du 20ème sicèle qualifié a posteriori de prémonitoire ?

On est loin du décoratif et la beauté des couleurs plus qu’elle n’enchante, souligne de vénéneuses contradictions... Les personnages oscillent entre gargouilles ou visages d’arbres, guère plus rassurants, de vieilles éditions de Lafontaine... [2]

Et puis Diersé, ses gravures, les oeuvres de Colette Bonzo, l’écriture de Bontzolakis - Mandibules...


Bref une visite comme celle que nous proposons chaque jour en n’imposant pas au visiteur une lecture de l’oeuvre mais en lui livrant, pour sa réflexion personnelle, des bribes de la nôtre...

Et puis ce côté shakespearien de l’installation, comme forêt qui marche...


Arzel Marcinkovski a découvert avec intérêt un côté de l’oeuvre de Diersé moins connu.



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Arzel Marcinkovski et Jacqueline Cimaz , le point sur les projets en cours. (photo Fanny Juston)


Ensuite les échanges ont porté sur le réseau départemental des structures de diffusion des Arts Plastiques, de l’art contemporain [3], et sur les projets en cours des Rias [4], passés [5] et "Mouvances" [6]


La question s’est aussi posée des échanges entre structures d’art, que devrait encore développer cette seconde édition réactualisée [7], et de la naissance d’une artothèque [8]


Un retour sur l’exposition Camboulive a permis de montrer la vidéo sur l’écran d’ordinateur, des photos sur le site permettant d’appréhender l’aménagement de la salle, et de même aller voir "Visage" sur le site de Sébastien Camboulive.

Une très grande exposition, la transformation qualifiée d’"insolite" par un visiteur, du Temple en centre d’art contemporain.

Une exposition difficile, pour public averti, certes, mais qui s’est aussi avéré féconde pour la formation d’un public.

Camboulive, le plus jeune, et sans doute le plus lent dans le travail des artistes que nous avons reçus. Un travail colossal, exigeant réflexion et durée, ce qu’une bonne part du public a appréhendé avec cet aboutissement Renaissance au discret sourire de Joconde... Un projet, des incertitudes... Un authentique travail artistique se donnant à voir et appréhender...

Et le malaise parfois créé... Les interrogations toujours suscitées... Mais au fait l’identité à l’ère du numérique ? C’est quoi ? L’identité et les identités numériques... Et la communication interpersonnelle ? Et la personne ?


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Arzel Marcinkovski, Jacqueline Cimaz et Jacqueline Devylder (photo Fanny Juston)


Des esquisses de pistes d’expositions possibles pour l’année prochaine - un nom évoqué...

Nouvel appel à projet ? Il y a bien une idée... A voir suivant les finances de l’association, l’avancement du travail avec l’ERBA.

Et puis une nouvelle donne avec la possibilité d’exposer une ou plusieurs installations vidéos...

Bref tout est ouvert et les propositions seront bien accueillies...


Jacqueline Cimaz


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Présence du Bureau pour accueillir A.Marcinkowski, veille au soleil et des mains qui parlent... (Photo J.Cimaz)


NB. Autre question, récurrente et pédagogiquement évidente posée suite à cette entrevue - non pas l’exclusion d’expositions du type "nos adhérents s’exposent" mais une manière de les présenter qui soit claire et n’induise pas de confusions entre l’artiste qui, nécessairement engagé dans des problématiques actuelles utilise son art comme moyen d’investigation, d’appréhension du monde, de connaissance et d’action sur ce monde, et l’amateur pour lequel la pratique artistique plus ou moins savante est essentiellement activité de loisirs ou "divertissement" [9]

L’auteur d’un beau texte en atelier d’écriture n’est pas forcément écrivain, celui d’une peinture qui plait pas nécessairement peintre. La frontière entre l’artiste et l’amateur éclairé n’est pas facile à percevoir...

Il y a un niveau d’engagement, une mise en danger, le franchissement d’un point de non-retour qui sont difficiles à appréhender et qui pourtant sont liés aux savoirs, aux savoir-faire, à la culture dans la discipline, à la réflexion épistémologique sur la discipline.

Ne pas laisser croire aux jeunes qu’on devient danseuse sans années de travail, qu’on peut devenir champion de ski si on arrête deux ans une pratique intensive... Cela parait évident.

Changer le skieur par l’auteur et le danseur par le sculpteur ou le photographe ou le peintre...

Toute pratique authentiquement littéraire ou artistique demande des années de formation initiale et une formation continue ininterrompue. Il faut sans doute autre chose que le travail mais il faut le travail et la culture, les références et les références notamment quant aux recherches entrain de se faire,contemporaines, parallèles. Il y aurait imposture à ne pas le dire...

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[1] car ces roses par exemple, comme le montre la visite des jardins du Pin à Fabras sont elles-mêmes issues d’une culture jardinière faite d’essais, d’expériences, de savoirs et de savoir-faire des hommes et des femmes qui depuis des siècles les font pousser et évoluer.

[2] "L’enfant et les sortilèges" Colette/Ravel...

[3] Arzel Marcinkovski nous ayant, de plus, apporté un carton des nouvelles brochures départementales, incluant donc les mises à jour 2010

[4] "Du recueil de mémoire à l’écriture transmedia"

[5] "Résistances" et Raphoz

[6] dont cette expo de Diersé serait comme tardive nappe de charriage, offerte en prime et pour dire que l’artiste n’est pas forcément là où on la cherche... Et connaissez-vous ses livres d’artiste ?

[7] Pour nous y apparaissent notamment Camboulive et Diersé...

[8] question subsidiaire à poser quels circuits entre artothèque, expos locales et la mise à disposition éventuelle, ponctuelle et gracieuse d’oeuvres de collectionneurs privés ?

[9] au sens pascalien du terme




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De détours en retours : le château du Pin


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Redécouvrir des morceaux d’histoire, passés au travers de rencontres précédentes fragmentées de tête en l’air le long des façades du château séculaire, à l’ombre des voix de Christian Bontzolakis et Martine Diersé, indivisible de son jardin remarquable, renvoie au lien serré, flaque-monde retrouvée, suspendue à l’accueil chaleureux sous l’intermittent bleu d’un ciel chantourné.

Si la perception du familier étale généreusement des restes de passages précédents, adossées à la contemporanéité, de nouvelles installations font route sur notre étonnement.

Les stalactites d’Aneth Perrin rafraîchissent un coin du jardin en terrasse ajourant ses déclivités de végétaux passionnément préservés.

Difficile d’imaginer le château du Pin sur un tertre prétentieux, guerroyant une végétation extorquée à perte de vue du lointain, tapi sous quelques ennemis de jadis.

Le groupe entier s’éparpille dans les contre-bas de l’inextricable densité végétale et traque les oeuvres enrobées du souffle de l’artiste.

Le déjà vu à découvrir tombe sur des sculptures neuves de tout regard. Les fontaines d’acier se mélangent à la nouveauté.

L’autre versant de la visite s’attarde sur les oeuvres de Colette Bonzo peintre. Les murs du château capturent sa présence. Christian nous offre matière à retrouver l’inachevé pour ceux qui l’ont déjà rencontré ou tout simplement, à contre-jour de son existence, surfilé à ses toiles, l’indicible laissé derrière elle.

Le temps par poignées a filé, accrochant un autre moment à nos mémoires.

La petite esplanade du château se remplit d’un brouhaha généreux qui tranche l’air et sirote le dehors.

Fatima Mana


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Chaleur de l’accueil...

Un côté botaniste qui passe du non-dit à l’explicité. Distillés par Martine Diersé, des noms et expressions dont on retient le rythme, les sonorités ; le sens ? L’évoqué ou les évoqués...

Aneth Perrin dont l’évolution d’un travail vers l’installation fleure la réussite, l’installation des photos de Daniel Ponsard, un complexe qui donne sens au tout, et des questions techniques - au cas où...

Ces fontaines de zinc matière cascade sur fond métal - Julien Constans - fontaines flirtant avec l’art contemporain ? Art contemporain jouant de l’eau, comme... Comme ? Une très vieille histoire croisée et une belle réussite en tout cas... Et Design, bien sûr...


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Ces abeilles qui colonisent la façade ? Peur mêlée de se dire "au moins elles existent encore"

Et puis les sculptures de Diersé. Retrouver celles qu’on aime plus que d’autres. Regretter de ne plus trouver certaines qu’on aimait beaucoup. En découvrir d’autres...

Et puis l’intérieur et sa librairie. De très beaux livres d’artistes. Une évolution de l’édition où le côté "art brut" est devenu "gravure sur bois" ou "linogravure" - ce qu’il était déjà, bien sûr...

Cette lignée discrète de l’expressionisme allemand à ces gravures de Martine Diersé, passant par l’expressionisme coloré ou sombre de Colette Bonzo et par l’écriture - aussi dure (du moins pour certains textes) qu’il a l’air doux - de Christian Bontzolakis...

Où on apprend que Colette Bonzo s’était battue contre la peine de mort, elle qui a su très vite quel prix attacher à la vie. Bonzo :: : Mandibules :: :

Couloirs de la vie responsable pour groupe privilégié : meubles, objets d’un cabinet des curiosités du 19ème, petites sculptures et leur mise en scène, grands toiles de Colette Bonzo... Expressionisme allemand : expressionisme flamand... Polysémie...


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Et puis un groupe hétérogène et chaleureux.

Un retour où le repas retient le temps...

Une journée qui marque les mémoires et dont on sort plus riche... Et ces références renouvelées pour les plus jeunes du groupe...

Jacqueline Cimaz

Et dire que j’oubliais la très savoureuse histoire du Château dite par Christian Bontzolakis...

NB. Photos des deux premières planches - Fatima Mana, des deux dernières - Jacqueline Cimaz- Planches : J.Cimaz.



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En suivant Diersé


Du temple des Baraques à Fabras, ces jardins remarquables, ces étranges jardins...


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Un flux régulier de visiteurs, souvent très avertis...


La réponse à une demande.

Visite à Fabras le 3 août. Départ à 14h30 de Vernoux (parking d’Intermarché.) pour visite jusqu’à 18h environ et retour...


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photos et planche J.Cimaz


Si possible s’inscrire pour organisation du co-voiturage (0475844725)



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Un vivier créatif


Cette réunion de concertation des acteurs arts plastiques du département avait pour but de lister l’actualité des structures, leurs projets et programmations.

Un tour de table met en évidence ce qui est et sera.

Des projets riches et diversifiés du sud au nord du département et d’ouest en est.

Et l’on s’aperçoit dans la présentation des actions passées ou à venir que l’Ardèche possède un important vivier créatif.

Jacqueline Cimaz, présidente de l’association les Rias développe les actions qui d’un bout à l’autre de l’année la traversent ou prennent leur quartier le temps d’une résidence d’artiste, comme le projet « Du recueil de mémoire à l’écriture transmedia  », projet 2010-2011, dont la mise en place est bien amorcée avec la résidence de Sébastien Camboulive. Une première exposition de celui-ci, digne d’un Centre d’art contemporain [1]


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Arzel Marcinkorski, responsable des arts plastiques du Département, nous présente un état des lieux des actions en milieu scolaire et nous informe que la brochure arts plastiques sera rééditée à la fin de l’année.

Concernant les Rias, nous apporterons certaines modifications au texte et photos déjà présents dans la brochure, notamment en y adjoignant les deux nouvelles installations de notre futur sentier d’art (stèle de Mouvances et Eoliens de Martine Diersé) et le travail de Camboulive.

Sont aussi évoquées par les participants, les relations avec la DRAC Arts Plastiques, la nécessité d’un site Internet permettant de faire connaître les diverses initiatives, la valorisation du travail avec les scolaires, la culture numérique, la création d’une artothèque...

Une réunion intéressante clôturée par la présentation de l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne et qui montre le dynamisme de ce réseau...

Fatima Mana et Jacqueline Cimaz



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[1] Après Dali, Couturier et la restitution du stage d’Arles 2009...



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Exposition Martine Diersé


-   prévue pour Juillet 2011.

Une exposition majeure et importante qui viendrait en contre-point d’installations appréciées.

Des sculptures ?

Une présentation à définir qui annonce déjà une manifestation culturelle de grande qualité pour le plateau...

"Je pensais installer beaucoup de gravures sur nos portants en fer de façon à avoir un effet de "forêt" avec sur des socles des sculptures"...

Le temps d’y réfléchir, préparer...

Pour mémoire ou information :


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Des sculptures de Martine Diersé vues il y a quelques années à Fabras.

