Pôle Multi-Média
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Quand je me deux
De notre blog créé par Pierre Ménard, un clic chez Marc Pautrel qui nous apprend la sortie du nouveau livre de Valérie Rouzeau ! au Temps qu’il fait ! Sera très vite en Bib de St-Apo !
Quand on cherche "Quand je me deux" on trouve un spectacle théatral - une création de la Compagnie A K Entrepôt et les lieux où il va se jouer... en Bretagne à partir de janvier, ailleurs, à Paris en mai et juin 2010... En plus, un beau site Mais vous pouvez lire le descriptif, il est téléchargeable en PDF. Texte de Valérie Rouzeau, "Un caillou dans la poche je me désimpatiente"
Mise en scène : Laurence Henry... Un spectacle visible à partir de deux ans...
"Papa dit qu’il a des soucis Maman aussi Mémé dit que ça fleurit jaune Aujourd’hui nos maisons sont loin Quand je me deux" Valérie Rouzeau voir aussi le Centre Culturel de Lamballe... et... M’est avis qu’on en reparlera...
Jacqueline Cimaz (abonnée par ailleurs à "Dans la lune" revue....)
Le devoir de mémoire
Médiations d’une pratique culturelle de Julia Bonaccorsi (Editions Lavoisier 2007, Collection Communication, Médiation et Construits Sociaux sous la direction de Yves Jeanneret)
Le livre de Julia Bonaccorsi comporte deux parties. La première, permet en deux chapitres d’explorer ce qu’est l’approche communicationnelle. La lecture, apprentissage technique, culture et appartenance, constitue un enjeu social en tant qu’elle est à la fois passage obligé et outil de la démocratisation culturelle, et, marqueur social [2] Le parti-pris épistémologique, intéressant, est nécessaire à une analyse communicationnelle qui se doit d’interroger les circuits de construction des idées et savoirs. [3] Bonaccorsi extrait des définitions de la lecture comme déchiffrage, interprétation et pratique, trois dimensions : efficacité, sens, valeur...
Julia Bonaccorsi traque avec ces outils les glissements de sens et autres amalgames au travers de l’analyse de trois textes successifs, séparés par quelques années mais tous inscrits dans l’approche « Villes-Lectures » Trois pôles pour l’AFL : une lecture efficacité où le lecteur est le patient [4], la lecture sens et la lecture-valeur offerte sinon octroyée. Premier glissement avec la charte des Villes-Lecture de la Région PACCA : le public remplace le patient et l’efficacité de l’institutionnel celle du déchiffrage. C’est l’efficacité institutionnelle qui est objet d’évaluation. Avec la circulaire Trautmann, c’est l’apparition de la lecture-médiation qui pose un lecteur-enfant tout en conservant le lecteur citoyen des deux premiers modèles, la lecture-institution du second, et chapeau irriguant le tout, la lecture/sens. Efficacité, sens et valeur se retrouvent mais déplacés et avec des contenus différents. ![]()
Une belle démonstration de la complexité des concepts et réseaux conceptuels, des mouvances et ruptures, et de leur interrogation interprétative. La dimension prescriptive perdure d’un glissement à l’autre, toujours présente même si son objet et/ou son terrain d’application varie. D’où la volonté de l’auteure d’interroger « l’espace de sens », c’est-à-dire ce qu’elle appelle le modèle, soit « la couche symbolique, les gestes, les formes, les modalités de médiation, les modes d’action et les valeurs qui structurent cet espace de sens." Des analyses très intéressantes, notamment sur la médiation avec cette belle citation de Davallon : « Ce que fait apparaître la médiation, c’est moins les éléments (l’information, les sujets sociaux, la relation, etc.) que l’articulation de ces éléments dans un dispositif singulier (le texte, le media, la culture). C’est au fond cette articulation qui apparaît comme le tiers » Voilà une analyse qui intéresse ce que nous disons de la médiation, d’une nécessaire articulation entre pratiques culturelles ascendantes [5] et descendantes [6], jonction, lien entre patrimoine réactivé et création. Poser explicitement l’articulation elle-même comme tiers devrait permettre d’avancer dans son analyse... Et quand elle parle de « la poétique de la médiation de la lecture »... Un livre riche à lire et relire, qui demande temps et crayon ( aïe, quelle liseuse assez performante... ?)