Jacqueline Cimaz

NB. Nous avons également prévu, à un autre moment, dans le cadre d’activités de médiation, l’exposition de quelques grandes oeuvres de Sylvie Chaveyriat et d’aquateintes de Jacqueline Devylder.

Ces expositions ne sont pas de même ordre, elles s’inscrivent différemment par rapport à nos programmations-résidences et aux projets en cours, mais les complémentarités et tensions créées ne peuvent que contribuer au développement de références communes et à une réflexion de fond sur l’art et les pratiques artistiques...





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Accompagnement pour Arts Plastiques 07


"Un réseau de structures de diffusion en Ardèche", la brochure du Conseil Général de l’Ardèche, avec la publication d’un 4 pages format A5 avec un plan situant le Carrefour des Résistances de Régine Raphoz et "Mouvances" de Martine Diersé et ses "Eoliens"- orgues et sifflets.


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Une demande pressante des touristes et autres visiteurs, enfin satisfaites.

Le 4 pages sous Calaméo

Jacqueline Cimaz





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Arzel Marcinkowski, de la Villa Noailles aux Eoliens


Arzel Marcinkowski, chargé de mission arts plastiques au Conseil Général de l’Ardèche, est passé au Temple des Baraques ce lundi 16 août.

Il a apprécié la qualité de l’exposition « Villa Noailles », de Stéphane Couturier, artiste qu’il connaissait.

La conversation a permis de bien préciser qu’il ne s’agissait pas là d’une résidence, puisque Stéphane Couturier n’avait pas séjourné et travaillé ici [1], mais d’une exposition montrant son œuvre sur la villa Noailles, œuvre qu’il était venu apporter et présenter rapidement au printemps.

Nous avons pu parler de ces photos et des commentaires et recherches du public.

L’exposition Dali, son contenu et sa conception ont aussi été évoqués. [2]


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Après une ultime visite - celle de Jack Larnac, de passage - la venue d’Arzel Marcinkowski, le temps de bien appréhender l’oeuvre de Couturier puis d’évaluer le travail du stage d’Arles et sa présentation-valorisation.


Arzel Marcinkowski a aussi découvert avec beaucoup d’intérêt l’exposition de restitution du stage d’Arles, un stage effectué en août 2009 dans le cadre du projet « Mouvances » au soutien duquel a contribué le Conseil Général de l’Ardèche - entres autres partenaires [3] Les modalités de travail ;
-  prise de photos (une centaine par jour),
-  sélections quotidiennes (30 maximum),
-  travail matinal de chacun sur sa sélection pour en extraire la quintessence,
-  commentaire matinal de Jean-Luc Cormier, maître de stage, devant le groupe, pour repérer les photos les plus intéressantes de chaque sélection, puis en extraire, au fil des jours, ce qui pouvait correspondre à un regard particulier de chacun (séries, travail des noirs, limites, contrastes...),
-  renvoyer les stagiaires à une nouvelle quête s’inscrivant dans ce regard particulier et l’approfondissant,
-  la sélection finale, construite au jour le jour, débouchant sur le choix du contenu et de l’agencement des panneaux individuels de l’exposition de fin de stage.


Là ces sélections individuelles sont exposées sous la forme la plus proche possible de la restitution d’Arles, avec, à part, parfois [4], présentation de quelques autres photos intéressantes - soit des non sélections du début, d’avant la définition d’un concept personnel, soit des photos travaillées lors de la prise de vue, mais se situant hors concept.


Est aussi exposé le journal de stage de Fatima Mana, très apprécié des visiteurs.


L’intérêt manifesté par Arzel Marcinkowski pour le stage et sa restitution nous a confortées dans le projet esquissé de conception d’une publication à partir du journal du stage et des sélections... [5]


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Et puis celui de la découverte de "Mouvances" et des "Eoliens", les deux oeuvres de Martine Diersé. Des réalisations qui dépassent les attentes...


A propos de «  Mouvances  », Arzel Marcinkowski a souhaité voir « MOUVANCES », la stèle de Martine Diersé, à la source de la Dunière - une œuvre sobre et dense qu’il a beaucoup appréciée...

Parfaitement adaptée au lieu, très belle dans ce paysage...

Et pour finir, les « Eoliens, orgues et sifflets » à Combier - une œuvre surprenante dans un paysage grandiose. Il a souligné la qualité du travail de Martine Diersé, y compris son volet acoustique, avec la possibilité de jouer des sifflets-ocarinas en bouchant ou ouvrant des trous.

Et, puis, bien que le vent soit très modéré, nous avons eu le privilège d’entendre les orgues - particulièrement sensibles, semble-t-il, aussi, au vent du midi.

Bref une visite dont la qualité semble avoir surpris.

En marge de cette visite, ont aussi été évoquées les programmations-résidences - des projets qui s’imbriquent, le remplacement de l’étape finale prévue d’un projet par la première étape d’un autre projet (2010-2011), suite à divers aléas, et finalement, la qualité sort gagnante de ces imprévus.

Où l’on a donc parlé de Sébastien Camboulive, de la richesse de sa résidence de juin et des réalisations qui en découlent, des médiations à venir et de l’exposition de restitution, fin octobre.

De grandes pièces qui ne peuvent supporter le froid extérieur des hivers baraquins...

L’idée émergente d’une présentation tournante de ces œuvres, en plusieurs lieux du département [6].

Et puis le projet « De l’écriture numérique à l’écriture transmedia » avec les programmations-résidences de Camboulive (à la charnière de « Mouvances » ), le travail avec Alexis Chazard et ses étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Valence, puis la résidence de Jean-Pascal Dubost...

Arzel Marcinkowski a perçu la jonction entre notre travail sur l’écriture numérique et notre travail sur les arts plastiques...

Une affaire à suivre.

Arzel Marcinkowski nous apportait 200 brochures...

Nous allons en donner à l’OT et en diffuser - après insertion d’une feuille intercalaire à usage local avec d’un côté carte de la commune et positionnement des trois sites et de l’autre une photo de « Mouvances », la stèle à la source de la Dunière, et une des « Eoliens »...

Un nécessaire effort de communication...

Jacqueline Cimaz


NB. A noter que reste posée la question des anciennes orgues. Nous pensions les enlever , mais personne n’ose le faire : la population tient à ses « Sonnailles », qui marquent de très anciens lieux de passage - une dimension commémorative rappelant les luttes d’antan pour la liberté de conscience. Réimplanter deux orgues de bambou, donc éphèmères à proximité des Eoliens comme l’a suggéré Martine Diersé ? A voir ...

Nous sommes ouverts à toute proposition à cet égard.



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[1] C’est Sébastien Camboulive qui est en résidence, déjà venu en juin et devant revenir en septembre

[2] De 200 à 250 visites pour chacune des expositions

[3] Région Rhône-Alpes, CDRA ValDAC, communes de Saint-Apollinaire-de-Rias, Châteauneuf-de-Vernoux, Saint-Basile, Saint-Jean-Chambre, Saint-Julien-le-Roux, Saint-Maurice-en-Chalencon, Véolia Eau Environnement, divers autres mécènes privés...

[4] pour Régine Froment, Michel Cimaz, Aurélie Ranc - alors que les panneaux de Jacqueline Cimaz et Fatima Mana ne comportent que les photos de la sélection d’Arles.

[5] Nous avons déjà en projet la publication du synopsis de Christian Bontzolakis pour "Mouvances", le spectacle théâtral présenté... Décidément, le projet « Mouvances » s’avère avoir été d’une telle richesse qu’il n’en finit pas de finir ...

[6] le privilège de la présentation initiale revenant évidemment au Temple des Baraques...



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Un réseau c’est aussi


la découverte d’artistes "locaux", où "locaux" renvoie là à une habitation continue ou intermittente sur le plateau et non à une catégorisation de l’oeuvre.

S’il s’agit d’"artistes", il s’agit de professionnels - formés - et ayant une expérience effective en matière de création.

C’est le cas de Sylvie Chaveyriat.

Jacqueline Cimaz


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D’une sculpture qui pour nous évoque une reine de Caroll à un hommage à Camille Claudel en passant par quelques belles vues d’un atelier lumineux, au toit végétal... (JC)


Au milieu de nulle part, une artiste...


En suivant Sylvie, sculpteure nous ayant invité à découvrir son travail et habitant une commune limitrophe, à deux pas de Saint Apollinaire de Rias, nous étions loin d’imaginer un bout du bout du monde à notre portée.

C’est après le village, en passant sous ses habitations, qu’enfilés sur une route sinueuse et dévalante, nous pénétrons dans une solitude végétale parfois si dense, que la lumière s’écrase sur les arbres sans les traverser. Sur des kilomètres, cernés de part en part, une route étroite tangible la sensation d’une chape de plomb sinuant le long d’à pic prétentieux.

En contre-bas du contre-bas, un petit hameau typiquement ardèchois avec ses pierres juxtaposées de savoir-faire déboule sous nos yeux.

A peine sortis des voitures, le paysage gronde d’orage. Une imposante sculpture en bois de cèdre trône d’être sur l’aire aménagée.


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Le corps, le couple, l’enfantement... et la rupture de la danse (J.C.)


Entre atelier et maison, nous découvrons in-situ le travail de Sylvie versifié à l’inspiration.

Nos yeux bavardent sur les oeuvres patinées à la cire, tâtent avec curiosité leurs rondeurs. Sylvie essuie le feu nourri de nos questions qui se poursuit autour d’une conversation apéritive chaleureuse, pendant qu’au dehors, Dantes déferle et s’abat sur le paysage.

Autour de la table paysanne, nous grignotons la lumière conviviale et débroussaillons doucement l’idée d’un peut-être pour une future exposition..

Fatima Mana






Le développement d’un réseau passe aussi, pour nous, par les activités de médiation développées autour ou au coeur des programmations-résidences - stage d’Arles ou ateliers terre, marque-pages, réalisés avec Martine Diersé...

C’est aussi la visite d’expositions en groupe (cf Kiefer, Annette Messager, Barcelo, Les amis de Nam Goldin...), les échanges avec les participants, des exposants, la recherche, la découverte et l’évaluation d’initiatives diverses...


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Alain Delarbre, sculpteur amateur, mais un très important travail de formation, Dominic Thirion, des années d’une recherche sans cesse poursuivie, l’approche, par Eric Delarbre, des ressources offertes par les hologrammes...


Des échanges intéressants, à condition de savoir où on se situe et d’où on parle... et d’éviter tout nivellement... . Une responsabilité vis-à-vis du public, et, tout particulièrement, du jeune public...


Jacqueline Cimaz





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D’un réseau à l’autre


-  

J’ai reçu par le lien de la MAPRA le fascicule arts plastiques 07 ... beau travail de réseau !!

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Un réseau mutuellement structurant

et merci pour m’y avoir fait figurer.

Régine Raphoz

NB. MAPRA/ Ardèche / Rias / Régine Raphoz et son Carrefour des Résistances... ou d’un réseau à l’autre.





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Un réseau structurant en arts plastiques


de par son existence, ses communications, ses relations et la réunion des structures.

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Un sommaire qui repose sur un réseau et l’active


Un réseau pour lequel la brochure éditée et diffusée constitue un référent, un outil de connaissance mutuel et un point d’appui notamment pour les rencontres avec les artistes.

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Deux belles sur les Rias au coeur du réseau


Une intitiative intéressante du Conseil Général, comme celle qui concerne le cinéma, et un beau travail de conception et réalisation d’Arzel Marcinkowski.

NB. La brochure





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Films documentaires, une politique départementale.


Plusieurs structures oeuvrant pour le film documentaire étaient présentes pour cette rencontre proposée par le département, dans le cadre de ses politiques culturelles.

Certaines de dimension nationale et internationale comme Ardèche/images ou l’association doc/net/films de Lussas dont l’objectif est la création documentaire de films réalisés sur l’Ardèche, offrant des fragments de réalités de ce département. « Le documentaire est un cinéma qui part et parle du réel pour y retourner. »

Les trois principaux critères de sélection pour être soutenu par le département sont :
-  La résidence
-  Le sujet avec une dimension documentaire de création
-  la diffusion.

Une structure propose la mise en débat de films documentaires lors de séances non commerciales favorisant le rassemblement des gens.

La plupart de ces structures cinématographiques mènent des actions pédagogiques et culturelles en faveur du cinéma avec pour support le documentaire.

Nous avons pu mesurer la vitalité des actions menées autour du film documentaire dans notre département ainsi que l’implication et le dispositif cinématographique porté par les structures.

Fatima Mana


Regards sur le réel


Celui de Christian Tran, bien connu ici, sur Picasso et Sima, "le modeleur d’amitié". La création dans son contexte, avec ses exigences...

Un autre film interrogeant la création - une interrogation qui n’en finit pas.

Ces regards dits, portés sur Largentière et ses mineurs. Choisir son réel, son époque et comment le dire... Un DVD commandé et attendu...


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Une conférence de presse et des débats qui traduisent la volonté d’"appréhender le domaine du cinéma et de l’audiovisuel dans sa globalité".

Lussas et le film documentaire [1], Aubenas et les cinémas d’Europe, Annonay et les premiers films accueillis de toute la planète, les associations, dont Ecran Village, à laquelle nous participons, et le dispositif "Collège au cinéma"...

Il y a aussi les offres de conservation et diffusion, les formations en liaison avec l’Université J.Fourier de Grenoble, les sociétés de production et distribution.... [2]


Une séance bien conçue et organisée avec ses projections, explications et la possibilité de poursuivre les échanges autour du verre de l’amitié à l’issue de la manifestation. des échanges riches et divers et des presque rendez-vous pris.


Arzel Marcinkowski avait diffusé le message d’invitation à tout le réseau des structures de diffusion des arts plastiques et visuels du département, à ce titre à l’association Les Rias.

Nous étions d’autant plus intéressés par ces apports que le volet II du projet Résonnances est projet film, et que Laura Monnier avec laquelle nous avons engagé le travail a été formée à Lussas ! Et puis le cinéma nous intéresse, la photo et ce numérique qui rapproche les divers champs et fait fructifier les interférences, éclater les cloisonnements pour l’intérêt du public et celui de la création. ...

Nous avons entendu avec un grand intérêt que la BDP, "prenant en compte la spécificité documentaire de l’Ardèche allait diffuser un fond de films.

La société Doc Net Films de Lussas édite des DVD. Nous envisageons aussi d’en offrir quelques uns à la Bibliothèque Municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias. De quoi intéresser et fédérer nos lecteurs de romans du terroir ou amateurs d’histoire et nos usagers du numérique souvent plus versés vers le documentaire et la poésie.

De quoi enrichir quelques veillées d’hiver...

De quoi susciter aussi de nouveaux regards et une implication plus informée vis-à-vis de notre projet vidéo...

Bref, un apport d’une grande richesse, dont il faut mesurer la portée...

Jacqueline Cimaz

NB. Une brochure -"Films documentaires, une politique départementale", a été diffusée. Une réussite après "Arts plastiques 07- Un réseau de structures de diffusion en Ardèche". Ces deux brochures sont en consultation à la Bibliothèque.





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[1] on pourrait ajouter "ses formations"

[2] Tous renseignements sur le site du Conseil Général et bien sûr par les divers moteurs de recherche

La visite au MAMAC


-  belle rétrospective Robert Longo, non pas des photographies comme il y parait, mais du fusain, un outil longtemps associé à la photo pour les retouches.

Une vidéo pour préparer la visite et le catalogue sur le site, où figurent de nombreuses œuvres.


Mais à côté de l’exposition, il y a aussi les collections permanentes ... avec, en particulier les très beaux Niki de Saint Phalle des années 60. Une biographie complète de l’artiste sur le site du musée... Et une plongée intéressante dans tout un pan de l’art moderne et contemporain...

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En plus un Musée où on peut appréhender les œuvres avec son appareil photo...

Et à l’entrée un grand Calder.

La collection des Klein aussi et des outils pédagogiques pour se l’approprier...

Des références communes à un groupe, au MAMAC, très visité, ou à diverses expositions de Supports-Surfaces...




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Le triptyque de Bussy-le-repos

ou la valorisation du patrimoine bâti ancien par l’art contemporain.

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Patrick Maury vient de déposer cette très belle oeuvre dans le chœur de la petite église, mi-romane mi-gothique, Saint-Pierre, de Bussy-le Repos, en Bourgogne. Une commune où François Boddaert est 1er adjoint.

Le public a été sidéré par l’accord parfait entre les proportions de l’oeuvre et celles de l’église.

Une nouvelle fois une création contemporaine enracinée dans un patrimoine séculaire devient, d’emblée, elle-même, patrimoine.

Jacqueline Cimaz





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Art contemporain et concertations plasticiennes.


Sous la houlette d’Arzel Marcinkowski, chargé de mission pour les arts visuels au Conseil Général de l’Ardèche, les structures Arts Plastiques soutenues par le Conseil Général, présentes à cette réunion, étaient invitées à dégager un axe d’intervention et préciser leurs attentes et propositions concernant un poste ou demi-poste à pourvoir, poste dont l’existence même pose celle du réseau des structures et annonce la volonté d’identifier, faire vivre et développer l’art contemporain en Ardèche.

A disposition des associations, il sera géré par un regroupement d’employeurs, avec la participation des structures impliquées pour ce qui concerne la communication commune et générale, et de plus, de certaines d’entre elles, pour des actions spécifiques, au prorata de leur besoins d’intervention.

Dans la conception de ce poste, est d’abord retenu le volet « médiation », c’est-à-dire, essentiellement, la présentation des oeuvres au public. .

La personne ressource qui l’occupera apportera son savoir-faire pour la création d’ outils d’accompagnement et sera notamment chargée de faire un lien avec l’Education Nationale et le public.

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Chaque structure présente sa position et ses besoins. La majorité d’entre elles font émerger des besoins concernant la communication, globale et particulière, à situer nécessairement dans le cadre de l’affirmation claire d’une volonté politique de promotion de l’art contemporain dans le département.

La promotion de pratiques amateures a du sens à l’intérieur d’une démarche de médiation par contre nombreux sont ceux qui s’élèvent contre le nivellement trop souvent induit par la presse non spécialisée et les organismes touristiques, entre ces pratiques et les recherches et créations contemporaines authentiques.

Arzel Marcinkowski finalise actuellement la brochure qui présentera les structures d’art contemporain sur le territoire et leurs actions. Sa publication et sa présentation devraient pouvoir contribuer aux clarifications nécessaires. Sa sortie est prévue fin septembre/octobre.

Fatima Mana et Jacqueline Cimaz





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Le bel envoi de Patrick Maury




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Au mois d’octobre, nous avons exposé au Temple des Baraques, treize "Plombs - anatomies imaginaires" de Patrick Maury.


Une exposition qui a intéressé, a fait réfléchir et a même suscité chez des personnes peu familiarisées avec l’art contemporain, des questionnements et rapprochements qui ont interpellé...

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En outre le travail de Patrick Maury, dont nous avons pu avoir une vision plus large, nous intéresse beaucoup...

Nous avions même risqué quelques simulations virtuelles pour à la fois mieux appréhender un lieu et mieux entrer dans l’oeuvre.


(JPG) Là Patrick Maury va exposer ses Plombs à Paris, un exposition brève et intense du 15 au 17 mai chez Isabelle et Vincent Wackenheim. (document téléchargeable ci-dessous).


A cette occasion, il nous a envoyé une invitation, avec une belle photo et un texte de Christian Doumet.


Un texte fort, un très beau texte, un texte si juste, dense et simple à la fois, que paradoxalement, il donne sens et profondeur à la lecture déchirante, trouée, profonde qu’avait faite Marie-Claude Gaillard des Plombs - anatomies imaginaires exposés aux Baraques.


Une même expérience de la douleur ?

Quelquechose dans ces oeuvres qui émerge et s’impose.


Des terres à voir et revoir,

et une très belle correspondance entre les sculptures et le texte.


plus qu’une complicité, un partage, un co-mouvement.


"Homme plombé dès le départ. Se connaissant troué." ...

"Qu’est-ce que cette paccotille d’organes compliqués ?" ...

"Son bouclier"... ...


"Vingt-trois mains grêlées qui sortent de la terre."


Que dire de plus ? Y aller et prendre du temps...


Jacqueline Cimaz





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Le texte de Christian Doumet
Coordonnées

Art contemporain à Vernoux : un évènement avec la projection du dernier Varda, LES PLAGES D’AGNES




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Un film ?

Sans conteste...

Mémoire, mais qui n’en a ?

Rétrospective, sans doute...

Surtout, une oeuvre plastique d’une richesse et densité époustouflantes...


Varda le dit elle-même : sa joie, lors d’une invitation à exposer, d’être reconnue comme plasticienne...

Et un parcours dans le film et du film qui est celui de son appréhension progressive de l’art contemporain et de son propre travail de création plastique...

De l’école du Louvre où elle étudiait Philipe de Champaigne et sa soeur, Cézanne et sa mère, pas loin de ce Pont des Arts, proche d’une autre école où enseignaient - peut-être quelques années plus tard - Carzou et Chapelain-Midy...


Et puis ses découvertes, ces découvertes dont on se construit [1]- outre Vilar et le théâtre, Magritte, qu’elle cite et re-cite - revisité par Christo ? - Dali et les miroirs de Gala, où, elle, Varda, met les Autres, Calder, l’évocation explicite du surréalisme, pas seulement par Artaud, la grotte-caverne, avec des textures entre Ernst et Brauner, Delvaux, Tanguy, les grandes femmes de Picasso courant sur la plage, de 1922, Messager et Niki de Saint-Phalle - et elle-même, Varda...

Narcissime cet auto-référencement ? Testament ?

Allons donc ! Re-travail au contraire du déjà fait [2], remise en perspective pour en construire d’autres lectures sinon une autre écriture avec cette capacité d’écoute, d’apprentissage et de création que les années continuent à former...

Un appétit de vivre, de découvrir, de transmettre aussi à ces jeunes qui l’entourent...

Faire fructifier la richesse acquise et qu’on se hâte de développer...

Une capacité de découverte, d’ouverture...

Les allusions à Adami, Monory, cette cour à la Pénone... Les cabanes, l’armoire, l’hommage à Bachelard... De la citation à l’appropriation, la transformation, le détournement, ces réutilisations qui font vivre les oeuvres...

Ce puzzle avec la photo de Gérard Philippe, ce beau passage sur le Flou [3]- et même au premier plan - qui nous évoque ces Rencontres photographiques d’Arles où nous irons cet été et ce stage prévu avec Meyer de Tendance Floue...


Flux - marées de Noirmoutier, fleuves et canaux parcourus, barque-passeuse à voile latine, réseaux -et ces filets qu’on ravaude [4] - transparences, surperpositions [5], cycles, répétition qui n’en est est jamais une, spirale [6], récurrences-ancrages qui font avancer...


Bref une richesse inouïe, une grande modestie dans la citation, les emprunts et l’auto-citation, le marcher-à-reculons des toujours nécessaires prises de recul- mais la conscience aussi de la qualité du travail de création plastique effectué, sans doute contre vents et marées, fidélité aux premiers choix, mais évolution et rupture - de l’art de la photographe à l’artiste photographe [7]...

Une contribution qui fait avancer ces problématiques les plus actuelles posées par l’évolution du monde, l’art moyen d’investigation, décryptage qui a posteriori parait avoir été prémonitoire...

N’est-ce pas ça la jeunesse ?


Avec le rappel léger mais fondamental de quelques valeurs dans le discours de la femme du boulanger, l’évocation du Sida ou la scène du départ en déportation des enfants juifs... Et cette tendresse pudique qui parcourt le film...


Bref, LES PLAGES D’AGNES parle. Une oeuvre qui marque, dense, polysémique... Une oeuvre dont on lit le trop rapide générique en pensant déjà à tout ce qui y est dit et qu’on n’a pas vu et avec le besoin de la revoir, tout de suite...


Ce qui est possible, sauf routes vraiment impraticables, le film passe dimanche 8 à Chalencon, à 20h30, lundi 9 à 21h à Vernoux, mardi 10 à 21h à Lamastre. A aller voir ou revoir...

Et puis, bien sûr, un trait indispensable pour souligner le rôle culturel majeur et irremplaçable d’Ecran Village.


(JPG) La conférence qui a suivi,

ce 6 février,

une excellente initiative qui a permis à

Antoine de Baeque,

écrivain, journaliste, éditeur, ancien chef des pages Culture du quotidien Libération, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma,

de situer le film dans l’oeuvre de Varda et l’histoire du cinéma, et, plus précisément, de la "Nouvelle Vague"...