Un régal aussi dans le chapitre 2 avec le passage sur les pratiques de décalage, d’inventaire et le travail sur les formes hétérogènes... ou ces distinctions mémoire/circonstance/évènement/performance rapportées à celles qui différencient contextualité/intertextualité et architextualité, sans parler de co-textualité... Et ces formes monumentalisées des pratiques qui, irrépressiblement, nous poussent à réinterroger le Monumenta de Kiefer. Du texte aux arts plastiques ? Aîe, aïe, aïe. Sûrement des glissements à analyser...
Un livre difficile ? Sûrement ! Un livre tiré d’une thèse et dans un dans un domaine - les SIC (Sciences de l’information et de la communication) qui est jeune et mal connu... Et puis en parler sans avoir lu encore une seconde partie qui vraisemblablement doit illuminer la cohérence de la première... Rassurez-vous, Julia Bonaccorsi le 14 novembre, va parler simple, de planches de BD sur l’écran ou papier. Surtout ne pas s’effrayer... Mais si le coeur vous en dit... Une lecture ardue mais décapante et qui fait réfléchir... Et puis sur ces pratiques de la lecture qui ont alimenté tant de discussions et de débats, et suscité tant d’écrits qu’on préfère oublier, on ressent un peu la même impression qu’en regardant démonter une montre un peu ancienne pour voir comment ça marchait... Enfin, on retrouve avec plaisir des noms qui ont marqué : Barthes - même si depuis les analyses de l’image... Bourdieu, Passeron, Foucauld, Deleuze - des flux qui ont vieilli, Ricoeur...
[1] il s’agit des recherches portant sur les processus de communication. [2] à la croisée de l’histoire et de contextes de différentes natures. [3] Un tout autre point de vue pour approcher ces médiations symboliques dont parle Vygotski dans « Langage et pensée »... [4] effectivement quand on se remémore ces feuilles de codes qui sévissaient dans maintes classes, l’idéologie médicale - corrective- est sous-jacente [5] en schématisant, la démarche "écomusée", la valorisation d’un patrimoine haumain. [6] toujours en schématisant, la démaeche Malraux, l’apport au peuple d’une culture de qualité Une réponse de Bertrand Calenge, ou de liens en aiguilles...
Une réponse de Bertrand Calenge ![]()
"5.@ Jacqueline Cimaz. Merci vivement pour votre intérêt. Pour répondre à votre question, je ne suis sans doute pas le plus qualifié en matière de relations entre livre imprimé et livre numérique (même si je l’aborde largement dans mon dernier livre : Bibliothèques et politiques documentaires à l’heure d’Internet. J’ai commis un billet sur ce sujet dans ce blog : http://bccn.wordpress.com/2008/10/14/livre-imprime-et-livre-numerique/. Mais je vous recommande surtout de rendre visite, voire de vous abonner si ce n’est déjà fait, au blog La Feuille, d’Hubert Guillaud : http://lafeuille.homo-numericus.net/. Bien cordialement, et bonjour à toute l’équipe de St Apollinaire de Rias !! Commentaire par bcalenge - Mardi 28 juillet 2009 @ Mardi 28 juillet 2009" dont nous le remercions, [1] une réponse à lire dans le texte , qui, sur le fond, date d’octobre 2008, avec de riches commentaires et des liens proposés, à suivre...
Bien sûr, lecture immédiate de ce carnet de notes du 14 octobre "livre imprimé/livre numérique" qui a pour nous l’immense intérêt, aussi, de livrer une première approche de niches d’utilisation, différentes, du livre imprimé et du livre numérique... Donc un carnet de notes à lire, copier, tirer, distribuer et discuter... pour avancer dans la réflexion... le carnet de notes et ses commentaires, notamment d’ Hubert Guillaud
dont nous avons découvert le blog et la lettre d’information à laquelle nous nous sommes abonnés.