Un apport utile et intéressant sur lequel nous ne sommes pas revenus préférant nous cantonner à un regard plastique sur LES PLAGES D’AGNES, plages ouvertes à l’écriture... L’oeuvre la plus récente d’Agnès Varda, photographe, réalisatrice et plasticienne...

Jacqueline Cimaz



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[1] cf Vygotski "Pensée et langage" (ed.Sociales), "Psychologie de l’art" (Ed La Dispute)...

[2] 100 fois sur le métier remettez votre ouvrage...

[3] enlever lui l’aile... dirait...

[4] Ravauder l’écriture, qu’on écrive avec les mots ou les images ou les deux...

[5] techniquement "incrustations" - mais qui évoquent pour nous l’oeuvre de Stéphane Couturier et son commentaire par André Rouillé, récemment présentés à la Bibliothèque de Saint-Apollinaire...

[6] dirait Wallon ou écrirait plastiquement Sébastien Camboulive

[7] cf André Rouillé "La photographie" Folio Essais -Inédit Gallimard 2005



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Relecture des Plages d’Agnès

trois jours plus tard...

"Sais-tu que le film m’a paru plus court ! Des strates révélées sur une attentivité plus vive, le regard qui accompagne différemment, beaucoup plus riche qu’une première fois puisqu’il sait...

Un moment de partage délicieux. Ton visage rivé sur l’écran écrivait ce que tu n’avais pas remarqué la première fois...

Et tous ces riassois..." [1]

écrit Fatima Mana...


Une relecture

-  où l’on s’attarde sur des dimensions nouvelles ou différemment perçues, comme la force de l’histoire et du mouvement social si prégnants dans le récit - les réfugiés espagnols, l’exode, l’occupation, les guerres d’Algérie et du Vietnam, le mouvement féministe, les Black Panthers - la prégnance des lieux de vie, de travail et d’amitié, Sète et les quartiers de pêcheurs, l’histoire du cinéma... Une reconnaissance aussi pour cette valorisation d’une culture qui a été celle de plusieurs générations...

-  où l’on conforte, rectifie ou précise la lecture artistique : Brassens, Valéry, ce toit tranquille non retenu, la maman et non la mère de Cézanne, Rauschenberg, Prassinos, qui revient,Viola, Brassaï, Bunuel et L’âge d’or, les textures vérifiées de la baleine, Boltanski convoqué, Della Francesca, l’art antique... Et la musique... Et ces trapézistes qui réécrivent une oeuvre moins connue...

-  et puis et surtout un regard plus disponible et attentif sur les installations d’Agnès Varda plasticienne, des piques colorées, aux évocations des disparus, aux veuves de Noirmoutier et à ces variations sur les cabanes jusqu’à cette cabane aux murs pellicules...


Après l’installation à la Fondation Cartier, à quand l’exposition à Beaubourg ? Ou au Musée d’art moderne dans ces salles où étaient exposés en 2002-2003 Matthew Barney et son Cremaster ?


Un film à voir si vous ne l’avez pas vu, un film à revoir si vous l’avez vu, un film à re-revoir dans quelques mois...

Pour les Rias, une nouvelle richesse partagée et de magnifiques et inépuisables références pour le modeste travail de l’image entrepris en bibliothèque [2]...


Jacqueline Cimaz


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[1] Effectivement, nos adhérents s’étaient déplacés en nombre ce lundi soir...

[2] Une bonne quinzaine de "Riassois" lundi, une dizaine d’autres vendredi... Il y a eu aussi dimanche à Chalencon, puis ceux qui ont vu ou verront le film à Paris, Lyon, Privas, Valence, Nantes ou Menton...

Quelque chose de très fort comme l’a été le travail sur Kiefer en 2007 et la visite de l’exposition au Grand Palais... Kiefer, Celan, Bachmann avaient nourri le travail sur les Résistances, Les Plages d’Agnès devraient enrichir le projet "Mouvances"...



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Rides de l’eau


Trois années de travail et la tentative, folle comme herbe, d’enfermer une vie de création, choix et réflexions, dans un livre, même grand, lourd et beau...

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Un livre-rétrospective, un livre trajet, parcours, itinéraire...

Un livre composé de trois livres, qui a pris trois ans de vie, avec l’aide de Michèle, et qui explique qu’on ait délaissé tout le reste...

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Son titre ? Mes mots - des "Connivences à bâtons rompus"- dans la présentation faite au printemps 2000 de la double exposition nimoise, "Guerre à la tristesse"...

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Une expression qui évoque ce rapport au temps, ces ruptures entre signe, concept et image dont parlait Axel Hémery dans ce même catalogue,avec

"cette matière mouvante et dynamique, envahissante et vertigineuse"

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avant de conclure :

"Astor se doit, plus que jamais, d’empoigner l’art à sa racine."


Là, c’est tout qu’il a voulu empoigner, et tant pis pour les Poires : la peinture, la vie, la Camargue, le monde, le temps...

Un livre complexe, non encore lu dans sa totalité, loin s’en faut... Un livre où on reconnait des œuvres et en découvre d’autres, un livre beau, dense, émouvant...

Un livre dont l’ancrage dans le local s’avère une nouvelle fois voie pour l’universel...

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Un livre de peintre dont nous pensons pouvoir faire une présentation publique à Saint-Apollinaire-de-Rias... [1]

Un livre où les œuvres parlent et dont la résonnance avec notre projet Mouvances s’impose et s’insinue à petite eau...

Jacqueline Cimaz




Après cette réception fondée sur des années de connivences, la découverte de Fatima Mana... Suivra bientôt de celle de Nicole Bertholon...

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Dans l’écrin géant, gribouillé à l’art du savoir-faire astorien, trois livres en lithographies et en mots, pesant de tout leur poids sur le possible de ces choses belles que l’on voit simplement à l’œil nu.

Bien sûr, parler sans qu’on n’y connaisse rien ou pas grand’-chose...

Mais dire que cette trilogie astorienne est une respiration qui donne un rythme à la belle illusion.

Une odeur de pin que l’on respire à la lumière de l’été.

Des couleurs et des mots à fleur de peau sur le drap de la toile.

Un soutien ; une dimension courage et peur qui force le respect avec son accent de sud pastel et sang.

Contradiction permanente qui toréait ses excès.

Un tourbillon vivifiant que ces rides de l’eau ou un doux clapotis où s’écoule un monde utopique ?

Peu importe ! Un bruit est là qui rassure.

Fatima Mana



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[1] dans le cadre d’une exposition ?

Rencontre du réseau arts plastiques


Cette réunion, proposée par les responsables de la culture du conseil général, et perturbée par de premières chutes de neige, avait pour objectif de faire connaître et présenter les structures Arts Plastiques aux élus du territoire concernés et de réfléchir à la définition d’un poste ressource pour la médiation...

L’objectif était bien sûr de pouvoir valoriser et accompagner les structures et leurs actions et d’impliquer les collectivités territoriales.

Les relations avec la DRAC Rhône-Alpes sont évoquées ; la volonté de les développer est manifeste.


Pour le poste à créer, le Conseil Général participerait à hauteur de 50%.

La personne nommée sur le poste serait une personne ressource pour ce qui concerne la médiation avec l’école et quelques autres partenaires institutionnels...

Elle n’interviendrait pas, par contre, dans l’animation du réseau départemental des structures...


(JPG) Chacune des structures associatives présente, intervient expliquant son fonctionnement et ses rapports avec les élus, ses attentes en matière de médiation et ses besoins par rapport au poste défini.

Jacqueline Cimaz, Présidente de l’association « les Rias », expose les relations des communes du canton avec l’association. Elle situe l’origine géographique de ses adhérents, et leur implication, justifiée par une démarche associative ascendante/ descendante qui articule flux et réseaux, recherche, création et implication.

Il semble par ailleurs que coexistent diverses approches de la médiation - de l’explication aux scolaires, éventuellement instrumentée- à une implication forte des populations tout-venant en fonction de modalités à inventer...


La réunion se termine avec la proposition d’aller à la rencontre des élus pour concrétiser la démarche départementale.

Fatima Mana



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Patrimoine et création en milieu rural


Une table ronde au Château du Pin, à Fabras, animée par Christian Bontzolakis...

Qualités de l’animateur ? Certainement ! Aucun doute là dessus...

Implication d’un public intéressé, avide de nouveaux apprentissages, des apports d’échanges multiples et divers... Certainement...

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Chacun a été frappé par le "non-formel", par l’authenticité et la sincérité de débats qui ont fait émerger la complexité des notions de "patrimoine" et de "ruralité", la nécessité de la "création", comme moyen d’appréhension et d’action, semblant, elle, une évidence très partagée...


Avec, aussi, cette remarque très intéressante de Christian Pourchaire évoquant le fait que des artistes différents, puissent travailler sur un même lieu, à quelques années d’intervalle, le faisant parler de manières différentes et dialoguant aussi entre eux de cette façon...

L’éternelle relation entre contextualisation et historicisation, appréhendée une nouvelle fois et de façon simple, forte et évidente...


Le pot offert a ensuite permis des échanges en petits groupes, une meilleure connaissance de chacun, l’exploration concrète aussi de travaux ou projets communs...

Une temps amical, fécond, riche, dans ce lieu où patrimoine bâti, patrimoine pictural et familial, patrimoine des jardins, création contemporaine sculptée de Martine Diersé, écrite de Christian Bontzolakis, diverse, des artistes et auteurs exposés ou accueillis, se croisent, se répondent et invitent...

Du contenu, du sens, de la densité, et de l’ouverture... Un bel apport - pour l’Ardèche certes, mais bien au-delà...

Jacqueline Cimaz

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Notes de Fatima Mana, à partir de ses notes et de quelques autres griffonages des Rias... Pour poursuite et élargissement de la réflexion...


« Qui que nous soyons, qu’est-ce qu’aujourd’hui le mot patrimoine ? » Ainsi débute la table ronde organisée par l’association « Colette Bonzo ». Question posée par Christian Bonzolakis pour ouvrir le débat. Son approche de la définition étant :  « Pour moi, le patrimoine c’est ce que j’aime. » Il invite les uns et les autres à s’exprimer.

-  Autres réactions à propos de "patrimoine" :

-  c’est se reconnaître avec des valeurs partagées ce qui est commun et qui se partage valeurs fédératrices à transmettre
-  le patrimoine est aussi et d’abord patrimoine immatériel, culture, traditions, savoir-faire, expériences, solidarités, valeurs... L’art contemporain est bien reçu par la population s’il répond et résonne aux préoccupations des gens."
-  Le patrimoine est quelque chose qui nous forge ou nous a forgé. Fort de son propre patrimoine, on reconnaît le patrimoine de l’autre.
-  Le patrimoine est une trace, une valeur, un repère, une référence...Le patrimoine se fait tous les jours.
-  Avant tout, le patrimoine est contemporain. Ce qui important c’est d’avoir fait quelque chose qui va rester. Patrimoine : notion d’héritage du passé- notion d’identité.
-  La création est un moyen de faire vivre le patrimoine, la création transforme le patrimoine. Elle est un moyen de connaissance et d’appréhension du réel.
-  Patrimoine industriel, fluctuation du sens suivant les pays, l’époque... La façon dont on se relie aux choses...
-  Restauration, conservation et création...Patrimoine, ruines et mort...
-  Conception du patrimoine et projet de société, de civilisation...
-  La recherche ou construction des racines...
-  Patrimoine et déchets d’une société...

-  Milieu rural.

-  Est-ce que le mot "rural" a un sens ? Quelles différences dans les modes de vie ?
-  P.O.S. hauteur des constructions et mitage de l’espace rural...
-  La ruralité est une définition quand on est à l’extérieur.
-  Le regard à l’environnement est plus lent.
-  Le sentiment de sauvegarde rural est récent.Qu’est-ce que l’on a envie de garder, de voir disparaître ou de transformer ? Comment fonctionnent les cultures dans nos régions ?
-  Est-ce que vivre dans ces régions modifie la culture ?
-  Etre ici pour soi, faire les choses avec les gens. Le rapport au public est différent, l’échange est à l’échelle humaine. Mais la vie de quartiers..

.... Mais si le contenu de la notion de "ruralité" est difficile à cerner, personne n’a remis en cause la nécessité de valoriser la culture de la population dans toutes ses composantes et partout, et de développer partout et pour tous, une offre culturelle de qualité...

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Une rencontre très riche que ce temps de questionnement- réponse orchestrée magistralement par Christian Bontzolakis.

Au sortir de cette réunion, les participants continuent les échanges dans la cour du château, autour du verre de l’amitié...

Fatima Mana




Un message de Claude Vernet aux Rias :

"Ces quelques mots de façon à contribuer au patrimoine que nous maintenons et alimentons à l’aide de nos échanges tels que ceux de samedi au Château du Pin.

Oui, car c’est à un patrimoine (non matériel mais culturel) auquel nous avons participé et construit.

D’ailleurs, ces journées du patrimoine sont partie prenante et productives de patrimoine.

Il est un lien entre patrimoine et résistance.

Je ne veux pas parler là des objets patrimoniaux(les pierres, bâtiments, livres, films, tableaux, bijoux, porte-clefs....) mais de ce qui vit dans les rapports à ces supports (parfois des héritages).

Sans une relation des êtres à ces choses, le patrimoine est potentiel et non constitué, telle une tradition non assumée. Un squelette sans chair ni nerf.

Il est patrimoine parce que partagé, nourri en même temps qu’il nourrit, forgé en même temps qu’il forme.


La résistance est de même une attitude, non sans travail intérieur, culturel et moral, se cristallisant dans des concepts, avant éventuellement, de se dégrader dans un intellectualisme abstrait.

Le patrimoine vivant est engagement, lien et partage. Alors les frontières et standards sont mouvants, n’entravant pas les mouvements des consciences.

Ainsi la création est indissociable d’un véritable patrimoine et d’une vie de résistance.

Je tenais à vous en faire part, vous qui maintenez et construisez à travers vos pratiques, un patrimoine vivant de qualité.

Merci."





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Réunion avec Arzel Marcinkowski


pour mise en commun des projets 2008, 2009 et, éventuellement 2010 et réflexion sur des modalités et outils de structuration.

Une réunion riche où se sont exprimés le besoin d’une volonté forte en ce qui concerne le développement des arts plastiques, le désir d’un soutien au travail de qualité et à sa pérennité, l’aspiration à une cohérence dans le temps fondée sur des objectifs artistiques...

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Des contacts aussi, en marges ou en coulisses, qui tendent à conférer peu à peu à ce réseau la réelle consistance d’un travailler ensemble, enrichissant pour tous et pour chacun...




" Nouvelle concertation organisée par le Conseil Général en faveur des arts plastiques... et préparation d’une rencontre avec les élus...

La première heure de la réunion est consacrée à la présentation des projets 2009 par les différentes structures oeuvrant pour les arts plastiques et porteuses de projets.

Sont présentes : Fabras- Jaujac- Les Rias- Le Pont d’Aleyrac- le château de Vogüé- le Sentier des Lauzes et l’espace culturel Olivier de Serres.


Pour les Rias, Jacqueline Cimaz, présidente de l’association, présente le projet 2009, mettant en avant  « la lenteur positive qui implique les gens ». ( nouveau projet- cheminement- étapes), du "Carrefour des Résistances" aux orgues à restaurer et à une nouvelle oeuvre aux sources de la Dunière.

"Mouvances", travail des reflets, ombres, transparences... La préparation collective en amont avec ses jalons, voyages, formations...

Chaque structure présente son ou ses projets...



Lors de cette rencontre, l’accent est mis sur les perspectives, notamment la création de dynamiques en partenariat avec les élus, au travers d’une plate-forme d’échanges.

En présence des responsables de structures porteuses de projets, ils seront invités à une table ronde...


Afin de faciliter les échanges, il est proposé la mise en place d’un réseau, dans le cadre de la programmation, pour disposer d’un outil de communication informant l’ensemble des structures. Un moyen de rayonner sur tout le territoire.

Se faire connaître donnera une légitimité aux instances locales et la proposition d’orientations aux élus facilitera la prise de décisions opérationnelles."

Fatima Mana





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Passeurs d’art du Plateau


Une semaine après la soirée consacrée au "Carrefour des Résistances", quel bilan ? Quelles réflexions ? Quels enseignements ?


D’abord, la vox populi : il y a longtemps qu’on n’avait pas vu tant de monde au Temple des Baraques !


Et au carrefour des chemins communaux de Leyral et d’Echiol, jamais, bien sûr, du moins depuis quelques siècles...


La diversité du public est aussi notée... Diversité culturelle, diversité sociale, des âges...


La présence d’artistes, écrivains, scientifiques, est soulignée...


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Nous titrions il y a quelques temps : "Examen de passage réussi pour l’art contemporain en milieu rural."


La mobilisation et les commentaires de tant de ceux qui comptent dans les arts et la culture, et notamment de jeunes, le confirme.


Notre plateau rural n’a rien d’un désert culturel, l’intelligence, la réflexion, la sensiblité et l’ouverture y sont bien vivantes.


La présence du monde de l’entreprise a également été soulignée, l’affirmation, par de là les dimensions économiques et sociales, de son rôle culturel...


Et bien sûr les fonctions des Rias, avec cette diversité qui fait la richesse de l’association, carrefour de cultures, pensées, solidarités...

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et l’essentiel, l’oeuvre qu’a réalisée Régine Raphoz, dans ce contexte, et en suivant son propre parcours, avec ses propres références, cette oeuvre, qui aimante ce que chacun y met et incarne cette force collective et multiforme qui traverse les siècles, tendue vers l’à venir, un avenir inconnu et inédit, à créer.

Art contemporain où chacun s’est reconnu...

Enrichissement du patrimoine communal et intercommunal...

Totems passeurs d’art, comme le souligne Edith Pourchaire...






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Patrimoine et création en milieu rural ou faire fructifier le 5 pour le 20...


La présentation du Carrefour des Résistances, le retour sur la démarche des Rias, la découverte par tous de l’oeuvre de Régine Raphoz, de la qualité du travail fait à Jaujac de 2002 à 2008 avec Christian et Edith Pourchaire, l’aperçu des ressources de l’artisanat d’art avec Patricia Picard, ces images, ces échanges - qui convergent mais apportent tous une note personnelle...

Comment prendre du recul, pour que le contenu de cette soirée puisse enrichir la réflexion le 20 [1] ?


Nous vous invitons à nous faire part de vos remarques, suggestions, questions, en envoyant un courriel ou en venant dire ou écrire en bibliothèque ou communiquer une image...

Le dimanche 14 nous serons présents avec nos publications, diaporamas... au Forum des Associations organisé par l’Office du Tourisme du Pays de Vernoux.

Des temps de lecture et ateliers d’écriture sont prévus. Ce peut aussi être l’occasion d’échanges directs...





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[1] cf article ci-dessous

Patrimoine et création,


une inititiative intéressante, celle de l’Association Colette Bonzo, en réponse au choix du Ministère de la Culture pour les Journées Européennes du Patrimoine [1].

Ce thème est si proche des préoccupations de l’Association Colette Bonzo que celle-ci propose, "en poursuivant un brin la phrase", de parler "Patrimoine et création en milieu rural".


Le samedi 20 septembre 2008, à 16 heures, aura donc lieu au Château du Pin, à Fabras, un débat que nous souhaitons ouvert, animé et sans langue de bois [2]... et " avec votre présence active ", écrit Christian Bontzolakis aux associations et personnes qu’il invite...


Il poursuit :
-  "Les intervenants ? Des créateurs, toutes disciplines confondues, des élus et des responsables de structures, associatives ou non, travaillant en milieu rural." [3]


et propose

-  "Quelques pistes de réflexion autour desquelles s’articuleront les échanges et les témoignages :

-  Qu’entendre aujourd’hui à travers le mot "patrimoine".
-  Il y a milieu rural et milieu rural : quels sont les nôtres.
-  Les lieux d’action : architectures (anciennes ou contemporaines), extérieurs (jardins, nature, espaces publics...).
-  Les atouts et les handicaps liés à l’implantation en milieu rural.
-  La sensibilisation des élus aux actions culturelles liées au patrimoine en secteur rural.
-  Le rôle et les activités des associations et des structures dans ce secteur.
-  Comment et pourquoi des créateurs travaillent-ils en milieu patrimonial et/ou rural."




Des questions qui recoupent celles que se posent Les Rias dépuis des années, dont certaines ont également donné lieu à réflexion au sein du CLD ValDAC...


Nous insistons en particulier sur le patrimoine humain, immatériel, de notre plateau constitué de savoirs, de savoir-faire, d’une langue et de tournures linguistiques spécifiques, de "romans" sinon "familiaux" du moins locaux, d’un passé et de mémoires historiques croisant les temps forts [4], de traditions et valeurs partagées...

Notre expérience porte aussi, par delà les contenus, sur la collecte elle-même de ces contenus de mémoire, sur la valorisation de ce patrimoine humain immatériel.

Ce qui nous a conduit à situer la création non seulement comme prolongement ou épiphénomène à partir de ce patrimoine [5], moyen de renouvellement, de vie et de développement, mais d’abord comme moyen d’investigation, d’appréhension, de connaissance de ce patrimone [6], investigation qui en l’appréhendant, le transforme, est action [7].

Nous pourrions aussi insister sur le rôle formateur de l’engagement dans un processus de création ou de simple appréhension d’oeuvres d’art [8] - ce qui est connu [9] - mais que nous avons pu vérifier à tous âges - et sur l’importance et la richesse du travail collectif (ou d’équipe) en ce domaine [10]


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Nous avons aussi constaté, au cours de notre travail, que la littérature et l’art contemporains sont non seulement acceptés mais aussi utilisés par la population quand ils s’inscrivent dans les préoccupations des gens, quand ils permettent de mieux cerner des questions qui se posent et de construire collectivement des réponses - dans le cadre de projets soutendus par des valeurs partagées, valorisant le patrimoine commun et le faisant vivre en le dépassant...




Des questions à approfonfir... au fil du temps, en évitant de disperser les efforts, et en mettant à profit des rencontres et échanges qui ne peuvent être que mutuellement enrichissants. C’est pourquoi nous pensons répondre positivement à l’invitation de Christian Bontzolakis, pour le 20 septembre.




D’ici là, il va de soi que nous invitons nos adhérents et amis, à nous faire part de leurs remarques et idées, et à nous envoyer leurs contributions, sous la forme de leur choix [11]...


Jacqueline Cimaz



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[1] "Patrimoine et création", 20 et 21 septembre 2008

[2] Ce qui rejoint la volonté des Rias d’éviter l’enfermement dans l’expertise, en incitant, y compris les personnes dans la précarité -et pas seulement les artistes dans la précarité, à s’exprimer, à s’impliquer et à agir...

[3] Durée approximative de ces discussions (enregistrées pour être ensuite versées aux Archives Départementales de l’Ardèche) : trois heures.

[4] luttes pour la liberté de conscience, défense de la République, Résistance contre le nazisme, l’occupation, la traque, la déportation et l’extermination...

[5] comme processus de valorisation

[6] cf le débat de 2007 avec Bernard Stora, à propos du film "Le grand Charles", "L’imagination, outil d’investigation historique", où il montrait que la fiction permettait même d’anticiper, de découvrir, la vérification historique confirmant a posteriori

[7] cf la réponse de Picasso à l’Officier allemand qui, davant Guernica, lui demandait "C’est vous qui avait fait ça ?" : "Non, c’est vous !"

Moyen aussi de vivre avec l’insoutenable comme le disait J.Semprun au retour de Buckenwald, ou comme le montrait Resnais avec "Hiroschima, mon amour"...

[8] les "retombées" des processus de médiation, ou plutôt, les effets pour chacun d’une implication collective et personnelle

[9] cf Lev Vygotski "Psychologie de l’art" (traduction Françoise Sève), editions La Dispute), reste au centre des préoccupations de beaucoup d’enseignants (cf "Poésie et arts à l’école", collectif, coordonné par J.Cimaz, CRDP Languedoc Roussillon, 2002)

[10] cf la notion "d’intellectuel collectif" de Bourdieu, mais aussi la remarquable approche de Jean-Daniel Reynaud, dans "Les Règles du jeu : L’action collective et la régulation sociale", Armand Colin, Paris, 1997.

[11] Par ailleurs, il serait bon que ceux qui souhaitent aller à Fabras ce jour, se fassent connaître, ne serait-ce que pour l’organisation d’un co-voiturage _



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13èmes Estivales au Château du Pin




Le Chateau du Pin, à Fabras, est un lieu d’art vivant, de recherche et création contemporaines. Il s’y fait des expositions, des stages et des publications. L’association Colette Bonzo, qui organise ces activités est éditrice.

Nous avons été séduits depuis plusieurs années par la qualité du travail qui s’y effectue, travail artistique et travail de la médiation.