De fil en aiguille rapide, ou d’un lien à l’autre,sinon d’un réseau à l’autre, découverte aussi de « Lire autour des images » d’A.Gunthert sur son blog... Là, si l’idée que la lecture est structurée par l’image parait à creuser [2], sa réduction à une dimension plaisir visuel dans le livre "pour" enfant , l’information étant apportée par le texte, parait réductrice... [3] L’image n’est-elle pas aussi pourvoyeuse d’information, moyen d’investigation du réel, d’action et de connaissance ? (cf les médiations symboliques et culturelles et la formation de la personne, et Vygotski dont le « Psychologie de l’art » [4] vieillit comme un grand vin...)
Une autre approche des relations entre texte et iconographie, n’est-elle pas incontournable pour aborder le livre numérique (et pas numérisé) ?
Jacqueline Cimaz
[1] La question posée concernait l’existence de ses éventuels écrits sur le sujet livre papier/livre numérisé ou numérique. Nous allons évidemment nous procurer le livre. [2] et sa réciproque ? cf le rôle du commentaire dans l’art contemporain ? [3] cf le travail de l’image dans "Dans la lune", la revue de poésie dirigée par Valérie Rouzeau, à Tinqueux ... [4] Réédition, La Dispute 2005
"La question du service humain dans des lieux identifiés."
parcours et annotations personnels, au hasard de notes du carnet de Bertrand Calenge, Conservateur Général des Bibliothèques, comme celle du 15 juillet, « Texte et contexte : (3) Quel texte ? » [1]
Des mots différents et plus professionnels pour dire ce que nous essayons de dire et surtout mieux comprendre ce qui se passe dans et autour de notre petite bibliothèque rurale, et son évolution au fil des ans... Par exemple :
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nous avons demandé le droit d’accès, pour notre petite bibliothèque, à Publie-Net et donc la possibilité de télécharger des ouvrages littéraires inédits... et depuis des années nous avons expliqué l’importance d’un Espace Public Numérique dans notre bibliothèque, non comme appendice externe annexe, mais plutôt comme un des deux poumons de la bibliothèque, le cordon aussi qui la relie au monde, et ce en gardant un vaste espace polyvalent offert aux activités des usagers et permettant aussi les projections utiles aux débats... ![]()
ça on y est, et pour la Wifi, on a fait beaucoup de progrès dans la maîtrise des problèmes techniques... A cet égard, le coup de gueule de Calenge le 13 juillet [2], nous comble : « Nom d’un chien, qu’attend-on pour généraliser les accès wi-fi dans les bibliothèques, afin de laisser (d’encourager ?) les visiteurs à s’approprier le lieu et son environnement documentaire en y apportant leur “chez-soi” ? Cela ne fera pas moins lire les gens, et leur donnera la possibilité d’annoter, de découvrir, et d’emmener avec eux un peu de ce qu’ils auront capté dans et grâce à la bibliothèque. Et puis, pourquoi même ne pas proposer aux oublieux de leur vendre des clés USB pour qu’ils puissent ramener leurs travaux chez eux ? Voire prêter ou louer quelques netbooks ? »
D’autres propositions nous sont certes aussi sensibles mais en posant au moins autant de questions qu’elles n’apportent de réponses : « Repositionner les contenus Une ambition encyclopédique modulée différemment à l’heure des informations de flux. » Cette notion de « flux » est complexe, même si la représentation des réseaux téléphonique, d’eau et d’électricité, et d’autres, est devenue relativement familière à tous. ![]()
Nous l’avons abordée en bibliothèque, à partir du domaine des arts visuels et, notamment, de l’approche différenciée de l’art photographique et de l’utilisation artistique de la photo comme matériau, qu’effectue André Rouillé dans sa préface à « Melting Point » de Couturier et dans son livre « La photographie » ... La nécessité posée de trouver d’autres modes de figuration de ce monde de flux, la perspective ayant, pendant des siècles, permis l’appréhension d’un monde monocentré. Une information qui - exemple aidant et tentative de classification entre photos relevant de l’art photographique et images plus ou moins composites utilisant une ou des photos comme matériaux, dans un corpus donné - a initié le travail de l’image effectué dans le cadre de l’expérimentation B2i-Adultes. [3] ![]()
Comme se représenter l’Internet sans pouvoir imaginer, ne serait-ce que par analogie, les différences et relations entre flux et réseaux, les flux d’information qui parcourent le réseau... Comment cerner les problèmes d’adressage, d’identification, de portails et autres ? à « compétences offertes » -plastiques, informatiques et pédagogiques - modestes et polyvalentes, mais heureusement, contagieuses...