Ainsi l’été dernier, en 2007, l’association Les Rias a organisé une visite à Fabras. Récemment nous étions plusieurs à voir "Chapeau" à Privas. Là nous avons répondu à l’invitation pour l’inauguration des 13 èmes Estivales...


Bientôt, nous allons pouvoir mettre en oeuvre, avec Martine Diersé, le travail prévu sur le livre d’artiste, un temps différé...


Nous livrons nos impressions, notre enthousiasme pour le travail fait, la rigueur, la force, l’authenticité, la volonté d’associer tous les publics...

Nous invitons nos adhérents et autres lecteurs à aller voir sur place à Fabras cet été, ces expositions et les publications, en s’adressant directement à l’Association Colette Bonzo - (courriel : bonzo@ifrance.com - Site : www.chateaudupin.org...)



Voici donc le récit de cette soirée méritée (se munir d’une carte pour y aller) et quelques impressions, sur le vif...






Le récit de Fatima Mana


"Un chemin s’ouvre et veine une végétation luxuriante, nous mène vers la demeure séculaire.


A ses pieds, pentes douces ou abruptes invitent la curiosité à se promener, se faufiler dans les méandres végétales du jardin. L’oeuvre de Martine Diersé se repose sur l’herbe où surgit de derrière un rosier en exil.

Juchées sur l’armature armure, allongées sur la terre nourricière, corps et bouquets de céramiques se visagent, délimitent, orientent le pas.

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Les grandes sculptures de Jean Bernard Millau lissent leurs rondeurs féminines. Soclées, en apesanteur, elles regardent passer le visiteur.


La cour du château reçoit son monde, l’esplanade pousse l’espace délimité par un petit muret encore guilleret.


Sous la vieille façade, Christian Bontzolakis rend hommage au sculpteur de verre Annet Perrin dont une de ses oeuvres apprivoise le temps, accrochée à la pierre. Christian Bonzolakis parle de la matière qui irise la lumière.

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Des liseurs de textes disent des extraits de Hubert Sterin, Patrick Combes et d’autres. Sous la lecture, quelques phrases isolent leur particularité :

« puis bien voir les lumières s’installer »

« la taille du caillou est comme une pierre »

« les pierres gardent sans prétention la vue étriquée, engoncée... »

« les mots peuvent-ils dirent le réel ? »

« la création est un état de guerre ».


Puis l’heure apéritive rencontres et retrouvailles autour des livres."






Interview impromptu de Jacqueline Cimaz par Fatima Mana


FM : - Depuis des années, tu suis et aimes le travail de Martine Diersé ?

JC : Une jardinerie qui n’a rien de décoratif. Dans les beaux jardins du château du Pin, des bornes, des interrogations, des rappels, d’autant plus insolites, lancinants et violents que plus liés au végétal, au minéral, fouaillent le temps, la vie, la mort, le sexe, la femme.

L’apparente quête du végétatif, ces fleurs de céramique mêlées aux fleurs, inscrit au contraire la rupture, la différence, l’illusoire du retour récurrent à l’idée de Nature...

Le choix de l’accompagnement par les verres posés d’Annet Perrin, ce fils d’opticien, traquant l’opacité de transparences minérales souligne le paradoxe... Sans référence aucune à Spinoza ?

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FM : - Tu évoquais une "boîte ?"

JC : Les boites me fascinent, ces mises en boîte du monde, celles des noniales ou de Léna Vendrey [1], construire l’oeuvre avec des "objets" ou mettre les objets dans l’oeuvre comme ces poissons secs traversant les installations de François Giovangigli. [2]


Tout cela pour dire que j’ai beaucoup apprécié, à l’intérieur du château, la boîte aux poupées (sans allusion aucune à Bellmer) [3] et autres arrangements ou mises en scène et en espaces de Martine Diersé...


Et ce beau petit livre couleur de cornichons dressés...




FM : - Annet Perrin ?

JC : La photo d’oeuvres - oeuvre veinée notamment, a aidé mon regard...

L’interrogation aussi de l’apparent "posé n’importe comment" par Martine Diersé qui, justement, ne pose rien n’importe comment... Comme une loupe ou le jumeau de l’opaque ou le capteur d’une énergie re-dirigée... pour mieux voir le monde avec cette épaisseur historique qui émerge du très beau petit livre de Christian Bontzolakis - "Annet Perrin, sculpteur de verre" (Edition du Pin)... La lumière, l’énergie, la vision...

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Un petit livre à lire absolument, une clé pour appréhender l’oeuvre d’Annet Perrin, un livre chaleureux, instruit, éclairé, une écriture qui coule l’énergie, tisse les angles d’approche et fait émerger le sens, comme évidence transparente...




Hubert Stérin ?

JC : Je n’en avais jamais entendu parler. Je l’ai d’abord reçu comme Picabia dont la soeur m’enseignait le piano forcé, avant la rencontre au musée PAB, à Alès, quelques décennies plus tard.

Et puis j’ai découvert la salle. Matériaux de pauvre, oeuvre riche - dont on s’étonne qu’elle n’ait pas été connue... oeuvre où la création transcende et distancie l’affectif qui parcourt les carnets.

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Oeuvre datée d’un peintre à jamais jeune et qui témoigne, une nouvelle fois, comme l’écrivait Jouffroy à propos de Van Gogh, que la création exige conscience, travail et réflexion...

J’ai lu "Hubert Stérin, peintre et écrivain", le bel et émouvant travail de Marie-Christine Clément... Et les textes de Stérin, aux accents ducassiens [4]




FM : - Tu dirais ?

JC : Félicitations ! Par delà le devoir de mémoire, l’approche si proche du jumeau, la reconnaissance de l’oeuvre, c’est un apport patrimonial et artistique dont il aurait été fâcheux que l’on soit privé...

"...supuesto que queda como etimologicamente debajo, de base, y como tal sobreentendido, pero que se vuelve ostensible cuando, de terror, ni se crece de veras ni nadie verdaderamente se enriquece hasta que alguien, en algun momento, pensaba, lo volviera a entender, a reconecer."

Marcelo Sztrum [5]




FM : Et ensuite ?

JC : Je reviendrai éventuellement sur d’autres oeuvres picturales ou textes, après lectures... Il faut du temps !

En remerciant déjà Patrick Combes pour ce moment de références partagées entre mouettes, sel et murs blancs, et Deluy...

et Christian Bontzolakis pour son travail de création, d’orchestration et de médiation... [6] et son écriture... [7]





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[1] présentées à Pont-Saint-Esprit, il y a plus d’une quinzaine d’années par Alain Girard, alors Conservateur des Musées du Gard Rhodanien, et intervenant à l’Université d’Avignon, avant même la création du Musée d’Art Sacré de Pont Saint-Esprit

[2] Exposition à Pont-Saint-Esprit, à la même époque, également organisée par Alain Girard

[3] "Mais on pourrait évoquer ce " théâtre entrebaillé, où, sous un chiffon, apparaissent les corps de poupées en bois, des marionnettes habillées pour des jeux d’enfants. Ces maquettes de maisons qui accompagnaient les Egyptiens dans leurs tombeaux : elles sont en terre cuite. Dînette d’enfance" que met en scène Christian Bontzolakis dans "Théâtres"

[4] cf "Les chants de Maldoror", Isidore Ducasse, jeune mathématicien, comte de Lautréamont...(la rencontre de la machine à coudre et du parapluie sur une table de dissection, c’est lui...)

[5] extrait du livre cité

[6] sa valeur d’exemple et d’encouragement, pour nous, à persévérer...

[7] Une densité ! "Mandibule" - ses extraordinaires références picturales, et historiques, souvent à demi-mots... Inaudible Frida, la robe de chambre de... ? Et Braüner et Buñuel ? Et cette scène où chacun convoque qui il veut - pour moi, Julius et Ethel Rosenberg, Sacco et Vanzetti, Mumia ou d’autres...

"Théatres", juste amorcé... de "la Bête dans la jungle" de Colette Bonzo aux entailles noires des bois de Martine Diersé...



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Les arts plastiques se maillent


ou nouvelle réunion de

Concertation engagée par le Conseil Général de l’Ardèche avec les structures oeuvrant dans le domaine des arts plastiques

(JPG) Ce vendredi 4 juillet, l’association Les Rias était présente pour la synthèse de la concertation revenant sur les besoins, les enjeux et les perspectives, dégageant des axes de coopération possible et redéfinissant la politique départementale pour les arts plastiques.

L’Art contemporain s’inscrit dans les politiques territoriales...

Les questions de structuration, mises en réseaux, outils d’accompagnement sont posées au travers notamment de l’organisation des résidences d’artistes, de la communication, de la diversification des partenariats...

La mise en place d’une plate-forme d’échanges et de tables rondes avec élus, artistes et associations peut faciliter la recherche des réponses possibles.


Le tour de table des structures oeuvrant dans le domaine des arts plastiques permet de mettre en commun ressources, actions et préoccupations.

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Une extraordinaire richesse partagée...




L’intervention des Rias :

Jacqueline Cimaz, présidente de l’association évoque démarches, projets et actions futures des Rias comme celle du livre d’artiste, d’une restauration des orgues éoliennes enrichie d’apports techniques et artistiques (cf orgues marines de Zadar), ou d’un sentier d’art croisant le sentier de découverte en voie de réalisation.

(JPG) La question pour ce "sentier" ou ces "jalons" étant d’abord celle de la recherche des lieux « qui parlent » le plus (cf le Carrefour des Résistances)

Pour les Rias, la médiation n’est pas une simple démarche didactique et explicative, mais l’articulation continue au travers de projets se déployant dans la durée, de démarches ascendantes, valorisant un patrimoine humain immatériel (pour lequel le patrimoine bâti, avec les friches industriels notamment, est surtout support pour l’exploration mémorielle et l’évocation ) et de démarches descendantes mettant à la portée de tous des recherches et créations actuelles et de grande qualité.

(JPG) Comme le théâtre, l’écriture, la poésie, l’art contemporain parle aux gens lorsqu’il est en phase avec leurs valeurs et les questions qu’ils se posent ...


Jacqueline Cimaz revient sur les conditions de fonctionnement d’un réseau :
-  ouverture, souplesse, communication, travail collectif, apprentissages et réflexion dans la durée,
-  quel que soit le domaine concerné ( art et nature , mais aussi le livre d’artiste, l’image ...), en fonction d’objectifs de finalisation et médiation.


Cela peut être facilité par
-  l’expression commune du réseau au travers d’un projet global, ambitieux, rendant plus lisible l’art contemporain, comme le thème proposé de la couleur (la couleur du temps !),
-  l’existence d’un lieu comme un artothèque qui puisse aussi mettre des documents à disposition,
-  et la création d’outils tels une plaquette identifiant les structures, un site, ou un réseau de sites Internet...


La question du recrutement d’un animateur chargé de contribuer aux démarches de médiation dans les diverses structures reste en suspens... (difficulté de travailler la médiation de l’extérieur si elle ne l’est pas en interne ?)


Deux rencontres sont prévues dès la rentrée :

-  la première le 2 septembre pour étude de la notion de plate forme d’échanges avec pour thème :
-   comment travailler sur la médiation ? Comment travailler sur l’événement  ?
-  la seconde qui aura lieu en octobre proposera une table ronde avec les acteurs du territoire.


Fatima Mana, Jacqueline Cimaz

Photos Fatima Mana , Jacqueline Cimaz, Michel Cimaz





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LES OBJETS NE RESTENT PAS TOUJOURS A LA MEME PLACE

Un texte de Jean-Gabriel Cosculluela, dédié à Michel Duport...


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Ici, la peinture ne fuit pas la peinture, mais elle fait littéralement le mur pour être dans l’espace d’un lieu, ses intervalles, ses tensions : mur, sol, plafond, et air ou vide, pour se dire dans toutes les dimensions et dans tous les sens. Littéralement et dans tous les sens, avance déjà Arthur Rimbaud, au poteau des couleurs.

La peinture fait littéralement le mur, elle s’échappe et traverse l’espace et l’espace du regard resté trop longtemps frontal. La peinture n’est plus seulement l’espace du peintre, mais déjà aussi celui du visiteur, du regardeur. Le peintre ne parle-t-il pas lui-même de se déplacer pour rejouer la peinture. Le peintre et le visiteur, le regardeur déplacent et rejouent la peinture.

Le peintre ne connaît-il pas les mots de Dante Alighieri : move cio ch’el tocca cosi non soglion far il pié d’i morti, (faire) bouger les choses que l’on touche ainsi ne font point les pieds des morts ? La frontalité s’efface et se créent d’autres perspectives ou se renversent.