Il y a là aussi ce qui fonde en partie le projet « Mouvances » des Rias : une installation plastique à la source de la Dunière évoquant, ce flux d’eau de la Dunière qui va jusqu’à la mer (en se partageant dans les bras du Delta ?), intégrant l’eau du réseau-bassin de la Dunière et complété par l’eau de multiples autres réseaux - de l’Eyrieux, du Rhône et de ses affluents... Comme l’attention à d’autres mouvances et transformations, suivant des temps brefs ou de longue durée... Tout ça pour dire que la nécessité de moduler différemment l’ « ambition encyclopédique ... à l’heure des informations de flux » que pose Bertrand Calenge suppose déjà une perception relativement claire des « informations de flux » [4] et la capacité d’en effectuer une transposition pédagogique [5]
Cela ne pose-t-il pas des questions formation et contenus de formation ? Certaines préconisations, même pertinentes, paraissent n’avoir aucune signification [6] faute de la maitrise des recherches et constructions théoriques qui les fondent et leur donnent sens, et/ou de la non prise en compte du numérique dans toutes ses dimensions...
Cela étant on ne peut que souscrire aux objectifs posés : « Amenuisons la documentation technique imprimée et apprenons à nous orienter (et orienter les publics) vers ce qui est disponible sur Internet. Bien sûr, cela ne signifie pas réduire la collection imprimée aux seules ressources indisponibles sur le web ! Là encore, il faut tenir compte des usages... ...60 % des foyers français disposent d’une connexion domiciliaire à Internet... et ...on peut espérer que la bibliothèque offre largement cette opportunité aux autres ! » ... « ...Je crois beaucoup à la capacité des bibliothèques à mettre en scène ces contenus : corpus originaux, conférences, lectures, tout cela est devenu impératif pour faire s’approprier les contenus, intriguer, passionner. »
Répétition de la lecture d’extraits de 3entre silence et oubli", avant ouverture de l’exposition au public. Lectrices âgées de 10 à 85 ans.
« Si le programme culturel est souvent considéré comme événement lourd, il est surtout appelé, me semble-t-il, à entrer dans la quotidienneté des espaces et de l’activité... animer l’ensemble des espaces documentaires publics. » Accompagner Puisque le texte n’existe pas sans contexte, contextualisons-le avec les bibliothécaires eux-mêmes : c’est notre meilleur atout. Au-delà du service d’orientation bibliographique, il faut avancer à visage découvert, ou plutôt à compétences offertes. Organiser la réponse aux utilisateurs, c’est d’abord les accompagner : les espaces numériques ont ceci de fascinant qu’ils ne se contentent pas de proposer matériels et logiciels, mais d’abord proposent une aide à l’appropriation de ces derniers, que ce soit sous forme d’assistance individuelle ou d’ateliers. Les autres services ‘pédagogiques’ ont un bel avenir : savoir débrouiller une recherche dans les arcanes de la mémoire locale, organiser son travail pour un devoir ou un exposé, connaître les ficelles de la recherche d’emploi... ... Expérimenter le savoir est une façon majeure de se l’approprier [7]... Bref contextualiser...... il n’est pas d’abord de textes dans une bibliothèque, il est surtout des lecteurs en quête de sens. Il ne suffit pas de clamer l’éminence de telle pensée documentairement incarnée, il faut établir l’éminence de l’espace d’échange et de débat publics que peut (doit ?) être la bibliothèque au cœur de la cité.
Du grain à moudre pour une réflexion d’équipe et avec le public... Comme ces analyses sur l’audience des sites Internet et le nécessaire ancrage dans le local... Ne pourrait-on dire, comme nous le disons si souvent en présentant « Entre silence et oubli, Mémoires d’un quotidien local bouleversé », le dernier livre de Sylvette Béraud-Williams [8] que c’est la qualité et la profondeur de l’ancrage dans le local qui confère l’universalité ? On pourrait aussi souligner l’attachement au site de nos résidents intermittents, notamment Allemands, Belges ou Hollandais... ou vivant en Polynésie... Ce lien virtuel avec l’Autre résidence, celle qu’on s’est choisie, où on reconstruit... Jacqueline Cimaz
Les citations sont des extraits du carnet de notes de Bertrand Calenge, à lire dans leur intégralite sur le site
Non classé de Wordpress
[1] Classé dans : Non classé - bcalenge @ Mercredi 15 juillet 2009 [2] Texte et contexte : (2) Quel contexte ? [3] en sachant bien sûr que la photographie n’est pas le réel, ce qui est évident quand on est plusieurs à avoir fait de belles photos du même site et que le groupe reconnait vite l’auteur de la photo... [4] et non pas ce qui serait plus simple de « flux d’informations », on est dans le multifactoriel, le macroprocédural, le récursif, les rétroactions, le complexe, le flou, l’aléatoire, les boucles de régulation... [5] donc une modélisation, une simulation, puis la critique des limites de celles-ci... [6] et donc, lorsqu’elles sont reprises, un statut de croyances... [7] ce que nous avons contaté avec le B2i adultes [8] Editions Les Rias
La photographie, d’André Rouillé
Quelles images pour quelle réalité ? Nous signalons, comme particulièrement intéressant, un entretien avec André Rouillé - propos recueillis par Rym Nassef. A lire... Un site, par ailleurs très riche : http://www.revoirfoto.com/p/index.php ?lg=&pg=30&c=7 Quelques extraits pour donner envie de lire l’entretien sur ce site ... ![]()
et pour donner envie de lire le livre "La photographie", d’André Rouillé - Ed.Gallimard, Collection Folios/Essais (Inédit)...
avec quelques balises essentielles qu’on peut se risquer à en extraire et qui confortent le travail de l’image amorcé :
Jacqueline Cimaz
_ "Christian Lacroix et ses invités",
Christian Lacroix :« J’aime bien proposer mon travail à d’autres pour le laisser vampiriser. Moi-même je me nourris du sang des autres. Croisant l’étrange du lointain autant que le familier d’une histoire arlésienne. L’ensemble donnera à voir la mode bien sûr, mais aussi la relation au monde. Les thèmes seront toujours la présence, l’apparition, la disparition, le corps, l’enveloppe » (Interview de Christian Lacroix dans le Journal des Arts, 30/11/02007, cité par François Barré, président des Rencontres d’Arles dans « Christian Lacroix et ses invités - Les Rencontres d’Arles Photographie 2008 », Actes Sud )
« Adulte, je me suis senti prendre un peu de couleurs petit à petit, venir au monde, sortir du cadre, ajouter une troisième, une quatrième, une cinquième dimension aux images hologrammes, videos, installations, tout un rhizome photographique échafaudé en béquille/étai du monde. » (Christian Lacroix dans « Christian Lacroix et ses invités - Les Rencontres d’Arles Photographie 2008 », Actes Sud )
« « Rencontre » au Moyen-Age signifiait, comme encore aujourd’hui en terme sportif, l’action de se battre. Je préfère au pugilat, le sens plus tardif de « hasard », comme on dit « fortune », « aubaine », ces coïncidences profondément provoquées qui me sont un autre moteur privilégié. » (Christian Lacroix dans « Christian Lacroix et ses invités - Les Rencontres d’Arles Photographie 2008 », Actes Sud )