Ici, la peinture fait littéralement le mur et les objets ne restent pas toujours à la même place, je reprends des mots du peintre, la peinture et ses objets s’exposent dans le détail, dans le particolare.

Le peintre fait métier d’ignorance, mais sait la peinture décalée et inéluctablement disséminée dans le lieu. La peinture, avec ses déplacements, sa dissémination, emprunte peut-être à l’architecture, à la sculpture ou même à la danse, mais ce ne sont qu’emprunts momentanés, elle continue à se risquer peinture.

Le lieu d’exposition poursuit le travail de l’atelier, rend en un incertain sens l’atelier plus visible. De reproducteur, l’artiste est devenu constructeur d’un nouvel univers d’objets, précise Lazar Markovich El Lissitzky, l’inventeur du proun (1).

Objets : volumes et formes peints, toiles, bois, plâtre, céramique, bronze.

Ici, la peinture fait littéralement encore le mur dans le parti-pris des couleurs, des couleurs monochromes, le peintre finit par y donner une autre grammaire de la peinture au visiteur, au regardeur : la polychromie. Dans les couleurs qui ont toujours du vide, des intervalles, du jeu entre elles, le peintre cherche à découper à vif dans la couleur, pour reprendre les mots d’Henri Matisse ou ceux mêmes du peintre la violence amoureuse de la polychromie. Il y a du vif, du jeu dans le lieu.

La peinture fait littéralement le mur et c’est une peinture d’attention au moindre décalage, déhanchement, au moindre déplacement, à la moindre intensité. Tout autant qu’avec le peintre, avec le visiteur, le regardeur, la peinture donne à voir, à se saisir de l’insaisissable, de la dynamique qui l’habite ; la permutation des objets, des formes, des couleurs y est toujours latente, l’attente aussi.

Comment c’est la peinture, en plein milieu du commencement ? Commencer la peinture ? Comment la peinture continue-t-elle d’exister au milieu des images ? Au fond, - mais où est le fond dans tout ça ? - tout est renversé, il n’y a peut-être pas de fond, la peinture et les perspectives sont renversées, elle renaissent dans le vertige. La peinture fait le mur pour se saisir du lieu et de l’espace insaisissable. Ca peut aviver l’émotion, le spirituel dans l’art, même si le peintre rentre en conflit avec ça, n’est-ce pas ? Les objets ne restent pas toujours à la même place, tout ça tient dans le vertige.

Après avoir fait le mur et le regard dans l’espace, le peintre, dans la matérialité toute pongienne de la peinture, - volumes, formes, couleurs, vide, intervalles, tensions -, le peintre n’oublie jamais l’objet même de la peinture : la peinture. L’intervalle n’est pas le vide qu’il paraît être, c’est un plein : un invisible plein où s’accumule la tension... l’intervalle est le lieu d’un échange, d’un croisement qui peut aller jusqu’à la métamorphose de l’invisible en visible, et pourtant rien n’a lieu dans ce lieu que le lieu, précise Bernard Noël. Il en approche sans cesse le vide, les intervalles, les liaisons rythmiques qui s’y créent. Rien n’a lieu dans ce lieu que le lieu : la peinture s’expose et aussi le peintre, le visiteur, le regardeur. Ne serait-ce que le lieu de ce vertige.

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La peinture est dans l’air d’un lieu et dans ce qu’il manque à l’image d’inconnu. Le peintre ne peut l’oublier, quand le tableau ne peut plus littéralement s’encadrer lui-même et qu’il se sépare du mur. Il suffit alors de suivre la peinture du regard. Dans l’air. Le vide n’a plus de fond.


Jean Gabriel Cosculluela 13-15 mai 2008


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[1] proun : acronyme (en russe) de « projet pour l’affirmation du nouveau »

Le peintre c’est les autres


Une belle double exposition Astor à Bagnols-sur-Céze...

Des peintures à la salle Saint-Maur, dans un Centre d’art que l’accueil d’un mariage rend quelque peu insolite... Quel cadre pour les mariés !

De ces peintures , certaines sont connues, d’autres plus récentes. Un travail considérable, un très bel ensemble où l’on glisse des "Rides de l’eau" à la luxuriance de l’inédit avec la rencontre d’une plume et d’un fauteuil sur herbe de Camargue, rayures et profusion des jaunes...

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A la médiathèque, au haut de l’îlot de Saint-Gilles, des peintures, mais surtout des pages du livre - magnifiques...

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"C’est la couleur qui se lève" - comme lève le pain...

Un ensemble riche, nouveau, surprenant dans cette petite ville gardoise qui a repeind ses vieilles portes...

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A voir, absolument... Renseignements sur le site d’Artopi...





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Concertation départementale




Une dernière réunion a eu lieu ce 30 janvier ...

Pour nous, il s’agissait d’avancer dans la conception de la mise en réseau, de préciser des modalités d’élaboration d’un projet global, et de définir des moyens, humains et matériels, pour que ce dispositif puisse fonctionner ...

(JPG) L’idée d’irriguer le territoire par un projet commun -comme, par exemple, sur le thème de la grotte Chauvet - a été retenue. Il s’agirait que chaque structure, avec son identité, propose une opération qui contribuerait à ce projet. Cette réalisation serait fédératrice et permettrait d’identifier et renforcer le réseau, y compris vis-à-vis des institutions régionales...

Des moyens semblant indispensables au fonctionnement en réseau ont été recensés ou évoqués : site Internet et autres outils de communication et diffusion, poste d’animateur... La question de la mémoire du réseau s’est posée - une mémoire constitutive de son identité. Celle d’une banque de données communes mutualisant les apports et recherches des diverses structures, a également été abordée...(Liaison ou non avec l’Artothèque ?)

Mais les participants paraissent aussi intéressés par des échanges réels entre structures lorsqu’ils s’intègrent dans les projets, et sont choisis, ne serait-ce que pour la mise à profit des résidences...

L’institutionnalisation d’échanges réguliers et assez précoces sur les projets a paru indispensable à tous...

Enfin la dénomination du réseau a été interrogée : faut-il parler ou non d’ « art contemporain » et si oui, selon quelle « définition » du terme ?

Beaucoup de questions ouvertes mais un acquis commun, semble-t-il, le souhait des participants de fonctionner en réseau et donc d’avoir les échanges et temps de réflexion communs nécessaires...


Fatima Mana et Jacqueline Cimaz





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Concertation départementale en arts plastiques.



Nous avons participé le 16 janvier à la seconde réunion des structures ardéchoises oeuvrant dans le domaine des Arts Plastiques et soutenues par le Département dans le cadre du FAC (Fonds d’actions culturelles), pilotée par Arzel Marcinkowski.

Après une première réunion dressant l’état des lieux, il s’agissait d’aborder les questions de la médiation, de l’éducation artistique et de l’accueil en milieu scolaire.

Une dizaine de structures impliquées ont présenté leur action en en situant le cadre et en précisant les relations avec l’école, les atouts, les problèmes...

(JPG) Diverses pistes de travail, hypothèses et demandes ont émergé et ont été discutées : l’organisation d’un cycle de conférences itinérant avec différents thèmes, la création d’un centre d’art contemporain, d’une malle pédagogique, la mise en réseau des différentes structures, avec des offres plurielles, une mutualisation en terme de médiations (catalogue de ressources- modules...), la volonté de s’appuyer sur des structures existantes, la construction de modules...

Nous sommes intervenues au nom des Rias, sur notre démarche, notre volonté de mise en œuvre d’une démarche ascendante tout en maintenant et renforçant nos exigences quant à la qualité artistique, l’apport des apprentissages et du pilotage collectifs, qui demandent du temps, le rajeunissement des participants, et le rôle du site Internet, les difficultés vis-à-vis du milieu scolaire (transport notamment) et la nécessité d’intensifier le dialogue avec les écoles, notamment autour de notre projet d’écriture, de création de livre d’art et d’édition, de la venue de Jacques Brémond... Nous avons souligné l’intérêt d’une mise en réseau enrichissante pour tous...

L’édition par les diverses structures est intéressante et de qualité, mais le problème se pose de la diffusion. C’est un problème sur lequel la mise en réseau pourrait permettre d’avancer.

A par ailleurs été abordée la question de la création d’une artothèque en Ardèche, un projet particulièrement bienvenu pour les particuliers, les établissements scolaires, entreprises...

Bref une réunion intéressante et fructueuse d’où émerge l’idée d’un projet global négocié, où chacun se situe avec son identité, la volonté commune d’une ambition de qualité, de partage et d’appropriation, la mise en place d’un réseau qui devrait contribuer à améliorer la lisibilité et la diffusion de l’art contemporain en Ardèche.

La troisième réunion qui se déroulera le 30 janvier 08 réfléchira sur les efforts de structuration par les mises en réseau, et abordera le programme en faveur des arts plastiques, avec l’ambition de rendre l’art contemporain plus lisible.

Fatima Mana et Jacqueline Cimaz (photos Fatima Mana)






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Biennale de Lyon




Biennale de Lyon : 9e édition où "l’histoire d’une décennie qui n’est pas encore nommée" du 18 septembre au 06 janvier.

(JPG) Le théâtre de Privas avait mis dans sa programmation 07/08, la sortie de ce dimanche 18 novembre placée sous l’égide de l’art contemporain.

Une biennale originale avec ce choix des commissaires de montrer une décennie entrain de se faire et de déléguer le choix d’un artiste représentatif de cette décennie aux commissaires de divers pays.

Une mosaïque où des contiguités dans l’espace peuvent suggérer des liens qui n’existent pas ou n’étaient pas voulus ou perçus...La nécessité d’une lecture complexe de l’ensemble, de chaque oeuvre et des liens entre les divers niveaux et oeuvres...


Deux visites au programme dans deux lieux différents.

-  La première à la Sucrière où "l’approche de l’art contemporain autrement", est proposée.

D’abord :

-  "la possibilité d’une île" de Charles Avery, un travail intéressant qui par certains aspects évoque celui de Zanikken et s’y oppose...

-  le monde lumineux, séduisant et inquiétant de Saraceno

- Jumana Emil Abboud. Avec ses trois immenses projections où il s’interroge sur les notions de perte et de résilience.

-  dans une autre salle, l’espace partage son périmétre avec une oeuvre qui ressemble étrangement à un blockhaus. De ses entrailles, fusent des instruments qui jouent la guerre en musique. (JPG)

-   Thomas Bayrle "avec ses photomontages utilise la géométrie des villes, se l’approprie en la structurant par un jeu de vagues disponible à l’imagination." Un travail de la vidéo plus sobre que celui de Nam June Paik, innovant, très beau...

-  Les installations en sacs ou protections de golf de Brian Jungen évoquant les totems inuits...

Des micromondes très différents dont l’interdiction de photographier rend, en l’absence de carnet de croquis, l’appréhension très difficile.(1)



En milieu d’après- midi, une navette fluviale transporte les visiteurs au fil de l’eau, de la Sucrière au musée d’art contemporain de Villeurbanne. Intermède touristique apprécié...


"Des allées végétales immenses conduisent au musée où d’autres manières de voir, de créer, de dire, de penser sont proposées.

David Hullfish Baily "reconfigure provisoirement ses visions du monde après des attaques terroristes ou naturelles : tremblement de terre- inondation".

(JPG) Keren Cytter, "vidéaste Israélienne, coud à l’aiguille des petites histoires contemporaines. Elle nous propose un patchowrk filmé, inspiré de la culture populaire..."

L’explication du travail de Pierre Joseph est convaincante...

"La biennale relate l’actualité de l’art dans le monde.

Regard d’archéologue, au travers d’une thématique : la décennie. Problématiques communes. L’artiste se les approprie, souvent d’une manière magistrale. Et les oeuvres témoignent de leurs évolutions."

Les Riassiens participant à cette sortie sont revenus enchantés de cette journée, avec les références grapillées, mais aussi avec beaucoup de questions, sur les rapports notamment entre art et discours, le sens des choix d’organisation et de leur explicitation...

Une exposition sans doute à voir et revoir, déconstruire sûrement pour une reconstruction personnelle...

Fatima Mana et Jacqueline Cimaz



-  (1) Droits d’auteur, risque de plagiat ?

La législation est explicite.

Mais, dans un tel cas, concerne-t-elle la prise de photos ou les utilisations des photos prises - commerciales et/ou artistiques - avec les nécessaires demandes d’autorisation, le respect des droits d’auteurs, l’indication des sources pour les citations... ?