Richard Avedon« Il avait décidé de dénoncer - dans une logique qui n’est pas éloignée de son engagement contre la guerre du Viêt-Nam qui le mena en prison ni de son exploration de l’American West- une société de consommation qui l’exaspérait et dont il acceptait de profiter. Bye bye la mode, bye bye la séduction, bye bye l’éphémère de la séduction. Nous sommes tous mortels et, même lorsque nous sommes acteurs et famous, nous sommes des squelettes en devenir. La mode est une illusion, une façon sublime et dérisoire de tenter de lutter, en vain, contre la fuite du temps, et dont j’ai été complice , jusqu’à cette série. Une magnifique jeune femme, un décor en désastre, un squelette à la fois cynique et libidineux, un monde qui s’écaille, confondant splendeur et beauté. Et, pour finir, un éden à jamais interdit. » (Christian Caujolle, commissaire de l’exposition « Richard Avedon » dans « Christian Lacroix et ses invités - Les Rencontres d’Arles Photographie 2008 », Actes Sud
Portraits réel/virtuel
Un très beau livre, essentiellement centré sur les créations artistiques. Quelques articles, brefs, qui décrivent, expliquent la démarche ou posent des problèmes de fond.
C’est le cas de l’ « Entretien Catherine Ikam/Paul Virilio » : « Le virtuel est un lieu d’action » (Propos recueillis par Jean-Paul Fargier) Dont nous avons retenu quelques extraits : « L’information va devenir la troisième dimension de la matière. Matière, énergie, information vont former une sorte de trilogie. ...Ce qui importe c’est la façon de mettre en forme une information pour qu’elle soit première, c’est-à-dire révélatrice... très peu (de vidéastes) commencent à débarquer de l’autre côté, du côté vidéo-infographique, c’est-à-dire dans le domaine de l’information. ... L’information c’est le surgissement. » Paul Virilio
Catherine Ikam
« Les techniques nouvelles sont des techniques en temps réel ; en ce sens elles modifient le contenu de l’image, puisque c’est le temps de l’image qui lui donne sa puissance informative. ... Le virtuel est à la fois une dimension supplémentaire et une dimension fractionnaire ... Le virtuel ajoute une dimension fractionnaire aux trois dimensions de l’espace. ...Le virtuel ne s’oppose pas au réel mais à l’actuel. ...Le virtuel est un lieu d’action, ce n’est pas du tout un simulacre. Le réel comprend maintenant le virtuel et l’actuel. Les deux. Information en puissance, information en acte. ...La virtualité est arrivée avec la mondialité. ...A partir du moment où l’horizon était fini, on a voulu savoir ce qu’il y avait derrière l’horizon. La virtualité est devenue alors une nécessité, pour retrouver une limite. » Paul Virilio (Entretien paru dans ART Press N°185 novembre 1993
C’est également le cas de l’article « Identité et réalité virtuelle » de Catherine Ikam Pour Nelson Goddman, une œuvre « parait d’autant plus chargée de sens qu’elle est plus révélatrice des interactions de toute nature qu’elle induit entre l’univers mental et l’univers sensible. ... Nous entrons dans le règne tout-puissant de l’interface : comment peut-on interagir avec un objet immatériel d’une façon sensible ?
Avec l’utilisation des technologies numériques le portrait change de nature ; il cesse d’être la référence ultime de l’identité et devient manipulable à volonté. Il ne s’agit plus de virtuosité technologique mais de la mise en abîme du visage et donc de l’identité dont il est le garant. »
Un livre difficile, à lire et relire et qui fait avancer une réflexion indispensable à l’utilisation de ces technologies numériques...
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