Si la vigilance parait d’une absolue nécessité quant aux utilisations, le débat s’est instauré quant à la prise de photos elle-même.

Les prises de croquis et de notes sur papier sont autorisées, pas celles avec l’appareil photo. L’image n’est-elle pas aussi un moyen de faire parler ces oeuvres, de mettre en évidence ces citations, intertextualités, contextualisations... dont le repérage fait partie de la construction d’une lecture personnelle ?

Comment sans cet outil appréhender justement ce qui peut renvoyer à cette décennie entrain de se faire ? Comment rendre lisible le choix des organisateurs ? Quelle autonomie du visiteur dans ces conditions ? Quelle possibilité d’accès à l’oeuvre elle-même quand la protestation apparait décoration et la décoration protestation ?...

Une visite vidéo rapide peut être faite sur le site de la Biennale. Elle rappelle ce qui a été vu, mais ne peut en aucune façon se substituer à une investigation individuelle...

Un prolongement très intéressant de la Biennale n’aurait-il pu être au contraire, en partenariat avec la DRAC et l’Education Nationale, une exposition photos, l’exposition-exploration d’une appréhension des regards par classes d’âge sur ces représentations ou perceptions d’une décennie en cours ?

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Nous avons relevé des pratiques de visites très différentes, de l’écoute continue du guide à une écoute entrecoupée d’appréhensions plus personnelles, à des visites délibérément individuelles, avec ou sans retours en arrière, itinéraires d’une oeuvre à une autre déjà vue... Des pratiques différenciées, semble-t-il, suivant les âges, sans doute l’habitude de fréquentation de telles biennales... Il a aussi été relevé que les moins de douze ans paraissaient plus attirés par tout ce qui proposait une appréhension interactive, et notamment par les ordinateurs...








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Visites à Jaujac et Saint-Mélany




(JPG) Lors d’une réunion de travail avec Arzel Marcinkowski, conseiller en arts visuels auprès du Conseil Général, en juillet, l’intérêt d’une visite à Jaujac, pour y rencontrer l’équipe qui s’occupe des manifestations plastiques et pour découvrir celles-ci, avait été évoquée, comme celle de la découverte du Sentier des Lauzes à Sainte-Mélanie.

Contact a été pris avec Christian Pourchaire.

La visite à Jaujac a eu lieu ce 2 septembre : échanges lors du repas puis découverte sur le terrain.

"Un voyage d’étude organisé par les Rias -dans la continuité de la réflexion pour le projet "Carrefour des Résistances"

-  une démarche prospective afin de découvrir les moyens utilisés par les artistes pour s’approprier un paysage en y implantant des oeuvres contemporaines -éphémères ou pérennes.

Dans le travail de Jaujac dont l’intitulé" est "Sur mon chemin, un artiste passe"- la volonté de susciter réflexion et dialogue entre le public, l’artiste et sa réalisation, est une réussite.



Acceuillis en fin de matinée par Christian Pourchaire, adjoint au maire et responsable du sentier "art et nature", nous démarrons le parcours par la fin ( une logique liée aux modes de déplacement retenus).

(JPG) Dans un lieu magnifique où sera implanté le siège du Parc des Monts d’Ardèche, nous découvrons la première oeuvre, "Code barre", de Bob Budd- au ras du sol.(1ère planche)

-  des cailloux sagement alignés forment un code barre avec sa série de chiffres au premier plan- un code barre pour ce paysage qui constitue la richesse du pays- avec un châtaignier qui a été intégré à l’oeuvre, comme sans le faire exprès -

En même temps, Christian Pourchaire évoque le travail de ces 7 années avec les artistes, peuplant l’espace de leurs traces, de leurs oeuvres et de leurs choix. Il revient aussi sur une démarche municipale soucieuse des intérêts de la commune et de ses habitants.

Visite ensuite à une oeuvre de 2005, Lillywhite de Roger Rigorth, matrice aérienne, particulièrement intégrée au bois... Découverte à ce moment des choix en matière de signalétique : présence dicréte, texte qui donne la parole à l’artiste et fait appréhender ses questionnements et ses réponses.


(JPG) Après un repas, permettant de mieux appréhender la démarche originale mise en oeuvre à Jaujac pour faire connaître l’art contemporain au public, nous traversons le village- par le pont du Chastelas, sous lequel passe l’"Enfer"( nom de la calade y accédant) et émergeons sur "l’Enclos à graines de Yokohama"- de Martine Lafon et des classes de CP et CE1, installé au bord de la rivière ; le visiteur peut se promener dans la sculpture et méditer, en évoquant la route de la soie... (2ème planche)


Nous longeons ensuite les gorges balsatiques où le temps s’est joué des formes. Une sente dévale vers la rivière et nous mène sur une sculpture de François Lelong, "Pouzzolane"- bloc de gravier- sable de rivière - chaux - une boule aux tons chauds où la lumière se repose. Emergeant du paysage -elle surprend le promeneur, face à la paroi volcanique aux strates imbriqués qui la révèlent. A ses pieds, la rivière irise sa rondeur... (3ème planche)


Nous évoluons dans l’Ardèche méridionale- un étroit sentier grimpe jusqu’à la sculpture suivante située sur les hauteurs de Jaujac - une oeuvre "l’Ermitière", de Yorga, tissée de scotch, agrippe ses fils jusqu’au ciel-

(JPG) Elle domine le village de sa blancheur synthétique -ses hublots invitent le visiteur à contempler et modifier son regard sur ce qu’il voit et le dimensionnent dans cette toile qui enroule ses perspectives - (4 ème planche)



Le groupe de travail repartira ravi de l’accueil et impressionné par la qualité de cette approche artistique et pédagogique, pensée, respectueuse du travail de l’artiste et d’une connaissance profonde du paysage, qui a fait affleurer des possibles plus ouverts pour son projet."

Il y a également possibilité de visiter le site... On peut y voir les installations et découvrir la démarche du réseau Art et Nature...



Contact a aussi été pris pour le Sentier des Lauzes.. Deux des personnes du groupe de travail ayant eu des empêchements majeurs, la visite est reportée fin septembre ou début octobre.

L’association "Sur le sentier des Lauzes" organise chaque année des évènements culturels conduisant le public à regarder le paysage, un partage du regard qui constitue un passage obligé pour l’émergence d’un projet commun.

L’intervention des artistes fait du Sentier un "Parcours d’Art en Paysage." " Par leur regard, les artistes proposent modestement de nouvelles pistes et révèlent de nouvelles capacités de création." "Comment inventer de nouveaux usages pour générer un nouveau paysage" ou de nouveaux paysages, ceux-ci s’enchevêtrant et chacun ayant sa propre lecture ?

"La culture est - pour cette association - un moteur de développement local et de production du paysage."

Dès que la date de la visite sera connue, elle sera mise en ligne, certains, pouvant à titre personnel, se joindre à la visite du groupe de travail.






NB.Intégration d’un texte de Fatima Mana ; photos Jacqueline et Michel Cimaz, Geneviève Greco, Fatima Mana ; arrangements Jacqueline Cimaz.


Nous venons de recevoir les photos ci-dessous des installations 2007 de Jaujac, communiquées par Christian Pourchaire, très belles...

Le mieux c’est certainement d’aller faire ce parcours, et sans doute plusieurs fois, et avec son appareil photo pour construire son appréhension personnelle d’un travail d’une très grande qualité dont la découverte demande temps et réflexion.

Et dans quelques mois, le parcours 2008...

(JPG) (JPG)




















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Espace d’Art Contemporain de la maison des Roches

Visite de l’exposition de Véronique Verstraete en marge des Lectures sous l’Arbre...

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-  Les arts décoratifs :

1. la céramique,

pièces créées et réalisées

en collaboration avec

Arlette et Marc Simon...


Un travail intéressant qui demande un

temps de présence suffisant

pour révéler sa densité...

A l’E.A.C. de la Maison des Roches




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Voyage au Château du Pin, à Fabras



C’est un voyage d’étude à Fabras qui était prévu ce 22 juin 2007, avec un double objectif :

-  d’abord, découverte par le groupe des céramiques et sculptures de Martine Diersé,

-  prise en compte, ensuite, de l’environnement et du Château et, bien sûr, de l’oeuvre de Colette Bonzo, et des éditions du Pin...

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Les sculptures ( ?) de Martine Diersé nous intéressaient particulièrement

par leur spécificité et

leur paradoxal ancrage dans l’environnement,

leur force,

la densité que leur donnent ces installations dans lesquelles formes et échelles se heurtent et se complètent.

La sculpture individuelle fait sens,

le groupe fait sens,

le groupe et les plantes,

l’ensemble d’un massif, d’un jardin,

l’ensemble des jardins,

l’intrication elle-même...


Sans compter le facteur temps, avec la durée qui patine et le cycle des saisons qui changent... ( Rien à voir bien sûr avec les Arbrorigènes d’Ernest Pignon-Ernest... Même si le végétal investit les igloos-maisons bulles...

Penone hors Carré d’Art ? Certainement pas...


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Une logique propre qui se développe d’années en années, un lien puissant avec le lieu... Même si on peut regretter l’usure du vieillissement des grands bois scarifiés balisant l’espace des pentes...

Ce travail immense dont Martine Diersé dit qu’il est difficile de parler intéresse particulièrement le groupe des Rias engagé dans le projet "Carrefour des Résistances"...

Certes, il ne ressemble pas à nos maquettes, il n’est pas, peut-être, orienté par les mêmes résistances... Notre paysage est différent et appelle du plus grand et du moins gracile ?

Et pourtant il y a de fortes résonnances...

-  extérieures

sans être anecdotiques :

le lien avec l’écriture, la structure associative du Pin, l’être Editeur, des contenus de l’oeuvre de Bonzo, la valorisation de la terre, des plantes et du paysage, cet espèce de mélange entre le vivant et la création avec des matériaux relativement inertes...

Et ce jeu théâtral avec les habitants auquel, sans le connaître, nous avons pensé en travaillant pour le spectacle "Résistances"

-  Plus intrinsèque peut-être avec

cette interrogation des mythes au travers d’un travail de la matière,

(JPG) ce détournement de l’usage des matériaux et éléments qui dépassant les provocations des débuts surréalistes, semble poser des évidences.

Et pourtant ce sens inquiétant qui sourd, une hominisation explicite et volontariste de la Nature qui n’a rien de serein ni d’univoque...

Entre Phaeton et le bruit traitre des pas d’un cheval sur le sol gelé, entre Dieux et déesses derrière les arbres, camisards-maquisards dans les genêts...

Et dans tous les cas, l’autonomie de la création, cette recherche qui s’autogénère et fait qu’on puisse identifier un Barcelo ou un Kieffer, un Max Ernst ou un Miro des années 30 et qu’un mollusque de céramique qui cuite n’est pas molle, n’a rien à voir un mollusque de feutre de Messager...

Et puis il y a cette densité, qui paradoxalement ouvre de multiples entrées : Paulette et les noms des plantes, leur nom patois, les usages passés ou non de ces plantes... Et cette proposition d’en prendre de la graine pour aménager la pente sous le Temple, Robert et l’oeil du professionnel du jardinage, Fatima, marquée par les sculptures adossées aux arbres et du bord de la fontaine qui a aimé ce jardin à en faire gicler des mots entre ces doigts ...

La visite du château,

trop rapide faute de temps, (JPG)

s’est néanmoins révélée très riche, avec l’oeuvre de Colette Bonzo et des contenus comme "le bal à Païolive" ou la "procession des mineurs" grévistes, qui parlaient tant à Colette Bélingard, ou les combats de coq théoriques des années où s’affrontaient figuration et abstraction, ou cette presse du 19ème qui faisait rêver Marcel...

Sans compter les céramiques présentes à l’intérieur dans un contexte différent, les costumes de théâtre et légendes explicitées... les meubles, les animaux naturalisés et cet effrayant renard qui poursuivait Coralie... Sa grand-mère, Geneviève, passeur de tant... Et ces livres d’outre-feu ou depuis, à lire à l’ombre des paratonnerres...

Nicole Durand nous avait précédé à Fabras, Danielle y retournera, Marcel peut-être, un jour de presse... Quant à Paulette, elle y a vraiment vu l’aménagement des pentes sous le Temple...


NB. Dans nos annonces culturelles, en bas de 1ère page du site, à gauche des Brèves, un paragraphe sur les 12èmes Estivales de Fabras.

A ne pas manquer...





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